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Est-ce que ça va qu'on se lance ? Allez. Roméo, bienvenue chez moi. Merci.
Tes premiers mots pour proposer ton témoignage, c'était « Je suis un mec trans, pédé et ma vie intime et sexuelle a connu pas mal de rebondissements ». Et parmi ces rebondissements, on va parler de l'amour à distance. Tu es en couple avec un homme cis très joli depuis un an et demi, vous êtes super amoureux, ça se passe très bien. Tu vas raconter comment cette histoire d'amour inspire ta vie et comment vous gérez votre relation ouverte et à distance ?
On va aussi parler de ton rapport à ton corps, la pression pour avoir l'air assez gay, assez mascu, assez musclé, tout pour être validé sur Grindr par des gays qui souvent n'imaginent pas pouvoir désirer un homme trans quand ils ne sont pas juste bêtement homophobes, transphobes.
Ma langue a fourché. Tu vas aussi nous raconter le déclic à 23 ans et comment ta vie sexuelle explose presque d'un coup. Tes multiples plans cul qui s'enchaînent comme pour rattraper le temps perdu. Des plans d'ailleurs plus ou moins réussis. Tes expériences BDSM. Toi, l'actif Domi, tu vas nous raconter. Et pour commencer, je te propose de tirer ta première question au hasard. En choisissant un chiffre entre 3 et 114.
77. Le plus beau compliment qu'on t'a fait sur ton corps ? Ah, c'est marrant ! Tu crois à la magie, à l'invisible et tout ? Ouais, absolument. Parce que là, c'est dans le mille, non ? Ouais, ça peut. Ouais, le plus beau compliment qu'on m'a fait sur mon corps ?
Je pense que c'est la façon de faire le compliment aussi. On m'a déjà dit que j'étais vraiment absolutely gorgeous et que j'avais un corps magnifique. Et c'est juste quand tu vois dans les yeux de la personne qu'il est subjugué et que tu y crois. Alors je pense que c'est ça qui est vraiment beau. Tu peux me ramener à la dernière fois où tu as vu…
Ce désir pour toi, ton corps ou ton être, dans le regard de la personne avec qui tu étais intime ? La dernière fois, je pense que c'est mon chéri, mon amoureux. Souvent quand même. Ça se voit dans ses yeux qu'il y a beaucoup d'amour et du désir et qu'il me voit beau. Ouais.
Ça t'émeut ? Bah ouais forcément un peu, je pense que c'est un sentiment auquel on s'habitue, on ne devrait peut-être pas mais ça fait du bien et je pense que ça fait aussi du bien de s'y habituer et que ça ne devienne pas exceptionnel qu'on nous désire et qu'on nous trouve beau, que ça puisse quand même faire partie du quotidien.
C'est marrant parce que moi, je ne m'y habitue pas du tout. Ça veut dire quoi ? Parce que là, j'ai couché il y a deux jours avec un mec qui était vraiment fan de moi. Il était tellement content d'être là et je le sentais tellement puissamment excité et tout. C'était une expérience incroyable. C'était trop beau. Ça m'arrive régulièrement et à chaque fois, non, moi, je ne m'y habitue pas. Toi, tu veux dire quoi par je m'y habitue petit à petit ?
Je pense que quand c'est des mecs que je rencontre une fois comme ça, je suis toujours peut-être un peu surpris. Mais quand c'est mon chéri, ça fait un an et demi qu'on est ensemble, je pense qu'au début, j'étais vraiment aussi surpris. J'ai pris du temps à me dire « waouh, il est vraiment à fond ».
Mais en fait, je le connais, notre amour. Du coup, je pense que je m'habitue dans le sens où j'ai vraiment confiance et je ne doute plus vraiment de son désir et de son amour. Dans cette dernière fois où tu voyais dans ses yeux la puissance de son désir, tu as l'impression qu'elle était projetée à un endroit particulier de ton corps ?
non pas particulièrement je pense en tout cas dans cette relation on a une relation quand même vraiment assez complète quoi où il y a beaucoup d'amour il y a aussi je sais pas je trouve qu'on partage aussi même un peu une spiritualité ce que tu disais ce truc de croire en l'invisible etc et du coup je sais pas j'ai l'impression qu'on se voit quand même vraiment profondément du coup c'est un peu englobant comme ça ce qui est vraiment tout aussi beau je trouve ouais
Si tu devais me me ramener à un moment où ton rapport au corps, à ton
tu m'amènerais à quel moment, à quelle anecdote ? il y en a beaucoup pour le coup mais il y a longtemps je pense avant que je commence les hormones déjà mon rapport au corps était plus compliqué moi personnellement j'aimais bien mon corps mais je supportais pas la manière dont les gens le voyaient et ce que ça voulait dire pour eux ça voulait dire quoi pour eux ?
Que j'étais une meuf, que c'était un corps de meuf et que c'était aussi simple que ça. Et moi, j'étais en mode, en vrai, je déteste pas du tout mon corps. Je suis pas dans une dysphorie de genre, comment ça s'appelle, quoi. C'est-à-dire que je ressentais pas vraiment de mal-être intérieur parce que je détestais mon corps. Mais voilà, dans le regard des autres, c'était un corps de meuf et ça, ça m'était assez insupportable.
