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Vincent, partie 3, dernière partie de ton témoignage. Tu as raconté dans les deux épisodes précédents un retour des enfers, quoi. Des enfers de l'homophobie avec tout un chemin jusqu'à 25 ans, tu en as 26 et demi. Oui.
Jusqu'à 25 ans, un rejet, une détestation de ton homosexualité qui, du coup, a plein de réalités dans ta tête, d'impact dans ta tête et dans ton corps. Moi, je propose cette lecture-là. Dans ta tête, tu tombes amoureux d'un mec inaccessible, hétéro, voire à tendance homophobe. Sur ton corps, quand tu essayes de rencontrer
Ton corps se met à trembler, t'éjacules très très vite et tu te remets à répétition dans des rencontres qui te nourrissent pas ou tu te sens utilisé dans des plans d'un soir qui te rendent malheureux.
jusqu'à ton expérience au Guatemala, je pense que c'est un long chemin de travail sur soi, mais tu as quand même parlé du Guatemala, où tu as passé un an, qui a été quand même une façon de faire une remise à niveau, une mise à jour, un moment de liberté où personne ne te connaît, où tu peux te réapprendre, et tu reviens à Lille,
le cœur plus ouvert et une sombre histoire de fromage Tinder, app de rencontre les gens n'ont qu'à aller écouter l'épisode 2 de ton témoignage tu rencontres un amoureux qui est ton amoureux aujourd'hui qui a bougé pour ses études à la réunion, c'est là où on fait cet entretien dans une chaleur assez étouffante fun fact, sache que je suis hébergé par des auditeurs un peu dans les hauteurs et en fait c'est beaucoup
plus agréable il y a une grosse différence la température le concept de la montagne merci Guillaume mais du coup il fait moins chaud là-haut mais c'est très sympa d'être en bas sachant que toi t'es près de la plage sache que j'ai mon maillot de bain dans le sac
Je ne veux pas t'obliger à rien, mais si jamais on va aller se baigner, c'est possible. Ça peut faire une petite baignade pour le sunset. Le sunset, le coucher de soleil. Ça parle cool, Vincent. On dit sunset ici ? Bah ouais. Il n'y a que les gens cools qui disent sunset. T'as tout à fait le droit.
Et du coup, on avait terminé l'épisode précédent en se demandant, j'ai envie qu'on commence par le blocage autour d'être passif. Parce que dans l'épisode 1, je racontais dans l'intro, puis t'as raconté qu'à 13 ans, tu te fais la promesse de jamais être pénétré.
Et fast forward, avance rapide. Toi aujourd'hui, t'es super épanouie. Ton copain a vraiment t'a aidé, cet amour a enlevé chaque couche des blocages. Mais encore aujourd'hui, tu dis je suis pas très à l'aise d'être passif, d'être pénétré. Est-ce que tu peux m'en dire plus ? Ça veut dire quoi ? Je suis pas très à l'aise, ça te fait mal ?
Ouais, ça me fait mal. Et au-delà de ça, j'ai jamais réussi à ressentir du plaisir de cette manière-là. Ok. Ben non, vas-y, dis-moi. Par contre, ça change pas le fait que j'aimerais bien, en fait. C'est pas quelque chose qui me bloque et qui m'empêche d'être épanoui. Mais…
J'aimerais bien. Je pense qu'il faut être patient et ce sera sur mon chemin. Je continuerai d'y aller progressivement. C'est encore un blocage. Tu pousses un peu quand tu es pénétré ?
Non, en vrai, justement, j'ai écouté tes podcasts, les techniques, tout ça. J'essaie vraiment d'être très détendu. Je crois que j'ai essayé aussi une fois, ou non, j'ai jamais essayé, mais je pense que j'aimerais bien aussi essayer avec le poppers, tout ça. Ok.
Moi, je suis… Moi, j'aime beaucoup l'astuce de la boussole. T'as essayé l'astuce de la boussole ? Tout seul ? Je l'ai plus essayé sur mon copain. Ok, génial. Et du coup, en tout cas, ça s'est bien passé quand toi t'as essayé ?
Ça va. Peut-être qu'on ne l'a pas très bien fait, mais ce n'était pas non plus, j'ai l'impression, révolutionnaire. J'ai compris la magie de la question que tu as tirée dans l'épisode numéro 1.
Je confirme. Tu as tiré la question, est-ce que tu utilises des jouets sexuels dans ton intime ? Et la réponse, c'est plutôt non. Et pour moi, la question, elle est magique parce que je vais me permettre de donner des conseils. Tu ne m'as rien demandé, mais j'ai envie.
