Mon enfance sursexualisée (pour survivre) – Kamal 2/3

🎧 Écouter sur : Spotify   Apple Podcasts   Deezer   Podcast Addict   Amazon Music   YouTube

Partie 2 – Kamal raconte son chemin de réparation après deux viols dans son enfance, le déclic pour s’autoriser à explorer ses désirs sexuels, l’envie d’ouvrir son couple sans briser l’amour et de confronter le passé et sa famille.

Va sur le site du podcast en tapant bit.ly/commentdevenir dans ton navigateur pour :

· venir à une rencontre entre auditeurs dans ta ville ou un enregistrement en live

· voir ma tête et suivre les coulisses du podcast sur Instagram, Tiktok ou WhatsApp

· devenir un soutien financier du podcast : je travaille à 100% sur le podcast et dépends des contributions des auditeurices

· rejoindre la communauté des auditeurs sur Discord ou plusieurs idées pour m’aider pour que le podcast continue


Lire la transcription de cet épisode
Kamal, épisode 2. Coucou. Coucou. Ça va ? Ça va. Il est un peu haut ton micro en fait. Non, non, mais c'est pas toi qui bouge, tu peux le baisser un peu. Non, regarde, je te montre. Tu le baisses un peu comme ça. Ouais, voilà. C'est bon ? Ouais, c'est bon. Kamal, partie 2. On terminait la partie 1 sur « je vais pas passer ma vie frustrée ». C'est la revanche, parce que j'ai passé mon adolescence à pas pouvoir baiser, à m'interdire, à pas pouvoir vivre mes désirs. Ça y est, j'en ai. T'as quel âge ? 32 ans. Et donc j'ai envie d'un couple ouvert. Et dans les barrières, je secoue mon couple monogame. On est en train de retrouver un équilibre autour de ça. Ton copain, vous n'êtes pas totalement aligné sur quel couple ouvert, comment, pourquoi ? À la partie 1 de ton témoignage et dans notre pré-entretien, toi tout de suite tu as dit j'ai subi des viols, des abus enfants et il y a un lien direct avec ce déclic du couple ouvert ou en tout cas de mes impossibilités à faire couple ouvert et à faire sexe. Je vois aussi les racines là-dedans. Est-ce que tu veux en parler un peu ? Ouais, c'est… Ouais, c'est… Il y a eu deux viols. J'ai subi deux viols… Je sais pas exactement quand, mais en tout cas, j'étais aux primaires. Et le lien que je vois le plus, c'est… Les deux viols ont eu, j'ai l'impression, des impacts assez différents sur… C'est un impact aujourd'hui, que je vis aujourd'hui. Je vais commencer peut-être par le deuxième, parce qu'il est un peu plus clair. Je me souviens un peu plus de choses. C'était un garçon qui était un peu plus âgé que moi. Je ne sais pas exactement, mais il devait être ado. Et ce mec-là m'a amené doucement dans une chambre. En fait, on était en gros, je crois que c'était un anniversaire ou un truc comme ça. On était dans une maison que je connaissais en fait. Il y avait ce mec que je ne connaissais pas. qui m'a amené dans une chambre où il y avait une console. Je n'ai aucun souvenir de ce qu'il m'a dit, mais j'imagine qu'il a dû dire on va aller jouer, j'en sais rien. Et j'avais dû le sucer, un truc comme ça. Tu avais dû dans le sens, il t'a forcé à, ou j'avais dû dans le sens, c'est arrivé ? Comme je n'ai pas de souvenirs très clairs, j'ai l'impression que… Déjà, comme il y a eu un premier viol, je savais ce que c'était que… Je savais ce que c'était que le sexe, en tout cas, à ce moment-là. Tu as quel âge à ce moment-là, à la louche ? Je pense que j'avais 8 ans. Et la mémoire traumatique, c'est connu, ça s'efface. Pour survivre, on efface des éléments. S'il y a des gens qui ne comprennent pas, comment on peut ne pas se souvenir ? et donc j'ai un souvenir assez en mode tiens passe moi le sel c'est terminé quoi comme si ça n'avait aucune incidence sur aujourd'hui en fait en tout cas au départ quand j'ai raconté la première fois que j'avais été violé j'ai l'impression que c'était un truc absolument anodin comme s'il m'avait emmené pour jouer je l'ai sucé et puis terminé et puis voilà il n'y a absolument aucun impact Et en fait, au fur et à mesure de la thérapie, j'ai compris l'impact que ça avait eu. C'était assez douloureux parce que ça s'est passé dans cette chambre. Deuxième scène, on est autour de la piscine. Ce mec est dans la piscine. Il ne me regarde pas. Je ne sais pas qui c'est. Je ne peux pas re-rentrer en contact avec lui. Et là, il est l'heure de partir. Ma mère m'accompagne. On rentre à la maison. Et plus de nouvelles de ce mec. Et pour moi, c'est vraiment cette rupture de contact, cette absence de parole. En plus, je ne me souviens pas de ce qu'on a dit. Cette absence de parole, c'est vraiment ce qui retentit. Et du coup, c'est en tout cas comme ça que j'explique pourquoi ça me provoque autant d'instabilité. Quand il se passe un truc avec un mec et après, je n'ai plus de nouvelles ou je ne sais pas si j'ai vraiment plu au mec ou pas. Enfin… Il se rejoue ça, il se rejoue un truc. C'est ce qui se rejoue, en tout cas ce truc de je cherche le regard du mec, j'essaye de rentrer en contact avec lui, j'essaye de lui parler et c'est pas possible en fait. Parce que notamment ma mère me raccompagne à la maison, c'est la fin de la fête ou même pas, c'est même pas la fin de la fête et du coup j'avais l'impression limite qu'on m'avait retiré d'un endroit où j'avais souhaité rester en fait. Parce que toi, t'aurais eu envie de lui dire quoi ? Enfin, il te regardait pas, il t'invisibilisait. En fait, c'est comme s'il te tuait. Il te déshumanise, il s'est servi de toi et après t'existes plus. C'est ça la violence ? Ouais, et de savoir pourquoi. Pourquoi il a voulu que je le suce ? Et aujourd'hui, le retentissement que ça a aujourd'hui, c'est est-ce que je lui ai vraiment plu ? Est-ce que je lui plais ? Est-ce que je lui ai plu ? Et en plus, c'est hyper bizarre parce qu'on parle de moi qui ai 8 ans, donc… En fait, c'est hyper bizarre pour moi de repenser cet événement. J'essaie un peu de recoller les morceaux, d'essayer de décrypter ou de comprendre pourquoi