Je suis un vide-couilles consentant (et romantique) – William 2/3

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Partie 2 sur 3 *Rediffusion des meilleurs épisodes 2024* William raconte la complexité d’un désir de soumission qui cohabite avec une quête d’amour tendre et réciproque. Il parle aussi de son abstinence post-traumatique suite aux agressions qu’il a subies enfant, de sa difficulté à avoir du plaisir sexuel quand il a des sentiments, et de son envie d’un BDSM respectueux et câlin.

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William, partie 2 de ton témoignage. Comment je vais pouvoir introduire ? Parce que normalement, je récapitule un peu. Tu as partagé… La fin de ton enfance, ton adolescence, de l'âge de 9 ans jusqu'à 16 ans à la louche ? Ou plus, 18 ans. 18 ans, ok. Une série d'agressions où à chaque fois l'autre impose, transgresse, rentre par effraction dans ton intimité. Tu m'as parlé d'ambiguïté. Tu as dit « je ne choisis pas, je ne veux pas forcément ». Et puis, à un moment donné, si je ressens du plaisir, alors je me sens responsable. Et puis, en parallèle, je crois que tu racontes l'histoire d'un garçon comme moi qui découvre sa sexualité, qui, du coup, est excité, a envie d'explorer, etc. Et tout ça s'impose à toi et tout ça se mélange. Et on a terminé l'épisode précédent où tu me disais… Tout ça, toutes ces agressions, cette série d'agressions a conditionné toute ma vie sexuelle et romantique. Et on parlait notamment comment on fait pour survivre, quelle stratégie notre cerveau choisit. Tu disais, je crois qu'une de mes stratégies que mon cerveau a choisie, c'est de penser que je suis en partie responsable. Oui, je pense. Moi, j'ai l'intuition… Est-ce que j'ai l'intuition ? Non, j'ai pas d'intuition, je sais pas du tout. Mais ce que je trouve intéressant, c'est que tu disais « si je ne suis pas responsable, alors il n'y a plus de sexe et tout s'effondre ». Et on terminait l'épisode précédent en disant « il n'y a quand même plus de sexe ». Il n'y a plus de sexe. C'est peut-être une des conséquences. Mais dans ta recherche, dans ton enquête pour réparer, pour rebondir, pour relier ? renouer, te réconcilier, tous les mots que tu veux. Dans cette enquête, je trouve que le moment où on voit qu'il y a un bug de raisonnement, que la structure de ta psyché sur la défensive, qui tente juste de survivre, qui choisit « si ça marche pas, c'est donc, c'est peut-être faux », Peut-être. Tu sais, je n'ai jamais mis le mot d'agression sexuelle sur ça, jusqu'à ce que mon analyste me dise… Vous n'employez pas le mot d'agression sexuelle ? C'est ton psychanalyste qui t'a dit ça ? Oui. Et oui, effectivement, je n'ai pas employé le mot d'agression sexuelle jusqu'à cette époque. Comme si le fait de ne pas mettre un mot sur la chose permettait de la mettre à distance. De faire en sorte que… Eh bien, ma foi, c'était peut-être pas si grave que ça. C'était peut-être pas si… Ouais ? Quelque chose comme ça. Mise à distance, ouais. C'est pas à toi que je vais l'apprendre, le poids des mots quand même, à quel point c'est important. Et ne pas nommer la chose. Ne pas nommer. Qu'est-ce qui a changé quand tu as commencé à nommer ça comme des agressions ? J'ai envie de dire, peut-être pas grand chose en fait, si ce n'est que tout d'un coup je me suis rendu compte du poids que ça avait. C'est là que je me suis rendu compte à quel point ça avait pesé sur la suite des événements et sur ma sexualité. Comment ça a pesé ? Comment ça a pesé ? Je suis sorti du collège militaire, je me suis retrouvé en fac pendant quasiment 6 à 8 mois abstinents complets. Disons, c'est loin derrière moi tout ça. Je rencontrerai une femme. Au passage, j'avais rencontré une fille quand j'avais 18 ans. Nous étions allés au cinéma ensemble, elle avait voulu m'embrasser et