Du coup forcément à ce moment là c'était compliqué et oui il y avait des parties de moi que j'aimais moins et quand j'ai commencé les hormones j'ai eu beaucoup d'euphorie en fait je m'attendais pas à que ça me fasse autant de bien je me suis dit putain j'aurais dû commencer plus tôt parce que je me suis beaucoup dit ah j'en ai pas besoin pour être trans et en fait…
Clairement, j'en avais besoin. Je pense qu'en tout cas, ça m'a libéré d'un truc énorme. Parce que tu as vu ton corps se modifier ? Oui, j'ai vu mon corps se modifier de manière que j'aimais beaucoup. Tu veux me le décrire ? Oui, les premiers effets. Le tout premier effet dans les quelques jours après ta première piqûre de testostérone…
C'est que ton clito grossit. Donc ça vraiment, c'est un des premiers trucs. Et après, c'est vraiment une nouvelle puberté. Donc tu transpires plus, tu peux commencer à avoir des boutons. Ça, c'est pour les parties pas ouf, mais tu mus. La répartition des graisses change, tu prends plus de muscles, ta mâchoire devient plus carrée.
Tu commences à avoir de la pilosité qui se développe, ce genre de choses. Et du coup, tu vois un impact à l'endroit de ta santé mentale dans ton rapport au corps ?
Et est-ce qu'il y a aussi d'impact sur d'autres aspects de ta vie ?
Et en même temps, moi, je me suis retrouvé avec une libido beaucoup plus intense qu'avant. Et en plus, un rapport à mon corps qui était plus apaisé parce que je commençais enfin à me trouver… Enfin, je ne m'étais vraiment jamais senti sexy, je pense, attirant avant la testo. Je ne me sentais pas moche et tout, mais je n'étais pas du tout dans des rapports de séduction en confiance comme ça a pu me…
ça m'a vraiment apporté ça du coup au moment où j'ai commencé la testo j'ai fait plein d'expériences sexuelles assez libératrices ça rapporte vraiment un nouveau un nouveau rapport à ton corps et puis en fait t'as une libido qui est vraiment plus haute et du coup t'es en mode il faut que je trouve des moyens d'y faire face d'avoir du cul juste pour pas vriller enfin
Ouais, ça devient genre un besoin. Ouais, ça devenait un besoin. Tu commences à quel âge, la testo ? Je commence… Alors là, ça va faire 6 ans. Bah, 20 ans. T'as 26, tu commences à 20. Ouais. Et tu dis, le moment où je prends de la testo, je me mets à faire plus d'expériences sexuelles. Ouais. Tu veux me donner un exemple ? Ouais, bah, je suis allé à ma première sex-party, par exemple. Donc ça, c'était à l'époque…
Je ne sortais pas trop avec des mecs gays encore à ce moment-là parce que je pense que tout simplement, je n'étais pas attirant pour des mecs gays car je ne ressemblais pas exactement à un mec gay. Est-ce que tu veux être plus précis sur ce que ton corps racontait ?
Du coup, je pense que quand tu commences la thé, soit tu ressembles à un mec de 14 ans, soit tu ressembles à quelqu'un de queer et d'androgyne qui n'est pas extrêmement définissable. Toujours, je pense qu'il y a plein de gens, les gens qui ont l'habitude des communautés queer savent très bien que je suis un mec trans. Les gens qui n'ont aucune idée doivent se poser un peu la question et certains doivent me prendre pour une lesbienne ou d'autres pour un ado ou d'autres…
c'est assez difficile à dire je pense que quand j'ai commencé l'athée tout de suite t'as l'impression que les gens te regardent parce qu'ils savent pas exactement où te mettre donc t'as une petite période d'entre deux comme ça qui est un peu floue et moi ce qui s'est passé c'est que vraiment je suis allé dans ces communautés-là les communautés trans trans même lesbiennes queers
Ou ça posait pas vraiment de questions. Donc par exemple, à ce moment-là, j'ai la première sex-party dans un bar qui s'appelle La Mutinerie, qui est assez connu à Paris. Donc toi, t'es parisien ? Ouais, je suis parisien. Tout ça se déroule à Paris ? Ouais, j'ai grandi en banlieue. Et du coup, je pense que j'ai fait mon coming-out intérieur à 17 ans, allez !
16-17 ans et j'ai commencé les hormones à 20 ans et j'habitais encore chez mes parents à l'époque je suis parti juste après donc la testostérone tu me disais je traînais pas trop avec d'autres gays et si j'ai bien entendu la testostérone te donne l'élan d'aller faire des expériences mais plutôt dans des milieux queer, trans, lesbien c'est ça ? parce que dans le milieu gay c'est des mauvais moments genre on te regarde
mal, tu te sens pas bien t'es juste pas encore là quoi j'avais pas trop d'amis gays enfin gay cis tu vois à cette époque donc en fait j'ai pas intégré enfin ça c'est venu après quoi mais à ce moment là c'était pas forcément les milieux dans lesquels j'étais quoi tout simplement aussi ma soeur jumelle est lesbienne
Et du coup, je sais pas, on avait un peu les mêmes potes et tout, donc on était plus… Ah ouais, ça aide, non ? Elle t'a ouvert des portes entre vous. Entre nous, on s'est beaucoup épaulés, c'est sûr. On fait un point mot en imaginant qu'il y a des gens qui écoutent et qui savent pas faire la différence entre un homme gay, un homme trans et un homme pédé.
Est-ce que, je ne crois pas que tu es chercheur ou professeur, tu vas donner les définitions de ton cœur, du coup tu n'es pas tenu d'avoir la vérité, mais toi, ces trois différents mots qu'on va utiliser tout au long de notre échange, ils racontent quoi pour toi, brièvement ?
Un mec trans, c'est un mec qui a été assigné femme à la naissance et qui a fait une transition de genre pour être un mec socialement, intimement, etc. Après la transition, ça peut être social, médical, l'un, l'autre, les deux, rien n'est…
Tu fais référence à la testostérone, les injections de testostérone que tu peux faire ou pas. C'est ça que tu voulais dire ?
