Lire la transcription de cet épisode
Lorenzo, tandis que tu bois, prends tout ton temps pour boire. Troisième et dernière partie de ton témoignage. Tu m'as dit quand on a préparé cet entretien que toi et moi, on s'est rencontrés dans un rassemblement des faits radicals en France en juin dernier. Comment les faits radicals ont impacté ce cheminement que tu racontes depuis deux épisodes ?
tu veux que je te raconte aussi comment je suis arrivé à les rencontrer peut-être mais prends le contrôle vas-y
Non, c'est juste que… En fait, c'était un peu… Parce qu'en fait, j'ai décrit que j'étais à Londres. OK, le polyamour. Du coup, la question, ça devenait plus… OK, j'avais eu des relations, des couples. Et je n'étais pas réussi à…
être stable dans plus que ça dans des relations de couple ma relation la plus longue c'était deux ans oui c'est très bien mais quand même je suis jamais arrivé à comment dire avoir un sens de vraie stabilité
Et… Les désirs vers ailleurs, du coup, le polyamour, etc. Du coup, j'ai commencé un peu à me questionner sur la… Comment dire ? Sur la façon d'être ensemble. La façon de… Aussi, il faut dire que moi, j'avais un grand désir de famille. J'avais recherché l'adoption à Londres quand j'étais avec un copain. J'étais dans une relation. Après, ça ne boutait à rien.
Et après, c'est devenu un peu trop tard. Mais en général, pour moi, l'amour, ce n'est pas que la sexualité, c'est aussi la création d'une entité qu'on peut appeler famille, mais que ça peut être une famille dans un sens très vaste.
Et du coup, ce n'est pas forcément des parents avec des enfants. Et du coup, j'ai commencé un peu à rechercher ça et j'ai découvert sur un site, je ne me souviens plus quel site, mais c'était, peut-être c'était, oui, c'était Couchsurfing, que je ne sais pas si tu connais. Ouais ?
Et en gros il y avait un profil, en fait il y avait un truc d'un mec gay qui habitait dans une cabane, un petit gîte, une cabane, non ?
plutôt en cabane dans les Pyrénées en France un mec anglais qui proposait de faire un gros genre un long week-end à explorer l'intimité masculine du coup il parlait un peu en général un truc comme ça parler d'intimité des trucs qu'il parlait beaucoup
Et je me suis dit, vas-y, je vais me lancer. Et du coup, je l'ai contacté. Je dis, OK, je vais venir, etc. Et j'ai pris l'avion. Je suis allé à Toulouse. À Toulouse, j'ai pris le bus, je ne sais pas quoi. Et il est venu me chercher. Et finalement, je me suis retrouvé dans cette petite cabane dans les Pyrénées. Et…
Et après, il y avait juste un autre mec qui est arrivé. Après, il y a un autre encore qui est arrivé. C'était un peu compliqué. De toute façon, on était les plus nombreuses qu'on était. Il y avait un moment qu'on était quatre. Mais la chose, c'est qu'en fait, la cabane a été construite par lui et son ex-copain de façon totalement écologique.
Du coup, il avait construit, c'était un truc en bois, pour se réchauffer, il utilisait des bois. Il avait des toilettes sèches qui sont, je ne sais pas si c'est, qui en gros sont la façon plus écologique d'avoir des toilettes. Et pour se doucher, on utilisait l'eau de la pluie.
Et il avait des panneaux solaires pour l'électricité. Du coup, c'était totalement, comment dire, éco-sustainable.
Et du coup, après, j'ai beaucoup connecté avec lui. Du coup, cette expérience, ce n'était pas une retraite que lui organisait, que tu payais ? Non, non, non. C'était une expérience ? Et en gros, c'était quoi ? C'était des petits ateliers ? Alors, je pense que lui, il avait des intentions qui n'ont pas abouti à ce qu'il voulait.
Mais au début, c'était un peu se doucher, se laver l'un l'autre, faire des petites choses pour se rapprocher.
pour devenir plus intime évidemment on parlait beaucoup il n'y avait pas des ateliers ou des trucs spécifiques le problème c'est que les autres personnes n'étaient pas trop dans cet espace il y avait une personne qui avait l'air d'être arrivée là pour être en vacances pour avoir une petite vacance à la montagne pas chère je ne sais pas mais elle n'était pas du tout dedans
Et finalement, avec lui, moi et les mecs, on a vraiment connecté, on a connecté sexuellement, on a commencé vraiment à baiser, c'était magnifique. On s'est vraiment trouvés, non ?
Et du coup, finalement, ça s'est développé. J'ai passé une semaine avec lui. Après, les autres sont partis et finalement, j'ai passé une semaine avec lui. Mais la raison pour laquelle je raconte ça, c'est parce que deux choses. D'un côté, c'est la première fois que j'ai entendu parler des faits. Lui, il m'a parlé des faits radicals. Il m'a dit « Ah oui, il y a ce mouvement, que c'est un peu comme ça, la nature, etc. »
Et moi, du coup, c'est vraiment la toute première fois qu'après, évidemment, elle est restée dans ma tête. Et l'autre chose, c'est que quand j'étais là, vraiment, et c'est pour ça, je pense, qu'on a parlé des faits radicals, on était…
La cabane et tout a été organisée de façon écoresponsable. Et… En fait, pour la première fois, je me suis vraiment senti en partie du cycle naturel. Et du coup, d'être partie de la nature, quoi. Tous mes actions, en fait, c'était en harmonie avec la nature. Et ça, je l'ai senti vraiment très fort. Et du coup, après…
Après des années, après je suis débarqué à Paris, etc. Un jour, un beau jour à Paris, une amie italienne qui… On était genre… On papotait, etc. Elle me dit, regarde, cet été, j'ai décidé que je vais aller voir l'effet radical. Et moi, j'ai dit, le fait radical ? Ah bon ?
J'ai connecté les choses et j'ai dit « ça m'intéresse beaucoup, c'est quoi ça ? En fait, il est en maison en France, etc. Je vais voir ce que c'est, ce que ça va donner. » Il partait un ou deux jours après, du coup je ne pouvais pas m'organiser et aller tout de suite. Mais j'ai dit « écoute, dis-moi comment ça se passe parce que ça m'intéresse beaucoup. »
Il est revenu, il m'a parlé très bien des faits. Et du coup, dès que j'ai pu, je suis parti visiter cette maison dans les bois en France, gérée par les faits radicals. Et alors, qu'est-ce que cette dizaine de rassemblements a fait pour toi ?
