Lire la transcription de cet épisode
Quentin, partie 3, partie finale. Dans les deux premières parties, tu as raconté ton chemin, tu es né et tu as grandi à La Réunion. Parce qu'à l'âge de 17 ans, tu vis du harcèlement, beaucoup de violence de la part notamment de ton père, parce que trop efféminé, tu pars en métropole.
Bordeaux, puis Paris, faire des études et petit à petit, tu as raconté ton chemin de réparation, comment conscientiser, faire communauté aussi peut-être, militer. En fait, tu as aidé à mettre des mots, à comprendre. C'est toi qui as dit, tu as changé ton regard de victime à acteur, à reprendre soit du pouvoir, soit de la puissance, notamment à la salle de sport. Oui.
où là, tu reprends une masse musculaire et il se passe des choses dans la douche. Et moi, sur cette dernière partie, en fait, tu as parlé du chemin. Moi, j'aimerais qu'on fasse un point sur le aujourd'hui. Si on prenait une photo de ta vie sentimentale ou sexuelle ou intime, on y verrait quoi ? On va dire que je suis en phase d'épanouissement ?
Depuis pas très longtemps, je suis en couple, un couple sain, ce qui est une bonne chose. Tu es pansexuel ? La personne que tu aimes ? C'est un garçon. Un homme cis. Donc, attends, sur ma photo, j'ai une seule personne. Elle sourit ou pas ? Elle est heureuse d'être avec toi ? Je pense, j'espère. J'ai un homme cis qui sourit, qui est ton amoureux. Oui.
c'est une relation exclusive parce que je pense que c'est l'endroit où je m'épanouis le mieux pour avoir testé pas mal de configurations double relation, triple troisième dans un couple que sais-je je pense que je suis plus à l'aise quand je me concentre sur une personne je reste un garçon romantique passionné
Et je trouve que c'est déjà beaucoup de travail d'essayer de faire marcher une relation avec quelqu'un. Et pour moi, être dans une relation exclusive, ça n'empêche pas non plus d'être indépendant. Souvent, on va vendre le couple libre comme une espèce de liberté. Je pense qu'on peut aussi être libre dans une relation exclusive. Comment ça se vit pour toi, cette liberté ? Moi, pour moi…
Deux personnes… Comment je conçois le couple ? Je le conçois de manière très spirituelle, en fait. J'imagine que ce sont deux personnes déjà entières, accomplies, qui peuvent s'aider et s'apporter en étant à deux, sans se contraindre, mais en se respectant, se poussant, se découvrant. Du coup, on peut avoir du sexe avec d'autres personnes dans le couple ? Non. Enfin…
Non, nous on en a pas en tout cas. Et comment tu gères le côté de toi chasseur ?
Autant je peux être très chasseur quand je suis célibataire et pas tellement quand je suis en couple. Comme je dis, j'aime bien me focaliser sur une personne et après, ça n'empêche pas d'assouvir ce côté chasseur avec cette personne. J'essaie un peu de pimenter, créer des situations. C'est aussi dans ma spontanéité.
Vous allez à la salle de sport ensemble ? Pas encore, mais certainement bientôt puisqu'il est coach sportif aussi. Tu dirais qu'il est… Ah non, peut-être qu'on ne peut pas parler de lui. Je ne sais pas. Est-ce qu'il est efféminé ?
ou peut-être sans je veux pas mon intérêt c'est pas qu'on dévoile sans son consentement mais c'est plus dans ce couple là comment tu vis le efféminé versus masculin de toute façon il parle pas français donc il comprendra pas oui mais on va pas raconter le consentement même s'il parle pas et qu'il comprend pas on va pas raconter à sa place non je vais résumer très rapidement je dirais que c'est un bon équilibre entre les deux
le féminin chez lui t'excite ? ouais en fait ce que j'aime beaucoup c'est les personnes qui remettent en question les genres j'aime beaucoup les hommes qui paraissent très masculins mais qui en fait ont pas ce côté machiste qui ont un côté très sensible et tendre j'aime les femmes qui paraissent très élégantes et féminines mais qui ont aussi un caractère hyper affirmé et puissant
J'aime beaucoup la non-binarité, ça m'excite de malade. J'adore ça, j'adore voir les limites se brouiller. J'aime beaucoup ça.
Tu disais qu'un de tes défis, c'est de mettre en mots tes désirs. Alors, lors du pré-entretien, moi, j'ai toujours la même question. Je le pose à tout le monde. Imagine, il y a un homme que tu kiffes ou il y a une personne que tu kiffes qui te dit j'ai envie de me focus sur toi. J'ai vraiment envie de te faire kiffer. Donc, qu'est-ce que t'aimes et je vais le faire. Ça me fait plaisir.
Et alors là, on a eu dix minutes où je ne me rappelle plus trop. Je ne savais pas quoi répondre. Tu n'arrivais pas à répondre et du coup, c'était OK. Mais soudainement, je ne sais pas quelle est la question que j'ai posée. Et là, tu t'es mis à savoir exactement ce que tu aimais. Et j'ai trouvé que c'était très intéressant parce que ça pourrait être tout à fait OK de dire « je ne sais pas trop ». Parce qu'au début, tu me disais « ce n'est pas du tout comme ça que je conçois les choses ».
Ça dépend du moment, ça dépend vraiment de l'autre. Et je te disais, je te comprends complètement. Mais voilà, si l'autre veut jouer en disant, c'est vraiment, on va faire toi ce que tu as envie de manger ce soir. C'est quoi tes plats préférés ? Et tu me répondais, non, mais moi, je mange de tout. Mais j'entends vraiment bien et je le comprends et je le respecte. Et à un moment donné, je ne sais plus quelles questions j'ai posées. Là, tu m'as fait une liste tellement spécifique. J'étais là, waouh ! Tu te souviens de ce moment ? Tu l'as vécu comment, toi ?
Ça m'a beaucoup fait réfléchir parce qu'il se trouve que c'est vraiment un sujet dans mon couple actuellement. Cette question de… Lui, je pense qu'il est complètement perdu dans comment me faire plaisir. Et je sais que ça a toujours été un sujet dans mes couples. Et…
Oui, parce que c'est quelque chose que je pense que j'ai du mal à verbaliser, que j'ai du mal à m'intéresser au sujet, parce que de par ma construction, en général, ça a plutôt été faire plaisir aux autres et…
En fait, je suis hyper doué pour jouer des rôles. Mais je pense que tout le monde, en fait, la vie, c'est jouer des rôles. On peut être dans n'importe quelle case, on peut faire ce qu'on veut. Et moi, je trouve mon aise dans n'importe quel rôle. Après, je commence effectivement à me poser des questions sur quel rôle je préfère, peut-être. Ou quel rôle, en tout cas, j'aime moins. Et ce côté-là de…
assouvir le besoin de l'autre en oubliant le moins, il commence de moins en moins à me faire plaisir, voire même en fait il ne m'excite plus du tout. Et quand je me retrouve dans une situation égoïste où je me retrouve à servir l'autre personne, vraiment ça tue tout. Ce qui a été en tout cas avant que je sois en couple récemment assez fréquent. Ça fait combien de temps que vous êtes ensemble ? Ça fait pas longtemps, ça fait un mois.