ça s'est passé. Comme si, en fait, on était deux adultes à ce moment-là, mais en fait, on n'était pas du tout deux adultes, quoi. Quand tu décrivais comment ça s'est passé, je veux être sûr d'avoir bien compris. En gros, toi, tu dis sur le moment, tu ne te souviens pas d'actes de violence ou d'une détresse. En tout cas, si elle a existé, tu l'as effacée. Mais c'est ça, dans ce qui s'est passé dans la chambre, c'est ça que tu voulais dire tout à l'heure. Il n'y a pas de sang, il n'y a pas de marque distinctive de coup qui permettrait à ta mémoire de restituer. C'est ça que tu veux dire ? Il n'y a pas eu de violence et parfois je minimisais en disant c'était des viols mais ça va c'était doux. Parce que tu m'as dit dans le pré-entretien que vers 22 ans tu dis à un de tes copains ou à un mec tu lui dis quoi ? J'ai un secret, il faut que je te dise que j'étais violée. Et tout de suite après, tu réduis en disant mais c'était d'où ? Pourquoi tu te souviens à ce moment-là, quand tu commences à mettre des mots, pourquoi tu avais envie de partager ça avec ce copain ? Je ne sais pas du tout. J'ai l'impression que c'était un peu inconscient. À ce moment-là, ça commençait un peu à réémerger. Et du coup, pour réémerger, j'ai dit ça de manière la plus… Moi, ça me provoque le moins de violence possible aussi. J'ai été violé. Et moi, à ce moment-là, je me souviens très bien de la sensation que j'avais de ce souvenir. C'était vraiment un événement… fondateur, mais pas violent en fait. Je savais que c'était un truc important, Mais j'étais incapable de mettre une espèce de relief. Savoir si ça m'a provoqué des impacts. Est-ce que c'est vraiment un viol aussi ? Est-ce que c'est de la violence en fait ? Comme il n'y a pas de violence physique. Pourquoi ce serait une violence ? Parce que c'était à un moment donné un acte sexuel très doux. D'autant plus qu'à partir du moment où j'ai subi ces viols, Et je me suis sur-stimulé toute mon enfance et mon adolescence. Et pour moi, c'est comme s'il n'y avait jamais eu… C'est-à-dire que j'étais tombé sur du porno, sur des cassettes. Et je regardais ces cassettes à une période où je ne sais même pas si à cet âge, on peut jouir, éjaculer… et je les regardais comme ça en plus ma mère qui était dans la pièce d'à côté c'était hyper risqué j'avais des petits objets que je mettais dans le cul pour moi ça n'a pas d'autre explication que c'est le viol qui m'a fait découvrir des sensations physiques que j'essaie de reproduire mais sans arrêt en fait je te dis tout à l'heure mais est-ce que c'est un viol s'il n'y a pas de violence tu veux répondre à la question ouais en fait aujourd'hui je c'est hyper bizarre parce que c'est comme si j'étais pas convaincu ouais manière entière que un viol ça provoque une violence psychique mais en revanche j'ai la certitude par les impacts c'est hyper chelou mais par les impacts que effectivement ça a été violent c'est à dire que j'arrive pas à connecter dans mon esprit de manière hyper claire le caractère violent de ce viol psychique Que ça a eu à l'instant T, en fait, tu vois. En fait, ton cerveau exige que tu sois une bonne victime, entre guillemets, et donc qu'il y ait du sang, qu'il y ait de la violence physique, c'est-à-dire qu'ils te prennent la tête et qui… C'est ça ? Ouais. Et comme t'as pas ça à proposer, ton cerveau dit, ouais, pas sûr. Ouais. C'est ça ? Mais je le vois aujourd'hui dans les… En tout cas, en thérapie, c'est hyper complexe de restituer une thérapie, mais tu dois bien connaître, mais… Tous les retentissements que ça a dans la manière dont je peux relationner avec les gens, même au travail. Il y a plein de sphères aussi qui sont touchées par ce viol. Même dans mes relations amicales, la relation avec mes parents. Parce que c'est un secret assez lourd à porter, en plus, d'avoir subi des viols. Et en plus, t'as été violé par un mec et d'être gay. En plus, après, tout se mélange. Tu vois ? Je suis un peu parti un peu loin. Pour moi, il y a comme une évidence… une évidence d'absence de consentement. Et en fait, après, le fait que… Est-ce qu'il y avait des rideaux rouges, des rideaux bleus ? Après, est-ce que c'était dans un décor ? Il faisait beau et j'étais de bonne humeur ce jour-là. Ou est-ce qu'il pleuvait et j'étais triste ? En fait, pour moi, après tout ça, c'est… Comment on dit ? Connex ? Je m'en fous, aucun rapport. Il me disait, attends Guillaume, je t'explique, je porte un t-shirt bleu. Oui, tu peux me le dire si tu as envie. Et donc, pour moi, il y a une évidence de l'extérieur. Il y a une évidence qu'à partir du moment où il y a une absence de consentement, et ce que tu décris… Oui, en fait, l'absence de consentement, elle est très dure à comprendre vraiment intérieurement parce que c'est dur de se mettre dans la peau, dans le cerveau de moi enfant qui n'ai aucune capacité de jugement, à savoir si ce que je fais est normal ou pas, si j'ai la capacité de consentir ou pas. Et moi, j'ai l'impression, aujourd'hui, je sais que je n'ai pas consenti. mais c'est justement c'est ça que je voulais parce que tu m'as raconté une autre expérience sexuelle avec un autre garçon où là tu te souviens très bien l'expérience où vous vous chronométriez ah oui tu te rappelles à quel âge à peu près ça se faisait ? Je pense que c'était limite entre les deux viols. Et là, pour le coup, dans ta mémoire, tu savais très bien que vous faisiez tous les deux plaisir et qu'il y avait un consentement. Est-ce que tu es à l'aise de raconter ? Du coup, après ce viol, je ne sais pas trop savoir à quel moment j'ai commencé à faire des jeux sexuels, mais plus loin que du touche-pipi. je sais pas comment ça a commencé mais en tout cas il y a eu une stimulation mutuelle qui s'est instaurée bon je veux pas dire qui c'est une autre personne un garçon qui avait le même âge que moi qui n'est pas le garçon qui t'a violé non et là pour