Alors, au début, ce n'était pas tout de suite quelque chose d'évident parce que ce n'était pas confortable. Vraiment, j'ai pris du temps à m'adapter à l'environnement, etc.,
Mais finalement, quand ça a commencé, du coup, je suis allé à plusieurs rassemblements et je pense que les troisièmes rassemblements, c'était les premiers dans lesquels je me suis senti vraiment bien, à l'aise, que tout s'était bien passé. Pourquoi tu ne te sentais pas à l'aise au début ?
Alors, le premier, c'est qu'il faisait froid. J'ai dormi dans mon tente tout seul. Il a même neigé en nuit. C'était horrible. Et en plus, pour se laver, il faut se laver à l'extérieur. Je ne me suis pas lavé tout le temps. Les toilettes, c'était bon. Bref, ce n'était pas confortable à niveau physique.
C'était plutôt ça. Les deuxièmes, ce n'était pas confortable plutôt à niveau psychologique parce que je n'arrivais pas vraiment à… Je ne me sentais pas trop… Peut-être que je ne m'autorisais pas trop parce que moi, petit bourgeois, classe moyenne, etc., je ne m'autorisais pas à être… Je n'étais pas assez hippie ou assez alternative.
Jusqu'à quand j'ai compris que l'inclusivité de la culture des fées, c'était vrai. Et en fait, j'étais totalement le bienvenu. C'était tout dans ma tête. Et alors là, je me suis un peu laissé… Je commençais à m'exprimer, à être moi-même, etc. Et j'ai commencé à me connecter avec des personnes, à avoir aussi des amours, du sexe, etc.
Et j'ai découvert par exemple un truc que je pense maintenant, c'est fascinant, mais en même temps je me sens un peu débile. J'ai découvert qu'en fait il y avait une différence par exemple entre la sexualité et la sensualité. Et jusqu'à là, franchement…
Je n'avais pas réalisé ça. Même si, peut-être dans la pratique, moi j'adore la sensualité et certainement c'est incorporé dans mes pratiques sexuelles.
Mais là, vraiment, j'ai compris. Explique. Alors, la sensualité, je t'explique quoi ? Qu'est-ce que c'est la sensualité ? Tu peux me ramener dans le moment où tu connectes, tu dis, qu'est-ce qui s'est passé chez les faits pour que tu te rendes compte de la différence ?
Alors, la première fois, quand j'étais là, je me regardais autour de moi et je voyais plein de gens qui se touchaient, se prenaient dans les bras, se faisaient des câlins. Et chaque fois, je pensais « Ah, tu vois, ils ont une connexion sexuelle, ils ont baisé. »
dans ma tête j'ai projecté des choses sur eux parce que pour moi en fait se câliner se prendre dans les bras ou se toucher tout le temps ça voulait dire qu'il y avait une connexion sexuelle c'était un peu un équivalent de toi j'ai envie de te dire jusqu'à un certain moment j'ai pensé aussi que c'est rouler une pelle ça veut dire que très bientôt on va baiser quoi
Alors que là, je pense que ce n'est pas le cas, en fait. Pas forcément automatique. Non. Pour les auditeuristes qui sont complètement perdus, je pense qu'on a quand même besoin de donner un minimum de contexte. L'effet, c'est un… En gros, l'effet, c'est un mouvement qui vient des États-Unis, années 80, dans l'idée de permettre, je l'ai dit dans l'épisode 1, mais dans l'idée de permettre à des personnes queer, principalement, de se reconnecter.
Alors la reconnexion, elle a lieu de plein de façons différentes selon chacun, chacune et sa sensibilité, ses besoins, ses envies. Donc c'est à la fois, donc c'est concrètement en France, une maison avec une forêt autour.
où c'est pas une retraite où tu payes 2000 euros, c'est pas des vacances et c'est un lieu où très autogéré, de façon horizontale, des activités, des partages et des expériences émergent du groupe et sont invités.
Et le groupe a un fonctionnement de cohésion et d'horizontalité. Donc, tu lèves la main pour participer à faire la nourriture, à nettoyer, à prendre soin du lieu, etc. T'as l'impression qu'il y a un autre contexte. Tu as souvent parlé du rapport à la nature. C'est un lieu où le… Moi, je trouve ça extrêmement confortable. Oui.
Mais c'est vrai que ce n'est pas un hôtel. Il n'y a pas de chambre. Tu peux dormir dans un grenier ou dehors. Et il n'y a pas d'eau chaude ou de salle de bain. C'est ça que tu voulais dire par le confort? Oui, mais après, par exemple, moi aussi, si je vais maintenant, je n'ai vraiment plus de problèmes avec tous les… J'ai bien compris. La manque de confort. Mais ça reste…
Ça reste basique. Oui, j'ai envie de visibiliser un double truc. C'est qu'à la fois, on pourrait croire… Moi, je croyais que ça manquait de confort. Et une de mes grosses angoisses en venant chez les fées, c'était là. Mais moi, en fait, je pense qu'en vrai, je suis un prince, une princesse. Vraiment, s'il y a un truc…
Je vais être super sensible, je ne vais pas m'adapter, etc. Et j'étais assez impressionné par moi-même. Mais en fait, je m'en tape. Et le confort, il est dans la puissance du groupe, dans la puissance des gens qui sont là, où en fait, émotionnellement, je me sens soigné. Pas toujours, mais il y a des belles rencontres. Je n'ai jamais aussi bien mangé.
La nourriture est un délice avec toujours des cuisinières et des cuisiniers qui lèvent la main et qui sont en capacité de faire des… Qui sont les personnes qui participent. En fait, c'est tout basé sur la co-création, en fait. Exact. De la nourriture à les ateliers ou les choses, les activités qu'on peut faire. Du coup, les groupes sont essentiels et il n'y a pas de hiérarchie, il n'y a rien de ça. En tout cas, il y a une tentative d'absence de hiérarchie visible.
mais bon comme dans tout groupe oui bah après il peut y avoir des petites dynamiques est-ce que tu veux rajouter un autre contexte parce que du coup je reviens à ton propos de sensualité versus sexualité il y a plein de moments et moi je l'ai vécu aussi et encore là à notre dernier rassemblement il y a quelques temps j'ai vu des gens se toucher se faire des câlins et moi aussi j'ai l'automatisme d'antenne de dire tiens il s'est passé quelque chose entre eux oui
Et non, c'est-à-dire… Ah, l'aspect spirituel. Excuse-moi dans le contexte. Je dirais peut-être qu'il y a un lien avec… Alors, pas de religion, mais moi qui suis très peu spirituel, il y a quand même un truc magique. Il y a quand même un truc… Tu voudrais mettre des mots sur ce que ça veut dire pour toi ? Pour moi, l'aspect spirituel est un aspect très ouvert à la spiritualité de chacun.