Oh, on est dans la ligne de miel. Exactement. Trop cool. Est-ce que… Attends, excuse-moi, j'ai un bug de… Est-ce que c'est intéressant… Est-ce que tu as envie de jouer au jeu où tu dis…
tes désirs. Tu vois ce que je veux dire ? Où tu réponds à cette question. J'ai eu le temps d'y réfléchir, du coup. Et après, tu traduis dans la langue que ton copain parle. Je pense qu'il sera trop content. Parce qu'il sera là, ah putain ! Ok, c'est vrai, je ferai ça en rentrant. Moi, j'ai vraiment un truc pour les espaces publics. Mais je pense aussi que ça va avec ma construction, c'est-à-dire que déjà, à La Réunion…
Il faut savoir que c'est une île. Si tu n'as pas le permis, ce qui est mon cas, tu ne peux pas te déplacer. Je ne pouvais pas recevoir dans le foyer familial. Il y a des transports publics, mais un petit peu… C'est compliqué. C'est compliqué, oui. Tu as un bus toutes les heures. Selon l'endroit où tu veux aller, il n'y en a plus ou moins pas. Et en plus, c'est une île en relief. Donc, en fait, ça prend pas mal de temps pour aller à certains endroits. Enfin…
C'est compliqué et je ne pouvais pas recevoir dans le foyer familial, surtout que moi j'habite dans l'endroit où toute ma famille est autour. Mes tantes, mes oncles, mes cousins, mes cousines, ma grand-mère, etc.
Il n'y avait aucun moyen que ça se passe ici. Le seul moyen que je pouvais… Le seul moyen que je pouvais faire pour avoir des relations sexuelles, c'était en nature, en fait. Ce qui est… La Réunion est regrouille… Regrouille ? Non. Grouille. Regorge. Regorge, exactement. Pardon. Mais en vrai, regrouille, c'est très joli. Non, vraiment, c'est joli ?
On regorge d'endroits comme ça où tu as ce qu'on appelle les ravines, tu as la plage, tu as des forêts, les parkings. Attends, tu m'as perdu là. Tu me décris une nature luxuriante et on finit par les parkings. Parce que le parking, c'est une belle nature aussi là-bas ? Ça s'appelle des parkings dans des endroits sauvages.
Parce que là, tu sais que je prends des notes. Parce que du coup, je suis là, moi, j'y passe cinq semaines. Moi, je ne suis pas trop dehors. Je suis un peu quelqu'un qui a besoin de son confort et de sa bulle, en fait. J'ai besoin de pouvoir crier. Enfin, pas forcément, mais non, mais en vrai. J'ai besoin de me sentir en sécurité et de me connecter à l'autre. Et moi, souvent, dehors, je suis en survigilance aussi. Parce qu'en fait, en vrai, moi, dans ma tête, je me dis, en fait, s'il y a un enfant qui passe…
Moi, ça ne me fait pas rire d'être vu par un enfant. En plus, à mon avis, c'est illégal. Mais en plus, ça ne va pas du tout pour moi. Et donc, j'ai cette peur. Toi, tu vis autre chose. Dans ton souvenir, une libération, c'était le seul endroit où tu pouvais enfin jouir. En fait, vu qu'à l'époque, c'était moi l'enfant et que je me suis déjà fait surprendre,
Quelque part, je n'ai plus rien à perdre. Je pense que je le vis comme ça. Et maintenant, c'est devenu une pratique qu'effectivement, je peux faire de manière décomplexée. Après, bien sûr, je choisis mes endroits, je ne les fais pas…
J'essaie de… Par un endroit hyper fréquenté où je ne peux pas me faire voir facilement, mais… Bien sûr, j'ai un regard d'architecte, donc j'arrive à retrouver les coins un peu… « safe », entre guillemets. Mais ouais, ça m'arrive assez souvent. Donc, numéro un, le dehors, l'extérieur. Ouais. Extérieur ou…
Est-ce qu'un lieu de travail, c'est un extérieur ? Oui, je vois que mon mot est… Non, mais tu as raison, mon mot est imprécis. Sur le bureau du dit architecte. C'est plus compliqué parce que… Tu ne possèdes pas de bureau. Je télétravaille. En open space ?
Mais ça m'est déjà arrivé dans les toilettes du bureau ou dans l'arrière d'une boutique ou à mon ex qui était douanier.
En fait, quand t'es douanier, tu dors sur place. Donc on avait fait Noël ensemble, avec ses collègues, parce que forcément ma famille est à La Réunion, donc je peux pas faire Noël avec eux. Et au moment où tout le monde était parti se coucher, on l'avait fait dans les vestaires à côté quand les autres dormaient. Ah là là là là ! Attends, du coup, on est douanier, mais sans trop dire pour pas qu'on puisse le reconnaître. Donc on est à une frontière avec un pays non-européen ? Non, c'était à l'aéroport, à un aéroport.
Et ils dorment, les douaniers et douanières dorment à l'aéroport ? C'est des shifts de 12 heures, je crois. Ils travaillent 12 heures non-stop.
On aime. Donc, là, il y a ton copain. On lui donne… On est d'accord que ce n'est pas un manuel, que tu restes une personne libre et diverse et complexe. Mais on met des mots un peu. Donc, ça baise à l'extérieur ou au bureau ou à la douane. Là, on est dans le moment où les corps se rapprochent. Est-ce qu'il y a des endroits de ton corps ? Est-ce qu'il y a des…
Son visage, c'est clair. Les visages de Quentin, c'est clair. Oui, moi, je suis très sensible psychologiquement, mais aussi physiquement. Je ressens les choses. Autant que je ne peux rien ressentir, autant que je ressens quelque chose, c'est de manière décuplée. Je suis très sensible du cou, des tétons. Il y a cette espèce de…
Cet endroit en bas du dos qui fait un espèce d'arc. De creux. Bien sûr, bien sûr. Je suis hyper sensible de là. Je suis sensible de l'aine. Rappelle-moi, c'est quoi l'aine déjà ? C'est l'entrejambe. Là, ici.