Pour moi, le plaisir anal, c'est d'abord une conquête personnelle et intime solo. Je conseillerais vraiment de… Parce que c'est vraiment, t'as tout contrôle sur ton corps, sur l'espace, tu t'es tout seul. Donc en fait, voilà, c'est vraiment une bulle que tu crées, tu peux la créer quand tu veux, quand c'est bon pour toi. Et justement, le jouet sexuel, et ça peut être le légume sexuel,
Ça peut être le doigt. Et puis, bien sûr, on commence par ne rien mettre. Non, non, on ne va pas s'emballer, mais peut-être un jour un jouet. Mais on commence par juste se mettre une demi-phalange. L'astuce, donc, l'épisode… Ça, ça me fait pas mal, par contre. Les gens peuvent aller écouter l'épisode, mais ils peuvent aller le sauvegarder. Mais il faut qu'ils restent là avec nous pour aller au bout de cet épisode. T'as vu comment je suis bossy ?
Ok, donc tu utilises ton doigt et là t'as pas mal, t'appuies doucement, tu respires ? Ok, pas de plaisir ? Ok, tu en sers combien de phalanges ?
Oui, parce que j'ai entendu dire que c'était à peu près… Enfin, c'est pas très loin, quoi. La prostate. En gros, pour moi, ce titier-là… Moi, personnellement, je trouve ça pas aisé de conquérir le plaisir prostatique. C'est-à-dire d'aller se titier la prostate et de sentir un truc. Très bien, super. Mais je trouve que c'est plus simple pour moi, peut-être que ça t'aidera, de commencer par pas tellement la profondeur, mais juste d'aller…
toucher les nerfs, d'aller caresser, d'aller raviver cette zone qui est dans ma tête plutôt le sale, le caca, le machin. Donc, petit épisode du lavement pour bien faire mon lavement, pour du coup pouvoir pousser un petit peu, pas trop. Pour me dire, voilà, c'est plus sale.
Ou bien tu es allé dans la mer, là. Donc, ta bulle, c'est plus sale. Et avec pas mal de lubrifiant, tu utilises du lubrifiant ? Génial. Ça ne doit jamais nous faire mal. Et je vais aller caresser. Moi, quand tu me dis deux phalanges, je me dis, ah ouais, direct. En vrai ?
le mieux ce que je trouverais trop chouette que t'arrives à ressentir c'est que dans ta tête tu dises ah j'ai envie que ça soit plus profond j'ai envie de plus je trouverais ça génial que tu te donnes moins pourquoi tu rigoles ?
Je trouve ça marrant. Ça te parle pas ? Si, si, mais j'ai l'impression que tu me donnes un peu un conseil. Bien sûr. Peut-être une salope libérée, quoi. Bien sûr, c'est totalement mon objectif. Non, mais tu vois, ça sera pas beaucoup plus long, mais je trouve que dans ma conquête anal, j'allais direct en mode, bon, le plaisir vient dans la pénétration, vient dans le va-et-vient. J'étais là à reproduire activement des trucs et je voulais juste te partager que
juste de caresser juste d'aller tout doucement de vraiment te dire de respirer et de sentir ce qui se passe en toi de pousser un peu et de pas forcément te caler deux doigts au fond en mode bon alors ça marche ou ça marche pas quand je le faisais c'était pas direct ok
Mais en fait, je me demande si c'est pas aussi… Parce que moi, et j'ai pas envie de parler au nom de mon copain, mais les doigts, tout ça, c'est pas trop… Je crois que toi aussi, non ? Moi, j'ai l'impression que j'ai un peu le fantasme, en tant que passif, d'être juste de me faire défoncer, quoi.
Ok. Mais sauf que, en fait, j'en suis pas là du tout. Oui, et le doigt ne correspond pas. T'as bien raison que l'imaginaire, dans mon plaisir anal, est très important. Oui, donc toi, tu te fais chier, quoi. En fait, ouais, je me dis peut-être que c'est ça qui me ferait plaisir, mais en même temps, je pense qu'il y a quand même une réalité physique, quoi, qu'il y a un plaisir…
Ouais, mais bon, attends, suis ton intuition. Alors, on revient à la question magique qui, en effet, peut t'inviter à acheter un gode qui a l'air d'être une bite ?