Se couper les cheveux, s'habiller différemment ou voilà comme moi je l'ai fait faire une transition également médicale et ce qui fait qu'aujourd'hui il n'y a vraiment plus aucun doute jamais sur le fait que je suis un mec et reconnu en tant que tel quoi. T'es à l'aise de mettre ce que ça veut dire transition médicale pour toi ?
ce que moi j'ai fait dans mon parcours bah moi du coup j'ai commencé les hormones il y a à peu près 6 ans donc c'est les injections de testostérone que je faisais avant toutes les 3 semaines maintenant il y a des nouveaux produits qui fait qu'on peut les faire que tous les 3 mois donc c'est cool et je me suis fait opérer il y a 3 ans d'une mammectomie donc c'est me faire retirer la poitrine quoi pour avoir un torse plat voilà donc ça c'est homme trans ouais homme gay bah un mec qui aime les mecs quoi
Pour moi, oui, un homme gay. Donc t'es un homme gay ? Ouais. Habitat, il nous faut rajouter six genres. C'est quoi un homme six genres ? Du coup, six genres, c'est qu'il n'est pas trans, donc c'est qu'il a été assigné homme à la naissance et se reconnaît en tant qu'homme. Moi, je suis un homme gay six genres. Toi, t'es un homme gay trans. Et être pédé, pour toi, ça veut dire quoi ? Alors, t'es tombé dans mon piège ?
Normalement, tu me répondais, non, Guillaume, je ne suis pas un homme gay, trans. Je suis pédé. Tu es d'accord ? Évidemment que je suis pédé. Après, je me reconnais aussi en tant que gay. Je n'aurais pas envie de dire non, je ne suis pas gay parce que quand même, je pense que j'ai le droit de me dire gay. Alors raconte-moi les nuances. Et j'ai envie là, parce que je sens qu'on va perdre des gens. J'ai une petite frange là qui va arrêter d'écouter dans pas longtemps en disant ouais…
tous ces mots et tout c'est trop compliqué moi j'ai envie qu'on leur dise avant que tu du coup pourquoi c'est intéressant de mettre des mots tu veux t'essayer toi ou tu veux que moi j'essaye pour moi c'est très important ce qu'on se dit là sinon moi je veux bien t'as pas l'air très inspiré les mots je pense ils veulent dire des choses différentes pour chacun je pense c'est important d'avoir des mots pour se définir soi-même et savoir un peu de quoi on parle après
Bien sûr. Les mots, c'est les portes vers mille univers, mille horizons, mille voyages. Les mots, c'est les roues sur le vélo pour qu'on parte. Je te promets, bien entendu. Et en fait, dans le chemin d'intime, le premier fucking pas, c'est de mettre des mots sur ses désirs, sur ses tabous, sur ses obstacles, sur ses peurs. C'est même pas d'avoir de solution ou quoi que ce soit, c'est d'oser se
oser se dire, tu vois. C'est du coming out permanent à plein d'étages, tu vois. Et t'as parlé du tien, j'ai souvent parlé du mien et tout, mais… Et donc, je suis toujours un peu abasourdi par les gens qui disent « Ouais, la soupe, LGBTQ… » Mais en fait, on n'a jamais eu de mots, on nous les a enlevés ou interdits,
Et donc là, on est dans un moment où en fait, on met en mots toutes les nuances, toute la richesse, toute la créativité. Je suis désolé, je ne suis pas passionné de littérature anglaise, mais quand tu creuses des domaines d'expertise, il y a mille et un mots. Alors si, le fromage des Français ?
Non mais il y a combien de mots pour décrire un fromage ? Moi là il n'y a pas longtemps j'étais, je suis chaud bouillant mais je vais bientôt arrêter, j'étais en Touraine où j'ai de la famille, on est allé acheter du fromage de chèvre romain, Roméo.
Bon, mais il y en avait 53 sortes avec des noms différents. Et je n'étais pas allé à dire, ouais, ce n'est pas très compliqué. En fait, ils ont des formes, ils ont des goûts, ils ont des maturités différentes. C'est trop bien, du coup. Et je peux te dire que mon neveu, il sait exactement sur les 53, laquelle il veut, tu vois. Et il est bien content d'avoir un mot pour dire, moi, je veux celui-là. Fin de la parenthèse sur l'importance des mots et de cette richesse. Donc, là, tu étais en train de dire…
PD ? Oui, t'étais en train de dire, moi je suis et gay et PD. Est-ce que tu veux dire ce que ça veut dire pour toi ? Pour moi, c'est sûr que PD, c'est un mot qui a beaucoup plus de sens que gay, quoi. Parce que c'est… Je sais pas, c'est une identité politique aussi. C'est tout ce truc de réappropriation du stigmate, que c'était une insulte dont on fait une fierté. Pour moi, PD, ça apporte un sens plus politique que gay. Ça veut pas juste dire j'aime les hommes, je couche avec des hommes. Ça veut dire…
C'est la façon dont je vis ma vie, dont je vois le monde. Moi, j'ai l'impression d'être entourée de pédés autour de moi qui ont choisi de faire famille entre pédés, de s'habiller de manière que ça se voit, que ça ne se rapporte pas du tout qu'à nos attirances, en fait. C'est renverser l'insulte. Et à la base, l'insulte dans laquelle beaucoup d'entre nous sont nés, en tout cas se développent, c'est de la renverser, de dire…
Voilà ce que j'y mets dedans et voilà comment je renverse aussi les règles du jeu et les normes, les automatismes que nos sociétés nous proposent. Soit t'es en couple, soit tu ne l'es pas, soit t'as une famille avec des enfants hétéros, soit tu… etc. En quoi t'es aussi un homme gay ? J'aime les mecs et je suis un mec, tu vois, mais pour moi ça s'arrête là, c'est ça ?