Oui, mais comme on est sur un podcast, il faut qu'on le décrive. C'est en haut ? En bas, entre la jambe, le sexe, c'est le bas du ventre. Ouais, ok. T'es ton, t'es du style, je te mordis avec les dents ou avec les doigts ? Ouais, par contre… Ou très doux ? Ouais, très doux, comme je suis très sensible à tout ce qui est mordiment, etc. On est dans la même team ?
Non, mais franchement, les gens, quand tu leur dis « je suis sensible des tétons », direct, ils mordent. T'es d'accord ou pas ? Je suis d'accord. Mais pas que les tétons. Par exemple, quand je me fais sucer, j'espère que ma mère n'écoutera jamais ce podcast. Attends, mais du coup, prends une pause. Parce que là, tu m'as fait un petit visage de « hum ». Est-ce que t'as vraiment envie de continuer à raconter ce que tu vas raconter ? Oui, bien sûr. T'es sûr ou pas ? Oui, j'espère. T'es pas obligé ? Ma mère n'écoutera jamais ce podcast, mais…
En tout cas, on peut dire à la maman de Quentin d'arrêter l'écoute. Elle peut écouter avant. Ou l'avance, c'est OK. On n'a plus maman. Maman Quentin est partie.
Même quand je me fais sucer, j'ai besoin que ce soit très doux, très lent. Je n'aime pas les sensations de dents. Les gens, ils aiment bien les gorges profondes. Moi, je n'aime pas ça quand ça commence à serrer ou que ça commence à taper dans la paroi. C'est très compliqué pour moi. Je préfère quand c'est fluide, doux. Donc, il y a tout le côté domi-soumis.
Alors, je suis un bon soumis de par mes expériences.
C'est quelque chose qui ne m'excite plus du tout. Et je commence à découvrir que pour moi, je ne suis pas Domi. Mais par exemple, mon copain, quand il m'en parle, il me dit « si, tu as un côté Domi en fait ». Je n'ai pas l'impression de l'être, mais c'est vrai que j'aime bien prendre le contrôle. J'ai une certaine bestialité.
Je grogne, donc vraiment dans le sens premier du terme, la baissalité. Et du coup, en extérieur, tu t'empêches de grogner ou pas ?
Parce que moi, je m'empêche de… Ouais, t'es d'accord, il faut se limiter. Mais donc, sans pratique, même consentie, un peu violent, donc gifler ne t'excitera pas, c'est ça ? La douceur et la lenteur. Ouais, sensualité et bestialité. De tout ce qu'on vient de se dire…
Combien de pourcents tu as dit à ton copain ? De tout ce que tu viens de dire dans ce détail, ton copain sait combien de pourcents ? Rien. Zéro ? Non. Ouais, non. Je pense qu'on n'est pas entré dans ce rapport-là encore. On vit juste le moment pour l'instant…
Et peut-être que lui, il n'ose pas non plus en parler, mais j'ai conscience que c'est un sujet que des fois, je le sens un peu… Parce qu'après, il y a d'autres sujets qui entrent en jeu quand tu commences à être aussi en couple que je n'avais pas forcément jusque-là, parce que mes couples étaient tellement…
Pas conventionnel, que je ne le vivais pas, mais il y a le côté routine, mais pas routine dans le couple, mais routine de la vie. J'ai quand même une vie assez intense, je bosse beaucoup, je fais beaucoup de choses à côté. Et avant lui, j'avais un planning hyper…
hyper rigoureux de quel temps je donne à telle chose et depuis que je le rencontre en plus comme c'est le début c'est la passion mon planning a volé en éclats je me donne à fond pour être partout je suis fatigué des fois t'as envie mais t'es fatigué t'es pas en état t'as envie de sexe envie de sexe exactement ouais
Mais en même temps, mon corps réagit, mais je sens bien que je n'ai pas envie à 23h d'être… En plus, c'est sportif et c'est long, donc de faire une séance de sport à 23h, des fois, je n'ai pas trop envie. Tu es arrivé à dire non ? Pas toujours. Le consentement, ça reste un sujet compliqué. J'ai tendance à quand même le faire.
Je le fais et après coup, je me déteste de l'avoir fait. Ça a vraiment un mécanisme sur moi. C'est très compliqué. Par contre, je n'ai pas de mal à le verbaliser et à expliquer.
Mais lui, ce qu'il me dit, c'est qu'en fait, tu aurais dû me le dire avant. Pourquoi attendre après ? Je sens que t'es mal. Et je lui dis, mais en fait, parce qu'il me fallait le temps de conscientiser. Jusque-là, je ne comprenais pas. Est-ce que tu as une idée ? Et si tu n'en as pas, il n'y a aucun souci. Quand ton ou ta partenaire a envie de sexer avec toi, comment il ou elle pourrait l'exprimer pour te laisser le temps ?
Et l'apprentissage de dire un vrai oui ou un vrai non ? Je pense pas que ce soit du tout par rapport à l'autre personne. Parce que… On peut se sauter dessus, mais…
Il est 23h, ton partenaire vient à toi et dit t'as envie de sexe. Tu te penses que tu répondrais oui alors même que c'est non ? Ouais, parce que j'ai vraiment un mécanisme. En fait, par exemple, je sais que lui, c'est quelqu'un qui est très vulnérable sur les questions de se sentir désiré, aimé et qu'il a besoin beaucoup d'être réconforté par rapport à ça.
donc des fois je me mets la pression je me dis ok on s'est pas vu toute la semaine je sais qu'il a besoin d'être touché mais il faut que je sois un mec performant et attentionné donc il faut que je sois là que je le fasse je veux pas qu'il se sente mal et pas désiré etc mais après ça joue contre moi parce que c'est moi qui me retrouve dans une situation qui qui me plaît pas et même s'il me dit qu'il
qui comprend, qui me remercie, qui comprend que je me mets dans cette position, en fait, au quotidien, je me retrouve quand même toujours dans cette position, même s'il en a conscience. J'aimerais que des fois, il puisse aussi… Je sais que ça ne marche pas comme ça, l'être humain, mais comprendre ma place et me dire… En tout cas, quand il se sent confus, de me dire… Ok, là, je sens que ce n'est pas complètement 100%.
Est-ce que tu en as vraiment envie ? T'aimerais qu'il fasse… J'allais être un peu piquant. Oui, je comprends complètement cette attente que l'autre nous aide, mais t'as aussi un peu envie qu'il fasse le taf à ta place ?