Pourquoi pas ? On n'est pas loin de Noël. Je resterais plus peut-être sur un plug ou un petit truc. Ouais. Avec des vibrations ou quoi. Ouais. Top. Moi, je finirais par… Je pense que je suis ultra conservateur quant aux drogues.
en général parce que j'ai une famille d'addicts et que moi j'ai grandi dans l'addiction et que du coup c'est un sujet compliqué pour moi et je me permettrais pas du tout de juger et c'est juste que mon opinion mais on peut c'est pas du tout un problème de céder
Mais on peut aussi, pas tout de suite, essayer juste avec soi-même. Tu vois ce que je veux dire ? Je trouve que souvent, j'entends des gens directement se dire « je vais prendre des pilules, des médicaments, des machins » et que je ne trouve pas ça inintéressant. En fait, la substance va forcément te déconnecter de ce qui se passe dans ton corps. Et donc là, le plaisir, c'est une enquête. Et du coup, il faut comprendre qu'est-ce qui est en train de se passer là quand je n'ai pas de plaisir ?
Tu dis ça par rapport au poppers ? Au poppers, ouais. Et du coup, quand j'ai rajouté une couche, et c'est pas grave du tout, je suis pas du tout en train de culpabiliser, mais du coup, t'as moins d'infos parce que le poppers agit. Mais d'autres te diraient, bah oui, mais c'est une super introduction que je pourrais lâcher plus tard pour justement m'aider à goûter un plaisir qui va m'aider à mieux le reproduire sans poppers. Voilà, j'ai dit les deux parts.
Oui, oui, je suis d'accord. Et en même temps, je pense que
faut pas oublier les dangers du chemsex tout ça et du coup moi aussi j'ai un profil assez addictif du coup je pense que ça peut être une bonne manière mais faut que je surveille ça quand même mais je serais content si le poppers peut m'aider à être épanoui t'as écouté les épisodes sur le poppers avec notre experte super
Parce que du coup, tu vois, en termes de danger de sa substance et tout, il faut savoir deux, trois trucs. Mais on n'est pas du tout au niveau de l'alcool qui est en vente libre en France ou de d'autres produits. On est comment sexuellement aujourd'hui dans le couple ? On essaye d'être le plus libre possible.
Couples ouverts ? Non, dans nos pratiques sexuelles. Non, on est exclusif. Mais au niveau de nos pratiques, ça reste très classique. Je pense parce que c'est encore récent et le fait qu'on soit à l'aise dans notre sexualité, qu'on prenne beaucoup de plaisir. Du coup, on…
On n'a pas forcément eu l'envie d'aller plus loin ou de tester des trucs un peu plus atypiques. Donc ça reste assez classique. Et pour l'instant, ça nous convient. En tout cas, j'ai presque l'impression que tu t'excuses d'avoir la sexualité que tu as.
Non, au contraire, j'en ai pas honte, parce que je sais que sur ton podcast, on parlait plusieurs fois de sexe vani, et que les gens peuvent trouver ça un peu plan-plan, très basique.
moi je trouve que ça me correspond tout à fait mais de ouf en fait moi je trouve que l'appellation classique me saoule parce qu'en fait genre une magnifique caresse mais c'est genre oui c'est peut-être classique mais c'est juste d'une puissance exceptionnelle je pense que j'ai tilté à ça quand j'étais là mais non mais je trouve qu'il faut qu'on trouve un autre terme le classique c'est un peu très classique t'as dit très classique c'est un peu péjoratif non bon en gros vous kiffez
et vous kiffez dans le monde, je sais pas, en tout cas pas en mode BDSM. Et pour autant, toi t'as dit, au fond j'ai un peu le fantasme d'être un passif qui se fait défoncer ?
Oui. Vis en toi un peu ce côté plus brutal. C'est plus l'envie d'essayer des choses. Je suis vraiment fermé à rien aujourd'hui. C'est plus qu'on se contente de la sexualité qu'on a actuellement parce que oui, ça nous va très bien. Ton mec ne te défonce pas ?
Non, c'est arrivé. On a essayé quelques fois, mais pour l'instant, je ne suis pas encore à ce niveau-là. Je ne suis pas à l'aise et je ne prends pas de plaisir. Donc tu es pénétré ? On a déjà essayé, mais ça fait longtemps qu'on ne l'a pas fait.