le coup c'était extrêmement symétrique donc on se suçait pendant je sais pas une minute puis après c'était à l'autre nanana Vous aviez du plaisir ? Il y avait du… Il y avait du plaisir sexuel. Et pour moi, c'est aussi un élément qui vient… Enfin, c'était pas forcément un viol, mais ça… J'ai encore aujourd'hui très honte de ce que j'ai pu faire avec ce garçon. Comme si c'était moi qui avais imposé la chose à cette personne, en fait. Alors qu'en fait, on a le même âge, c'est totalement symétrique. Il n'y a pas de question de viol dans ce cas-là, en tout cas. Le chronométrage, c'était « Ah oui, je te sus pendant 12 secondes et après, c'est toi qui me sus pendant 12 secondes et il y a le bip-bip, donc tu t'arrêtes et c'est à mon tour. » et moi ça m'a fait énormément peur parce que je me suis dit en fait en plus d'avoir été violé je suis fautif parce que j'impose quelqu'un sans son consentement alors que j'ai 7 ans et que la question ne se pose même pas on ne peut pas parler de consentement dans ce genre de situation où c'est deux personnes d'un même âge qui font des choses de manière symétrique et en plus cette personne là s'est avérée être hétéro Et c'était aussi assez douloureux pour moi parce que je me disais « putain, en fait, je faisais un truc avec quelqu'un, j'avais limite une acceptation par cette personne parce qu'on faisait la même chose, mais en fait, il s'avère que cette personne-là était finalement hétéro. » Et donc, forcément, je lui imposais. Si il est hétéro, c'est qu'il n'était pas d'accord de faire ses jeux sexuels avec moi. Sauf que tout ça n'est pas lié, l'attirance sexuelle adolescent n'est pas liée à un plaisir sexuel d'enfant. La sexualité c'est un prisme. Aujourd'hui, cette personne, elle se dit hétéro, mais peut-être qu'elle ne l'est pas. Peut-être aussi. Ou peut-être qu'elle est… Oui. Tu vois ? En fait, la question là où ça m'a beaucoup… où j'ai encore du mal à… J'ai encore du mal à naviguer avec ce sujet-là. J'ai du mal à me convaincre qu'à un moment donné, il n'y avait ni question de mon consentement, ni autre avec cette personne-là. T'as eu envie de retrouver ces gens et de les confronter ? Les violeurs ? Tout le monde ? Parce que je te… Non, vas-y. Non, j'ai… Déjà, le deuxième, je suis incapable de savoir qui c'est. J'ai aucune manière de remonter à cette personne. J'aurais pas forcément envie de lui reparler. Le premier, je sais qui c'est et je me suis déjà posé la question s'il fallait essayer de porter plainte ou un truc comme ça. Et je me dis, ça sert à… en plus au Maroc j'ai aucun espoir que ça aboutisse à quelque chose en plus c'est trop d'énergie pour pas grand chose en tout cas je pense que je peux me sortir de cette histoire et vivre avec ce que j'ai vécu sans avoir à porter plainte au Maroc dans un pays où déjà en France c'est compliqué le viol c'est un sujet qui a émergé depuis quand même pas très longtemps alors au Maroc on est à des années lumière donc non donc non et oui la personne avec qui j'ai eu ces jeux sexuels d'ailleurs j'arrive même pas à définir si c'est un jeu sexuel j'ai parlé un moment de relation à ma psy elle m'a dit non c'est pas une relation on peut pas parler d'une relation sexuelle bref et donc ça fait un moment que j'ai envie de lui en parler parce que je peux le contacter mais j'ai pas du tout le courage hum J'ai peur d'être confronté à quelque chose de… Moi, je l'ai fait. J'ai recontacté quelqu'un avec qui j'ai eu des jeux sexuels et j'avais moins de 10 ans. Et il était plus jeune que moi. Et en fait, en thérapie, je me disais, putain, mais en fait, je suis un violeur. J'ai joué, j'ai eu du jeu sexuel, mais est-ce qu'il y avait vraiment tant de retours que ça ? Parce que moi, dans ma mémoire, c'est plus… Genre, j'avais envie de jouer à touche pipi. Je me souviens peut-être d'une ou deux fois, en gros, je lui ai touché la quéquette et que lui, il jouait à la console. Et donc, du coup, j'ai appuyé, il jouait à la console, à la Game Boy. Il n'était même pas, tu vois, son esprit était ailleurs. Et en fait, un jour, j'ai décidé de le contacter. Et ce que je trouve à double tranchant, parce qu'en fait, si le mec me fait ouais, t'es la cause de tous mes problèmes, il aurait le droit, les gens ont le droit de dire ce qu'ils veulent, mais de là à donner 100% de ma… Du jugement à une autre personne, j'ai un point de résistance, mais j'ai essayé de le faire. Et de savoir comment lui s'en souvenait, comment ça se passait. Est-ce que… Est-ce que, voilà, lui, il en pensait quoi. Et j'ai essayé… Bon, pardon, excuse-moi. J'ai rédigé un message et je me suis dit, putain, j'en ai marre, j'y vais. Et je lui ai envoyé et il m'a dit… Je n'ai aucun souvenir. Il n'y a aucun problème. Tu es une très belle personne. En gros, j'ai eu le mieux qu'on peut espérer. Et il m'a dit, mais si c'est arrivé, il n'y a aucun souci. Je me sens… Il a un enfant. Il me dit, mais mon enfant, arrête pas de toucher pipi. Ça fait partie de l'évolution d'un enfant qui va découvrir cette partie super excitante. Puis en fait, ça fait du bien, donc c'est juste. Et il a vraiment eu un très beau discours, quoi. Et à double tranchant, parce que si la personne, en fait, si la personne considère que son consentement n'était pas là et qu'elle s'en souvient, bon, là, c'est important, mais… qu'elle puisse s'exprimer et tout mais tu vois ce que je veux dire il y a aussi des gens qui peuvent parce que maintenant il est hétéro être vachement en colère en mode mais qu'est-ce que tu racontes c'est jamais arrivé t'es vraiment qu'un con parce qu'en fait tu viens le chercher à un endroit très intime de vulnérabilité quoi mais ok comment est-ce que pour toi tout ça tout ce méli-mélo comment est-ce que ça a un peu sauté pour que tu te dises allez j'ai la trentaine moi j'ai envie de baiser j'aime mon amoureux et si on faisait un couple ouvert comment est-ce que tes