Pas forcément qu'il fasse le taf à ma place, mais en fait, moi, je suis continuellement dans cette logique-là, d'être attentionné, parce que moi, quand je sens qu'il n'est pas à 100%, je m'arrête tout de suite, je me dis, ok, là, je sens qu'il n'est pas à 100%, c'est ni bon pour lui, ni bon pour moi, et c'est pas grave, ça arrive, on n'est pas obligé de coucher ensemble tous les jours, enfin…
Moi, je suis continuellement dans cette logique et c'est vrai que des fois, j'aimerais trouver quelqu'un qui a une empathie identique. C'est quoi l'histoire qui se passe dans ta tête quand tu sens que tu n'es pas à 100% dans le rapport et que tu n'oses pas dire non ? Il y a des pensées qui montent ? Ouais, je pense que j'entre dans une espèce de mécanisme obsessionnel.
De me dire, ok, ça ne va pas le faire, ça ne va pas le faire. Mais j'étouffe ses voix en me disant, mais de toute façon, ce qui est le plus important, c'est notre couple et que je lui fasse plaisir. Est-ce que tu peux me ramener la dernière fois où ça s'est passé ? Elle est en tête pour toi ? Hier soir. Ok. Oui.
et tu avais peur tu as peur qu'il te quitte ou que ça ne marche pas c'est à dire quand tu dis le plus important c'est notre couple le sous-jacent c'est bon donc du coup si je suis pas au rendez-vous qu'est-ce qui te fait peur ? non j'ai pas peur en fait je l'ai été pour mes autres couples parce que c'était tellement instable que je
En fait, j'avais peur que la moindre contrariété explose. Là, ce n'est pas du tout notre dynamique. Je pense qu'on a tous les deux envie que ça marche et je pense que c'est normal, ça fait un mois et que je sais que je ne suis pas évident dans mon ressenti, dans les choses par lesquelles je suis passé, qu'on n'a pas la même perception des choses que moi et que ça peut être compliqué pour quelqu'un en face de moi de…
Le comprendre, mais je pense qu'on y arrivera. C'est normal, ça prend du temps. Mais moi, ce qui m'intéresse, donc ça, c'est que tu rationalises. Et je suis d'accord, vous allez y arriver, tu vas y arriver, tout va bien se passer. Et moi, je sais que tu vas y arriver, un, parce que je l'ai décidé pour toi. Ça, ça marche trop bien, ça. Merci. Et deux, parce que tu arrives à bien en parler. Et donc, en fait, tu es en chemin, ça va le faire. Tout va bien se passer.
Moi, en revanche, je veux comprendre le truc irrationnel ou le truc un peu diffus qui, hier soir, c'est frais. Et donc, hier soir, si tu reviens dans ton état d'esprit et que tu n'arrives pas à prononcer pas ce soir. Ou une autre phrase qui te met à l'aise, qui dit je t'aime ou j'aime notre couple, mais là, ce soir, je n'ai pas envie de sexe.
Qu'est-ce qui t'empêche ? Hier soir, ça ne s'est pas passé exactement comme ça. Il s'est passé cette situation-là une ou deux semaines avant. Et en fait, ça reste un sujet, je pense, pour lui. Et du coup, il se bloque. Ou en tout cas, quand il y a le sujet du sexe maintenant, c'est un sujet qui revient.
par exemple après cette fois là en fait concrètement j'étais fatigué tellement fatigué que j'arrivais à peine à ouvrir les yeux mais je voulais être là pour lui mais le sexe anal ne passait pas donc j'ai juste je me suis en tout cas occupé de lui mais j'étais certainement pas à fond dedans et
Et il a joui, et après on s'est endormi, voilà. Et en fait…
Je me suis senti comme si, encore une fois, je faisais plaisir à quelqu'un. Et en fait, ça m'a rendu mal. Je pense que lui, il a senti que je n'étais pas bien. Et le lendemain matin, je lui ai dit. Et en fait, lui, il me dit, mais moi, j'ai senti que tu n'étais pas bien, que tu n'étais pas à fond dedans. Moi-même, je me suis senti pas bien. S'il te plaît, ne recommence pas. Si tu ne te sens pas OK, dis-le-moi. Qu'est-ce qui t'empêche de le dire ?
Franchement, je ne sais pas. Au moment où tu sens que ce n'est pas OK pour toi, est-ce qu'il y a des pensées en particulier ? Tu dis, le plus important, c'est notre couple, c'est cette pensée-là. La pensée la plus importante, c'était le plus important, c'est lui. Vraiment.
Et c'est vachement intéressant comment nos cerveaux nous servent des trucs. Si cette pensée, elle était vraie, que tu la pensais vraiment, il t'a demandé de dire non quand c'est non. Donc si pour de vrai, ton cerveau… Tu sais ce que je veux dire ? Non, je sais et je le dirai. Mais avant ça, on n'avait pas eu cette discussion. Il y a deux semaines, il t'a demandé ça et hier soir, rebelote. Mais en fait, du coup, ce qui s'est passé, c'est que…
C'est différent. Tu n'es pas obligé d'entrer dans les détails que tu ne veux pas. Si, je peux. Mais en fait, ce qui s'est passé, c'est que je suis arrivé chez lui. Ça faisait un moment que je ne s'étais pas vu. Il avait envie de sexe. Moi, à ce moment-là, j'avais faim. Et quand j'ai faim, je suis grognant. Ah, pareil. Oh, pareil. Et je suis fatigué. Franchement, il ne faut pas m'emmerder. Donc, j'ai juste dit, est-ce que tu ne veux pas qu'on mange d'abord ?
Donc, on a mangé et tout allait bien. Et après, c'est moi qui avais envie de sexe. Et à ce moment-là, lui, il était complètement mort. Et je l'ai vu et du coup, je lui ai dit « Bon, écoute, je vois que t'es pas à fond dedans, c'est pas grave, on peut dormir, on le fera demain. » Et je sais pas, je pense qu'il a réfléchi à ça, c'est resté dans sa tête. Et juste avant de se coucher, il me sort…
En fait, il a l'impression que c'est moi qui contrôle nos ébats. C'est moi qui contrôle sur… Quand est-ce qu'on le fait, si on le fait. Et moi, j'ai franchement pas… Je comprends pas parce que c'est pas du tout comment je le ressens, pas du tout comment je le vis. Et j'ai trouvé ça complètement injuste parce que…
Lui, il est dans une situation particulière. Il vient d'arriver en France il n'y a pas très longtemps. Il a pris une année pour voyager, parcourir le monde, etc. Il ne travaille pas. Il a des cours parce qu'il apprend le français, mais à 13h, il a fini sa journée. Moi, j'ai des journées hyper intenses. Le travail, c'est compliqué.
