Mon adolescence queer : plan à 3, mariage hétéro et Islam – Amir 2/3

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Partie 2 sur 3 – Amir raconte comment, après avoir brisé le silence sur l’inceste dont il a été victime, il a tenté de se construire une vie “normale” : mariage imposé (forcé ?), refoulement, alcoolisme, addiction au travail. Puis, après un long cheminement, il s’autorise enfin à vivre ses désirs. Il parle de sa deuxième adolescence queer à 43 ans, de son rapport à l’islam, de ses premières expériences avec des hommes, et de la libération qui suit.

« Ou peut-être une nuit » un podcast-enquête sur l’inceste et la structuration du silence à écouter : https://louiemedia.com/injustices-2/ou-peut-etre-une-nuit

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Amir, partie 2, on se relance ? Ouais ! Super ! Quelle belle partie 1, franchement merci ! Moi je me sens tellement reconnaissant, impressionné par ton courage, inspiré. On peut dire que cet épisode à nouveau va parler de viol et d'inceste, mais aussi de réparation et d'amour. Tu as été violé plus de 30 fois par ton grand frère de 13 à 15 ans. Tu avais 13 à 15 ans. longtemps tu as gardé ça pour toi, secret avec en plus ce mélange où tu te sens gay et ta première expérience c'est ce viol par un homme, alors tout se mélange dans ta tête tu te tais, t'as honte jusqu'au jour où il y a quelques mois, il y a deux mois tu le dis à ton petit frère tu dis à la fois à l'inceste tu brises le silence, le tabou et aussi tu fais ton coming out gay Je crois que j'ai, grâce à toi, vraiment découvert la réalité de l'inceste en France, que c'est un Français sur dix qui est victime d'inceste. Qu'est-ce que j'avais dit ? Toutes les trois minutes ? On a terminé l'épisode 1. Donc, tu me disais ne l'avoir dit qu'à ton petit frère. Mais dans notre entretien pour préparer, tu m'as aussi dit que tu l'avais dit à ta femme. Donc, tu es marié depuis une quinzaine d'années. Oui. Tu as envie de dire des trucs là-dessus. Ça se passe comment avec ta femme aujourd'hui ? Elle n'est pas au courant de tout ça ? Non, elle n'est pas au courant de tout ça. Elle est au courant de l'inceste, mais pas de mon orientation ou de mes désirs en tout cas. D'accord. En fait, mon père étant à l'époque quelqu'un de très brusque aussi, qui exerçait aussi sur nous une certaine pression aussi, une certaine… Oui, une pression carrément, parce qu'avec six enfants, il a fait avec ce qu'il a pu, avec les moyens qu'il a eus. Et il était quand même très particulièrement difficile. Aujourd'hui, il est décédé. Et du coup… En fait, c'est toujours cette histoire de « on m'a toujours abaissé, on m'a toujours comparé à mon aîné d'un an » qui était mon violeur. Du coup, je me suis dit « je vais faire ce qu'il faut faire pour être un homme normal ». Et donc, du coup, j'ai dit, on m'a dit, bon, maintenant que tu travailles, il faut que tu penses à fonder un foyer, etc. Je dis, oui, d'accord. Bon, ben voilà. Qu'est-ce que tu penses de elle ? Je lui dis, ben, on ne se connaissait pas du tout. Et puis, on m'a dit, bon, ben, ok, affaire résolue. Tu vas te marier avec elle. Voilà. Trois ans après, elle a débarqué en France. Ok. Tous tes frères, pareil, ont été mariés comme ça ? Non, c'est toujours eux qui ont dit oui ou non. C'est toujours eux qui ont fait connaissance à personne, qui ont présenté ensuite à la famille. Après, ils se sont mariés. Mais pour moi, non. Et c'est en lien avec la culture marocaine et musulmane ? Non, du tout. C'est juste que peut-être que mon père disait, lui, pour se trouver une copine, on va attendre jusqu'à 50 ans. On va faire, nous, les choses parce que ça ira plus vite. Je pense plutôt… Et il a débarqué au Maroc en disant, mademoiselle, c'est la fiancée de monsieur. Alors que je n'étais même pas au courant qu'il l'avait dit. T'avais quel âge ? J'avais, bonne question, j'avais 29 ans. Tu te souviens ne pas du tout pouvoir dire non ? Ou tu te souviens considérer dire non ? Ou tu as dit non ? Non, j'ai rien dit du tout. J'ai absolument rien dit du tout et c'était inconcevable de lui dire non parce que sinon ça voudrait dire que j'étais vraiment une moviette et que j'étais vraiment, vraiment, vraiment ce qu'il pensait et du coup, il n'aurait pas été fier de moi. Et donc, je dis oui. Et à l'époque, quand je dis oui, c'était même en pensant, en me disant peut-être que ça me guérira de quelque chose. Je ne sais pas. Parce qu'à l'époque, tu pensais que tes attirances pour les hommes étaient une maladie ? Que ce n'était pas quelque chose de normal ? quelque chose avec tous les discours qu'on entendait contre nature etc parce que toi tu t'es évolué en Alsace dans un milieu très homophobe tu dirais, t'entendais beaucoup d'homophobes oui il y en avait beaucoup dans le cercle privé ouais dans le cercle privé ça s'affichait pas il fallait pas afficher sa différence alors ça se faisait toujours en catimini en cachette etc Ok. Toi, du coup, ces désirs pour d'autres hommes, tu les ressens pour la première fois quand ? Tu te souviens à peu près quand est-ce que ça vient à toi, en toi ? Les désirs, je dirais vers l'âge de 8 ans. Déjà une différence, je notais bien déjà une différence. Jusqu'à l'âge de 8 ans, j'ai regardé sous les jupes des filles à l'école. et à partir de 8 ans je l'ai plus fait donc je crois que c'est à partir de ce moment là d'ailleurs j'étais toujours puni parce que je regardais mais c'était plus par curiosité que par mais voilà et à partir de 8 ans ouais et ensuite mes premiers on va dire mes premiers