inhibitions se sont un peu levées pour que tu t'autorises à dire bah en fait je suis une personne en droit de désirer et j'ai envie d'aller d'y aller c'est marrant parce que on parle depuis tout à l'heure de coupe ouverte tu me décris comme quelqu'un qui a envie de baiser ou quoi mais c'est pas comme ça que je décris la manière dont j'ai envie d'aller vers les autres euh C'est hyper dur comme question. En tout cas, ce n'est pas une envie franche. C'est limite parce qu'à un moment donné, il y a des mecs qui m'ont regardé, qui m'ont validé ou autre, que je me dis, ça y est, je peux aller vers les autres. En tout cas, j'ai moins peur de me prendre des vents. Ça m'excite. Et je… Et grâce à la thérapie, en tout cas, j'ai réussi à faire sauter, je pense, les blocages que j'ai évoqués dans le premier épisode. La peur de me faire juger par mes parents. En tout cas, d'avoir l'impression de sortir de la norme et donc que c'est mal. Parce que ça, tu n'as pas confronté les personnes, les violeurs et la personne. Est-ce que tu as confronté tes parents ? Oui, j'en ai parlé à mes parents. En fait, quand j'étais en dépression, au tout début, ça fait partie des premières choses que j'ai dites à mes parents. Est-ce que vous vous souvenez du mec, du violeur ? Parce que c'était un ami de tes parents ? Non, c'était le gardien, notre gardien de la maison en fait. parce qu'au Maroc il y a des pas mal de familles plutôt bourgeoises il y a souvent des gardiens de maison donc il y a une chambre un peu à côté donc oui ils savent très bien donc je ne les ai pas vraiment confrontés si ma mère du coup m'a raconté l'histoire parce que c'est pas moi qui ai dit à ma mère il m'a fait des attouchements en tout cas je ne l'ai pas dit de moi-même c'est quand elle me faisait prendre mon bain J'ai dit, ah, telle sensation avec l'eau sur mes fesses, ça me rappelle quand il me… Et c'est un peu genre, la vérité sort de la bouche des enfants. Donc en fait, comment toi, les souvenirs sont revenus quant à ce premier viol ? Pardon, je n'ai pas compris. Tu avais toujours en mémoire ce premier viol. Et du coup, quand tu as dit à tes parents, vous vous souvenez-vous de cet homme ? Là, c'est ta mère qui t'a restitué cette anecdote du bain. Soudainement, elle a fait le lien. Ou en fait, elle l'a toujours su. Elle l'a toujours su. Mais moi, je n'avais pas de souvenir de cette discussion. Je ne me souviens pas que ma mère m'avait dit ça. Que j'avais dit ça à ma mère et qu'elle m'avait… Elle t'a dit quoi ? En fait, non. Pardon, je ne sais pas ce que m'a dit ma mère ensuite. En fait, j'ai une image d'espèce de fracas que ma mère m'a à la limite courue pour aller dans la chambre du gardien. Je ne sais même pas si elle m'a tiré ou elle m'a porté. Je ne sais pas, mais j'ai une espèce de fracas comme ça, un truc très violent où j'ai été protégé par la mère une fois qu'elle a découvert le truc. Et il s'est passé quoi après ? Il a été viré. Et ce qui a été très douloureux pour moi de me souvenir, c'est que mon oncle, duquel j'étais voisin, avait réembauché ce gardien. Et que j'ai revu, en fait, quelques mois plus tard. Et je me suis dit, est-ce que maintenant, mon oncle n'a pas pris la mesure de ce qui s'était passé ? Ou mes parents n'ont pas dit ce qui s'était passé ? Du coup, c'est resté tabou dans la famille ? Du coup, j'ai parlé du viol à une de mes tantes et je ne sais pas si elle m'avait dit si c'était su dans la famille. Je ne sais même pas si c'est un peu un tabou ou si ça s'est su dans la famille. Je ne sais même pas dire si mon frère m'aimait au courant. Aujourd'hui encore ? Alors que je crois que j'ai même posé la question, mais c'est… C'est un choix de ta part ? C'est toi qui sélectionnes les gens avec qui tu as envie de partager ça ? À mes amis, j'en parle au moment où la question se pose. Je n'ai pas de honte ou de gêne ou pas à en parler. Au contraire, j'ai l'impression que c'est important de parler de ce genre de choses. Du coup, pourquoi tu parles avec ton frère ? J'ai plus de mal à en parler avec mes parents parce que j'ai l'impression que c'est tellement douloureux pour eux ce qui s'est passé. Je n'ai pas envie de ressortir le dossier. C'est quand même toi qui es la victime de tout ça. Mais bon, bien sûr, c'est un sujet terrible. Pourquoi tu te poses la question ? Je ne sais même pas si mon frère, je lui ai dit, c'est que ta mémoire a effacé possiblement ça. Et tu aurais envie de pouvoir lui dire ? Je ne sais pas à quoi ça servirait. Pas aujourd'hui. J'ai plus envie de… parfois d'éclaircir ce sujet-là de pourquoi est-ce qu'il a été réembauché par mon oncle. Et j'aimerais aussi savoir ce que mes parents ont pensé aussi. Parce qu'il me semble que quand un enfant est violé, les parents peuvent aussi avoir un rôle, peut-être avec un psy, pour aider l'enfant victime à comprendre ce qui s'est passé. Et là, j'ai pas eu d'accompagnement de mes parents sur le sujet. Je pense qu'ils savaient pas. Et en plus, c'est tellement… Voilà, c'était en 98, quoi. Donc… Parfois, j'ai envie de reparler avec mes parents, mais ça provoquait quoi chez vous ? C'est ça, c'est qu'ils ont agi en virant le gardien. Ils ne se sont pas inquiétés que tu continues à le voir et qu'il ne soit pas si loin que ça. Et ils ne t'ont pas donné de ressources, d'outillage. En fait, on a arrêté d'en parler. Oui. Donc je sais que c'est mal, enfin je savais que c'était mal, mais tu vois après j'ai mélangé le fait d'être gay avec le viol. J'avais l'impression, déjà j'avais l'impression que parce que j'avais été violé donc j'étais gay. et que être gay c'est mal parce que ma mère a viré le gardien quand il y a eu un acte sexuel elle t'avait dit aussi qu'elle voulait pas d'enfant gay ta maman oui aussi donc en fait elle te l'a dit mais en fait d'ailleurs j'avais l'impression que ma mère s'était dit ça en fait elle avait dit ça à ses amis parce qu'elle savait