Super. Petit point de vocabulaire, on est bien ? Ouais, je pense. Je pense qu'on est bien. J'essaie de rafistoler mes fils, là. On était partis sur ton rapport au corps. On rentrait par cette porte-là dans ton chemin. Tu m'as parlé d'une fête
Post-op, post-opé, c'est moi qui les réduis. Quand je prends mes notes, parfois je coupe les mots. Ton mot exact, c'était fait post-opératoire ou fait post-op ? Je ne sais plus, je pense que je disais, c'est un peu pour parler d'une période comme ça, où après que je me sois fait opérer, donc enlever la poitrine. Pour moi, c'était une période très importante. Je me suis séparé de ma copine trois semaines avant mon opé.
Et le fait que j'aimais les mecs, c'était aussi un grand sujet de séparation. Dans le sens où on était en mode « tu vas me quitter parce que t'es gay ». Et c'était très triste et je l'aimais beaucoup. Mais c'est sûr que ça m'a libéré un horizon comme ça qui m'a fait vraiment du bien. Et donc je me suis fait opérer.
et je pense que je t'avais dit à cette période là c'était la fête parce que j'avais effectivement encore une confiance en moi qui était décuplée j'avais déjà eu des expériences avec des pédés cis du coup pendant que j'étais avec cette fille on était en relation polyamoureuse ouverte tout ça mais effectivement le fait d'avoir une poitrine avec des mecs qui n'en avaient pas enfin avec des mecs cis
Il y avait un petit endroit de moi qui n'était pas encore très à l'aise. Ça ne m'empêchait pas de le faire, mais je savais que je serais mieux dans mon corps et mieux avec ces mecs-là une fois que j'en aurais plus. Quand tu dis qu'il y avait un endroit en moi qui n'était pas à l'aise, c'est parce que l'autre…
En te déshabillant, tu voyais son visage qui faisait des expressions. Comment est-ce que l'autre, ton partenaire, te faisait ressentir ? Pas forcément, non. Mais je pense, en fait, souvent, nous les mecs trans, j'ai envie de dire, les blocages qu'on a, ils viennent que de nous. Ça, c'est un truc…
que je voulais dire aussi quand on se dit ah on est différent peut-être que je serais pas aussi bien intégré à la communauté gay je pense que c'est vraiment que des blocages personnels parce que si tu te dis en fait je suis exactement comme eux comme nous enfin je sais pas si t'as écouté beaucoup d'épisodes mais si t'as écouté beaucoup d'épisodes tu t'apprêtes à te faire gronder et tu le sais le sais-tu
Non. Le « nous », généralisant « nous tous les hommes trans du monde », pourquoi ça fait sens pour toi, là, l'usage du « nous » ? Parce qu'en fait, t'en sais rien, le cheminement des… Pour moi, le « nous », là, c'était même « nous les hommes gays ». Justement, c'était de dire, y'a pas genre les hommes trans et les hommes gays, mais… Enfin, quand je disais, voilà, « nous les mecs trans gays »,
on est comme les mecs trans 6 comme les mecs gay 6 nos complexes viennent de nous pourquoi le nous t'es important là ? pourquoi tu dis pas je ? je sais pas trop je pense que c'est juste des trucs que j'entends régulièrement parce que moi je peux te dire que je ne m'inclus pas dans ton nous le nombre de réflexions sur mon physique que j'ai
qui se transforment en complexe. En tout cas, je dois me battre pour pas… Maintenant que j'ai ma tête sur Instagram, on me dit que j'aurais fait du Botox parce que j'ai des rides. Sur Grindr, on me dit en fait, t'es pas trop mal mais franchement, la calvitie, c'est dégueulasse. J'ai pas du tout… Je vois bien que le regard de l'autre a un poids gigantesque après la pente d'en faire un complexe. Je suis d'accord qu'il y a d'autres ingrédients qui se font. Toi, ce que tu voulais dire, c'est que t'as vraiment…
Pas vécu dans ton chemin d'intime, d'agression qui t'ont heurté à l'endroit de complexe ou de physique, c'est ça ? Ça venait de toi ?
Oui, en gros, en tout cas, ce qu'on racontait là, donc avant mon opération, les mecs gays, si vous savez qui, j'ai couché pendant que j'avais encore des seins, quoi, m'ont pas fait ressentir, ah, c'est dégueulasse ou c'est chelou. Mais je pense que moi, personnellement, ça venait de moi de me dire, en fait, je suis moins à l'aise avec parce que je sais que les mecs gays, plutôt, couchent entre eux sans avoir ça, que peut-être c'est pas habituel, peut-être
que c'est pas désirable etc et donc à cet endroit là ça venait vraiment plus de moi et c'est ça que je veux dire que après voilà ne plus en avoir ça m'a libéré de juste cette petite voix dans ma tête qui me disait ça se trouve il bande pas parce que mes seins ça le dégue ça se trouve et à ces moments là il y avait des choses qui t'aidaient
— Justement, dans ton chemin d'intime, est-ce que tu… Et je pense, tu vois, à tous les gars trans qui nous écoutent et que ça peut inspirer, tu vois, non pas que t'aies des conseils à donner, mais toi, dans ton chemin, est-ce que t'étais plutôt du style à le dire ?