Et du coup, ça dépend vraiment de… Mais c'est vrai qu'il y a, comment dire, à niveau culturel, une valeur vers la spiritualité, l'effet d'avoir des croyances et des sentiments qui vont au-delà de nos corps. Une connexion à soi, une connexion à l'autre, une connexion au lieu ?
Là, tu es en train de parler de ta spiritualité, probablement. Non, non, non, c'est bien. C'est intéressant. Pour toi, c'est quoi ? Mais pour moi, justement, pour moi, il y a certainement la connexion avec la nature. Du coup, la chose que j'ai décrite avant, quand je me suis senti pour la première fois à partir du cycle de la nature, moi, quand je suis à Voltaire et je suis dans la nature, en fait…
Voltaire qui est le nom du sanctuaire. Tu voudrais qu'on bip ? Non, ok, ça marche de toute façon. Je pense que toi, tu as déjà fait des épisodes dans lesquels il est nommé. C'est un dernier contexte et je n'ai pas oublié le point que tu vas dire. C'est que c'est une culture qui cherche à se répandre par le bouche à oreille, qui cherche à être accueillante.
Et qui, pour autant, ne veut pas être à la une des médias, ne veut pas être dans un marketing. En fait, si les gens se sentent appelés, les technologies actuelles permettent de retrouver facilement le site du pays dans lequel tu es. Et les invitations sur le site sont assez claires. Et à la fois, c'est aussi un peu mystérieux et c'est volontairement pour peut-être pas écraser l'expérience de quelqu'un. Parce que toi et moi, on raconte quelque chose.
qu'une troisième personne pourrait dire c'est absolument pas ça l'effet radical. Et c'est beau, et c'est bien. Mais aussi pour protéger l'effet que c'est un lieu safe. C'est un lieu et l'effet qu'il soit safe, qu'il soit protégé, c'est important pour permettre à chacun et chacune entre nous que des pouvoirs libéraux
exprimer et expérimenter des choses et se sentir totalement en sécurité c'est pour ça que c'est assez délicat de protéger à niveau médiatique un peu les lieux
On parlait de la nature. La spiritualité, la nature, pour moi, le cycle de la nature, quand je suis à Folterre, parfois, je me sens vraiment partie du cycle de la nature, aussi le fait que c'est une culture qui a énormément de respect pour la nature. Et en fait…
C'est une culture qui ne met pas l'humanité avant la nature, mais plutôt qui met l'humanité comme partie de la nature. Du coup, tout ça, ça me donne un peu un sentiment de connexion avec la nature, aussi parce que le lieu est un lieu naturel magnifique, il y a des bois, des arbres, des lacs, c'est vraiment superbe.
Et du coup, me sentir partie de la nature, ça veut dire, c'est un sentiment qui pour moi est hyper apaisant.
Parce que, j'étais dans un exemple concret, moi je me suis trouvé plusieurs fois à penser à la mort, par exemple, quand je me suis trouvé là, à ma mort, la fin de mon corps, en fait. À la terre, particulièrement. Oui, du coup, qu'est-ce que ça passe quand je meurs ?
Et finalement, l'idée que mon corps est parti de ce cycle et que tout a des voies autour de moi, les choses qui commencent et qui terminent. Du coup, il y a plein de morts dans la nature, des créatures, des arbres, des plantes ou des animaux qui meurent tout le temps.
Ça me rassure parce que je ne sais pas pourquoi. Parce qu'en fait, ça me fait penser à que la mort est…
peut-être autant simple que ça. Du coup, il ne faut pas trop… Je ne dois pas trop me préoccuper que ça va arriver, que ça va être un truc naturel. Je suis dans un cycle qui est un cycle magnifique, que c'est la nature. Du coup, c'est un pensement qui est très apaisant pour moi.
Et ça, c'est un peu un côté spirituel. Et de l'autre côté, c'est la connexion avec les ancêtres. Et du coup, et aussi, je ne sais pas si on dit ça en français, mais l'intergénérationnalité.
Et du coup, le fait qu'en fait, tu es entouré de personnes de tout âge et du coup, des gens très jeunes, c'est-à-dire la vingtaine, et des gens plus âgés, même plus de 70 ans, etc.
Et le fait qu'on est tous là, connectés, ça crée un esprit communitaire, mais aussi ça ajoute un truc qui est plutôt spirituel, qui est vraiment au-delà d'une personne seule, le fait qu'on est tous connectés.
Et en plus, les ancêtres, parce qu'il y a un lieu qui s'appelle l'arbre des ancêtres, qui est un grand arbre magnifique dans la forêt, qu'en gros, on utilise comme un lieu pour se connecter avec…
Les personnes qui ne sont plus physiquement là, mais qui sont venues et qui ont lutté, surtout les personnes qui ont lutté pour conquérir des choses dont on profite aujourd'hui.
Et du coup, l'effet d'honorer ça et de se connecter à cette personne, de se rassembler et en plus de penser que ça va être notre destin. Du coup, un jour, on ne serait pas plus là. En fait, on peut avoir l'espoir qu'on est arrivé à faire des choses dont d'autres personnes après nous vont profiter.
Pour moi, ça, c'est un truc hyper puissant et hyper spirituel. Je fais le lien, moi, entre… Et dis-moi ce que t'en penses. Le lien entre petit Lorenzo, qui a grandi, on lui a dit « c'est pas naturel, tu fais pas partie de notre cycle de la vie »,
Et en plus, t'es seul. Et là, fast forward, avance rapide, t'es dans un lieu où tu fais partie d'un cycle des vivants et des morts, d'une espèce d'une grande famille avec les générations, un espace vivant, naturel. Et t'es pas seul.
Oui. Moi, je ressens vachement ça quand je vais à la rassemblement. Moi aussi, ça me touche même d'écouter dire ça, que c'est certainement quelque chose qui me parle. Et oui, certainement. Oui, c'est vrai. Et en plus, pour moi, le dernier rassemblement, j'ai eu un moment que…
En fait, il y avait des partages par des personnes qui étaient plus de 70 ans, côté à côté avec quelqu'un qui était très jeune. Tu veux dire des partages, il racontait quelque chose ? Oui. Bon, il y a… Là, je ne peux pas rentrer dans les détails, évidemment, mais…
Mais j'ai vu des réactions, des émotions énormes de la personne jeune par rapport à les choses que les personnes plus âgées racontaient. Et voir cette connexion, pour moi, c'était un truc tellement émouvant. En fait, j'ai pleuré. C'était un truc hyper puissant. Magnifique.
Et pour moi, cette intergénérationnalité est vraiment un truc que j'aime profondément, en fait. Ça me parle énormément parce que j'ai l'impression que toi et moi, on fait partie de la première génération out. Donc en fait, je ne vais pas parler pour toi. Moi, je n'ai aucun ancêtre. Hum.