mois on avait pas d'internet mon adolescence ça commençait tout juste internet sur caramel etc et puis après le porno oui évidemment Tu as quel âge à peu près ? Tes premiers émois, c'est joli comme… Mes émois… C'est beau comme mot. Ouais. C'est joli. Tu as quel âge ? Je crois que j'avais… Alors, premiers émois, je dirais, ouais, 15-16 ans, ouais. Donc Caramel, j'ai eu un… Oh là là, ça me fait remonter les souvenirs. Et je ne comprends pas, du coup, pour moi, Caramel, c'était un email ? C'était genre le Gmail d'avant ? Non, en fait, c'était un blog. C'était un site de rencontre, en fait, où tu discutais directement avec… Tu avais des profils en live, ils étaient connectés. Sur Caramel ? Oui, tu discutais avec eux. Et il y avait des petites pages J.H. 68 ou J.H. 67 par exemple. Jeune homme. Voilà. Et 67 c'est le nom du département. 67 c'est des barins et 68 c'est au Rhin. En France. En France. Métropolitaine. Voilà. Et donc c'est comme ça que j'ai commencé à avoir mes premiers contacts. Alors ils n'ont pas été nombreux. Vraiment pas. Ils se comptent sur les doigts d'une main. Hum hum. Et pourquoi ? Parce que, encore une fois, l'envie elle était là, l'émoi était là, mais traduire l'émoi en quelque chose de concret, ça c'était quasiment impossible pour moi. Tu parlais mais ne passais pas à l'acte ? Donc tes premiers émois, c'était ces petits papillons dans le cœur quand tu parles à cet homme. Tu l'imagines, tu imagines, vous parlez de ce que vous pourriez faire, etc. Et puis après, il dit oui, on se voit là. Je lui dis oui, mais tu ne donnes jamais suite. Parce que tu as peur. Et puis jusqu'à un jour où je me suis dit, bon, on saute à l'eau. Mais ça a été vraiment une dizaine de fois, mais vraiment étalé sur… De 20 à 43 ans. Ok. Et donc à chaque fois, c'était toujours, tu rencontrais les mecs en ligne. Ouais. Et qu'est-ce qui te faisait décider, allez non mais lui j'y vais vraiment ? L'état de ton besoin intime, t'étais super excité ? Oui, alors la première fois, c'était un gars qui est venu me chercher chez moi, en puissant voiture, pas très loin de chez moi. Il m'a emmené chez lui, puis on a fait ce qu'on avait à faire, c'était sympa. Et après, il m'a ramené. Donc très gentil, le monsieur. Mais ça, c'était ta première fois ? Oui. Dans mon souvenir de notre préparation, tu as dit que c'était une très belle première fois. Oui. Il était soigneux ? Oui, il était très soigneux. Plus âgé ? Ouais. Moi, j'avais 18 ans et lui, il en avait, il me semble qu'il en avait 28. Il habitait encore chez sa maman, on est allé chez lui. Je me souviens quand les pantoufles bien posées, il fallait bien qu'on les pose. J'adore ça, moi. T'as vu là à l'entrée ? Il faut qu'elle soit bien alignée. Franchement, ma passion. Les gens vont se dire vraiment quel horrible personnage. Pourquoi pas, il en faut pour tous les goûts. Moi ça m'apaise. Quand les choses sont alignées, ça m'apaise. Mais c'est si facile de se faire ce petit cadeau. Moi je ne peux pas parler à quelqu'un qui a derrière lui un tableau qui n'est pas droit. ça va me perturber pendant tout le truc ah donc tu me comprends ouais je te comprends mais toi chez toi les chaussures sont pas forcément alignées non elles sont pas forcément alignées non mais en vrai t'as trois enfants surtout oui non mais j'ai lâché l'affaire au début c'était vraiment mais après j'ai lâché l'affaire c'est pas possible bien sûr de faire ça toute la journée sinon Donc une chouette première fois. Et toi, du coup, de toute cette période jusqu'à 83 ans, tu es dans la honte et dans le rejet de ces désirs. Tu les repousses ? Alors, dans la honte, ouais, et quelque chose de… Il y a énormément le mot contre-nature qui me revient à tête, parce que c'est un mot qui a été énormément utilisé, notamment dans les manifestations pour le mariage pour tous et tout. Contre le mariage pour tous. Contre le mariage pour tous, et ça m'a… Enfin, je me dis, mais qu'est-ce que la nature ? Si c'était contre-nature, c'est bien la nature qui nous a fait comme ça. Donc, pourquoi est-ce que… Voilà. Bon, bref, ça m'a… Avec des groupuscules, avec des arrières-bases religieuses, catholiques, chrétiennes, que sais-je encore, ma musulmane… Je me dis, mais depuis quand la religion doit interférer dans la sexualité ? Je veux dire, la sexualité c'est l'abandon à l'autre, c'est l'abandon à une chose, à un objet, enfin je sais pas, à quelqu'un d'autre. Et quand on dit abandon, c'est bien qu'on abandonne tout, on fait tout tomber, toutes nos frontières, tous nos vêtements, on est nus quoi. Et alors, qu'est-ce que la religion vient faire là-dedans ? Alors que la religion, c'est tout le contraire de s'abandonner. C'est un dogme, c'est des structures, c'est un cadre, c'est prier de telle et telle heure. Tu parlais justement de ta place dans l'islam. Quand on a préparé cet entretien, tu m'as même dit que tu allais prendre des cours. Tu peux m'en dire un peu plus ? Oui, parce qu'en fait, je me posais la question, si Dieu est amour ? Pourquoi je n'ai pas le droit d'aimer comme je… Et pourquoi est-ce que je suis tellement meurtrier à l'idée de simplement écouter mes désirs ? Et cette pulsion-là, elle vient de… Enfin, pulsion, peut-être pas, mais cette envie-là, elle vient bien de quelque part. Et donc, je suis allé voir un imam qui m'a reçu. Il me dit, ah ouais, non, mais ça, c'est des questions que vous vous posez. Enfin, normalement, vous ne devriez pas vous les poser. Je fais, mais d'accord, mais maintenant, moi, je me les pose. Alors, on fait quoi ? Alors, il me