qu'elle avait eu le viol et qu'elle se disait possiblement mon fils sera gay ouais c'est horrible En tout cas, c'est l'histoire que je me suis racontée. T'as le droit d'être en colère. Tu t'autorises d'être en colère face à ta famille, face à ton oncle, face à… Envers mon oncle, oui. Face à tes parents ? Non, parce qu'ils sont pas… Je considère pas qu'ils sont responsables de ce qui s'est passé. On peut pas contrôler à 100%. Enfin, je vois pas comment mes parents auraient pu, en tout cas, contrôler, éviter que ça se passe. Et je ne leur en veux pas parce que je pense qu'ils ont fait du mieux qu'ils pouvaient avec les ressources qu'ils avaient. Je pense qu'aujourd'hui, les parents d'aujourd'hui n'auraient pas réagi comme mes parents parce qu'on a beaucoup plus conscience de l'impact des viols aujourd'hui, je pense. Mais en tout cas, je ne leur en veux pas. Même pour leur méconnaissance. Je trouve qu'il y a une différence entre… Je trouve les colères parfois anachroniques. Et donc là, en gros, toi, adulte, trentenaire, tu filtres… La colère, du coup, tu rationalises et tu dis un truc intelligent. Est-ce que l'enfant en toi est en colère ? Oui, je suis en colère envers ces violeurs et envers ce qui s'est passé. Hum… Ouais, je suis en colère parce que j'ai l'impression d'avoir passé mon enfance à me branler, tu vois. De manière extrêmement solitaire, enfin forcément, mais en tout cas, j'ai l'impression d'avoir vécu une enfance très solitaire. En plus, c'est même pas forcément vrai, parce que j'avais quand même des cousins du même âge que moi, j'avais des amis que je voyais pas forcément, tu vois. Mais en tout cas, je ne garde que le souvenir de mon enfance Seul à me branler, à dormir jusqu'à 5h du mat, à regarder des pornos de manière frénétique, me branler plusieurs fois par jour, enfermer des airs aux toilettes. Ça, les études montrent que c'est une réaction de survie habituelle, enfin possible et habituelle. Donc ta colère, c'est que ça t'a bouffé ? Ça m'a bouffé, ouais. Enfin, je ne sais pas si ça m'a bouffé, mais en tout cas, j'ai l'impression que j'ai passé trop de temps à me branler petit, plutôt que de lire, de… Heureusement que je joue du piano et que j'ai une activité un peu haute que de me branler. Mais sinon, j'aurais pu m'enrichir avec d'autres choses. Donc c'est aussi… Je suis peut-être pas dans un désir aujourd'hui, enfin je sais pas si j'ai un peu travaillé et avancé sur mon chemin sexuel, mais aujourd'hui ce que je retiens dans mon envie de couple ouvert, c'est pas un désir frénétique, j'ai pas envie de reproduire la branlette et cette surexcitation un peu vide de sens et vide de relation en fait. Parce qu'il y a eu aussi des relations un peu avortées, pas des relations avortées, mais tu vois, un peu des bromances au collège, même plutôt au lycée. J'ai senti qu'avec certains mecs, ils étaient super sympas, ils m'acceptaient comme j'étais, ils étaient mignons et tout, mais j'ai jamais pu passer à l'action et… Et c'est plutôt ce dont j'ai envie. Voilà. Bien sûr. En tout cas, moi, c'est pour ça que je suis en couple ouvert. C'est que j'ai pas eu d'adolescence comme mes potes hétéros, les amours d'été. Les hétéros font même des films sur les amours d'été. Moi, j'ai regardé ça, j'étais… je comprends pas donc j'ai compris parce que je suis dans un bain hétéro donc j'ai compris comment leur vie se passe et moi j'étais là mais moi l'été y'a rien et le reste de l'année y'a rien les gars genre l'été y'a pas un truc particulier et tout et un peu donc je te comprends complètement en fait cette envie de passer de la victime de la réaction De la réaction où en fait, on t'écrase, on t'écrase, que ce soit le secret, la société, le viol, ça t'écrase tes désirs. Et puis en fait, la seule chose que tu peux faire quand on t'écrase, c'est de réagir, de survivre. Bravo, t'as survi. Et maintenant, il est temps de vivre quoi ? De dire non, mais c'est quoi moi ? Mes billes, je les mets où ? C'est ça que tu veux dire ? C'est exactement ça, ouais. Quand tu dis que ton enfant a de la colère, elle peut être canalisée comment ? Et par canalisée, j'entends dans quel canal, c'est pas canalisé en mode tu, c'est quoi son tremplin à cette colère, son canal pour qu'elle soit dans un tube ? et qu'elle se dissolve je ne sais comment mais qu'elle tu vois j'ai vraiment pas pour moi peut-être ça va aider pour moi la colère elle doit s'exprimer D'une manière ou d'une autre. Et qu'en fait, quand on est adulte, on a la possibilité de l'exprimer d'une façon qui est canalisée, c'est-à-dire au juste endroit. Parce que sinon, chez moi, en tout cas, ça se transforme en addiction, en violence sur moi-même et tout. Tu vois ce que je veux dire ? Donc, elle jaillit partout. Non, je la canalise et je la vis, c'est extrêmement intense. Et donc, je te disais, confronter le premier violeur pour certaines personnes, c'est une manière de canaliser. Toi, t'as dit non. Est-ce que toi, t'imagines ou t'as essayé, ou avec ta thérapie, de canaliser cette colère d'enfant ? Pour moi, c'est vraiment la thérapie qui permet de… de me sentir mieux avec ce que j'ai vécu. Tu cries dans ta thérapie ? Non, absolument pas. Du coup, tu rationalises et t'es intelligent. La colère, c'est primitif, tu vois. Déjà, j'ai énormément de mal à me mettre en colère. Je ne m'énerve jamais. Ce n'est pas la manière dont j'arrive à le sortir. Mais parfois, je peux ressentir de la colère une forme un peu d'angoisse où je dis à la psy… C'est injuste ce que j'ai vécu. C'est plutôt avec des mots comme ça un peu forts que j'arrive à exprimer que je suis en colère et à essayer de la sortir. J'ai essayé par la musique, en jouant du piano, mais c'est pas du tout un canal. Je pensais qu'à un moment donné que l'art allait pouvoir m'aider à exprimer des choses et Et d'ailleurs, c'est marrant parce que ma dépression, pour moi, le T0, ça a commencé au moment