Je n'ai pas de référent. Je n'ai pas de référent historique. Les personnes queer ont existé avant moi, mais dans ma lignée familiale, dans le cycle naturel, je suis le premier. Et moi, je me connecte vachement à ce que tu dis. Moi, quand je suis à ce rassemblement, moi, j'ai des automatismes que j'ai observés. Je vais…
Tomber amoureux le premier jour de quelqu'un ou en fait, crocher sur une personne et créer comme ça une focale parce que je suis très inquiet, parce que je suis intimidé, parce que je sors de ma zone de confort. Et puis parce que pour moi, c'est un lieu, le lieu en France, il est magique, il est secouant. Et je pense que je flippe. Moi, juste avant de partir, je flippais comme jamais, comme j'ai rarement flippé. J'avais peur.
Et il s'est passé, il y a eu un avant et un après. Donc, je drague et tout les deux premiers jours. Je suis un peu dans la drague, le sexe, etc. Il y a un retournement de situation que je pourrais raconter ou pas. On verra si j'ai le temps de le raconter. Et soudainement, je me suis rendu compte. En fait, je ne me sens pas du tout dans un désir de sexualité et de drague. Je ne suis pas là pour ça. Et soudainement, j'ai vu les vieilles fées.
Je les avais invisibilisés dans ma chasse automatique. C'est intéressant. Soudainement, j'ai vu ces fées âgées et je me suis dit « Ah, mais c'est elles ! » Et j'étais très triste. Je pense que je ne les ai jamais vues, les vieilles fées, donc je n'ai jamais appris à les voir.
Et je pense aussi que dans ma chasse de sexualité, je n'étais pas attiré par elle.
Et après, j'ai eu des liens avec elle magnifiques. Et je leur ai posé plein de questions, notamment à une où j'ai demandé ta sexualité. On s'est raconté plein de trucs. Et j'étais là. Il est là, le grand-oncle. Il est là, le grand-père. Il est là, tu vois, ce membre de ma famille. Il est là, il est là.
Il est là, comment dire, petit Guillaume à 70 ans. C'est-à-dire que là, ça te donne l'opportunité aussi de te projeter à ce que tu serais. Et ça, pour moi, c'est tellement précieux.
d'avoir des modèles, d'avoir des façons de s'imaginer le futur. Ça, c'est vraiment hyper… C'est magnifique. Vachement. Et toi, qu'est-ce que tu as vécu ce rassemblement qu'on a partagé ? Est-ce que si tu devais…
Est-ce que tu as ressenti plutôt un process de lâcher prise de sexe, de légèreté, de vacances, dans le sens un peu mettre en vacances ses pensées, s'alléger ? Ou au contraire, moi j'ai vécu, ou comme moi, un processus vraiment de guérison, de réparation intime perso. Est-ce qu'au final, tu étais totalement déconnecté et pas présent ? Qu'est-ce qui s'est passé pour toi à ce rassemblement-là ?
Déjà, ce n'est jamais des vacances. Pour moi, Alain Folter, je ne le vois pas comme une vacance du tout. C'est une espèce de…
Il y a déjà du travail, mais ce n'est pas que du travail, mais il y a toujours pas mal de travail sur moi-même. Parce que quand je suis là, en fait, certaines choses, l'absence de constraints, de règles…
il y a quand même quelques règles. Mais la liberté dont on peut profiter, c'est énorme. Et du coup, le fait qu'on sort aussi de notre constreint quotidien de nos vies, ça nous met dans une situation… On est dans la nature, on est avec des personnes très bienveillantes, très intéressantes, très…
avec qui on partage pas mal de valeurs et du coup tout ça ça t'a travaillé là ? ça me met immédiatement dans un état de vulnérabilité et c'est vraisemblablement en particulier à un moment donné je suis vraiment descendu dans moi dans des lieux assez profonds dans moi des blessures
lié surtout au rejet que j'ai reçu dans ma vie et le fait que ces rejets me portent à avoir des problèmes,
Des niveaux d'estime de moi qui parfois sont vraiment très très bas. T'as eu des souvenirs de certains rejets ou certains types de rejets qui te sont revenus là ?
— Non, rien de nouveau. Plutôt de… Non, rien de nouveau. — Vous avez en tête quel rejet ? — Pour moi, le rejet principal, c'est mon père. C'est un père.
Quand je l'ai dit, j'ai l'impression que c'est un peu cliché, mais c'est un peu ça. Mais c'est surtout ça, en fait. Et du coup, il y a un moment où j'ai pu observer très clairement comment mon cœur se sentait, comment je réagissais à certaines choses.
Comment j'ai réagi ? Comment j'étais blessé ? Mais en même temps, il y avait une autre partie de moi qui réagissait. Il y a une partie aussi forte de moi qui protège mes blessures. Il y a plusieurs choses. Mais du coup, de pouvoir voir ça et être en contact avec ça et de rester avec ça. Et de rester avec ça et de lui donner les données de l'espace.
Et ne pas réagir en cherchant du sexe ou quelque chose pour les couvrir et ne plus les sentir. Mais simplement rester là, rester sentir ces petites blessures et ces petites douleurs. Petites ?
Pas trop petit, mais quand même rester avec et apprendre à aimer ça aussi, de moi-même. Parce que pour moi, ça, c'est quelque chose de très important, en fait, d'apprendre à…
pas rejeter, mais aimer certaines blessures à moi, c'est une façon importante d'évoluer sur laquelle je cherche à travailler. Franchement, tu as mis en mots mon expérience. Parce que déjà dans le monde réel, j'ai un nombre de distractions. Je n'ai pas besoin de les lister. Toutes les activités que je peux faire, mon téléphone, Grindr, les notifications, le travail. Il y a un truc tellement puissant dans cette bulle.
Et cette bulle queer, c'est-à-dire, moi, ma vulnérabilité, je suis dans un espace en sécurité. Et donc, en fait, je peux aller à des étages. Je suis en sécurité entre personnes queer. Et c'est tellement puissant pour moi. Je le sens que mon cerveau, il est là. Hum !
En fait, il y a plein d'armures qui peuvent baisser parce que je n'en ai pas besoin dans cet espace-là. Et alors, putain, qu'est-ce que c'est dur de rester avec ces douleurs. Et en effet, je reconnecte. Et en fait, ça peut, comme un truc moisi dont j'ouvre les fenêtres, quoi. Et c'est terrible. Et à la fois, en fait, il faut que je retraverse.