directement sur Grindr moi ça c'est ma technique moi en gros si je t'envoie mes photos elles sont pas mal mais franchement je suis pas sous mon meilleur jour tu verras ma calvitie comme ça je suis là ou je sais pas les autres trucs que les gens aiment pas je rentre moi Guillaume pas dans certains codes et du coup moi je t'envoie des photos où j'écris
les trucs dans lesquels j'entends pas comme ça en fait j'ai flemme ça si tu continues l'échange c'est que t'as bien compris que j'avais trois poils sur le caillou et que j'étais trop beau pour autant toi c'était quoi est-ce que t'avais des petites stratégies comme ça ? sur Grindr ouais j'avais des photos torse nu où on voyait mes seins après j'avais vraiment une petite poitrine et c'était pas
franchement c'était moi je trouvais ça très masculin en vrai dans la façon dont les photos paraissaient tu vois juste voilà c'était montrer que c'était là encore quoi et après franchement le conseil c'est juste être avec des gens gentils je sais pas j'étais avec des gens qui étaient vraiment très plutôt sensibles j'ai pas eu de de problèmes si les gens ils sont agressifs ou qu'ils disent c'est dégueulasse bah tu vas pas aller coucher avec je sais pas mais ouais
Je vois des gens… J'ai couché avec un mec avant-hier. Je crois que j'ai déjà dit avant-hier. Donc, c'est pas avant-hier, c'est un autre… Parce que c'est un autre gars, quoi. Qui, en fait, a la stratégie contraire. Quand je l'ai vu, il était très joli, c'était très cool et tout. Mais après, je lui ai parlé. Je lui ai dit, mais gars, en fait…
tes photos et ton profil ne représentent pas du tout qui tu es je l'ai pas dit aussi brutalement que ça mais il m'a dit bah grave ouais et je lui ai dit mais tu sais pourquoi parce qu'en gros il donne une impression d'homme top musclé alors qu'en fait le gars dans sa vérité il est souriant rond de toutes les belles manières tu vois il est rond dans son sourire dans sa personnalité dans sa façon de prendre soin et puis il a des formes et tout et j'étais là mais t'es canon
Et tu sais, il prend des photos allongées, comme ça, tu sais, le bidon, il rentre. J'étais là, mais… Et etc., etc. Mais du coup, toi, tu… Stratégie, c'est que tu prenais ces… Enfin, tu disais les choses. Et t'avais dans ces… À l'époque, est-ce que t'as vu une différence entre… À l'époque, en…
avant l'opération et après l'opération, du pourcentage de transphobie et ou de rejet que tu reçois ? Est-ce que tu as l'impression que ça se modifie ? Je ne sais pas trop. Franchement, je ne dirais pas oui ou non de manière claire. C'est toujours un peu aléatoire sur Grindr de toute façon. Et après, ça dépend aussi à combien de temps tu traînes sur l'appli aussi. Ça veut dire quoi ?
Il y a des périodes où j'étais beaucoup dessus et des périodes pas du tout. Et du coup, peut-être les périodes où j'étais plus à l'aise dans mon corps, j'y étais moins. Parce que j'avais aussi d'autres manières de rencontrer des gens. Et du coup, je ne pourrais pas être certain des retours que j'avais. Et en général, toi, dans ton expérience, dans ton souvenir ?
Sur une semaine de Grindr, c'est quoi le pourcentage des interactions de gens qui te rejettent et c'est clair qu'ils te rejettent parce que t'es un homme trans ?
En fait, j'ai jamais vraiment eu de rejet vraiment violent. Juste, il y a des mecs que je trouvais très beaux, qui étaient en mode « Ah bah, je suis pas intéressé, désolé ». Il y a des mecs qui étaient en mode « Envoie une photo de ta bitch », j'étais en mode « J'en ai pas ». Ils étaient en mode « Bon, envoie une photo de ta chatte ». Enfin, tu vois, il y avait des trucs un peu clairs comme ça, qui n'étaient pas forcément négatifs. Après, oui, il y avait des gens qui étaient en mode… Après, c'était plus aussi peut-être un peu de fétigisation, en mode « Ah ouais, t'es trans, ah ouais, montre, ah ouais ».
Des trucs comme ça. Le rejet, pour moi, ça peut être violent dans le sens où c'est très direct. Je suis très bien avec moi-même, donc je ne me sens pas ébranlé dans ma masculinité sexuelle.
qu'on me dise bah non je peux intéresser parce que t'as pas de bite tu vois mais je l'ai pas ressenti comme des gens qui voulaient faire du mal quoi ou qui voulaient m'attaquer à cet endroit là ouais
Je suis très fier de moi. Faut se dire, faut s'auto-complimenter. Parce que je me souviens, le fil qu'on tirait, on était… Tu sors de ton opération et là, il y a un moment de fête. Tu fais plein d'expériences et je te demandais, est-ce que tu peux me ramener à une expérience ? Et tu me disais, je suis allé à ma première sex-party.
ça c'était quand j'ai commencé la testo donc c'était pas après mon OP parce que du coup quand j'ai commencé la testo j'ai eu un peu une sexualité accrue mais plutôt dans le milieu queer et dès que j'ai fait mon OP donc là on est 3 ans plus tard là j'étais que dans une sexualité gay quoi
Ah, c'est très intéressant. Tu m'amènes dans ta sex-party testo-queer ? Oui, si tu veux. Du coup, ce n'était pas encore des milieux gays, mais franchement, c'était super. On est dans un appartement ? Non, c'est dans le bar de la mutinerie. Merci. On est combien ? Je pense que dans le bar, qui n'est pas très grand, il devait y avoir 150 personnes peut-être.