où j'ai joué du piano en me disant, il y a un truc qui ne va pas. Je suis angoissé. Je ne sais pas pourquoi. J'essaie de l'exprimer par la musique. Et là, c'était très sombre. Et là, je me suis dit, de manière totalement irrationnelle, mon cerveau m'envoie un esprit, c'est sombre, putain, je vais me suicider. J'avais l'impression que c'était allé trop loin, trop vite. Et là, il y a eu le démarrage de la crise d'angoisse et plein de… En fait, la musique, ce n'est pas du tout un canal que j'ai réussi à… Ça a activé des angoisses. Ça a réactivé des angoisses. Les angoisses qui étaient du coup messagères… d'un déséquilibre et de choses qui avaient besoin de sortir. Oui. Je ne sais pas si je l'avais dit lors du pré-entretien, la première pensée que j'ai eue pendant ma crise d'angoisse, c'est je vais devenir fou, je suis en train de devenir fou, qu'est-ce qui m'arrive ? Oh là là, je vais être pédophile. Et j'ai vu l'image de mes nièces… Et c'est ça, vraiment, le T0, mais en fait, il est hyper précis, c'est la peur d'être pédophile, quoi. Et encore aujourd'hui, j'arrive beaucoup mieux à faire face à cette peur. Je n'ai jamais eu de désir pédophile, mais… Tu vois, quand je suis avec, par exemple, mes nièces, j'ai énormément de mal à être seule avec elles dans leur chambre. Parce que j'ai tellement… C'est comme si j'avais peur qu'on m'accuse d'un truc qui ne s'est pas passé. Ça n'a aucun sens. Et du coup… Au lieu de ça, j'ai l'impression de surcompenser en étant hyper gentil avec elle et être sûr qu'elle m'aime. Ça me parle complètement. C'est un peu quand tu portes un bébé et il y a ton cerveau qui t'envoie des pensées intrusives en mode « et si tu le lâches ? » Et tu es là « mais non, je ne vais pas le lâcher en fait. » Moi, j'ai déjà eu ça. Je ne sais pas si c'est déjà une pensée intrusive. Moi, j'avais ça. On n'a pas le même parcours, on n'a pas le même chemin. Et pourtant, j'avais la peur d'être pédophile aussi. Alors que j'ai zéro désir pédophile. Et bon, c'est du Guillaume tout craché. Qu'est-ce que j'ai fait ? Je t'ai confronté. Et donc, je voulais partir avec mes neveux et nièces séparément en voyage. En mode genre, vas-y, j'ai envie d'avoir des cool relations. Et du coup, j'ai ressenti le besoin de dire à mon frère et ma belle-sœur, parce que j'allais partir avec ma nièce, est-ce que vous êtes inquiets ? J'ai envie qu'on en parle ? J'ai peur que vous pensiez que… Parce qu'en fait, je leur disais, est-ce que je prends deux chambres séparées ? Et ils disaient, bah non. Enfin, non. Ils disaient, oui, mais je trouve que des lits doubles. Et la seule chose qu'ils m'ont dit, c'est, ah putain, elles bougent, c'est l'horreur et tout, tu vas pas dormir de la nuit ? Et j'ai eu besoin, tu vois. Et donc, il y a plein de choses dans ma tête, mais en tout cas, plein de couches qui venaient, qui étaient être un homme hors orientation sexuelle avec une petite fille dans la même chambre. Et quand même un peu ce truc de moi, j'ai grandi avec… Homosexuel égale maladie égale pédophile, pédé, pédophile, etc. Et ils étaient des petits choux. Mais je l'ai déjà raconté sur le podcast. Ça me dit quelque chose. Mais ils étaient choux parce que ce qui a été très touchant pour moi, c'est qu'ils se sont connectés avec moi. Ils m'ont rassuré, mais tu sais, parfois, quand tu amènes des trucs, moi, j'avais l'impression qu'ils vont rire un peu en mode, genre, mais de quoi tu parles ? Vas-y, passe-moi le sel et on arrête d'en parler. Là, on a pu créer un moment où ils étaient sérieux. J'ai réussi à te dire et ils ont écouté en disant, OK, non, non. Et depuis, j'arrive à faire des câlins à mes neveux et nièces. Ça a disparu mes pensées intrusives de me dire, et si j'étais pédophile, elles n'ont plus jamais eu lieu. Bravo. Non, non, je ne me verrais pas du tout en parler. En plus, je trouve que les pensées intrusives, c'est le pire truc parce que tu as des trucs tellement horribles. J'ai eu des trucs tellement horribles qui me sont passés par la tête comme ça. Ça ne te définit pas, ça ne te correspond pas. J'en suis totalement conscient, mais j'ai l'impression que d'en parler aux autres, c'est un peu comme leur dire peut-être que je suis fou. Ce qui est totalement irrationnel. Je sais que la pensée intrusive ne me définit pas. Mais j'ai dû me battre pendant des mois de thérapie pour me dire que ces pensées intrusives ne me définissent pas. Et ça ne veut pas dire qu'à un moment donné, j'ai eu cette idée, cette pulsion. Comment est-ce qu'on dit déjà ? C'est phobie d'impulsion, c'est ça le terme. Il y a un petit truc en moi qui me dit que je vais peut-être le faire. Lâcher le bébé alors que tu portes un bébé. Je suis sûr que, ce n'est pas scientifique, l'intégralité des mères, des personnes qui ont porté un enfant dans leur corps, le moment où il sort, c'est vraiment tout bête, se sont dit « putain, je vais le lâcher ». Et si je le lâchais ? Ou bien devant le métro et tout, moi je me suis déjà demandé, et si je sautais ? Et j'étais pas suicidaire. Pourquoi on est en train de penser à ça ? J'ai cru que j'avais des pensées suicidaires parce que j'avais ces pensées inclusives en fait. Psychologie de comptoir, c'est Guillaume, je suis pas thérapeute et tout. Pour moi, tout ce qui n'est pas canalisé jaillit d'une façon inaudible. canaliser ça veut dire t'es d'accord ? je trouve qu'il y a un sous-entendu en français tu sais quand on te dit canalise-toi on exige que tu t'arrêtes c'est pas ça que je veux dire c'est mettre dans le bon canal pour moi pour que ça puisse circuler quoi et donc tant que j'ai des pensées intrusives c'est que j'ai pas encore trouvé le bon canal pour quoi et que Et moi, la raison pour laquelle on fait ce podcast là, toi et moi, c'est que je crois que le moment où je peux dire écoutez, j'ai été violé, je suis plein d'autres choses, mais moi, il s'est passé ça, il s'est passé ça et