dit, mais vous ne connaissez pas votre religion ? D'accord, je ne connais pas ma religion. Eh bien, je suis au bon endroit, apprenez-moi ma religion. Et donc, j'ai suivi des cours pendant trois ans. Ah, waouh ! Pendant trois ans, oui. En soir, enfin, le soir, le week-end. Et puis, c'est vrai que j'ai appris la religion, mais il y a toujours cette notion de double discours. C'est-à-dire, deux jours, on va te dire que, ben, oui, Dieu est amour. Mais en même temps, il y a des pratiques qu'il ne faut pas faire. Pourquoi ? Si Dieu est amour, pourquoi est-ce qu'il ne m'aimerait pas comme je suis ? Et après, en même temps, on te dit mais je ne suis personne pour te juger. Seul Dieu juge. Alors pourquoi est-ce qu'on se lape dessus depuis des années ? Pourquoi est-ce qu'il y a la guerre dans le monde ? Pourquoi est-ce que si c'est qu'il n'y a que Dieu qui juge finalement ? Comment ces trois ans de cours sur l'islam t'ont inspiré dans ton chemin de coming out ? Genre ça t'a inspiré ? Ça a eu quel impact ? Ouais ça m'a beaucoup inspiré sur le sens que la réponse déjà je la trouverai moi et c'est pas quelqu'un qui me la donnera. Et si c'est tellement gênant et perturbant pour les religieux et pour le monde, c'est peut-être que… qu'on veut simplement imposer… C'est toujours une histoire de dogme et de pouvoir sur les gens qu'on veut avoir, quoi. Jusqu'à s'immiscer dans leur lit, savoir qu'est-ce qu'ils font, et puis… Donc toi, ça t'a plutôt conforté à l'idée que t'avais le droit d'être gay ? Ah oui. Tu t'es autorisé à être gay ? Ah oui, clairement. C'est pas… J'ai dit à lui-même, mais je vous demande… Je ne vous demande pas de me l'écrire sur un bout, je ne vous demande pas de me montrer un texte où c'est interdit ou pas interdit. Pourquoi est-ce que Dieu ne m'aimerait pas comme je suis ? Il n'a pas su te répondre ? Non. Il a vraiment, vraiment noyé le poisson. Et au bout des trois ans, je suis allé le revoir. Je lui ai dit, bon, merci pour les cours pendant trois ans. Finalement, je n'ai toujours pas la réponse à ma question. Et donc, je vais choisir, puisque vous me dites que Dieu est amour et que seul Dieu juge, je vais choisir d'en parler directement avec lui quand je le verrai. Voilà. Il t'a répondu quoi ? Rien. Il semblait contrarié ? Ouais. Ouais, ouais. Ce désir envers d'autres hommes, qu'est-ce que tu en fais tandis que tu es marié ? Alors, au début, c'est la découverte, parce que je n'avais jamais couché avec une femme, clairement. Donc, au début, c'est magique parce que c'est nouveau, parce que, parce que, parce que. Et puis, rapidement, on se dit, ben ouais, mais mon fantasme à moi, il ne ressemble pas du tout à ça. C'est-à-dire, tu arrives à être sexuel avec une autre femme ? Tu as du désir pour des femmes ? Non, absolument pas. Est-ce que je me force ? Probablement. Probablement. Mais en tout cas, je mets… Tu n'arrives pas à comprendre ton conditionnel. On ne parle pas de quelqu'un d'autre, on parle de toi. Pourquoi tu n'es pas sûr de te forcer ? Parce que je ne pense pas que j'ai été honnête. Je le dis honnêtement. Je ne pense pas que j'ai été honnête lors de l'acte sexuel ou dans ma sexualité avec elle. Je suis même presque, et je l'assume, je ne l'ai pas été. Vraiment. Et ça, ça restera un gros point sur ma conscience et un beau jour, il va falloir quand même que je le dise. Parce que je ne peux pas la laisser croire que j'ai été sincère alors que je ne l'ai pas été. Mais voilà, ils sont nés trois enfants aussi. Alors d'aucuns diront, ben non, tout va bien puisqu'il y a trois enfants. Donc tout est bien, tout va bien. Mais non, puisque si la sincérité et l'amour, il n'est pas là. Enfin, pas l'amour au sens amour, mais la sincérité dans le geste, dans l'acte. Voilà. Et donc, au début, c'est bien. Et puis, à bout d'un moment, mes désirs rattrapent. et donc du coup moi je les reprenne et je veux pas les voir je me dis non ça y est ça revient qu'est ce que je vais devenir maintenant je suis coincé là dedans qu'est ce que je vais faire comment je vais m'en sortir et donc du coup j'ai rapidement très rapidement plongé dans une solution qui m'aidait à switcher à quitter l'alcool qui me noyait simplement, et puis le lendemain je me réveillais encore plus défoncé, puis le lendemain rebelote. Ça a duré dix ans, jusqu'au jour où elle me dit soit t'arrêtes, soit je me barraque les enfants et puis terminé, je veux plus rien savoir, et moi pas voir mes enfants c'est pas possible, c'est moi quoi, c'est ma chair. Et donc je me suis dit bon bah faut que je fasse quelque chose. Donc je me suis soigné, j'ai fait une cure et ça s'est bien passé du premier coup. d'ailleurs pour l'anecdote dans la cure il n'y avait pas de psy alors j'aurais dit attendez vous êtes quand même la seule cure anti-alcool où il n'y a pas de psy en France comment c'est possible et on m'a dit de toute façon vous vous n'avez pas besoin de psy j'aurais dit pardon moi j'ai pas besoin de psy oui vous vous êtes très bien outillé vous allez vous en sortir tout seul et donc j'ai fait mes trois semaines je suis sorti et effectivement j'ai pu rien retoucher mais c'était une chance sur deux bon du coup je m'en suis sorti et puis le vide qu'est-ce qu'on fait et après je me suis rendu compte d'un autre vide aussi c'est que j'ai quelqu'un à côté de moi qui croit que je l'aime profondément et que je suis sincère avec elle alors que pas du tout alors qu'est-ce que je fais Et du coup, contournement. Je me suis lancé en bénévole dans une association caritative nationale. Et puis du coup, rapidement, j'ai