J'essaie quand même d'aller cinq fois par semaine à la salle à côté de ça. Je ne dors pas beaucoup, je suis insomniaque. Déjà, ça fait une charge un peu compliquée. Mais malgré ça, j'essaie quand on se voit de mettre ça de côté et de me dire « ouais, je vais essayer d'ajouter du piquant ». Donc hier soir, je lui ai dit…
Je vais t'apporter un cadeau. » J'ai fait comme si c'était notre premier date une nouvelle fois. Tu t'es culpabilisé. Et quelque part, ça me faisait… Du coup, t'as fait quoi ? Franchement, je lui ai dit…
À ce moment-là, j'ai vraiment très mal pris parce que j'ai dit, mais je trouve ça hyper égoïste parce que tu ne vas pas à côté de tous les efforts que je fais pour que ça se passe bien malgré que je ne suis pas très bien en ce moment. Enfin, physiquement, la fatigue commence à s'accumuler et tout. Et en plus, je me dis ça, là, on va aller se coucher. Donc, je ne vais encore pas dormir.
Et demain, il y a le podcast. Je voulais être en forme. Ça faisait une espèce d'effet boulonnais. J'ai dit non, franchement, c'est pas cool. Et lui, il ne comprenait pas mon point de vue. Après, je pense qu'il y a aussi la barrière culturelle et de la langue. Et voilà. Bien sûr que tu contrôles quand est-ce que vous avez du sexe et lui aussi. Et bien sûr qu'il y a plein de moments manqués. Mais bien entendu que quand on est dans un couple…
enfin quand on est un être humain on contrôle si on a envie ou pas du sexe et même si ça agace l'autre et vice versa en fait peut-être donc mais bien entendu que tu as du pouvoir là dessus et que en fait jamais
Moi, je pense que mon point de vue, c'est que dans un couple, tu peux t'offrir, faire des efforts. Tu vas te dire, allez, je suis fatigué, mais je peux te masser. Mais en fait, la gradation, possiblement non. En fait, je suis fatigué, je ne peux rien faire comme moment intime. Ou en gradation, on peut, tu vois. En fait, moi aussi, ce qui m'a énervé, au fond…
C'est la manière dont il exprime. Je sais qu'il est comme ça et je l'aime pour ça, mais il a un petit côté un peu diva, égoïste des fois. C'est-à-dire que moi, si je vois que quelqu'un est fatigué ou n'a pas envie…
Soit je ne vais pas le faire, même si j'en ai envie, soit je vais créer la situation pour le faire. Comme tu disais, moi j'aime beaucoup les massages, je trouve ça hyper sensuel, un massage pour détendre l'autre personne et amener progressivement au sexe.
donc je vais créer la situation je vais me mettre à la place de la personne pour me dire comment je pourrais amener ça j'en ai envie mais pour pas que ce soit brutal comment je peux l'amener délicatement et si ça marche pas c'est pas grave ça marche pas là ça a été vraiment en mode égoïste je le voulais à ce moment là t'as pas voulu et ça j'ai pas aimé en fait hum hum
Est-ce que tu peux relire notre question magique et de voir s'il y a des parties de la réponse que tu n'as pas déjà mis en mots ? Si on a couvert la question, on ne va pas le refaire. Comment communiques-tu tes désirs et limites à tes partenaires ? Je pense qu'on y a répondu. Oui, j'avoue, c'est ouf. Ok. J'ai envie de…
J'ai envie de répéter, mais bon, ça reste que mon opinion personnelle. Je ne suis ni médecin ni thérapeute. Mais je trouve qu'on est dans une société… Enfin, moi, j'ai grandi avec l'histoire que s'obliger à de l'intime faisait partie de la vie du couple. Et c'est, je trouve, fucked up. Complètement fucked up. C'est-à-dire…
Faire des efforts de regarder un film plutôt qu'un autre, faire des efforts par rapport à l'alimentation, faire des efforts parce que j'ai de l'énergie intime et ça me fait plaisir de faire un massage, mais pas plus. J'entends tout ça et bien entendu, c'est chouette et on est des humains qui se rencontreront, mais…
Mais sinon, en fait, à aucun moment donné, je dois me forcer. Et pourquoi c'est important ? Parce que pour moi, ça vient de notre culture. Tu sais que légalement et dans la culture franco-européenne, judéo-chrétienne, on était obligé de faire du sexe, d'honorer.
Comment ça s'appelle ? Le devoir conjugal. Le merci beaucoup. Et je pense qu'on a apparemment à La Réunion aussi possiblement baigné là-dedans. Et on est un peu là à reproduire des trucs inconscients et tout. Le devoir conjugal, c'est de s'écouter, de s'aimer. Et quand c'est non, c'est non. Et après, c'est défiant parce que j'ai grave envie toute la semaine. Et oui, en fait, il se raconte des choses dans une disponibilité ou dans une indisponibilité sexuelle. Et moi, je l'ai vécu. C'est pas simple, franchement.
Mais la conclusion, c'est pas et donc force-toi. La conclusion, c'est ah putain, ça vient me challenger. Et je trouve que l'autre a le droit de me dire putain, j'ai envie de sexe avec toi, je t'aime ou en tout cas, j'ai envie de cet intime, c'est beau. Et comment est-ce qu'on peut faire pour qu'on se rencontre ? Est-ce que toi, t'en as envie ou pas du tout ? Est-ce que nanana ?
Et donc, c'est challengeant, mais putain, non, à aucun moment donné. Et franchement, je trouve que j'ai vachement entendu ça quand tu dis être assez performant, comme si tu devais gagner l'amour de l'autre. Et moi, je me suis vachement identifié à ce que tu as dit. Mais il n'y a rien à gagner, en fait. Genre, je rêve pour toi. Possiblement, tu ne partages pas ce rêve et tu as bien le droit. Mais je rêve pour toi d'un endroit où tu es accueilli tel que tu es.
Et donc, non performant, parce qu'en vrai, on ne va pas se mentir, nous les êtres humains, au fond, ça ne marche pas trop, toujours comme on veut. C'est juste un endroit où tu peux exprimer ton intime et ta sexualité à ta guise, quand il y a de la guise, et que l'amour ne dépend pas d'une performance.
tu as ce rêve ou ça te parle ou pas ? oui ça me parle à fond je pense que si derrière il y a un autre sujet qui est qu'avec lui je suis 100% actif
Et ce qui ne m'était jamais arrivé avant, étant versatile, même si soit j'ai tombé sur un autre versatile, soit mon couple n'était pas conventionnel, donc je pouvais entre guillemets trouver mon compte ailleurs. Là, je suis dans quelque part une monosexualité et du coup, la performance, pour le coup, là…
elle entre en jeu dans le sens où c'est pas comme si un soir j'en avais envie je pouvais juste dire vas-y gère là quelque part j'ai besoin j'ai besoin faut que je sois quelque part un peu performant
Vous n'allez pas survivre. Moi, je pense que… Ah non, mais moi, je mets les gros pieds dans le plat. Et de toute façon, on est à la minute 37. Donc, franchement, il n'y a que les vrais qui sont encore avec nous. Et moi, je mets les pieds dans le plat plus pour te faire réagir et te proposer une idée. Je pense par expérience, après 260 épisodes, que la pression et l'angoisse de performance…
Si ça reste longtemps, ça nous casse. Ça nous casse dans le sens, notre capacité à être intime avec l'autre, c'est trop de pression, ça tue le désir. Ça, je suis d'accord, je l'ai ressenti. Je pense que ça peut aller, il faut juste qu'on en discute. Grave. Bien sûr que ça peut aller, rien n'est écrit. Mais encore une fois, ça fait un mois, donc je pense que c'est normal qu'on passe par ces phases et on verra.