Mais avec mon moi adulte, et c'est super réparant, parce qu'en fait, je ne reste pas au même endroit du moment de la blessure et du rejet, parce qu'on est 30 ans plus tard, on est 20 ans plus tard. Et j'ajouterais un dernier truc sur lequel j'ai une question pour toi. Moi, j'ajouterais, je ne suis pas seul. Je marche un peu…
Avec sous le bras mon énorme douleur en mode aïe aïe aïe. Alors, la seule chose où je peux fuir, c'est avec le sexe et la connexion aux autres. En tout cas, moi, j'observe pas mal de faits et je m'observe, moi, être un peu dans une… Bon, après, chacun son chemin, je ne vais pas juger. Moi, je m'observais, je l'ai dit directement, qu'en fait, il y a certaines connexions intimes et sexuelles où j'ai juste envie d'être validé, que quelqu'un me dise que je suis beau et un petit chat et que ça arrête.
De penser à ces trucs si durs et à la fois, mon cerveau, je suis sûr, m'envoie ces souvenirs si durs parce qu'il est là. Putain, là, on a l'occasion d'assainir, de réparer. Vas-y, mon petit chat, là, on est prêt. Mais je ne suis jamais seul. Je erre parfois dans la maison ou dans la forêt avec ma grosse douleur et toujours, je rencontre.
un beau un petit Lorenzo assis sur le canapé qui me dit ça va dans la magie et la spiritualité de l'endroit c'est que les invitations aux activités que tu peux prendre ou pas faire à manger, couper des concombres c'est vraiment des trucs, je suis pas seul et il y a un truc très puissant c'est pas des thérapeutes, ce n'est pas une retraite médicale, il n'y a pas des psys etc…
Mais c'est impressionnant comment je suis aidé…
Et moi, plus d'une fois, en me réveillant à ce rassemblement dans mon lit, à me dire « mais putain, je vais me casser d'ailleurs, j'ai failli me casser, j'ai failli partir, je fais ma valise ». Oui, oui, je me souviens. Moi, quand je t'ai rencontré, en fait, on a eu une grande discussion parce que c'était le tout début et tu avais plein de doutes dans ta tête, tu n'étais pas à l'aise, tu étais un peu en train de péter un câble. Oui.
Mais en même temps, tu étais très conscient sur la base des choses que tu me disais. J'avais l'impression que tu étais très conscient des choses que tu es en train de vivre. Mais c'est vrai que moi, je me suis demandé, je pensais, j'espère qu'elle va tenir.
Mais après, ça pourrait aussi être que demain, j'ai décidé de partir. Et finalement, tu n'as pas décidé de partir. Et finalement, vers la fin du rassemblement, tu étais totalement différent. À niveau d'esprit, je le voyais. Tu te sentais bien. Tu étais assez, comment dire, restauré. Oui, ça me va. Comme une œuvre d'art. Oui, voilà.
En fait, pour moi, ce n'est pas possible d'être malheureux, triste en groupe. Moi, j'ai toujours caché l'impact de ma détresse. Et donc, j'étais là, non mais moi, je ne peux faire rire personne. Je me suis tapé…
Deux énormes hémorroïdes, on va se dire les trucs. L'avant et l'après. Genre, ça m'est arrivé une seule fois à une autre retraite fucking spirituelle. Et il y a quelques années. Et là, les deux premiers jours, je confleurette, je creuse, je gratouille et tout. Et au deuxième jour, bam, énorme hémorroïde. J'avais une douleur de ouf. Donc, j'avais mal au corps. Et j'étais dans une détresse de…
Et pour moi, ce qui était tellement réparateur et qui, pour moi, est essentiel, c'est que moi, je disais à des faits… En fait, tout ça, ça m'a obligé à m'ouvrir. Soit j'allais partir. Au moment où j'allais partir, il y a des faits qui m'ont parlé et à qui j'ai dû… Je dis ma vérité, j'ai une douleur physique et une douleur psychologique. Et je te l'ai dit à toi aussi, tu vois. Et en fait, les faits m'ont dit… Et j'étais là, mais moi, je ne peux faire rire personne. Moi, le Guillaume que je connais, c'est un leader inspirant.
C'est ce masque-là que je peux offrir et c'est la seule façon qu'on peut m'aimer. Personne ne va aimer un mec qui a mal au fion avec des hémorroïdes et qui, du coup, ne peut pas faire aucune des activités où on va courir je ne sais pas où et qui est juste triste et qui pleure. Et en fait, c'était transformateur ce rassemblement parce que j'ai pu être moi et j'ai attiré à moi et j'ai connecté profondément à des gens
Enfin, j'étais le seul à avoir peur de ma tristesse. Les gens, ils sont trop choux, trop bien. Mais en fait, oui, mon ressenti de toi au rassemblement, c'était que en fait, tout…
Tu as connecté avec beaucoup de personnes et tu étais vraiment dans l'échange intime. En fait, on s'est rencontrés pour la première fois au Rassemblement, du coup, on ne se connaissait pas avant. Mais là, je découvre un peu des choses sur ta vie, incluant ces podcasts. Et je vois comment l'échange intime, c'est quelque chose qui te correspond très bien.
Et que c'est vraiment toi. Et du coup, tu as vécu les rassemblements comme ça. Et du coup, j'étais vous, échanger des façons… Échanger et créer des situations intimes, papoter avec les gens de façon un peu, comment dire, profonde. Et ça, c'est…
J'avais l'impression que c'était quelque chose qui te venait très facilement, que tu faisais très facilement. J'avais l'impression que finalement, tu étais plutôt à l'aise. Aussi parce que c'est un environnement où les gens répondent beaucoup à ça. Parce que tout le monde est très…
En fait, les hémorroïdes, qui étaient une détresse médicale où j'étais là, non mais en plus, donnez-moi une fucking salle de bain. Au moment où j'ai fait ma valise la nuit du deuxième jour et où j'attendais sur le canapé avec ma valise que quelqu'un qui a une voiture se réveille pour m'amener. Et heureusement qu'on n'a jamais vraiment trouvé cette personne avant que j'ai le temps de parler à trois fées. Et dès qu'on l'a trouvée, il m'a dit, je suis prêt à partir. J'étais là, en fait, je vais rester un jour de plus.
Et en fait, cette détresse, elle, physique et mentale, quand j'ai décidé de rester un jour de plus en me disant, en fait, si la douleur, parce que la douleur était tellement énorme. Et en fait, j'avais, en plus de la douleur, de la panique. Une fois, je suis redescendu à juste, c'est une douleur gérable et que je savais que je n'avais pas besoin d'aller voir un médecin et tout. En fait, la douleur a enlevé mes masques.