Donc il y a le bar qui est ouvert, on peut commander à boire, il y a une petite piste de danse, il y a plein de petites niches comme ça, il y a une cage, il y a des rideaux, voilà et moi j'ai eu des interactions je pense avec trois personnes cette nuit-là, il y avait une meuf avec qui…
On s'était déjà dragué, mais c'était un peu fini. Du coup, j'étais un peu mal à l'aise de l'avoir là. Il y avait… Avec qui t'as fait une interaction ? Ouais, ensuite, ouais. Donc, il y avait le premier… J'ai couché avec un mec, un mec trans qui était là, qui était super beau. C'était vraiment super. Et après, avec une autre meuf, c'était sur le billard de la mute. Donc, c'est vraiment… C'était assez rigolo.
et donc j'étais avec cette autre meuf et là je vois la fille avec qui j'avais déjà eu des trucs qui ouvre le rideau devant nous j'étais en mode merde c'est trop gênant et en fait qui nous rejoint parce qu'elle avait déjà reçu un truc avec l'autre meuf et du coup on a fait un plan à trois dans cette sex-party jusqu'à ce qu'on nous vire du bar car il était trop tard j'ai un petit premier point moi aussi je suis proprio ou la proprio de la mutinerie mon billard
C'est fragile, quoi. J'ai pas envie que les gens baisent sur mon billard. Ouais, c'était recouvert. Je pense qu'il y avait un truc plastique noir, un peu. En fait, je crois savoir pourquoi je suis très spécifique. J'ai déjà été engueulé par mes parents pour avoir abîmé une table de billard. Tu sais, le tissu qui recouvre est en fait assez fragile. C'est vrai. Et je pense l'avoir déchiré enfant et que ça m'a traumate. Ok ?
Je pense que le bien de la mute en a vu beaucoup et n'était déjà pas en très bon état, mais il était protégé, si ça peut te rassurer. Me voilà tout à fait rassuré. Quand tu dis j'ai kiffé et j'ai couché, il s'est passé quoi ? À ce moment-là, tes pratiques sexuelles, tes kiffs, c'est quoi ? Et le sous-texte de ma question, c'est qu'après, je vais te demander si tu les as vus évoluer au fil du temps.
Ouais, bien sûr que ça a évolué. Bah, à cette époque-là, je sais pas comment décrire du sexe… Avec des mots ? Avec, ouais, ouais. Est-ce que t'embrasses ? Tu veux que je t'aide ? Ouais, bien sûr. Donc, ouais, bah, on s'embrasse, on se touche, on se frotte, on se doite, on se lèche, enfin…
Je pense que c'était en tout cas des gens qui… Voilà, c'était pas juste à… On se suce dans un coin, mais des interactions assez longues, quoi. Je pense qu'on a dû se faire jouir. Ouais. On se doit où ?
Comment ça ? Ouais, non, plutôt dans la chatte, du coup, ouais. Comment tu… Justement, parce que moi, en tant qu'homme gay cis, mais je pense qu'après, on en parle avant, mais il y a quand même un enjeu sur les organes génitaux d'une personne trans, de soins, tu vois, parce que chacun a son rapport avec ses organes génitaux, qu'il y a certaines personnes… Je crois, même toi, dans la préparation de l'entretien, tu m'as dit, je suis pas forcément à l'aise
de parler de génitalité trop. Tu te rappelles ? C'est marrant parce que du coup, on en parle pas mal, là. Ouais, moi, je pense que c'est pas que je suis pas à l'aise avec… Enfin, je suis très à l'aise avec mes organes. C'est juste, c'est un peu les mots, parfois, genre le mot chatte, ça me dégoûte un peu. Et un peu chelou, mais… Je me l'étais noté et tu l'as dit trois fois. Tu sais pourquoi ? Comme on en parle, j'essaye, tu vois, de me dire…
C'est pas des queues, genre, pensantes, tu vois. Mais je sais pas, ça me fait un petit… Mais bon, comme il n'y a pas tellement d'autres mots, tu vois, je préfère pas vagin, je crois que c'est pire. Ok, c'est reconquête du mot. Tu penses à d'autres mots que chatte ? Autres que vagin ? Je sais pas, franchement, moi je dis par devant, par derrière, tu vois, ça me semble plus…
C'est joli. Je préfère. On peut rester là-dessus, par devant, par derrière. Dans ce rapport intime, comment tu sais…
Tu te souviens, si c'était une évidence de savoir si tu pouvais doiter ou lécher par devant ou par derrière ? Tu demandes, toi ? Non, on me demande tout le temps. Enfin, je pense qu'il y a quand même un peu de communication. C'est pas des rapports où on parle tout le temps, mais en fait, je sais pas, tu descends les mains, tu regardes, tu dis « je peux », la personne, elle hoche la tête, tu vois ?
On vérifie quand même le consentement. En fait, ça nous fait toujours bizarre de nous raconter parce qu'on est là, je ne sais pas Guillaume, c'est comme si je te disais comment tu manges et tu es là, je ne sais pas, je prends la fourchette. Mais au final, tu sais, pour plein de gens, ce n'est pas du tout des évidences, tu vois. La raison pour laquelle moi, j'ai envie qu'on mette en mots, c'est aussi parce que…
Vas-y, on dit les termes, mais en effet, c'est simple. Il y a eu d'autres expériences de cette période du tournant de la testostérone ? Il y en a une autre que tu veux raconter ? Franchement, il y en a eu plein, mais je pense que ce n'est pas le truc que j'ai… Aujourd'hui, ça me paraît vraiment loin. Du coup, ce n'est peut-être pas le truc que je veux raconter le plus. Je pense que cette expertise, c'était important pour moi parce que c'est un truc que je n'aurais vraiment pas osé faire avant.
Et du coup, je trouve ça chouette de le raconter parce que je sais que c'est la testo qui m'a permis d'aller vers ces désirs-là. Et que le fait que ça soit trop bien passé, que j'ai eu des expériences vraiment chouettes, que les deux personnes, je les ai revues après. Je pense que c'était cool. Mais maintenant, ça me paraît vraiment une autre vie.
Aujourd'hui, tu n'aurais pas trop envie de retraîner dans des soirées similaires ? Absolument pas, jamais. Pourquoi ? Ah ouais, ok, pourquoi ? Ah non, je n'y mettrais vraiment pas un pied. Ok. En fait, tout simplement, du coup, c'était des soirées en non-mixité, sans hommes cisgenres.