monté dans les échelons. Je me suis buté au travail, il n'y a pas d'autre mot. Vraiment. Je travaillais dans la vie normale et j'étais bénévole à côté. Ça pouvait aller jusqu'à 25-35 heures par semaine en plus. jusqu'au jour où pareil la burn out parce que plus on en fait dans le bénévolat c'est comme ça plus on en fait plus on en demande et le jour où tu pédales un peu moins vite on te dit que ça n'avance pas donc stop quoi et donc là j'ai arrêté et de nouveau le questionnement qui s'est posé il y a un an et demi qu'est-ce que je fais tu as fait un burn out du coup donc qu'est-ce que je fais parce que du coup je me retrouve de nouveau côte à côte avec une personne avec qui je ne peux pas être honnête je trouve que moi je crois beaucoup au travail psy c'est une opinion parce que moi ça a eu beaucoup d'impact dans ma vie et travail psy voulant dire aller consulter et travailler les sujets notamment parce que j'observe que chez moi le symptôme je peux le guérir, par exemple l'alcoolisme, mais du coup si mon nœud interne est le même, du coup pouf, une autre ronce va sortir, tu vois ce que je veux dire ? Donc c'est ça que j'entends de toi, c'est qu'une addiction en a remplacé une autre. Oui, c'est carrément ça. Et même pas que dans l'addiction, c'est aussi dans la réaction, l'interaction avec les autres ? je pouvais être très méchant, très poignant, très… Alors que je suis pas comme ça. Mais du coup, quelqu'un qui me dit… Ouais, très méchant dans les propos, peut-être trop direct, alors que je sais qu'il faut pas être comme ça. Et j'ai pas envie d'être comme ça. Mais c'est mon côté un peu… Qu'est-ce que j'allais dire ? L'expression elle va être un peu vulgaire mais je vais la dire quand même, un peu frustrée du cul, tu vois ce que je veux dire ? C'est-à-dire que je suis pas satisfait, il me manque quelque chose alors il faut forcément que ça rejaillisse. Et ça rejaillit méchamment sur les gens d'entourage et je me dis mais t'es complètement con quoi, ils y peuvent rien. Avec ton problème toi-même. Qu'est-ce qui se passe une fois que tu te remets de ton burn-out et que tu disais là, je repars un peu face à ce même vide, à ce même problème. Qu'est-ce qui s'est passé différemment quand ça s'est terminé mon truc d'association j'ai ma consommation de porno a monté mes puissances grand V c'était plusieurs fois par jour même et là je me suis dit j'ai des sous-traitements aussi beaucoup de traitements qui a fait baisser ma libido Des traitements antidépresseurs ? Antidépresseurs, oui. Beaucoup de traitements antidépresseurs sans d'ailleurs soigner le fond mais uniquement la forme. Donc on me donnait des médicaments pour me calmer et puis c'est tout. Et puis après je me suis dit mais ça va pas aller comme ça enfin… Et j'ai arrêté plusieurs fois les antidépresseurs moi-même, je suis retombé encore plus bas que ce que j'étais au départ, ce qu'il ne faut jamais faire évidemment. Je suis allé donc du coup consulter. Le psy que j'ai, c'est un dealer, je l'appelle mon dealer parce que je viens, il me donne mes ordonnances, merci, au revoir. Le psy 4. 50 euros, merci, au revoir. Il ne s'occupe pas du reste, puisqu'il n'a pas le temps, dit-il. et donc je suis allé chez une psychothérapeute et la psychothérapeute sans lui dire le côté parler de sexe etc mais tout le reste j'ai fait un portrait un portrait amélioré ce qu'il faut jamais faire aussi mais je me suis dit je veux quand même voir si elle voit où peut être le problème si elle découvre ou pas parce que si je viens je lui livre tout et puis elle elle me dit mais je trouve que vous êtes vachement dure avec vous il faudrait apprendre à lâcher du laisse parce que vous êtes trop dur avec vous-même. Puis là, elle me dit, vous avez six, vous avez cinq, vous avez six, vous avez une vie, vous avez une santé, vous avez une maison, vous avez trois enfants, vous allez bien en fait. C'est juste vous qui vous fixez des barres trop trop hautes. Mais en fait, comment tu peux savoir quelle barre j'ai fixée trop haut si tu ne sais pas de quel niveau je suis parti ? Donc, voilà. Donc, j'ai écourté aussi le travail psy avec elle. Et puis, eh bien, il y a à peu près… Et je me suis mis à… Pour me calmer, me soulager un peu, je me suis mis à lire des podcasts, des témoignages, etc. Et c'est là que je me suis tombé sur son podcast. Et là, ça a été la lumière. La lumière, en fait, de… J'ai toujours cette impression que les autres n'ont pas de problème. Ils vivent bien, ils sont heureux, ils sortent, ils font des plans, ils sortent, ils vont en vacances, etc. Tout va bien, sur le papier tout est doré. Et on ne parle jamais assez du coin de la photo qui est écorné ou du coin de la page qui est un petit peu brunie. Celui-là, on ne l'évoque jamais. On ne regarde que ce qui est positif et on oublie que des personnes sont sensibles, elles ont une sensibilité, elles ont aussi des problèmes, elles ont aussi peut-être des fantasmes inassouvis. Et sur ton podcast, j'ai découvert que si, ça existe et que c'est normal. et que oui si t'es pas heureux si t'es pas épanoui sexuellement au sens heureux sexuellement bah c'est peut-être aussi parce que t'as des problèmes avec toi-même et encore faudrait-il mettre les mots dessus et là je me suis dit ah d'accord ouais bon bah en fait je suis pas du tout le seul loin de là et c'est pas grave ce que j'ai il faut juste que je sache ce que j'ai et que je sache en discuter que je l'accepte et puis que je trouve des solutions pour le régler Et donc, un mois, j'ai dévoré, je ne sais