En fait, du coup, quand les gens… Du coup, je me suis raconté. J'ai dit vraiment ouvertement mes peurs et tout. Et je pense que si j'ai une capacité d'intime, j'ai aussi une capacité de masque ultra puissante. Je masque énormément. Et en fait, tout ce podcast, pour moi, c'est vraiment une tentative un peu magique d'enlever les masques, tu vois. Mais toi, je me suis… Je trouve que j'ai… Et puis, je veux juste… Je vais après te redonner la parole pour dire et toi, ton rassemblement. Et je terminerai juste sur…
C'est fou comme j'ai vécu de la sensualité et de l'amour à ce rassemblement. J'ai commencé en disant, je cherchais du sexe un peu rapide, un peu de la conquête et tout. Et en fait, je suis un peu tombé amoureux pendant ce rassemblement de quelqu'un. Et c'était réciproque, avec qui il n'y a pas eu de charnel.
Mais j'ai découvert des trucs où j'étais là. Et c'est une personne à qui je me suis ouvert et totalement raconté. Et aussi, il y a des gens qui sont venus à moi, qui étaient attirés par moi, romantico-sensuellement. Et j'étais là, mais attends, je suis quand même le mec avec deux énormes hémorroïdes qui leur racontent à tout le monde !
c'était trop beau c'était réparant pour moi à plein d'endroits j'ai l'impression qu'on s'est un peu interrompu t'étais en train de raconter toi ce rassemblement ce que t'as vécu pour toi on parlait aussi de la sensualité
En fait, je disais qu'au début, j'ai connecté la sensualité à la sexualité et finalement, avec le temps, je me suis rendu compte qu'en fait, ce sont des choses qui peuvent rester séparées, peuvent aussi aller ensemble, mais en fait, les touches…
Les sécalinés, tout ça, c'est quelque chose qui est en soi quelque chose qui peut être très puissant sans avoir du sexe ni rien. Et là, c'est simplement, par exemple, par rapport à ça, moi j'ai eu de la sexualité avec…
avec deux personnes, et j'ai eu énormément de sensualités. Un moment donné, j'ai roulé en pelle avec quelqu'un, mais c'était un truc plutôt… Vraiment, un truc…
hyper d'un moment quoi et j'ai jamais pensé à peut-être on va baiser non c'était juste ah oui ça c'était parfait parce qu'en fait on le sentait tous les deux et bon et c'est comme ça et c'est fini et c'est prendre dans les bras c'est câliner tout ça je l'ai fait avec plein de gens je l'ai fait avec toi aussi toi de
Et ça veut pas dire que j'ai pas des attentes sexuelles, j'ai pas des propos sexuels. Et du coup, alors qu'au début, je me souviens que pour moi, la première fois que je me suis…
J'ai commencé à me câliner avec quelqu'un, on se touchait un peu, on se faisait des câlins, mais comme ça, moi j'étais immédiatement dans ma tête, j'ai commencé à penser, après qu'est-ce qu'on fait, peut-être qu'on va baiser quelque part, alors je m'organise comment ?
Ma tête allait partir dans les projections, le rationnel, etc., alors que ce n'était vraiment pas ça. Du coup, ça, c'était une évolution, certainement. Et pour moi, aujourd'hui, la sensualité est un truc hyper important. Ce n'est pas pour dire qu'il n'y avait pas de sensualité avant, mais simplement que je l'ai pu reconnaître, je l'ai pu identifier et j'ai…
Et c'est quelque chose d'important et ça a changé aussi ma vision du sexe aussi. Parce que par exemple, oui, il peut y avoir des cas sans sexe, il peut…
Je ne sais pas. Depuis un peu de temps, j'ai commencé aussi à… Ma vie sexuelle, parfois, je peux avoir du sexe avec quelqu'un, on s'arrête, on commence à parler, on commence à se faire des caresses, comme ça. Et après, on reprend. Et après, finalement, on décide qu'on va arrêter là parce que c'était… On n'éjacule pas, tu veux dire ? On n'éjacule pas. Oui. Et…
et du coup vraiment ce sont des choses qu'avant en fait je pensais pas j'étais un peu dans ce flou de toi c'est pas un flou c'est des règles du jeu j'ai l'impression que dans les rassemblements c'est un endroit et c'est pour ça que le cerveau c'est pour ça que c'est du travail entre guillemets en tout cas c'est pour ça que je pense que nos cerveaux humains adorent les règles du jeu les automatismes non dits
Parce que sa structure et sa cadre, je trouve que c'est un endroit où on rebat les cartes. On s'autorise à explorer autre chose. Par exemple, en fait, la sexualité, c'est pas forcément ceci, c'est peut-être aussi cela. Tu trouves pas ? C'est pas tellement flou, c'est que t'avais des automatismes que t'as acquis de je sais pas quoi ?
D'une culture gay pas mal non dite et d'une culture sexuelle pas mal interdite ? Totalement, mais aussi le fait que tu rencontres, j'ai rencontré personnellement tellement de personnalités différentes et du coup des façons d'être aussi sexuellement différentes.
que finalement, tu casses les règles. Tu vois qu'en fait, il n'y a pas vraiment de règles. On a un peu ce petit cliché qui vient plutôt du porno, moi je dirais. Comment l'acte sexuel doit se dérouler ?
Mais finalement, la vie vraie, évidemment, il n'y a vraiment pas de règles. Et il n'y a que des options, en fait. Il y a tellement d'options. Et du coup, le porno, ça devient un peu un espèce de…
J'ajouterais aussi que c'est des espaces qui m'aident énormément sur les nuances dans le genre, dans la performance du genre. Tu vois ce que je veux dire ? Comment chacun, chacune peut s'exprimer.
son genre ou son identité dans une granularité, une complexité, une boule à multifacettes. Je trouve que la vie en communauté n'est pas toujours évidente. Je trouve qu'il y a des gens avec qui j'ai plus de mal. Il y a des gens que je juge. J'ai moins de liens. Et il n'y a pas toujours que de la bienveillance aussi, je trouve. Dans le groupe qui se forme ?
Même s'il y a une sécurité, parce que ce n'est pas Bisounours. Mais je trouve que chaque personne qui est autorisée à être multifacette m'inspire et me fait tellement de bien. Parce que c'est des miroirs où je me dis, mais moi, je…
Je peux être tellement plein de choses. C'est tellement des autorisations magnifiques. Je dirais aussi dans l'expression des personnalités, celles et ceux qui parlent le plus parlent le moins. Tout le monde a une valeur. Alors même que, tu vois, c'est pas comme à la cour de récré où c'est celui qui crie le plus fort qui va… Je trouve qu'il y a aussi dans les jeux de pouvoir un peu invisibles une…
Ah, un soin et tout, c'est magnifique. Il y a aussi de la curiosité. En fait, tu vois que dans les regards des autres, qu'il y a aussi un désir de te découvrir, même si tu es différent. C'est pas, ah bon, tu es différent, ok. Les gens sont hyper ouverts, etc. Et c'est intéressant que tu parles du genre.