Aujourd'hui, on est à l'aise dans notre rôle. Je ne dirais pas que moi, je suis uniquement actif et lui, passif. Mais…
Bah ça se fait plutôt dans ce sens là parce que on est devenu à l'aise comme ça. T'as pensé au fait que peut-être juste il y a une injonction à l'anal genre en mode c'est une case obligatoire et peut-être juste c'est pas pour toi ? Juste c'est pas ton kiff ? Oui oui. Ah mais non parce que t'as le désir d'être un passif qui se fait défoncer peut-être que…
En fait, oui, mais après, c'est plus un fantasme. Je ne sais pas si dans la réalité, je prendrais du plaisir. C'est parce que je m'imagine prendre ce plaisir et que j'ai entendu tous ces témoignages. Sur le podcast ? Oui, même au-delà du fait que c'est une zone érogène et qu'on peut tirer du plaisir de ça. Moi, je suis curieux. Tu as raison. Tu verras. Peut-être qu'il ne faut pas qu'on se foute la pression. Je trouve que parfois…
Et c'est d'ailleurs tout l'enjeu du podcast, de ne pas créer une sorte de discours normatif où il faudrait… Mais moi, j'ai mis 15 ans à conquérir mon plaisir anal. Et j'ai découvert que c'est chez moi à 85% dans la tête.
Vraiment, c'est… Et j'ai découvert à quel point il y a vraiment… Quand je prends du plaisir, c'est souvent dans ma petite tête. Il y a un moment où je me dis, c'est cool, c'est génial. Je me fais pénétrer. OK. Et là, je sens que je lâche. Tu vois ce que je veux dire ? C'est toujours parce que je me sens en sécurité. C'est toujours parce que mon partenaire me fait l'amour. On est en train de faire l'amour.
Même si c'est un partenaire d'une fois, il y a vraiment, je sens qu'il y a une puissance, je me sens en totale sécurité. Une ou deux fois, il m'a donné des signes qu'il prenait soin de mon consentement ou que j'aurais checké des trucs où je me dis « Ah ouais, c'est cool, du coup, je me sens trop, je me sens bien et vice-versa, moi aussi j'ai fait ça ».
Et je me rappelle de sentir dans ma tête me dire « Ok, c'est parti. » Et là, d'ouvrir comme une… T'as senti que tu, genre… Ouais, comme si, genre, le rectum, j'arrivais à l'élargir d'un cran de plus. C'est bizarre, hein ? Où je m'étais « Ok, c'est ok, je suis pénétré et tout va bien. » Et pouf, les gardes quittaient la forteresse un instant.
Ouais, j'imagine un peu que ça se passe comme ça. Mais pourtant, moi, dans ma sexualité, je suis très à l'aise et il y a peut-être un peu encore des petits freins inconscients. Ça fait un an et demi ? Oui. Oui, on a encore des bébés. Non, c'est pas péjoratif, c'est pas bébé, mais j'imagine que les choses vont peut-être pouvoir évoluer et découvrir d'autres trucs, quoi. On en parle, hein ?
On en parle parce que, sur le principe, moi je me pose beaucoup de questions sur les relations exclusives. Donc on a déjà eu cette discussion-là, est-ce qu'on s'imagine rester exclusif toute notre vie ou pas ? Et moi dans l'idée, en fait ça me fait un peu peur de… C'est pas grave, tu peux en effet couper ton téléphone, c'est pas grave du tout.
Ça me fait un peu… Le couple exclusif, tu poses la question sur le futur, est-ce qu'on va ouvrir ou pas ? Qu'est-ce qui te ferait peur ? De ne pas connaître autre chose et de ne pas avoir pu profiter pendant toutes mes années. Je pense en partie grâce à mon copain qu'aujourd'hui ça va mieux.
Mais du coup, ça me donne aussi une petite envie de « let's go ». Maintenant, ça voudrait dire que potentiellement, je peux aller sur Grindr et kiffer ma vie, genre ne plus avoir ces tremblements, tout ça. Donc après, il y a une différence entre ce que je pense et la réalité. Je ne sais pas si dans les faits, imagine que je vais voir quelqu'un, est-ce qu'après, je ne regretterais pas et ça ne créerait pas un petit froid entre nous ?
Vous êtes au début de cette réflexion dont vous discutez ensemble, c'est ça ? Ouais. Pour le moment. T'as entendu parler de la deuxième adolescence gay ou queer ? Pas du tout. C'est un concept que je trouve joli parce qu'il me parle beaucoup et c'est celui que tu viens de mettre en mots très simplement.