je suis sorti de là avec une angoisse mais terrible, terrible. Donc je savais que les filles, c'était peut-être pas pour moi. Et ça s'est reproduit d'ailleurs après, une fille qui avait jeté son dévolu sur moi et j'ai été pris d'une angoisse mais indicible. Et donc je sors du collège, je m'abstiens pendant plusieurs mois et puis un soir je vais draguer dans un lieu de drague connu, pas très loin d'où j'habitais dans cette ville universitaire. Et je tombe sur un garçon. J'avais 18 ans, il devait en avoir 25. Et le schéma s'est reproduit. Et le schéma s'est reproduit. Le garçon a exigé, a pris les choses en main, si je puis dire, et j'ai fait ce qu'il m'a demandé. que j'avais envie de faire en même temps. Là, pour le coup, je veux dire, il n'aurait pas imposé sa volonté, j'aurais certainement fait la même chose, mais différemment. Et il y a eu, comme ça, encore une fois, une série de… J'ai eu une relation… plus ou moins suivi sans aucun affect, c'était du pur sexe, plus ou moins suivi avec un garçon pendant 3-4 ans, c'était quand il voulait, où il voulait, comme il voulait, et puis je m'en contentais. Et dans le même temps, et c'est toute la difficulté, dans le même temps, Je me disais, un jour, c'est marrant parce que je me le disais presque en ces termes-là, un jour je rencontrerai le prince charmant. Un jour je trouverai l'amour de ma vie. Un jour je tomberai sur le garçon avec qui, etc. Avec qui quoi ? avec qui je serais amoureux, avec qui je pourrais avoir une relation sexuelle épanouie, où il y ait une espèce d'harmonie entre les sentiments et la vie sexuelle. À l'époque, tu as des souvenirs de ce qui se cache derrière une sexualité épanouie, quand tu rêves de ce prince charmant ? Une sexualité partagée ? Quelque chose où les choses se fassent… Comment je pourrais dire ça ? J'ai envie de dire avec beaucoup de guillemets, parce qu'évidemment, on ne peut que mettre des guillemets naturellement. Sans qu'il y ait… Contraintes ? Sans contraintes, oui. Sans… Ouais ! Naturellement, c'est explorer, découvrir le corps de l'autre, aimer le corps de l'autre, avoir le plaisir du contact physique du corps de l'autre, de soi sur le corps de l'autre et de l'autre sur son propre corps, avoir quelque chose de… Oui, d'échanger, de partager et pas à sens unique. Ce que je comprends, c'est que ton cerveau a un petit pic de satisfaction lorsque tu reproduis le modèle de l'agression ? Lorsqu'est reproduit sur toi le modèle d'agression, où ça se reproduit à ton insu ou avec plus ou moins de ta présence, mais il y a un petit pic de satisfaction, mais à ce moment-là, tu sais déjà différencier de toi l'épanouissement intime et personnel. Donc ça veut dire que dans ce petit pic de satisfaction où tu es l'objet, tu ne ressens pas d'attirance, il n'y a pas de réciprocité. Alors c'est plus compliqué que ça ? C'est plus compliqué que ça. Il y a une certaine satisfaction de se faire l'objet de l'autre. Une certaine satisfaction de… Oui, de s'abandonner au désir de l'autre. Tu as interviewé un garçon, c'est Zoregg, je crois. BDSM ? BDSM, qui décrivait très bien ça. Alors lui, de son côté dominant, mais il décrivait très bien ça. C'est-à-dire que cette espèce d'emprise bienveillante, et il insistait là-dessus, si mes souvenirs sont bons, qu'il pouvait avoir vis-à-vis des garçons qu'il dominait pour les amener à s'abandonner totalement. Et dans la soumission, c'est ça. En tout cas pour moi, c'est l'abandon total, ce qui suppose une confiance totale. L'abandon total au désir de l'autre pour qu'il te mène là où il a envie de te mener. Et si c'est bienveillant, il doit t'amener à un certain épanouissement. Et Ce n'est pas ça que tu intellectualisais à l'époque. Tu imaginais ton prince charmant. Tout à fait. Non, ce n'est pas du tout ça que j'intellectualisais à l'époque. C'est