Parce que pour moi, c'est un espace que… En fait, moi, je me sens homme, très simplement. Mais évidemment, j'ai un côté féminin. Et pour moi, parfois, jouer avec ça, ça peut être un truc hyper intéressant et libératoire, en fait.
Et du coup, sur ça, moi, à niveau culturel, je pense que j'ai vraiment beaucoup de préjugés, d'imposition. Tu ne dois pas être efféminé. Oui, c'est ça. C'est un peu cliché de dire que la culture italienne est machiste, mais c'est aussi un peu vrai.
Mais du coup, l'homme doit être homme. Mais en même temps, oui, c'est intéressant. Et pour moi, c'est intéressant aussi de découvrir l'être queer, tout simplement. Du coup, l'être…
une espèce de créature magique inventée qui est arrivée dans notre planète. Du coup, pour moi, c'est vraiment la magie. En fait, tu peux utiliser ta créativité et ta façon d'être pour créer toi-même. Ça, c'est vraiment la…
le plus grand bout d'être chez les fées pour moi. Tu m'as dit que dans la continuité des fées, de ta participation à ces rassemblements, dans le vrai monde, quand tu es rentré chez toi, tu as eu un déclic pour commencer le podcast Ma vie de licorne.
Et que tu m'en as parlé comme un élément clé de ton exploration, de ta reconstruction. Tu veux en dire deux mots ? Tu n'as pas l'air satisfait par mon petit pont. Non. Ok, tu es content ? Oui, je suis hyper content !
Tu peux oublier. Non, non, non, franchement. Alors déjà, il y avait deux choses clés. D'un côté, aller chez les faits, c'est quelque chose qui m'a vraiment aidé à m'autoriser, à m'exprimer et à faire les choses.
Et du coup, petit à petit, vraiment, j'ai travaillé sur ça, sur sentir que vraiment j'ai une valeur, que je peux m'exprimer moi-même quelque chose de positif, malgré les résultats. Ça ne dépend pas des résultats. Ce n'est pas un truc de performance de dire, OK, si je m'exprime, il faut que mon expression soit…
les résultats de mon expression, de mon travail soient les meilleurs travails. Non, on s'en fout. Le point, c'est de m'autoriser à m'exprimer et de le faire. Et du coup, d'un côté ça, et de l'autre côté, évidemment, j'avais quand même envie de faire un travail de création. Et je me suis retrouvé un peu à me dire, mais en fait, là, dans ma vie, je suis contourné des personnes…
dont les fées sont la plupart, qui ont des parcours de vie qui sont incroyables. Du coup, moi, chez les fées, par exemple, j'ai rencontré pour la première fois des travailleurs et travailleuses du sexe. Et dans ma vie, franchement, je n'avais jamais pu échanger avec des personnes qui font ce travail.
Et comprendre un peu. Et ça m'a donné l'opportunité de comprendre et d'échanger avec ces personnes. Et j'étais fasciné, en fait. Parce qu'évidemment, même ces personnes ont des parcours très différents entre elles.
mais aussi d'autres types de chemins j'ai rencontré une variété incroyable de personnes et je me suis dit en fait il y a un décalage tellement abyssal entre petit Lorenzo qui grandit à 1000 ans dans une famille classe moyenne hétéronormée dans laquelle on n'a vraiment pas d'autre chose
Et en réalité, dans laquelle je me trouve, Lorenzo adulte qui connaît tellement de gens avec des parcours inspirants, incroyables et inimaginables parfois, qui se sont inventés en fait, qui se sont créés, qui se sont autorisés à aller dans le monde et dire…
« Wow, je vais faire ça parce que j'ai besoin de faire ça et je vais casser les codes et je m'en fous et je vais les faire. » Et évidemment, la plupart avec un quai de la bienveillance. Et du coup, je me suis dit « En fait, c'est tellement énorme la chose que je suis en train de vivre dans la prison et si je pouvais avoir une machine pour voyager dans le temps,
Et retourner dans le passé. Moi, j'aurais tellement de choses à raconter au petit Lorenzo pour le rassurer et dire regarde ça, regarde ça. En fait, il y a tellement d'options. Tranquille, ça va aller. Toi, il est rassuré. Alors moi, j'ai découvert qu'il est là, là. Qu'il est là avec nous. J'ai découvert que nos…
nos petits… Ils sont en nous. Et t'as pas l'impression qu'au fil de ces témoignages, parce que moi je me retrouve vachement, parce que c'est la même chose pour ce podcast, au fil de ce témoignage, face à tous ces gens qui s'autorisent, tu l'as dit, qui cassent les codes hétéronormés, c'est de la nourriture pour toi, de l'inspiration. Tu m'as dit qu'une des choses sur lesquelles tu détricotais, c'est beaucoup le polyamour.
Est-ce que Folter, l'effet radical, ton podcast, est-ce que tout ça t'a aidé sur ce chemin de polyamour et tes questionnements en tout cas ? Oui, certainement. Dans le sens que j'ai rencontré, j'ai pu voir des chemins de polyamour inspirants.
et certainement il y a en fait polyamour c'est un mot hyper vaste c'est comme un gros parasol sous lequel il y a des milliers de réalités différentes mais oui en général je peux voir et écouter des témoignages dans la vie, dans mon podcast partout hyper inspirants
Et dans ma vie, en fait…
J'ai pu tester la première fois d'ailleurs à Voltaire des situations de polyamour. Une fois, j'étais à Voltaire et j'avais deux connexions très fortes avec deux fées. Et on a géré tout ça de façon magnifique. En fait, on s'est parlé beaucoup, on s'est senti, on s'est organisé. Alors ce soir…
Tu dormes avec quoi ? Tu veux dormir avec lui ? Des trucs comme ça. Mais ça, c'était évidemment la boule de Voltaire. Du coup, c'était un lieu d'expérimentation. Après, dans la vraie vie, j'ai eu une histoire un peu courte avec deux, qui après, c'est devenu une histoire avec une seule personne.