Moi, la majorité de ma sexualité aujourd'hui, elle se fait avec des hommes cisgenres gays. Donc, s'il n'y a pas de mecs gays, je ne suis pas… Déjà, ma sexualité va être assez limitée. Évidemment, il y a des personnes avec qui je serais attiré sexuellement dans ces soirées, notamment des mecs trans, notamment peut-être des meufs trans.
mais il y a aussi beaucoup de lesbiennes et je me sens à des milieux de ça et en fait si moi je vais aujourd'hui dans une soirée en non mixité sans homme cis ça me out en tant que trans parce que je ressemble à un homme cis du coup ça va dire à tout le monde regardez je suis trans et je suis pas à l'aise avec ça puis en fait c'est plus mon milieu quoi
Est-ce que tu peux continuer à m'expliquer ? Parce que je sens que je comprends pas tout. Je vais essayer de répéter et tu me dis si j'ai bien compris. Toi, ton émoi, ton élan, ta libido et ton désir à l'intérieur de ton petit cœur qui bat, ploum, ploum, ploum.
Il va à l'endroit de mecs trans, mais aussi de mecs cis. La seule chose qui les différencie, on a dit au début de l'épisode, c'est leur génitalité. Donc, dans ton cœur qui bat… Pas que, mais oui. Ouais, c'est un peu simplifié, mais du coup, tu sais qu'à ces soirs… Dis-moi si on s'arrête et que tu veux modifier des choses, mais dans ces soirées queer, du coup, il n'y a pas cet aspect qui t'excite. Ouais.
Donc ça, on est d'accord et j'ai bien compris. Donc tu vas vers des endroits qui t'excitent plus, c'est assez clair pour moi. En revanche, j'ai pas compris le côté…
ça me out, si j'y vais, ça me out et ça me gêne. En fait, du coup, moi, je ressemble à un mec, tu vois ? Enfin, je ressemble à un mec cis. Si j'entre dans un lieu où il y a écrit mec cis interdit, on va me dire « Ah, mais tu ressembles à un mec cis, du coup, je sais pas, montre-moi ta chatte pour prouver que t'es pas un mec cis, tu vois ? » Enfin, il y a un peu cet endroit… Enfin, là, je simplifie et tout ça, mais c'est comme le fait…
ça rejoint moi le fait que j'ai une grosse problème avec les espaces qu'on appelle flinta maintenant en fait pour moi les mecs gays font partie de la communauté queer et en fait quand on les exclut on n'exclut pas que les mecs gays on exclut aussi souvent les meufs trans en début de transition et les mecs trans qui ont fini leur transition si on peut l'avoir fini un jour dans le sens où tous les gens qui ressemblent un peu trop à des mecs
Et ça ne m'intéresse pas et ça me met mal à l'aise. Tu veux mettre des mots sur l'acronyme FLINTA ? FLINTA, je crois que ça veut dire Femme Lesbienne Inter Non Binaire Trans Asexuelle. En fait, ça veut dire exactement la même chose que sans Mexi, sauf que ça veut dire tout le monde sauf et pas…
C'est prendre tout le monde et pas enlever un. L'idée de la non-mixité, c'est de se regrouper dans un entre-nous dans lequel on est en sécurité, dans lequel on fait moins ou pas face à des agressions verbales ou physiques, c'est-à-dire de gens qui, par des questions malaisantes, par des regards ou par des absences de consentement, tout un…
En fait, il y a une culture que moi, je vis personnellement avec d'autres hommes gays. On a une culture, par exemple, autour du coming out. Je n'ai jamais des questions autour du coming out d'hommes gays qui soit ne savent pas ce que c'est, soit disent un truc où tu es là. Vas-y, il faut que je te resensibilise. Et il y a un peu cette lassitude de devoir éduquer l'autre ou de devoir payer le prix de l'inconfort. Et donc, il y a des soirées où on a envie d'être entre nous.
et de respirer un bon coup et de lâcher et donc c'est des soirées non mixitées ça veut dire qu'il y en a certaines personnes qui peuvent venir et d'autres pas et toi sur les soirées non mixitées et c'est ton ressenti toi du coup tu te sens moins à l'aise parce que comme tu présentes un corps d'homme ça met le doute ou en tout cas tu te sens moins à ton aise c'est ça ? Ouais, puis en vrai ça m'intéresse pas si je peux pas venir avec mes copines pédales tu vois c'est aussi ça enfin…
Alors non. Roméo, c'est interdit d'utiliser un nouveau terme qu'on n'a pas défini. Je te taquine. Aidez. Je te taquine de ouf. Ok. Du coup…
Aujourd'hui, tu fais des sex-parties ? Ouais, je trouve ça plus compliqué de trouver des espaces justement avec des mixités où je me sens à l'aise, en vrai. À Paris, il y en avait eu, voilà, de sex-parties queer, donc qui regroupent vraiment…
Mais du coup, pareil, il y avait des lesbiennes, des mecs gays, beaucoup de personnes bi, beaucoup de personnes trans, etc. Dans ce cas, je suis toujours content de refaire l'expérience.
Mais bon, après, je pense qu'en fait, sexpartie dans le milieu gay, ça veut dire partouze, quoi. Enfin, je pense que c'est pas souvent organisé comme j'ai pu le voir dans les espaces queer. Enfin, je pense qu'il y a des partouzes avec des cadres très précis où on prend soin et tout, mais en tout cas, comme événement public…
Où tu payes l'entrée et où ça a été bien fait et où il y a un bar et où il y a des moments de brise-glace aussi, des trucs comme ça. J'ai moins vu ça dans le milieu gay. C'est vachement intéressant. Et du coup, tu as moins vu ça et donc tu es moins à l'aise dans les partouzes plus abattage ? Je n'ai pas trop fait ça. Tu n'as pas fait trop ça ?