clair. Là-dessus, on est bien d'accord. À ce moment-là, il y avait une dichotomie entre ce que tu espérais et qui était un rapport plus équilibré que ce que tu vivais. Et le plaisir était différent. C'est-à-dire qu'il y avait une… Toi, tu dis que j'avais une forme de plaisir quand même avec ce mec de 18 ans. Oui, oui, oui. On va fast forward. Comment on dit en français ça ? Avancé. Avance rapide. Avance rapide. Merci. Avance rapide sur aujourd'hui, William, 66 ans. Ta sexualité que tu kiffes, Ton plaisir sexuel aujourd'hui, il est où ? Je ne sais pas pourquoi ça met tant de temps à sortir cette question un peu bête, mais je ne sais pas pourquoi. Je crois que volontairement, je nous secoue et peut-être que moi-même, je suis un peu secoué. J'ai un peu la gerbe de mon avance rapide. Et si on partait de ce passé et qu'on allait dans le présent, qu'est-ce qui se passe dans ta sexualité aujourd'hui ? Je suis en couple, je suis marié, j'adore mon mari, mais vraiment, beaucoup de complicité, beaucoup de tendresse, pas de sexe. Et là où il y a quelque chose qui m'interroge, c'est que ce n'est pas la première fois que ça m'arrive. J'ai été précédemment marié pendant 15 ans. Pas de sexe non plus. Pas de sexe non plus. Et grande complicité d'ailleurs. On part en voyage avec mon mari et mon ex-mari régulièrement. On est très complices. Très très ami, enfin c'est resté un ami mon ex, mais bon, pas de sexe. Et donc j'ai une sexualité extra-conjugale, on va dire ça comme ça. Je vais draguer des mecs, soit sur des sites, soit dans des lieux de drague. Et là, j'ai une sexualité qui reproduit le schéma de la soumission, oui. Clairement. Clairement. Je dirais qu'aujourd'hui, mon rêve, peut-être, serait d'avoir un partenaire qui accepte, qui joue le jeu de ce… Parce qu'il y a un jeu aussi quelque part là-dedans, qui joue le jeu de la domination pour ce qui le concerne et de la soumission pour ce qui me concerne, mais avec lequel… il y aurait également cette dimension de tendresse, d'écoute réciproque, d'affection réciproque et de respect réciproque, de respect mutuel. Dans l'idéal, une relation sexuelle soumise, même si dans l'acte lui-même il peut y avoir humiliation, insultes, des choses comme ça… il y a un respect qui existe et qui doit exister, à mon avis, parce que sinon, ça peut être dangereux même. Parce que toi, du coup, quand tu écoutes les épisodes avec Zorek, c'est une série de trois épisodes où lui, il a pratiqué pendant 15 ans, je crois, le BDSM et il donne un peu son chemin et des apprentissages qu'il a glanés. Toi, comment tu vis, toi qui as vécu On disait dans l'épisode 1, une série d'agressions dont les scénarios de BDSM s'inspirent parfois. Comment tu vis les discours BDSM, les gens qui disent « je veux la domination, la soumission, je veux faire une tournante ». Mais moi je rêverais d'avoir un mec comme Zorek ! Les oreilles, si tu m'entends, je plaisante. Parce que dans son discours, il y a justement cette dimension de respect, respect des limites de l'autre, respect de l'autre, etc. et amener à cet abandon, à ce lâcher prise. Mais on sent très bien que, alors, soit il y a une demande de l'autre et il n'y a pas cette dimension affective, caline, j'allais dire, etc. Soit elle peut y être. Et il parlait de son compagnon avec qui, manifestement, si mes souvenirs sont bons, il y avait cette dimension affective, etc. En dehors de la soumission ? Est-ce que toi, tu as des… Donc aujourd'hui, si on prend une photo de ta sexualité, c'est dans un commun accord avec tes partenaires. Tu as des rapports sexuels en dehors de cette relation. Oui. Et à chaque fois, c'est un mec d'homie. Oui. Qu'est-ce qui se passe dans ce rapport sexuel ? Et est-ce que tu le trouves satisfaisant ? Est-ce que tu es content ? Sexuellement, oui. Sexuellement, oui. Je veux dire, ça