Moi, psychologie de comptoir, ce devoir conjugal et cette pression de performance, c'est beaucoup des mécanismes que… Tout ça, ça semble très proche des mécanismes de, pour avoir de l'amour, il faut que je performe d'une certaine façon. Il faut que j'ai l'air suffisamment masculin, il faut que je sois ceci, je sois cela, etc. Et en fait, ce moment de réparation… Et moi, franchement, je n'y suis pas arrivé. Je suis en chemin.
j'ai beaucoup de mal à penser que j'ai pas besoin de performer d'une certaine façon pour être aimé j'ai beaucoup de mal c'est vrai
Non, mais il y a certainement encore plein de choses à déconstruire chez nous deux. Mais c'est pour ça aussi que je suis serein. C'est que je pense qu'on va s'apprendre des choses. Et c'est aussi pour ça que je suis content de faire ce podcast. Ça me fait aussi réaliser des choses. Et voilà, on verra où est-ce que ça nous mène, me mène. Je ne t'ai pas demandé, tu as quel âge ? 29 ans.
Aujourd'hui. Enfin non, pas aujourd'hui. En ce moment, t'as 29 ans. La Réunion ?
Est-ce que tu as envie, moi j'aimerais bien qu'on parle de l'ambivalence d'y retourner, de ne pas y retourner. J'ai deux questions pour toi, dont une un peu lourde, je ne sais pas si tu as envie d'y répondre. Est-ce que tu es en contact avec ton père et est-ce qu'il habite à La Réunion ? Est-ce que tu as envie de répondre à ça ou pas ?
Je n'ai pas de contact avec mon père. Il vit à La Réunion et il est actuellement très problématique. Il reste un sujet très problématique dans ma famille sur lequel je ne vais pas m'étaler. Mais rentrer à La Réunion, c'est revenir tout de même dans ce système familial ?
J'ai une ambivalence extrême avec la Réunion, mon territoire, ma culture, parce que depuis, j'ai fait un espèce de travail de réconciliation. Et après le rejet de ma culture à l'âge de 17 ans, maintenant, je suis hyper fier de ma culture.
Je reconnecte avec des choses que même la plupart des réunionnais ou même ma famille ne reconnectent pas, des choses primaires. Le maloya qui est notre danse et notre musique traditionnelle qui à la base permettait de reconnecter avec les esprits, maintenant on s'en sert comme musique d'engagement, moi je suis hyper connecté à ça.
je suis hyper connecté à mon histoire, à mon patrimoine, aux différentes cultures d'où je viens. Je m'intéresse beaucoup à la culture tamoule, dont j'ai une partie de ma famille qui est tamoule. J'ai aussi une partie de ma famille qui est musulmane, une partie de ma famille qui est catholique. Je m'intéresse vraiment à cette espèce de mixité, métissage, et qu'est-ce que ça veut dire pour moi, comment je me retrouve. Et même avec mon côté queer, parce que
Cette année, j'ai défilé à la Pride de Paris avec un drapeau réunionnais. Pour moi, c'était un accomplissement parce que je montrais que j'étais fier, qu'on est là aussi, que c'est possible d'être queer et réunionnais et assumé et heureux. Je suis hyper intéressé par tous les mouvements d'engagement, d'activisme qui se passent en ce moment à La Réunion.
Tu parlais en intro de la scène ballroom qui se développe, la scène drague aussi. Je pense à plusieurs associations, à plusieurs personnes qui deviennent de plus en plus célèbres et je suis hyper fier de ça.
Et aussi ce côté-là de dire, parce qu'il y a aussi un côté hyper décolonialiste pour les personnes LGBTI plus racisées, quand on affirme son identité culturelle avec son identité sexuelle et de genre, de reprendre les codes de la tradition et de les détourner pour affirmer sa queerness. Et ça, je suis hyper intéressé par tout ça. Tu peux me donner un exemple ?
Moi qui ne connais pas… Je pense que les plus évidents, c'est les dragues. Je pense notamment à Soa de Muse, qui est originaire des Antilles, Martinique ou Guadeloupe, je ne sais plus, et qui fait beaucoup de tenues autour de l'affirmation de son identité d'afro-descendante caribéenne et qui affirme ce côté-là à travers des tenues, des références…
où elle détourne les codes de la mode traditionnelle pour en faire un code d'activisme LGBTI+. Soit de Muse, elle a grandi à Villepinte et ses parents sont originaires de la Martinique, si je ne dis pas de bêtises. À La Réunion, il y a… Donc ça, c'est du coup le patrimoine martiniquais ou en tout cas, est-ce qu'il y a des exemples à La Réunion qui deviennent ? Dans la saison 3 de Drag Race, il y avait…
J'ai oublié son prénom, mince. Norma Bell. Norma Bell, tout à fait. Qui a commencé un peu à faire aussi ce travail, mais je ne pense pas aussi poussé que Soa. Qui est réunionnaise. Et donc, je suis hyper…
fier et attaché à ce côté-là de ma culture. Et toi, tu le vois, j'ai pas oublié la question initiale, t'inquiète, tu le vois, moi, de l'extérieur. Donc là, du coup, je pars dans pas longtemps à La Réunion, donc je regarde tous les documentaires possibles. Il y en a trois sur la question queer et que, d'ailleurs, je peux mettre en descriptif de l'épisode, qui sont super chouettes.