C'est l'idée qu'on peut avoir une première adolescence comme n'importe quelle personne, confrontation possible avec sa famille ou en tout cas un moment de grandir où on essaie de trouver nos propres repères face aux repères familiaux. Et qu'en fait, pour les gays et les queers,
qui ont eu du mal ou à qui on a fait du mal et empêché de faire un coming out, le moment du coming out qui peut être quand t'as 25 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans, 60 ans, 70 ans, j'ai pas envie de limiter, 80, 90, bon à un moment donné tu vas mourir mais…
Il y a quand même un moment où du coup ce coming out autorise finalement, libère quelque chose et on est remis à un état presque adolescent de putain mais attends mais j'ai un monde à découvrir quoi, mais j'ai des quéquettes à toucher, enfin poussez-vous, poussez-vous tu vois. Enfin je peux m'autoriser et donc ce que tu ressens, j'ai envie de dire c'est normal mais c'est mal dit de ma part mais bien sûr.
qui a une adolescence, une nouvelle adolescence, un peu tout feu, tout flamme, et qui peut être pas facile à accueillir. Souvent, tu entends des hétéros qui font « Ah ouais, les gays, ils parlent tout le temps de sexe. » Ça peut souvent être…
Tu vois, oui, en fait, il y a un moment donné où une personne qui a été empêchée pendant 10 ans, 20 ans, 30 ans peut, en fait, quand le capuchon s'ouvre, ça fait un peu pchit, quoi. Et du coup, tu te mets à penser que ça, parler que ça et à faire tout et n'importe quoi. Et bon, tant que tu mets pas ta sécurité, ta santé mentale en jeu, oui, bon ben oui, l'adolescence, quoi.
c'est vrai ouais du coup je suis un peu en questionnement bon après aujourd'hui c'est pas non plus une envie non mais tu vois je pense que c'est important d'en être conscient et d'en parler à ton copain notamment parce que si on est entouré de gens qui ont déjà vécu ce tout feu tout flamme sexuel ils peuvent mieux nous comprendre et ou ne pas comprendre ce que t'es en train de demander en couple ouvert
Et peut-être c'est juste ça. Et si on les reconnecte, tu vois, moi, dans ce processus, il se fait un peu dans un timing différent, dans une temporalité différente. Et d'honorer que, bien sûr, ça fait un an et demi, bien sûr que tu as envie de sucer de la bite.
Ouais, mais je pense qu'il y a quand même une différence aujourd'hui, je sais pas si je serais totalement prêt, à mon avis je suis plus à fantasmer aujourd'hui que vraiment d'être capable de passer le pas. Tes yeux ont brillé en disant je pourrais aller sur Grindr et peut-être qu'en fait juste ton moment tout feu tout flamme c'est genre ouvrir un compte sur Grindr et juste fantasmer ?
J'avoue, pour être honnête, des fois, quand j'étais tout seul, je me disais, vas-y, j'aimerais bien aller voir sur Grindr, les profils et tout. Mais je ne sais pas si c'est une porte que j'ai envie d'ouvrir. Il n'y a pas d'obligation. Mais je le sais parce qu'on va révéler que toi et moi, et mon auditeur qui m'héberge, on est allé faire une marche. Ouais.
tu n'avais pas de chapeau je me suis inquiété pour ta santé j'étais là putain mais le gars va se taper une insolation puis après je me suis rappelé que je n'étais pas ta maman et que je n'avais pas te materner non non mais j'ai senti la raison pour laquelle je posais ce truc ce que je disais juste avant c'est que je suis plus genre moi j'ai dû parler de Grindr et t'as dit genre ah je serais vachement curieux de voir qui y a sur Grindr et tout et là j'ai senti que ton oeil pétillait
Ouais, c'est une curiosité, je pense vraiment. Mais à mon avis, aujourd'hui, je serais pas prêt. C'est-à-dire quoi pas prêt ? Ça veut dire qu'il te manque… Quand est-ce que tu sauras que t'es prêt ?
Si l'envie est vraiment débordante et pourquoi tu dois attendre ? J'essaie pas du tout de t'imposer et de t'obliger à faire des trucs, j'essaie vraiment de comprendre. J'entends que là, peut-être mes questions sous-entendent que tu peux être super heureux et ta deuxième adolescence queer, tu la vis avec ton copain et avec des frustrations normales qui est de « Ah, on est des humains, on est frustrés ». Donc je sais pas du tout dire qu'il y a un seul chemin face à toi.
Mais pourquoi, selon toi, tu as besoin d'avoir un désir débordant pour alors t'autoriser à vivre ? Je pense qu'aujourd'hui, ça relève vraiment du fantasme. Je ne m'imagine vraiment pas avoir un plan avec quelqu'un d'autre.