Et là, par exemple, j'ai rencontré récemment un couple avec qui j'ai une connexion et une dynamique à trois très intéressantes. Mais si je dois être honnête, moi, je suis en train encore de découvrir ça. Parce que toi, les choses que tu m'as racontées avant, moi, je ne pourrais pas parce que je me sens comme ça quand c'est mon copain qui revient et dit…
En fait, je le sens moi aussi. C'est-à-dire que moi, je découvre et même si je connais la théorie, une fois que je me trouve dans la situation pratique, je peux finalement découvrir comment vraiment je me sens quand quelqu'un dont je suis amoureux vient me dire « Ah, en fait, j'ai rencontré ce mec hier soir, tellement chouette, comme ça. »
Évidemment, ce n'est pas que je reste comme ça et je dis, ah oui, je suis tellement content pour toi. Évidemment, j'ai des réactions. Où est-il que je l'assassine ? J'ai des réactions de jalousie, etc. Parce que la jalousie, c'est un sentiment humain de survie. J'ai l'impression que pour moi, c'est dans mon apprentissage du couple ouvert.
vachement ça que j'ai découvert et qui, à mon avis, peut se connecter au polyamour. Et qu'en fait, mon sentiment de jalousie, j'ai envie de lui faire de la place parce qu'il s'évanouit souvent assez rapidement. Mais c'est vrai que moi, quand tu me racontais là même ton expérience à Folter, des deux amours parallèles et tout, moi, à ce rassemblement-là,
J'étais aux premières loges et je pense qu'en termes de défi, c'était le truc qui me faisait le plus peur et dont j'avais certainement besoin. J'étais aux premières loges d'une histoire d'amour entre mon premier crush qui après m'a rejeté
Et après, il a vécu une soirée d'amour avec quelqu'un que j'aimais beaucoup en plus. Et c'était vachement apprenant et vachement difficile. Et moi, mon cœur se sert dès que tu me parles de polyamour et de cet autre amoureux qui te dit viens avec qui je dors ce soir et tout. Et toi aussi, tu te sens au début du chemin avec beaucoup d'émotions.
Le moment où tu es confronté à la réalité. Oui, mais pour moi, la chose, ce n'est pas qu'on arrive quelque part. Pour moi, on n'arrête jamais de découvrir. C'est plutôt qu'on gagne des outils pour comprendre ce qui se passe. Et du coup, on apprend peut-être à gérer les choses aussi et à ce de quoi on a besoin et comment faire fonctionner les choses.
Et du coup, pour moi, je me trouve dans ce chemin-là. Mais à Folter, c'est intéressant la chose que tu viens de dire parce que moi aussi, il y a un moment que j'avais d'abord connecté sexuellement avec quelqu'un.
Et après, j'ai commencé à connecter sensuellement. Mais du coup, on se faisait beaucoup de bisous. On était l'un dans les bras de l'autre tout le temps. Pas tout le temps, mais longtemps, etc. Et à un moment donné, je me suis trouvé à me sentir culpable.
Et dire, peut-être que je dois parler avec l'autre et lui dire que je suis en train de vivre ça, etc. Du coup, il y a des défis. Je pense que les défis n'arrêtent jamais quand tu es dans des situations comme ça. C'est plutôt que quand la situation se présente, avoir au moins des idées de quoi faire pour chercher à respecter soi-même et les autres. Sachant qu'en plus…
Pendant un rassemblement à Foltaire, tu ne captes pas le téléphone, il y a un huis clos. Moi, j'ai enfin compris pourquoi dans les télés à éditer d'Enfermement, ils pètent tous des plombs. Parce que je trouve que le niveau d'émotion et de ressenti à Foltaire est x10. Deux jours, tu as l'impression que c'était là depuis deux semaines.
Et donc il y a aussi, c'est une bulle assez particulière qui est très vivante et vibrante. C'est marrant, enfin c'est pas marrant, c'est intéressant, je fais le lien entre, j'ai l'impression qu'une des grosses blessures et un des énormes défis que je partage avec toi, c'est l'estime de nous-mêmes, en fait. Bah oui.
Être aimé par quelqu'un qui aime quelqu'un d'autre, ça vient chercher notre estime. Moi, en le sous-texte, quand quelqu'un est amoureux devant moi de quelqu'un d'autre, moi, pendant tout mon rassemblement, je me suis dit, je ne suis pas assez. J'ai la preuve. Le mec, au début, il était avec moi. Et après, il m'a lâché avec mes hémorroïdes. Mais je dois vraiment être si moche, si nul et si…
En fait, il vivait autre chose, il avait besoin d'autre chose et puis il y avait plein de trucs. Mais au final, c'est ça et c'est intéressant parce que c'est la blessure originelle.
du petit Lorenzo à Milan l'estime de soi tu viens te challenger moi en fait moi malgré j'avais des connexions j'avais des retours positifs je me concentrais que sur les retours négatifs là ce rassemblement ? oui ça c'est mon en fait c'est un côté à moi que parfois ça m'embête pas mal mais des gens t'ont fait
la cour où t'ont validé, t'ont dit « tu es très beau, j'ai envie de toi ». Oui, ou même, tu vois, on a couché ensemble, etc. Et moi, tu vois, je me sentais rejeté par ceux qui, en fait, n'étaient pas intéressés. Et, tu vois, du coup, tu vois, je…
Parfois, mon cerveau met en évidence les négatifs. Et ça, c'est vraiment, oui, comme tu l'as dit, c'est l'estime de soi-même qui reste, qui n'est pas facile à gérer toujours. Et certainement, j'espère pouvoir y continuer à travailler pour chercher, toi, d'avoir un peu plus d'équilibre sur ça. Moi aussi !
Est-ce qu'on s'arrête là ou est-ce qu'il y a une dernière chose ou une conclusion sur laquelle tu veux t'arrêter ? Comme tu veux. Je te laisse le choix. Ben non, je pense que ça peut aller. J'espère qu'on a parlé. Longtemps. Et c'était très bien. Merci. Merci. Merci à toi, Guillaume. C'est toi que j'ai…
En fait, c'est suite à l'épisode où j'ai enregistré mon poème à Voltaire. C'est toi qui m'as envoyé un texto pour me dire que le texte t'avait touché. Et c'est ce texto-là où je me suis dit, ah mais géant. J'avais justement, tu vois, des auditeurs qui me disaient, ah mais tu peux raconter un peu l'effet radical et tout. Et quand je t'ai reçu ton texto, je me suis dit, mais c'est lui, c'est sûr. Et c'est peut-être pas pour raconter l'effet radical, mais lui, bien sûr !
C'était vraiment une évidence et je suis trop content qu'on l'ait fait. S'il y a des gens qui ont envie de t'envoyer des emails ou des Instagram, si des gens qui avaient envie de te contacter, sache que tu as la liberté, si tu le décides, de mettre un point de contact que je mettrai dans le descriptif de l'épisode. Si tu décides que pas, les gens iront voir et il n'y aura pas. Je mettrai aussi les liens vers ton podcast « Ma vie de licorne ».
qu'on peut aller écouter sur la même application d'écoute qu'on est en train d'utiliser là. Très facile. L'auditorisme. Et voilà, merci à toi. Merci, merci beaucoup. Merci. Merci aussi au-delà du podcast, Guillaume, parce que c'était très beau de te rencontrer. Je vais devoir te faire un câlin. Je te fais un câlin.