Et donc là, de l'extérieur et des articles que je vois, j'ai l'impression qu'il y a… Et de ce que je… Quand j'échange avec des réunionnais, réunionnaises par visio, il y a une explosion. Il y a vraiment un tournant depuis l'après-Covid avec une visibilité et un autre possible…
ça toi tu le sens même si tu as dit tu reviens tous les deux ans à la Réunion de la métropole tu le sens ça ? Je le sens parce que je m'y intéresse et c'est ça où je pense qu'il y a une ambivalence et que je suis hyper fier qu'il y ait cette explosion là mais je pense qu'elle reste dans un microcosme particulier de personnes avec des valeurs particulières et c'est pas le cas de toutes les personnes LGBTI+, de la Réunion je pense pas qu'elles s'identifient forcément à ça qu'elles ont forcément envie de faire du drag du ballroom
d'être dans le fait de s'assumer ouvertement avec des codes visibles et c'est ok on a tous le droit mais du coup il y a aussi une autre partie qui je pense reste majoritaire qui est une partie de se cacher se restreindre, ne pas s'assumer
de vivre de double vie, des vies cachées, aussi de contexte LGBTI-phobe. Je continue à avoir des personnes de ma famille qui sont profondément LGBTI-phobes et qui ont des propos très dérangeants. J'ai un cousin qui poste des posts transphobes sur Instagram et moi, ça me dérange profondément en tant qu'activiste, surtout que je ne comprends pas
En quoi ça puisse se déranger étant un homme cis et n'ayant pas de personnes trans autour de lui ? Pourquoi ça l'atteint autant ? Il y a quand même des sujets comme ça qui restent très ancrés, très profonds, mais c'est normal. On peut aussi dire que le seul centre LGBT de Lille a été vandalisé, brûlé en 2023.
Toi, tu notes aussi quand même, à la fois dans ta famille, mais même plus généralement, une réalité homophobe. Et toi, tu te dis, il y a une part de toi qui a envie de revenir à La Réunion, c'est ça que j'entends ? Et si tu revenais, tu as l'impression qu'il faudrait… ça serait quoi l'impact pour toi ?
En fait, moi, j'adorais rentrer chez moi parce que ça reste chez moi. Ça reste un cadre idyllique, paradisiaque. Et c'est pour ça, d'ailleurs, qu'il y a autant de métropolitains, je pense, qui y vont. Ça reste ma culture. Il y a une qualité de vie là-bas que je n'aurais jamais ici. Le soleil. Moi, j'ai grandi. J'ai grandi en pêchant.
en cueillant des fruits dans la nature, en marchant pieds nus, avec le volcan, faire du surf, la plongée. C'est quand même un cadre génial et ça te développe un rapport aux choses à la nature qui est hyper incroyable. La culture réunionnaise, c'est incroyable, cette mixité, ce métissage, cette tolérance. Cette tolérance qui s'arrête à la frontière du genre et de l'orientation sexuelle, non ?
On peut toujours la discuter, même en termes de race sociologique. Notamment, je pense au racisme envers les Comoriens, au racisme envers les personnes Sri-Lankaises récemment. Racisme…
discrimination envers les personnes de métropole, que je ne qualifierais pas de racisme anti-blanc parce que pour moi, il n'existe pas. Il n'est pas systémique. Exactement. Mais il y a une réalité de discrimination, mais il faut comprendre d'où est-ce qu'elle vient. Et pour moi, elle est justifiée. Donc, il y a quand même des dynamiques, mais de base, ça reste une culture qui est métissée, tolérante,
Moi, en tant que Français, avec un prénom et un nom hyper français, mais du centre de pratiquement tous les continents, une tête de Mexicain narcotrafiquant, avec des religions dans toute ma famille, c'est une richesse incroyable, en fait. Si tu rentres à La Réunion, concrètement, c'est quoi le prix que tu payes ? J'aimerais rentrer à La Réunion pour ça, parce qu'en termes de…
Histoire, patrimoine et culture, je m'y retrouverai. Des choses que je ne retrouve pas ici parce que, comme je l'expliquais plus tôt, j'ai plutôt tendance ici à vivre le racisme, le déclassement social, le fait d'être vu comme un ovni. Pour ces questions-là, c'est compliqué ici.
Et en même temps, ici, je peux vivre ma sexualité, mon intime et ma vie amoureuse plutôt librement et avec un engagement fort que je n'ai pas l'impression de pouvoir avoir là-bas. Ou je n'ai pas l'impression que je pourrais… Bon, même si je ne le fais toujours pas maintenant, mais peut-être que j'y arriverai un jour. Tenir la main de mon copain dans la rue, ce serait…
Hyper compliqué. Après, peut-être que ce n'est plus une réalité, je ne sais pas, parce que je n'ai jamais vécu vraiment de relation amoureuse à bas. Peut-être que des gens diront que c'est possible maintenant.
Mais moi, vu la situation familiale et le contexte qu'il y a là-bas, et je pense que ce n'est pas complètement faux s'il y a des gens qui te disent que la Réunion, ça reste petit, que les histoires peuvent s'entendre. C'est que je pense qu'il reste une crainte des personnes LGBTI sur l'île de ne pas pouvoir vivre pleinement leur sexualité.
ou leur identité de genre et ça c'est c'est dur pour moi j'ai vraiment l'impression d'être dans une espèce d'ambivalence et c'est c'est une question que j'ai pas réussi à résoudre encore tu as tu as essayé de tenir la main de ton mec dans la rue déjà à Paris pas encore ça c'est un autre sujet de notre couple et à la Pride on était pas encore ensemble
Et de n'importe quel homme ? Juste pour comme premier petit pas ? Oui, ça m'est déjà arrivé. Mais il me faut un peu de temps pour accepter. J'ai pas de mal à embrasser.