pas, j'écoutais tout le temps des podcasts, j'arrivais même au bout de l'heure tard à cause des podcasts. Bref, ce n'est pas moi, c'est Guillaume. Et donc, ça m'a ouvert plein de… Quand j'ai écouté les témoignages, ça m'a énormément ouvert les yeux et puis… Et me dire, ouais, en fait, on part tous d'un niveau différent, d'un endroit différent, avec nos vécus, nos faiblesses et nos failles, mais il ne faut pas en avoir honte. Ce n'est pas une faiblesse, ce n'est pas une honte. Au contraire, c'est une force de s'en rendre compte et puis de pouvoir les submonter. Mais encore, faudrait-il s'en rendre compte ? Et puis du coup, là, petit à petit, je me suis dit, bon, il faut que je sorte de mon trou. Pas possible. J'ai envie de faire du cheval. Eh bien, allons monter à cheval ! Je ne peux pas apprendre à faire du cheval si je ne monte pas à cheval. Ce n'est pas possible. Et donc, moi, j'avais envie… C'est une image. Tu n'as pas vraiment appris le cheval. Non, non, non. Et donc, du coup, je me suis dit, voilà, tu as envie de rencontrer des hommes ou tu as une pulsion, tu as envie de rencontrer des hommes, rencontre des hommes et tu verras bien si ça te plaît ou pas. Le sujet de la sodomie, par exemple, ça, ça a été un… Alors ça, ça a été un point d'ancrage et d'angoisse incroyable chez moi. Mais incroyable. Pour moi, c'était impossible, inimaginable, inavouable. Je n'aurais jamais pensé. Et en fait, en écoutant le podcast, je me suis dit, mais pourquoi tu en fais tellement une montagne ? Tu vas par étapes et puis si ça te convient, ça te convient. Si ça ne te convient pas, ça ne te convient pas. Mais tu ne peux pas dire que ça ne te convient pas alors que tu n'as jamais essayé. Et du coup, je me suis dit, qu'est-ce qui risque de m'arriver ? Je vais sur des applications. et puis s'il y a des rencontres et bien on voit et puis s'il n'y a pas de rencontres et bien on voit aussi et puis en fait petit à petit j'ai commencé à faire des rencontres comme ça et j'y allais systématiquement Donc ça, c'est depuis novembre. Là, tu me racontes… Petit à petit, je me suis mis à rencontrer des gars et puis il faut toujours qu'il y ait quelque chose qui m'attire chez la personne. Et c'est là où je te dis le pendant par rapport à… où il n'y avait pas du tout d'échange de sentiments, quoi que ce soit, avec mon frère. C'est-à-dire qu'il faut toujours qu'il y ait quelque chose qui me… C'est pas du sexe pour du sexe, il faut toujours qu'il y ait quelque chose qui me séduise, qui me dit, bon, bah, lui, oui. Soit la voix, soit l'intonation, soit le visage, il y a quelque chose, forcément, où je me dis, ah, bah, c'est ça, je trouve ça génial, donc je dis, ouais. Et je me suis jamais trompé. J'en ai fait une quarantaine de rencontres et je ne me suis pas trompé pour l'instant. En deux mois ? Ouais. Tu te sens comment par rapport à ces 40, à ce chiffre ? Comme un ado. Honnêtement, je découvre ça comme un ado avec des étoiles plein les yeux. Aussi bien physiquement, parce que je me suis accompli, même si c'est pas accompli complètement, mais j'ai goûté à des choses dont je voulais goûter, je savais même pas ce que c'était que le goût. Alors c'est difficile de dire oui ou de dire non. Et ouais, je confirme, c'est difficile de dire j'aime ou j'aime pas, quand on n'y goûte pas. et j'ai développé j'ai surmonté plein de blocages aussi d'ailleurs justement par rapport à Sodomy la première fois que j'ai essayé il m'est arrivé un truc assez étrange en fait je pense que je l'avais tellement tellement tellement angoissé cette première fois que je me souviens même pas de comment ça s'est passé alors que j'avais pas pris de drogue rien du tout j'étais lucide je me souviens juste que ça a commencé pouf ça a terminé et puis je me suis même pas dissocié quand on m'a posé la question mais alors t'as aimé ou t'as pas aimé oui parce que je me suis fait des amis aussi à côté sur des applications que je rencontre pas mais avec qui on discute beaucoup mais alors du coup tu sais ce que tu aimes ou tu aimes pas je sais pas mais comment c'est possible enfin t'as quand même je sais pas Bon bah alors surtout ne juge pas sur cette première fois, retente à quelqu'un d'autre. C'est-à-dire que t'as comme un blackout ? Ouais, je sais pas ce qui s'est passé. Tu m'autorises à faire le psy sauvage incompétent ? Ouais, bah oui. Avec les dangers que ça représente à ne pas reproduire à la maison. Et puis surtout, là aujourd'hui, tu n'es pas suivi par un ou une psy, tu n'es pas dans un travail psy. Tu ne souhaites pas forcément. J'ai envie de rebondir sur ce que tu as dit tout à l'heure. Si quand on va voir le psy ou la psy, on ne lui dit pas. La réalité, c'est difficile de poser un diagnostic et un chemin de réparation sur un faux discours. Petit clin d'œil pique. Et en fait, le psy n'est pas devin et donc penser que sa valeur est dans sa capacité à voir alors qu'on ne dit pas… oui ça reste un pouvoir et le ou la psy entendra des choses et t'inquiète mais en vrai pour pouvoir évaluer un travail psy et voir si c'est la bonne personne pour toi je te conseille vivement et c'est vraiment du Guillaume ça n'est que mon opinion de t'offrir au moins deux ou trois séances ou deux peut-être une c'est trop court et d'y aller vraiment et de dire vraiment autant que faire se peut tu vois bien entendu que tu vas édulcorer etc… mais d'essayer au max et par exemple si tu butes sur une partie de ton histoire, dis-le dis, là c'est trop dur pour moi, il y a une partie là je vais pas la dire aujourd'hui, mais juste tu le dis pour