ça. Et en fait, ça ne m'appartient pas. Ça ne m'appartient plus. Et donc, un peu comme, je ne sais pas, il a plu et je suis mouillé. Bon, je suis mouillé, donc je n'ai aucune honte à apporter. Je te décris que je suis mouillé, il a plu. Qu'est-ce que tu veux que je… Oui, qu'est-ce que tu veux que je… Et quelque part, je décale la responsabilité un peu ailleurs que uniquement sur « c'est ma faute ». J'en fais un sujet. Et donc, coucou les parents ! Vous vous êtes dit quoi, en fait, quand le gardien, il était à X mètres de moi ? Et puis, j'ai un peu du mal à comprendre. Après, moi, j'ai un rapport avec mes parents très particulier et parfois, ils doivent se demander qu'est-ce qu'on a fait pour se taper un Guillaume comme ça et tout. Et je te dis pas que je te le conseille. Moi, je suis désolé. Fallait pas faire d'enfant si tu veux pas avoir la responsabilité d'avoir un enfant. Donc, le moment où je te demande des comptes ou en tout cas, je te pose des questions, si tu te mets à pleurer, C'est un peu comme quand on me demande des comptes sur mon podcast ou si j'emmène ma nièce à un voyage et qu'il se passe un truc, je suis l'adulte et on a le droit de me demander des comptes. C'est ma responsabilité. Ah non, mais ça me met inconfortable. Eh bien, ne pars pas avec ta nièce en vacances et puis tu n'as pas de responsabilité. Donc moi, je sais que j'ai dû me battre avec moi-même Pour que si mes parents se mettent à pleurer, je suis là, les gars, j'étais dans un lycée catho, homosexuel, j'ai fait une dépression, je suis allé à l'hôpital, tu t'es jamais posé de questions. Et donc, tu te mets à pleurer, je suis désolé que tu pleures et je suis triste avec toi et je les engueulais pas. Là, j'ai l'air ultra agressif et tout. Et même, j'aurais le droit d'être en colère en fait. Ça a été vachement libérateur pendant le Covid pour moi. Je me suis mis en colère. Oui, je vois très bien la… J'ai l'impression de passer de victime gay. Le fait d'être gay, c'est un peu une victime. En fait, je suis totalement responsable de qui je suis. Je n'ai pas besoin de rendre des comptes à mes parents du fait que je suis gay et à demander leur approbation. C'est pas évident d'en arriver là. Je me suis toujours considéré comme un peu la… Tu sais, un peu inférieur, quoi. Mais tu l'es ? Tu vois ce que j'essaie de dire ? Non. Bah la société nous le dit qu'on l'est. Ah oui, oui, oui. On ne rentre pas dans les codes. En tout cas, je raconte mon histoire pour… Tu rebondis, mais juste pour ne pas écraser la tienne. Mais à mon avis, on a la même histoire. Moi, mes parents, ils ne savaient pas ce que c'était un homosexuel. Je grandis et je me développe complètement hors de l'intégralité des cases ou de grandes cases primordiales pour eux. et leur case à eux je ne les reproduis pas donc le moment où je suis en couple ouvert ou en polyamour et que du coup si tu veux m'inviter à Noël il faut qu'on ait une conversation sur le polyamour parce que je vais venir avec deux autres personnes en fait je suis on me dit que je suis inférieur mes parents ne le disent pas et moi je ne te le dis pas mais c'est normal que notre cerveau nous dise ça ce ressenti là tu vois ouais C'est normal, t'es d'accord ? Oui. Non, non, je suis totalement d'accord. C'est pas normal d'être en polyamour ou c'est quand même pas tout à fait normal d'être homosexuel. Il y a quand même des… des trucs que tu dois continuer à ressentir ouais mais même dans l'entourage des personnes de la même génération j'ai un pote qui m'a dit récemment je digresse un peu mais ah j'ai envie de revoir tel mec et du coup t'es en polyamour ? je dis ben non je sais pas, je crois pas Et du coup, pourquoi tu le fais pour ton couple ? Je dis, je ne le fais pas pour mon couple, je le fais pour moi, parce que ça me fait plaisir de revoir ce mec. Ah ouais, d'accord, donc c'est pour l'ego. Tu sais, c'est genre des mots, je trouve, qui sont extrêmement jugeants. Et tu lui as dit ? Je ne lui ai pas dit que c'était jugeant, mais en tout cas, j'étais hyper ferme sur, ben non, ça me fait plaisir. Moi, j'ai trop envie que tu les défonces tous ! Non, mais du coup, je vais dans le biais parce que c'est vraiment ça que moi, je décide de faire et tout. Et tu choisiras bien ton chemin. Tu ne diverges, pardon du jeu de mots. Tu as dit quoi ? Je digresse. Tu ne digresse pas du tout. Tu es en train de dire, je me connecte à mes désirs. Et je me rends compte que le monde autour de moi n'est pas safe. En fait, moi, et donc, Guillaume, mais ne fais pas ça parce que c'est pas très bien ou je sais pas quoi, mais moi, les gens, avec lesquels je me sens pas safe, je suis obligé de les confronter ou d'arrêter la relation avec eux. Quand je te demande qu'est-ce que t'as fait, c'est que… Ben non mais c'est inadmissible, genre moi j'aurais envie de lui dire mais en fait gars pourquoi tu me poses ces questions comme ça ? En tout cas il a le droit de les poser mais moi j'ai besoin de dire je me sens pas à l'aise, je me sens pas en sécurité, je sens pas que là on peut avoir une conversation sur le polyamour à part me sentir jugé. Et là on voit ce qu'il fait peut-être que le pote en face il dit attends excuse-moi, les gens ne font que parler d'eux-mêmes, lui a un rapport à la jalousie qui fait qu'il réagit ainsi. Qu'est-ce que t'en penses ? Parfois j'ai l'impression de voir les visages un peu se fermer d'un coup et je me dis ça me met extrêmement mal à l'aise les gens qui sont en face de moi en tout cas la personne avec qui je parle du sujet du couple ouvert ou autre ça ferme le visage et donc oui je pense que cet ami là était peut-être soit inconfortable peut-être qu'il était aussi maladroit dans ses propos C'est pour ça que c'est particulièrement compliqué de confronter, de créer un espace safe pour moi, parce que mon cerveau me dit « mais je vais me retrouver tout seul ». Parce qu'en fait, si jamais