J'ai vraiment tout ce dont j'ai besoin. Je l'ai dans ma sexualité avec mon copain. Donc aujourd'hui, je suis vraiment très épanoui dans ce couple exclusif. Mais tu penses à la suite. Tu contredis un chouïa. Oui, mais on en reparlera dans 5 ans ou même d'ici quelques années. Là, aujourd'hui…
Je trouve ça chouette que vous ayez une communication si fluide qui permette de dire les trucs avant qu'ils soient brûlants. Parce qu'il y a eu une histoire où à la fête de la musique, je crois, lui n'était pas là et moi j'étais avec des amis à lui et j'ai rencontré quelqu'un que j'avais rencontré au Guatemala. En fête de la musique ? À Lille, je n'avais pas précisé. En France hexagonale ?
Ouais, et ce mec-là, je me rappelle au Guatemala, je cruchais un peu sur lui, il tapait un peu dans l'œil, mais il ne s'était jamais rien passé. À ma connaissance, il a une copine. Et cette fête de la musique-là… Ah tiens, ça me rappelle quelque chose !
Mais non, par contre, ce n'est pas du tout allé aussi loin. Je ne me tourmentais pas avec le fait de m'imaginer. Et à cette fête de la musique-là, il m'a payé une bière. Et quand il m'a donné ma bière, il m'a embrassé. Et vraiment, je n'ai même pas eu le temps d'avoir une réaction. Il m'a embrassé. Qu'est-ce qui se passe ?
À l'époque, au Guatemala, j'aurais adoré qu'ils fassent ça. Et du coup, en fait, ça m'a vraiment confronté à me dire… J'ai envie de… J'y serais bien allé, j'aurais bien profité. Mais en même temps, je suis en couple. Et puis, on n'en a jamais parlé avec mon copain. Donc, je me suis dit, en vrai, sur le principe…
moi les conversations que j'ai eu avec lui c'est plus imagine on est une soirée ou quoi l'un sans l'autre
et il se passe un truc est-ce qu'on peut profiter ou bien non je trouve ça respectueux de votre amour de se poser des questions et d'identifier des règles qui sont bonnes pour vous mais du coup là il t'a embrassé le gars du Guatemala ça veut dire qu'il t'a roulé une pelle il a mis ses lèvres et sa langue il t'a smaqué juste c'était un peu plus langoureux mais c'était pas une grosse pelle il n'y avait pas de langue
Et il a exprimé la possibilité que, il t'a dit, je reviens dans ma hutte de Lille ? Moi, juste après qu'il m'ait embrassé, à un moment, il a tourné le dos trois secondes et je suis parti. Et j'étais en panique totale. Parce que je n'étais pas sensible à ce qui s'était passé.
Mais en même temps, je pensais à mon copain. T'es coupable. Ouais, je comprends. Du coup, j'en ai parlé. Même, j'en ai parlé à un de ses amis direct après. Et je pense que ça l'a quand même blessé parce qu'il ne savait pas vraiment ce qui s'était passé. Et donc, c'est pour ça que… Mais t'as l'impression d'avoir été consentant de se baiser. Enfin, il t'a été imposé. Ouais.
J'ai vraiment été pris de court et j'ai pas eu la possibilité de réagir. Oui c'est ça, c'est pas toi qui… Tu lui as pas dit toute la soirée, ah si on s'embrassait. Non pas du tout. Mais t'as un peu vécu ton fantasme de toute ta vie en fait ?
pas vraiment parce que je me suis freiné en fait je pense qu'il aurait été chaud pour aller plus loin et tout mais je comprends que ton coeur se mette à palpiter parce que t'as quand même pendant 4 ans été amoureux secrètement d'un hétéro épisode précédent que tu racontais et là je comprends qu'il se passe un truc un peu similaire et qui donne il y a une part de toi qui doit être en ébullition au moment où t'es embrassé par ce gars qui t'avait jamais dit qu'il était bi c'est ça au Guatemala vous en aviez jamais parlé ?
Ah ouais ? Mais même moi, je ne sais pas si on en parlait vraiment. Au Guatemala, tu n'avais pas dit ? En fait, je ne fréquentais personne, je ne me cachais pas, mais on n'en parlait pas spécialement. Et tu lui as reparlé ?