que du coup le ou la professionnel en face de toi Voilà, et puis en plus t'honore aussi la partie de pour toi, la partie de toi, c'est trop tôt, c'est trop rapide, y'a pas de problème, on se force pas non plus, on se met un peu à risque mais pas trop non plus, juste on le dit. C'est mon conseil, en tout cas moi ça m'a beaucoup aidé sur mon chemin de dire ah putain là j'ai un truc là, mais je vais pas le dire. Et du coup, ça faisait son chemin. Excuse-moi. Donc, Psy Sauvage, dans la première partie où tu parlais du viol de ton grand frère, moi, j'ai un enjeu en tant que podcasteur à ce qu'ensemble, on aille à l'endroit du mot, M-A-U-X, M-O-T, et que ça ne soit plus tabou de dire… Ce qui s'est passé parce que ça s'est passé, parce que c'est vrai et parce que pour qu'on puisse construire tout le reste, on a besoin de poser ces jalons-là. Et après, on n'a pas besoin d'en reparler mille fois. À l'endroit de l'épisode 1 où je te demandais dans quels détails tu voulais aller, moi, mon intuition, c'est qu'il est possible que des actes qui ont été faits en viol… Du coup, en tant qu'adulte, tu essayes d'avoir des pratiques, il peut y avoir des interférences. Dans quelle mesure tu rejoins mon intuition que ce blackout, cette dissociation, alors que tu es sodomisé, c'est toi qui pénétres ? Non, c'est moi qui suis pénétré. Tu étais pénétré ? Tu fais un lien ? Non. Non, absolument pas. Parce que ce n'était pas des sodomies, c'était des fellations essentiellement. Quant à mes épisodes de viol. Donc non, pas nécessairement. Comment toi tu comprends le blackout de cette première fois pénétrée ? C'est surtout le refus d'être réellement la pédale qu'on m'a dit que je suis. La pédale, l'enculé, bien sûr. C'est dur d'être pénétré. C'est pas facile. Non, non, c'est pas facile. C'est pas juste un geste. Puisque la preuve, il y a eu le geste, mais je me souviens de rire. C'est le début. C'est très joyeux d'être pénétré. C'est magnifique. Si c'est pour toi, parce que peut-être tu vas découvrir que c'est pas ton kiff. Et on peut avoir une vie sexuelle géniale sans anal. Absolument. Ça a l'air de douter. Non, c'est pas un fondamental, je le dis souvent. Pour moi, ça l'est. Ouais, d'accord. Pas pour toi ? Non. Moi, je dis qu'on peut parce que c'est vrai. Non, pas nécessairement. Mais moi, à mon niveau intime, la sodomie, c'est vraiment un truc important. Non, parce que j'ai déjà eu des expériences avec des gars qui ne l'aimaient pas et puis c'était vraiment très plaisant. Super. Ouais. C'est vrai que les contacts que j'ai pu avoir, c'est essentiellement lié à… Tu n'as même pas dit bonjour, au revoir, comment tu vas, enfin bonjour, comment tu vas, que direct, passif ou actif, quoi. Ouais, mais on se définit, on se donne des rôles comme ça, qui sont immuables et fixes. Et je trouve ça un peu dommage. Et souvent, ça m'est arrivé de répondre, on s'en fout, c'est pas la question la plus importante. De quoi t'as envie ? Et moi, je te dis de quoi j'ai envie. Puis après, on voit si ça colle ou pas. Mais ne me pose pas la question du passif actif tout de suite, parce que t'auras pas de réponse. Ça te parle pas, quoi ? L'autre chose que je voulais dire, et j'aimerais bien faire un épisode à ce propos, c'est la deuxième adolescence queer, qui est un concept vachement intéressant et de plus en plus formalisé par des chercheurs, des chercheuses, et qui, je trouve, peut être vachement éclairant pour nous, les queers et les gays. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit « et les gays », mais tu vois, genre, nous, les pas-hétéros, quoi. C'est qu'au final, dans notre constitution et dans notre cheminement… Mais contrairement aux hétéros, on peut avoir une crise d'adolescence en lien avec notre famille et différents sujets, mais il peut y avoir une autre plus spécifique autour du coming out, c'est-à-dire des comportements. Alors que nous n'avons plus 16 ans, je ne sais pas quel est l'âge de la crise d'adolescence, mais pour autant, on va se mettre à découvrir comme un adolescent, si je disais très bien, ou une adolescente, toute cette nouveauté et du coup avoir le ventre plus gros que les yeux et puis se mettre à aller dans toutes les directions, à faire plein de trucs et ce de façon un petit peu démesurée et c'est complètement normal parce qu'on a débloqué un nouveau niveau tout un univers et on y rentre pour la première fois et on peut être un peu dépassé, surexcité etc et je trouve ça chouette de le savoir que c'est ok c'est une période tu vois tu vas pas toute ta vie te mettre à dévorer et je pense que parfois on peut se dire ah il faut que je me calme, on peut normaliser alors bien entendu faut pas qu'on se mette en danger on continue à se protéger et à avoir une réflexion sur notre santé sexuelle et des choix. Mais… Vas-y. Je trouve ça cool que tu te sois autorisé à ces 40. Comme les 40 jours du Christ. À peu près ça. Non ? Peut-être pas. Peut-être qu'il y a une symbolique. Peut-être. Du coup, le… L'envie, elle est toujours là, elle est toujours présente, de découvrir tes nouveautés. Et t'es en plein dedans, là. Ouais, je suis en plein dedans. Et je découvre. Et c'est vraiment sans… Toutes les barrières que je me suis mis sous le temps à angoisser pour des détails, pour des machins, il ne faut pas faire ci, je risque ci, il ne faut pas faire ça. Parce que c'est ça, avant 43 ans, avant le début de cette adolescence queer, tu as dit j'ai eu une dizaine de rapports que je me suis autorisé en rencontrant en ligne beaucoup de pornos où on échange des messages