tu considères qu'aujourd'hui tu parles de viol à un micro-public, ça veut dire qu'il y a une part de toi qui pense qu'en prenant possession d'un discours, tu vas toi pouvoir t'en libérer et… Et en parler quand tu voudras, mais en tout cas pas en parler, c'est pas ça qui va définir ta vie, tu vois. Ça veut dire que de tes parents à ton frère, à ton copain et tous les gens autour de toi, pour être en sécurité, il me faut un entourage en capacité de mettre des mots, de canaliser et d'épuiser la détresse, l'horreur d'un viol. Et que si la personne n'est pas en capacité de naviguer cette conversation… se refusent à un peu de mon histoire, c'est que je ne peux pas être tout à fait moi, parce qu'en fait, soit elle-même a été violée. Il y a plein de raisons pour lesquelles les gens ne peuvent pas être… Ça veut dire qu'il y a quand même un lien qui se délite. Et tu vois ce que je veux dire ? Et ça, c'est effrayant, parce que du coup… Ouais, c'est… je suis pas sûr d'avoir besoin de tout dire en tout cas envers mes parents ou autres je pense qu'il y a des choses qui sont un peu de leur responsabilité de m'informer mais je suis vraiment pas convaincu d'avoir besoin de parler de polyamour à mes parents pour me sentir entier ou avoir une liaison qui reste forte avec eux en tout cas moi c'est pas mon désir parce que Je vais au Maroc deux semaines par an. Ce n'est pas ton cercle proche ? Ce n'est pas mon cercle proche, je n'ai pas l'impression de leur cacher quelque chose. Et d'autant plus que j'ai un copain avec qui je suis heureux d'aller au Maroc. Peut-être que demain, si je suis en polyamour ou en troupe ou je ne sais quoi, la question se reposera peut-être. Sur tes parents, c'est plus le côté les confronter sur l'oncle et sur tous les trucs que tu veux. Et après, c'est les potes, le polyamour. Moi, je ne mélangeais pas les deux. Mais à chaque fois, c'est le même sujet de créer un entourage où tu n'avales plus la toxicité. Oui, tout à fait. Et possiblement, du coup, tu coupes des ponts. Oui, oui. Mais ça, ça se travaille. Parce que justement, ce que je te disais au tout début du premier épisode, j'ai besoin de sentir la légitimité. Quelqu'un qui me dit c'est l'ego, mais c'est pour l'ego. Il y a deux ans, j'aurais dit, ah ouais, tu crois ? J'aurais pris le truc comme une vérité. Parce que c'était tellement pas stable dans ma tête, pas clair, que oui, c'est l'ego. Tu me proposes une réponse, je la prends en direct parce que t'as plus raison que moi. Parce que moi, ce que je fais, c'est de la merde, tu vois ? Ouais, ok. Alors que là, ça t'a fait quoi quand il t'a dit c'est l'ego ? J'étais hyper sûr de moi en disant, déjà pour moi c'est pas l'ego, parce que l'ego c'est un peu une notion pour moi, je pense pas que ça soit uniquement pour me valoriser et booster mon estime de moi, je crois pas du tout. Et donc, je dis non, ce n'est pas l'égo, c'est juste que ça me fait plaisir. Et ça me fait du bien de rencontrer d'autres personnes. Pour moi, ce qui est le plus important, parce qu'en vrai, moi, j'ai l'impression que c'est pour mon égo que je suis en couple ouvert. Donc, je suis plutôt d'accord avec ton pote. On s'en tape. Pour moi, c'est moins le fond que de te sentir en sécurité. Après, les gens, j'ai envie qu'ils puissent me dire ce qu'ils veulent. Et j'ai envie de sentir que quand ils disent « Ah, mais c'est peut-être pour ton égo », que c'est un pote à qui je me sens en confiance c'est plus ça dont moi je parlais c'était pas tellement genre putain faut que les gens autour un cercle de sécurité c'est des gens qui sont parfaits qui disent tout toujours très bien tu vois mais il y a plusieurs manières de dire les choses c'est ça et c'est le sous-entendu un peu piquant qui est là putain je suis en train je suis dans le grand bain en train d'apprendre à nager et le gars il me balance une bouée sur la tête et tout ça me fout pas une mandale je galère déjà mais souvent en fait créer le cercle de sécurité nécessite un coming out un parler c'est seulement quand j'ai dit à mes potes Ah là, putain, tu poses direct la question de l'ego et tout. En vrai, je me sens tellement vulnérable dans cette démarche que genre, moi, ça me va si on en parle, mais j'ai besoin que tu prennes soin de moi. C'est là où, en fait, tu vois ton cercle de sécurité, parce que j'imagine qu'il y a plein de tes potes qui vont faire « Ah, mais bien sûr ! » Enfin, « Ah non, excuse-moi, je voulais pas le formuler comme ça. » Mais il faut que nous, on soit quand même, tu vois, dans une approche qu'on parle, quoi, qu'on dise ? Quand on n'est pas content de la manière dont sont dites les choses et que ça soit un peu mieux amené. On peut discuter. J'adore discuter avec mes amis. Cet ami-là, je l'aime beaucoup par ailleurs. Je pense qu'il a été maladroit. Ah ouais, donc tu fais ça pour l'ego ? Avec un ton un peu comme ça, tu sens qu'il y a un jugement derrière. En fait, c'est clarifier, c'est prendre une décision sur mon cheminement et expliciter ce qui est en train de se passer avec ce pote ou avec moi, mes parents, de dire « je suis désolé de te voir triste ». Mais ce n'est pas gratuit là, ce que j'essaie de faire. Je n'essaie pas de te faire du mal. Et en fait, j'ai besoin moi de nettoyer ce passé pour avancer dans le futur. Et donc la raison pour laquelle là, je te parle, c'est parce que c'est important pour moi. Tu vois ? C'est ça que je voulais dire, quoi. On passe à la partie 3 ? Très bien. Si ça te va ? Ça me va. À moins que tu voulais urgentement rajouter une petite… Enfin, terminer une petite bafouille. Non, ça va. C'est… J'ai dit beaucoup de choses. Tu as de quoi dire une troisième… T'es pas obligé, hein ? On n'est pas obligé de faire une troisième partie. T'as envie ? Ouais, je pense. Enfin… Ouais, je pense qu'il y a de la matière, encore. D'accord.

Rédigé avec l’aide de l’IA. Tu vois une erreur ? Contacte-nous