Tu n'as pas l'impression que là, on parle d'une réalité très parisienne ? Oui, sûrement. Mais ce n'est pas inintéressant parce que, du coup, toi, tu as eu quand même… Est-ce que tu es d'accord, dis-moi si j'ai bien entendu, que dans ton chemin d'intime d'épanouissement, la communauté t'a énormément aidé, c'est-à-dire assez rapidement ? Oui, sans aucun doute. Et cette communauté queer, c'est-à-dire de personnes non-binaires, trans, qui…
À la fois, j'ai l'impression que nos corps évoluent ensemble ou bien tu vas pouvoir peut-être m'aider à me dire comment mon corps, tous les possibles de mon corps ou m'aider par rapport à mon rapport à mon corps et à mes blocages parce que tu les vis aussi. La communauté s'est formée aussi autour de ça et se retrouve dans cette sex-party queer où en fait, on ne veut pas de mecs cis.
Je ne sais pas si j'ai suivi la dernière partie, mais oui, en tout cas, le pouvoir de la communauté, entre guillemets, il est énorme. Moi, c'est sûr que ça m'a sauvé, que ça m'a porté. Et le fait d'être Parisien, ça joue énormément parce qu'en fait, je traînais à la mutinerie, j'avais 17 ans.
Il n'y en a pas 15 en France, des bars comme ça. Il a été menacé de fermeture longtemps. Aujourd'hui, j'y vais moins parce que c'est plutôt un bar transgouine. Et du coup, en fait, c'est marrant parce que, enfin, c'est pas marrant, mais tu as voulu ou tu es rentré dans la communauté gay. Ouais.
la communauté gay me porte tout autant enfin un PD du coup plutôt parce que pareil je me sens toujours largement aussi entouré et j'ai toujours autant de copains et de copines pédales et trans tu vois aujourd'hui c'est pas exactement les mêmes qu'il y a 3 ans mais pour moi la communauté est tout aussi forte
Tu fais une différence entre la communauté gay et la communauté PD ? Ouais, t'es d'accord ? Parce qu'en fait, pour finir le point que je faisais, c'est que quand on parle de sex-party avec consentement, avec un cadre, avec un soin queer qui vient aussi justement de… En fait, on se réunit entre des personnes qui sont en plein mouvement intérieur et donc on a besoin de prendre soin des uns des autres. Il n'y a pas du tout ça dans…
à Paris, moi j'ai jamais fait de partouze pour moi je suis pas du tout à l'aise c'est pas du tout mon délire, c'est pas mon endroit de joie mais on m'a invité à des partouzes où moi je me suis permis le terme d'abattage ou de boucherie parce que
lunaire quoi, moi parfois je parle à des gars parce que tu sais, je sais pas si tu sais pas pardon si c'est moi mais je me lève très tôt le matin donc moi c'est l'horreur parce que si j'ai le malheur d'ouvrir Grindr j'ai très souvent des gars qui m'envoient des messages et qui me disent on est en partout si tu viens
et une fois je t'ai dit je comprends pas, t'es en partout pourquoi t'es sur ton téléphone et en fait des potes m'ont raconté et ces personnes m'ont dit ils sont continuellement en train de chercher des nouvelles personnes peut-être parce qu'insatisfaites de ce qui existe ou je sais pas dans quel mais avec pour moi une absence de soins et quand t'oses parler de consentement
et même sur Grindr où t'es là bah non en fait t'as pas demandé mon consentement pour envoyer ta bite ou ton intime et tout bah non en fait tu me l'envoies pas direct les gens ont l'impression que je demande la lune ou que je suis trop relou et tout tu vois ce que je veux dire ?
Donc pour moi, il y a un cap, il y a une différence gigantesque. Ouais, c'est sûr. Moi, je sais que la première fois que j'ai installé Grindr, j'ai un pote qui était aussi un mec trans PD qui était dessus et qui avait fait pas mal de rencontres et qui m'a formé, on va dire. Enfin non, mais qui m'a fait un petit…
Un petit brief quoi, en mode regarde voilà, et donc les interactions qu'il avait, j'étais en mode waouh c'est intense quoi, enfin jamais, enfin juste on t'écrit et il me disait qu'il répondait juste photo, il faisait pas des phrases tu vois, si le mec envoyait sa photo il disait non merci, enfin tu vois des trucs vraiment…
Donc la première fois forcément que j'ai ouvert ça et que j'étais en mode « Waouh ! » Donc il y a vraiment des nouveaux codes à apprendre qui sont vraiment loin de ceux que j'avais précédemment. Mais je ne veux pas dire que les codes de Grindr sont les codes de la communauté gay ou de la communauté pété en général. C'est notre relation à ce que le mot « communauté » peut parfois raconter. Ok, on s'arrête là pour la première partie. Dans la prochaine partie…
On va continuer la fête post-opération, qui après s'est adoucie, il y a eu un calme aussi. Et pour moi, ça décrit l'adolescence queer. Sûrement, ouais. Donc on va parler de ça. On va parler de la fois où dans la rue, on t'a traité de gros suceur de queue, qui était à la fois une violence et à la fois une violence validante. Et enfin, on parlera d'amour.
Super. Ça te va ? Ouais. Allez, c'est parti. Enfin, c'est parti, non. Pour les auditeurices, un, on leur dit abonnez-vous pour être tenu au courant du prochain épisode, n'est-ce pas ? Et à cultiver les cloches de la notification. Et pour les gens, en fait, qui écoutent ça dans mille ans, l'épisode d'après, il est déjà là. C'est celui juste d'après.