mais en fait il ne va rien se passer. Et parfois tu t'autorisais. Quand tu t'autorisais, c'était quoi les blocages que tu rencontrais que tu mentionnes là ? Alors, tu parles de la période… Avant 43 ans. Avant 43 ans. Les blocages, qu'on me reconnaisse. C'est surtout ça. Et j'avais du mal à conceptualiser le fait que si le gars, il est là, c'est qu'il cherche la même chose que toi, non ? Sinon, il n'irait pas sur un site racoler des gens. Et donc, où est le mal, finalement ? Puisque vous êtes là pour la même chose. Oui, il ne va pas te dénoncer, entre guillemets. Non, il n'a pas de raison de le faire. Parce que lui aussi, il l'a et il en a envie. Alors qu'en fait, on est là pour la même chose. Mais non, moi, ce que je fais, c'est mal. Tu as déjà eu ce type de blackout que tu racontais tout à l'heure dans ces rapports avant novembre ? Non, jamais. Et du coup, tu arrivais à sucer, être sucé, pénétrer ? Alors, il n'y avait pas de pénétration. Non, pas du tout. C'était un tabou, non. C'est tout, sauf ça. Alors que l'envie, elle était là. Et qu'elle allait grandissante. Et tu t'es prouvé du plaisir dans ces fellations ? bref très bref parce que pas expérimenté parce que pas assez de enfin c'était très souvent très rapide même trop rapide et du coup je me dis bon ben ouais ça peut pas être complet puisque tu le fais furtivement parce que t'es pas serein tu le fais parce que t'as envie de le faire mais t'es pas serein dans ta tête Et après, tu avais des angoisses ? Après coup, oui. Après coup, oui. Alors que là, depuis mon adolescence cuir, ben non, du tout. J'ai pas d'angoisse et j'ai pas de remords. Et je me sens bien. Ah franchement, je ne sais pas s'ils nous écoutent mon proctologue préféré de l'univers, docteur Aurélien Garros. Je pense que c'est ces épisodes-là que tu as écouté, ou bien moi. Je ne t'ai pas réagi, mais j'ai besoin de le faire. Merci pour tout ce que tu dis à propos du podcast. Tant mieux que ça t'aide et ce merci-là, il va à toutes les personnes qui ont témoigné et à mon travail. Et franchement, je suis trop fier. Juste, point. Franchement, tu es la raison pour laquelle je fais ça. Et tous les gens qui écoutent là et qui disent « Ouais, moi aussi, ça m'a aidé », mais franchement, c'est pour ça que je fais ça. C'est vraiment pour ça que je fais ça. Ça m'anime de ouf. Et je suis fier dans le sens où quand j'ai commencé, je ne me rendais pas compte que c'était possible. Tu vois, je cheminais épisode après épisode, mais je me disais, mais en fait, c'est un peu naze ce que je fais. Il n'y a pas de montage. Mais attends, mais c'est des témoignages. Personne n'a deux heures. Tu vois, je n'imaginais pas aller à Meire. Je me disais, personne n'a… Enfin, tu sais, moi, j'écoutais d'autres podcasts. C'est super bien monté. Il y a de la musique et en dix minutes, l'affaire est torchée. Mais moi, je propose un truc. Mais j'avais cette intuition et je suis tellement heureux de me mettre accroché, tu vois, et d'avoir cru en ça. Et je crois que j'ai cru aussi parce que tout ce que tu décris, moi, je l'ai vécu. Moi, Guillaume… Tous les témoignages que j'ai enregistrés, j'ai vu l'effet miroir et comment ça m'a aidé, tu vois. Je disais la crise, non pas crise, mais crise dans le sens grec d'opportunité. Je me permets de dire que je parle pas du tout grec, mais j'ai ouï dire que crise vient du terme aussi opportunité et timing, tu vois, et temporalité. Cette adolescence queer, je te disais tout à l'heure, on y va sans se faire de mal. Est-ce que toi, tu arrives à avoir une… Est-ce que tu as fait des choix de santé sexuelle pour prendre soin de toi pendant ces 40… Oui, j'en ai parlé au médecin. Génial. J'en ai parlé au médecin qui m'a dit que c'était… qui s'en doutait. T'as dit quoi aux médecins, pardon ? Que t'avais des rapports sexuels avec des hommes ? à ton psychiatre en fait non mon médecin traitant et donc il me suit là dessus qui te suit depuis toujours et qui t'a parlé de tes différentes options de santé sexuelle il m'en a parlé et donc là je suis suivi donc il n'y a pas de soucis de ce côté là Tu m'as dit, j'ai goûté là, sur ces 40, enfin depuis deux mois, j'ai goûté à plein de choses. Tu peux me dire un truc qui a été, un truc dont tu as goûté, donc c'est pas une pratique j'imagine, qui a été super chouette pour toi ? Alors, je ne vais pas t'en donner une, je vais t'en donner deux, si tu permets. Mais je permets. Alors, la première, c'est qu'on m'a proposé un plan à trois. Je dis, comment je vais faire ça ? Moi, déjà, un, c'est… Enfin bon. Et du coup, je dis, ouais, mais attends, mec, moi, je n'ai jamais fait ça. Enfin, il me dit, ah bon, t'as jamais fait ça ? Ben non. Il me dit, mais viens, ça va être super ! « Ouais, mais écoute, viens, tu te poses, ça te plaît, ça te plaît, ça te plaît pas, tu prends un bain, tu pars. C'est pas un souci, on est d'accord, tu peux t'arrêter à tout moment, il n'y a aucun souci. » Eh bien, ça a été le meilleur plan que j'ai jamais vécu. Je suis arrivé, ils étaient vraiment super, ils m'ont recueilli avec du café et machin. Attends, ils étaient déjà arrivés ? Ouais, ils étaient déjà là. Ils étaient combien ? Ils étaient deux. Ok. Ouais. Et donc, ils n'étaient pas déjà en train de faire leur affaire ? Non, non, non. Non, non, pas encore. Donc, ils m'ont attendu. On est allé. Et puis, ils étaient déjà en train de regarder une vidéo un peu, voilà. Un peu quoi ? Un peu porno pour se chauffer. Et c'était vraiment mode berbac, quoi. Enfin, ber, ber, je ne sais pas comment on dit. Enfin, un peu… Berbac ? Ouais. Tu