Non. Rap, c'est ouf. Mais j'en ai parlé à des amis qu'on a en commun et qui étaient tous choqués parce qu'ils me disaient mais il a une copine. Comment tu fais pour vivre ? Après, moi, je suis très particulier. Mais comment tu fais pour vivre ?
sans les fins d'histoire quoi mais moi après avec mes gros sabots patos là j'y serais allé et possiblement j'aurais pas eu la fin de l'histoire parce que les gens ne s'expriment pas forcément même quand tu mets des gros sabots mais moi je pourrais pas survivre à l'idée que genre bah non je saurais jamais peut-être qu'un jour en vrai si je le recroise ou quoi mais je pense pas surtout aujourd'hui ça fait quand même quelques mois je vais pas revenir vers lui et
Il est jamais trop tard. Non mais je te taquine. C'est pas le moment, c'est pas le sujet.
que j'ai recroisé et qui, à l'époque, m'avait mis un stop. Et là, revient vers moi, me fait des avances et tout. Aussi un hétéro ? Non, un mec, un gay que j'avais daté, mais il ne s'était rien passé. Moi, quand on se datait, j'étais bien dedans. Je l'aimais bien. Du coup, j'étais un peu deg quand il m'a mis un stop. Après, quand je suis revenu et que j'étais en couple, on s'est recroisé et
Il me lance des fleurs, il fait des avances. Et encore une fois où je suis là, peut-être que j'aimerais bien, mais je ne peux pas.
Ouais c'est ça, après c'est frustrant, le choix est frustrant dans le sens où soit je fais couple et j'ai la puissance de ça mais j'ai pas en effet les avantages d'être célibataire et de pouvoir batifoler ou bien je suis en couple ouvert mais en effet il y a des équilibres à trouver mais j'entends complètement comment ça peut être défiant et pas évident tu vois
Mais après, ça dépend des périodes parce que là, depuis que je suis à la Réunion, j'ai personne en vue, j'ai pas de crush secret et du coup, j'ai beaucoup moins de frustration. Mais par contre, là, j'ai trouvé assez fort. En plus, c'était vraiment pas beaucoup de temps après qu'on se mette en couple.
qu'il y ait ces deux mecs là qui s'enchaînent et qui repointent j'aurais pu prendre mon pied bon après ça va je regrette pas pas du tout d'en amoureux et d'avoir mis les stops il y a des sujets que t'as pas mentionné qui sont importants pour toi avant qu'on conclue
il y a des trucs importants et là je t'invite à te connecter juste par intuition c'est que on avait parlé nous de tout un tas de sujets et j'aimerais juste que tu pas que tu de façon robotique dis bon bah comme on a dit faut que je raconte juste tu te connectes là on a beaucoup parlé on a dit plein de trucs est-ce qu'on s'arrête là ou est-ce que il y a si tu devais en choisir un un sujet un truc où tu te dis bah moi j'ai vraiment pas envie de terminer le podcast sans que ça soit imprimé dans les ondes hum
au début de l'enregistrement je disais que je le faisais en grande partie pour moi parce que je pense que c'est une belle manière de faire une rétrospective de toute mon histoire et après aussi je disais si ça peut donner espoir à d'autres gens parce que
J'ai peut-être envie de revenir sur le fait de à quel point j'ai commencé très bas dans mon estime de moi. Et parler plus spécifiquement de mes… Mince, j'ai perdu le mot. Complexes. Et je me rappelle ça dès mon plus jeune âge, genre 6 ans à l'école.
ne pas être à l'aise avec mon corps à la piscine vraiment toujours me cacher et j'ai développé des complexes sur tout ma pilosité les grains de beauté mes cheveux vraiment ça n'avait aucun sens et j'ai une morphologie assez fine aussi très longtemps je voulais pas être en t-shirt
Aller à la plage était impensable. Et aujourd'hui, je n'ai pas radicalement changé de morphologie. Je ne pense même pas du tout.
Mais j'ai un regard totalement différent sur mon corps. C'est quoi le lien que tu fais entre tes complexes passés, ton rapport au corps et ton intime, ta sexualité, ton amour ? Tu fais un lien ou c'est juste un autre chapitre de ton épanouissement intime ?
Je pense en tout cas que le fait que je ne sois pas du tout à l'aise dans mon corps, ça ne m'aide pas du tout à me construire sexuellement. Du coup, à ton avis, si tu regardais ces complexes, ils racontent quoi ? C'était en lien avec cette vérité intérieure d'être attiré par les hommes ?
Non, ça venait vraiment avant ça, mais peut-être que c'est un rapport aussi avec l'image de moi que je renvoie. J'ai le souvenir d'un prof en primaire qui m'avait dit qu'il m'avait viré de la classe, alors que je ne sais plus, j'avais eu une altercation avec un autre gars et je pleurais. Et mon prof m'a dit « sors de là, je ne supporte plus ta voix ».