ah ouais ah tu fais une diff ok moi je suis en hyper vigilance et pas à l'aise du tout et tu vois mon ex il était trop chaud il m'a trop appris mais pendant l'intégralité de notre relation quand il me prenait la main j'étais là vas-y Guillaume
mais j'étais vraiment content de le faire et c'était une victoire mais j'avais quand même besoin de prendre soin de mon enfant intérieur qui était là putain qu'est-ce que t'es en train de faire et j'étais en hyper vigilance parce que la réalité même si t'habites à Paris intramuros ce qui est censé être un chouïa plus en vrai moi les articles sur les agressions et tout en plein coeur de Paris ils sont réguliers et en plus tu vois les regards
aussi la réalité c'est que moi je sens les regards et oui parfois c'est des regards avec un grand sourire et t'es là yay mais plein de fois où il y a des regards donc il y a une réalité aussi du danger et donc parfois je suis là putain flemme j'ai juste envie d'aller au cinéma quoi j'ai pas envie d'avoir à calculer mille trucs pardon c'était une petite parenthèse non je suis complètement d'accord c'est aussi ce que je ressens cette hyper vigilance certainement aussi enrichie par ce que j'ai vécu contexte violent harcèlement
aussi le fait d'être engagé je suis assez au courant de toutes les informations les guet-apens qui sont très courants en ce moment mais certainement j'ai un travail assez à faire personnellement mais des fois c'est si compliqué parce que lui pour le coup il est plutôt très assumé sur ce côté là et quand moi je me restreins il a l'impression de devoir se cacher à nouveau ouais c'est vrai
Et ce que je n'ai pas envie de lui faire ressentir, mais en même temps, j'aimerais aussi qu'on puisse y aller doucement, parce que c'est un sujet très sensible pour moi. Oui, bien sûr. Tu vois, tout à l'heure, on parlait de se muscler. Et se muscler, c'est aussi faire…
faire peur à l'autre en tout cas en tout cas moi je sais que la façon dont je m'habille et comment je tiens mon corps dans les moments où je me sens pas forcément en sécurité je vais avoir une position où j'ai l'air beaucoup plus tu vois ce que je veux dire quand tu peux un peu relever les épaules et tout et même dans mon regard
Donc, il y a peut-être aussi une part de toi que ça répare que d'acquérir du muscle pour aussi te dire que dans l'espace public, tu vois ce que je veux dire ? Tu pourras soit te défendre, avoir des muscles, ça ne veut pas dire savoir se battre. Mais bon, on est d'accord que le cerveau, lui, quand quelqu'un se demande s'il va t'agresser, je pense que ta corporalité va plus ou moins l'inciter à le faire. C'est toujours une question d'apparence, de ce qu'on projette. Est-ce qu'il y a quelque chose d'important ?
Est-ce qu'on s'arrête là ? Ou est-ce qu'il y a soit un dernier truc ? Je vois dans ton regard que c'est oui. Moi, je pensais avoir fini là, juste…
Si d'autres réunionnais cuir m'entendent, qu'on est tous dans le même bateau et j'espère qu'on arrivera à tous trouver notre épanouissement personnel. Et je les incite à faire ton podcast. Parce que je pense que ça peut être un travail hyper intéressant aussi personnellement de prendre du recul sur soi.
Et aussi pour nous, entre nous, d'avoir l'expérience d'autres réunionnais.
Et à ceux qui nous écoutent et qui se disent « je me sens pas capable » ou « c'est pas le bon moment pour moi », j'ai envie de leur dire « c'est parfait ». J'ai en fait envie de leur dire « ok, tu te dis j'aimerais témoigner mais je le peux pas, j'aimerais alors que la phrase d'après ça soit « liste-moi les trucs qui montrent que t'es sur le bon chemin pour toi et que tu célèbres ».
Tu vois ce que je veux dire ? Parce qu'en fait je pense que les gens qui se disent bah en fait non mais moi je peux pas témoigner et tout, il y a un impact qui est trop gigantesque, c'est trop dangereux, j'ai envie qu'ils se disent vas-y il y a plein de trucs que j'ai réussi à faire, est-ce que c'est embrasser quelqu'un, est-ce que c'est dire à quelqu'un son attirance, est-ce que c'est aller à une soirée ?
LGBT ? Est-ce que c'est faire un coming out à une personne ? Il y a plein de manières de célébrer là où on en est. Et j'ai envie de reconnaître que témoigner publiquement sur un putain de podcast où on va raconter sa sexualité et son intime, c'est le level genre 43 !
Et tu vois ce que je veux dire, c'est un aboutissement, et c'est pas pour tout le monde, mais tu vois, level 43. Donc en fait, si on est au level pas 43, c'est très bien aussi, tu vois. Merci. Merci à toi. C'est bon pour toi ? C'est bon pour moi. C'est quoi cette affaire que t'as une tête de narcotrafiquant ?
On me dit souvent que j'ai une tête de Mexicain, soit du porno, soit narcotrafiquant, ou peut-être un peu des deux. Mais c'est à quelle tête, un narcotrafiquant ? C'est peut-être la moustache, je ne sais pas. Ou bien, il n'y a pas une série sur Netflix avec un narcotrafiquant ? Moi, je ne l'ai pas regardée, peut-être que tu lui ressembles ? Je ne sais pas. Non ?
J'ai un peu tilté, j'étais là. Narco, c'est très spécifique. Ouais, on me dit plutôt que je ressemble à Maluma. C'est qui ? Un chanteur de reggaeton. Les gens te disent beaucoup de choses. Ouais, mais c'est un poids énorme. J'aimerais vraiment que des fois, les gens se taisent juste, tu vois. Tu leur as déjà dit chute ? Ouais, je vais y penser la prochaine fois. Ah non, mais attends !
Un bon gros chute, en fait. C'est peut-être aussi level 47, mais moi, je suis jamais plus aligné et puissant que quand je dis à la personne, tu sais, ça me rend super triste ce que tu dis.
Sans avoir la charge mentale de devoir lui faire une pédagogie, formation, parce qu'en fait, un, pas le time, et deux, si c'est mon frère ou quelqu'un genre, un hétéro, quelqu'un de mon entourage, je vais prendre le temps d'expliquer. Mais juste, je crois, moi, je me donne le droit de juste dire, ça me met très mal à l'aise, ou de dire mon émotion. Parce que la plupart du temps, bon, il y a des gros connards et des grosses connasses, mais je trouve que la plupart du temps, quand la personne, tu la captes à cet endroit-là,
la réaction ouvre ouais je vois alors parfois ça t'ouvre du coup sur une conversation où t'es là en vrai tu vois je suis au cinéma ou je suis en soirée flemme et t'as on a aussi je m'autorise aussi à dire non en vrai j'ai maxi flemme ouvre wikipédia t'appelles LGBT on commence par ça après possible tu demandes à tes potes autour de toi
Mais parfois aussi, ça ouvre une conversation où la personne dit « Ah non, excuse-moi, je suis mal à l'aise, je voulais essayer d'être drôle ou j'ai dit de la merde. » Bon voilà, c'est un peu le moment. Je suis d'accord. Il y a une libération. En fait, quelle que soit la réponse de l'autre, moi, le moment où je tape à cet endroit-là de dire…
Moi, je me sens tellement allégé. Et je crois que c'est ça, mon objectif, en fait. Et c'est pour ça que je me permets de partager ça avec toi. C'est que moi, j'ai envie que tu vives des soirées où, quand on marche sur tes plates-bandes, toi, tu fasses un geste qui soit non violent. T'es pas besoin. Parce qu'en plus, ça peut niquer la soirée si tu deviens agressif. Mais bien pointu. Et hop, tu passes une bonne soirée. Merci pour le conseil. Par contre, j'ai très envie de faire pipi. Ah ! Vas-y, vas-y, bien sûr. Tu bois beaucoup, c'est vrai. Ouais.
Super ce que tu dis, mais en vrai laisse moi pisser.