sais ce que ça veut dire ? Ils étaient en cuir. Ok, t'es trop chou. Alors, bareback, c'est l'anglais pour dire sans préservatif. Ok. Bare, nu. Ouais. Et cuir, tu veux dire avec un C ? Ouais. Donc ils étaient en habit de cuir, ou bien ils avaient des harnais ? Non, il y en a un qui avait un harnais, en fait. Donc toi, c'est quelque chose qui t'excite ? Non, pas du tout. Alors, du coup, je leur ai dit, ouais, mais les gars, c'est pas trop… écoute, mets-toi à l'aise et on va se mettre à l'aise et donc c'est ce qu'on a fait ils étaient sur les photos qu'ils t'ont envoyé, ils t'attiraient ? il y a le gars qui recevait mais l'autre non Il m'a dit, j'ai un ami qui est là. Bon, je me suis dit, qu'est-ce que ça va être comme truc ? T'avais pas de photo de l'ami ? Rien. Je me suis dit, allez, je me lance. Ah non, waouh. Moi, c'est non. Ah oui, mais du coup, il m'avait dit, si ça te convient pas… Oui, très bien. Alors moi, je suis arrivé et ils y étaient, mais c'était le meilleur plan que j'ai jamais fait. Pourquoi ? Mais parce qu'ils étaient hyper bienveillants. Ça va, tu veux ? Tu veux faire quoi ? Non, non, c'est bon, ok, ok. On continue ? Oui, oui, vas-y, vas-y. Enfin bref, c'était vraiment, on parlait en permanence. Ils étaient hyper, mais hyper bienveillants. Génial. C'est cool, je suis content pour toi. Franchement, c'est ma première R3, oui. Je ne l'ai jamais fait avant. Comment on est passé de « on prend un café » à « on se prend la bite » ? Ben, d'abord, quand je suis arrivé, tu veux boire quelque chose ? Non, c'est bon, c'est bon. Ben si, on va quand même taquer un café, donc on a bu un café. Bon, ben, on y va ? Ok, d'accord. Bon, je lui dis, il faut vite que je passe aux toilettes, histoire que je me rassure un petit peu, tu vois. En termes de propreté ? Ouais, non, pas du tout, mais c'est juste que j'ai un coup d'angoisse qui est monté. Je me suis dit, oh là, qu'est-ce que je suis en train de faire ? Ok. Ah donc t'allais te calmer aux toilettes ? Voilà et il m'a dit ouais non bah nous on est, bah tu nous rejoins et ils y sont allés et puis bah je les ai rejoints, ils avaient rien commencé du tout, ils étaient en train de regarder sagement leurs vidéos en attendant que j'arrive. Qu'est-ce qui s'est passé dans les toilettes pour toi ? À un moment, je me suis dit, ouais, mais c'est peut-être un peu, ok, l'envie de goûter à tout, c'est bien, mais enfin là, tu vas peut-être un peu loin. Après, d'un autre côté, je me suis dit, ouais, mais enfin, ils ont l'air gentils. Qu'est-ce que tu veux qu'il m'arrive ? Ils vont pas m'égorger sous le lit, quoi. Je me dis, bon, écoute, j'y vais, on verra bien. Et surtout, enlève les barrières qui commencent à monter, ça sert à rien. Ça convient, ça convient, ça convient pas, je m'en vais. Et donc j'y suis allé, et puis j'ai… Ouais, c'était vraiment génial. Qu'est-ce qui était génial ? Le fait qu'ils étaient très bienveillants, d'une part, et puis le fait de… Enfin, toute cette nullité-là, comme ça, d'un coup, c'était juicif. Vraiment. Et ça a créé une ambiance totalement relaxante, là où je pensais que ça serait plus stressant. Et du coup, je me suis dit, j'ai mal jugé. En fait, il faut essayer. Et puis, ça te convient tant mieux, ça ne te convient pas, tant pis. Et donc, il y a eu quelle pratique ? Il y a l'appellation sodomie. Donc, tu as sodomisé quelqu'un ? Et tu as été sodomisé ? Non. Non, mais la sodomie et la fellation, pour les deux. Et comment tu décides de faire quoi ? En fait, c'est tout naturel. Il y en a un qui se lève et il dit, bon ben… Eux, ils parlaient entre eux, parce que l'autre était anglais aussi, donc moi je comprends l'anglais, mais oui, écoute… ah tu me prendrais, ok ok d'accord et puis après il me fait ah tu veux toi, vas-y vas-y, je te laisse la place et puis c'était drôle pour toi, ouais c'était marrant super hyper détendu en fait, génial avec ou sans drogue ? sans drogue, ça c'était important pour moi Ouais, tu veux pas de… Ouais. Je leur ai tout de suite dit non, sans moi. Ouais, ouais. Bon, ils avaient eu du Poppers, mais bon, ça, j'allais pas leur dire… Bon, moi, c'est pas une drogue, mais… Enfin, pas vraiment une drogue, mais je leur ai dit non, mais ça, ok, mais le reste, non. J'ai déjà eu deux rapports où ils avaient utilisé du Poppers, mais ça a créé l'effet inverse, en fait, hein. C'est-à-dire que le gars, il a des bondées directes. Ah oui ? Ouais. Ah oui, mais c'est parce que j'ai mis trop de poppers. Mais alors, pourquoi tu mets du poppers, en fait ? Il y a des superbes épisodes. Les as-tu écoutés, sur le poppers ? En fait, t'as tout écouté. Ouais, j'ai tout écouté, ouais. T'as tout écouté. Ah ouais, ouais. J'étais en mode, vraiment, tout le temps, dessus. Tu m'as dit qu'il y avait deux découvertes. Ouais. Je vais te proposer que la deuxième, donc la première, c'était ce plan à trois. Ouais. Je vais te proposer que la deuxième, ça sera dans le troisième, dans la troisième et dernière partie de ton témoignage. Ok, ça marche. On laisse un petit peu de suspense. Ouais, exact, ouais. merci Amir merci non franchement merci merci bah c'est toi qui m'as aidé je te remercie bon rendez-vous à la partie 3 dans quelques jours pour les auditeuristes qui nous écoutent toi et moi c'est tout de suite ok sauf si on fait une petite pause ouais bah comme tu veux tu veux une petite pause ? bah je voudrais fumer une cigarette si c'est possible mais bah non bah à la fenêtre ? bah oui mais c'est non fumeur chez toi t'inquiète

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