Et cette phrase m'est restée et pendant super longtemps, j'ai eu un complexe de ma voix, je la trouvais trop féminine, trop aiguë. J'avais commencé, j'ai fait un peu de podcast aussi. C'était un épisode, un entraînement super dur au début, mais ça m'a vachement aussi aidé à accepter ma voix et…
c'est toujours lié à si je suis trop féminin, si je suis trop l'efféminé, la tapette, le pédé la fillette, alors le monde extérieur va me rejeter et pour de vrai le monde extérieur m'a rejeté ton exemple est une réalité et ça a arrivé à se reconstruire parce que l'autorité du prof qui dit ta voix tu dégages bah grave
Ouais, je pense que c'était vraiment un trauma. Mais pour dire que c'était pas que lié à des trucs féminins, parce que je sais que j'ai très longtemps complexé de ma pilosité. Tu veux décrire ta pilosité ? Selon toi, tu la vois comment ?
Je ne suis pas extrêmement poilu, mais je pense que du moins quand je grandissais, l'adolescence, tout ça, j'étais plus poilu que les autres. Surtout aux jambes. C'était un autre complexe parce que je me sentais différent.
On aurait pu se dire, ton cerveau qui veut absolument être assez masculin, t'aurais pu être fier. Oui, ça c'est viril. Mais non. Non, non, non. Je pense que ça vient vraiment d'un mal-être. J'ai commencé comme ça. Et donc, je dis tout ça, c'est plutôt positif. C'est pour donner un message d'espoir et de…
Aujourd'hui je suis… De 0 à 10, t'aimes ton corps à combien là tout de suite, en ce moment quoi ? Euh… 8. Les deux ? Si tu fais parler que les deux ? Ça serait faire un peu plus de sport et… Pour avoir l'air comment différent ?
Non pas vraiment différent mais plus mieux dans mon corps vraiment je pense que faire du sport c'est même bien psychologiquement parce que en fait j'ai fait un peu le deuil de changer de morphologie parce que depuis dix ans j'ai jamais pris un kilo ou perdu un kilo.
Du coup, autant m'accepter comme je suis. Et quand tu es nu ou que tu fais pénétrer, ou que tu pénètres, quand tu es nu, tu vois ce corps ? Il te gêne ? Non, pas aujourd'hui, pas du tout. Parce que je suis complètement à l'aise avec mon copain. Euh…
Et avec d'autres ? Pas de rapport sexuel avec d'autres, mais tu t'imagines ? Mal passé, oui. Mais je pense que la vision de moi-même a changé. Parce que je pense qu'avant, je me voyais beaucoup plus maigre. Aujourd'hui, je croise d'autres gens qui sont en t-shirt et ont des bras deux fois plus fins que les miens. Et je me dis qu'ils le font, quoi.
Et aujourd'hui, heureusement que j'arrive à porter des t-shirts parce qu'en habitant ici… Des t-shirts ? C'est quoi ? T-shirts ? Des t-shirts ! Ah mais moi, depuis le début, je crois que tu dis petits shorts. Ah, petits shorts. Bah, des petits shorts aussi, hein. Qui montrent les jambes. Et qui montrent les poils. Je croyais qu'on parlait de ça. Merci. Merci à toi. Franchement, trop cool.
T'es content ? Ouais, super intéressant, j'ai adoré partager mon histoire en espérant que ça intéresse les gens. Toujours, il y a toujours des gens qui nous ont déjà abandonnés il y a longtemps, qui se sont dit ah là là, c'est nul, j'aime pas, ça me parle pas, soit c'est ta faute, genre il dit c'est lui, soit c'est Guillaume, c'est souvent ma faute pour être honnête.
et puis il y a des gens ça connecte parce qu'ils se voient en toi je trouve ça merveilleux parce que sur chaque épisode je reçois souvent des commentaires assez contradictoires tu vois ce que je veux dire des gens qui ont entendu quelque chose et d'autres exactement le contraire je trouve ça trop beau donc ouais merci il y a des gens qui sont en train d'écouter et qui se joignent à moi pour te remercier merci beaucoup grave ça m'a inspiré
je les remercie tous et puis je leur souhaite une formidable aventure qui ne s'arrêtera pas qui ne s'arrêtera pas de sitôt répond-il trop bien on s'arrête là ? tu te sens bien ? ça va