correspond à ce que j'ai envie, à ce qui me fait plaisir. Je suis passif. Tu es pénétré ? Je suis pénétré, je pratique la fellation, je peux pratiquer, porter un collier, être en laisse, être au pied du mec, je peux… Voilà, des choses comme ça. On ne va pas rentrer dans les détails. Tu es sur le bon podcast pour rentrer dans les détails si tu le souhaitais. Ça peut être doité, godé, insulté, obéir, voire être mis en cage, porter une cage de chasteté. Ça peut être des choses comme ça. Oui, j'y trouve mon compte. Mais il manque la dimension affective. Pour moi, une relation de soumission totalement satisfaisante, c'est qu'à la fin du jeu sexuel, parce que c'est vraiment un jeu de rôle, et je crois qu'il faut le voir comme ça, sinon ça devient du masochisme, et ça c'est encore autre chose, mais du masochisme pur et dur, à la fin du jeu sexuel… il y a cette dimension caline, affective, sensuelle, etc. Et ça, c'est une relation, pour moi, de soumission, mais complètement satisfaisante. Or, dans les rencontres que je fais avec des mecs de passage, si je puis dire, il n'y a pas cette dimension. Je suis… Allez, je vais être vulgaire à fond, je suis un cul, je suis une bouche, et puis je leur sers leur plaisir, point. Tu es le vide-couille dont tu parles. Je suis le vide-couille, oui, oui, oui. Et ça me, strictement sexuellement, ça me satisfait. Qu'est-ce qui se passe dans ta tête ? Donc attends, qu'est-ce que j'essaie de dire ? Moi, quand je dis que je suis satisfait sexuellement, c'est que je ressens plein de choses un peu partout dans mon corps. J'ai vachement envie d'éjaculer, ça monte, ça monte. Mais je sens qu'à tout moment, je pourrais éjaculer. Je me sens comme sur une brèche. Je me sens très connecté avec la personne. Je me sens comme inondé, plein de lumière. Je suis Jésus, quoi ! Non mais tiens, j'essayais d'être un peu… Est-ce que toi, si tu devais mettre en tes termes, tu devais m'amener dans ton cerveau ce moment où tu as cette relation sexuelle de soumis qui te satisfait ? Alors, je vais dire que ça dépend du partenaire, mais quand le partenaire est bon, si je puis dire, avec des guillemets, quand vraiment il me satisfait, oui, il y a quelque chose de cet ordre-là. C'est-à-dire que c'est pas seulement ton anus qui jouit, c'est tout ton corps qui jouit. Et quand tu dis « je sens que je vais éjaculer », oui, ça m'est arrivé d'éjaculer sans me toucher parce que c'était bon. Qu'il se passe un orgasme prostatique, par exemple, à ce moment-là, qui peut être assez extraordinaire. Parce que quand on a préparé cet entretien, et ce que j'ai dit dans l'intro, c'est que toi tu m'avais dit j'aime donner du plaisir et moi je ne bande pas, j'éjacule pas. Donc ça, ça arrive une fois sur deux, une fois sur trois. De quoi ? Où tu ne bandes pas, tu n'éjacules pas. Je dirais huit fois sur dix. Ah ! Huit fois sur dix, oui. L'éjaculation peut éventuellement venir après, dans un épisode masturbatoire, ou pas ? Dans un épisode masturbatoire. Tu as vu que je parle bien, quand même ? Tu parles super bien. Tout à l'heure, tu as dit « je pratique la fellation ». C'était très joli. Bon, je suce, quoi. Non, non, mais ce n'est pas du tout. Non, non, non, non. Ce n'est pas pour que tu te changes. Je te taquine un peu. C'est très joli. Un épisode masturbatoire. Ouais ? Je vais me branler et puis on va dire, t'as fait quoi cet après-midi ? J'ai eu un épisode, ma soeur. Je trouve que tu as de la classe. Excuse-moi. Toi, est-ce que dans ton… Justement, si on fait un petit point là au podcast, avec le podcast, est-ce que t'as un élan vers une autre forme de sexualité ? Est-ce qu'il y a une petite part de toi, ou pas du tout, qui aurait envie, je sais pas, d'essayer de contacter un mec en lui disant… En ne parlant pas de demi-soumis ou en disant justement je ne veux pas de demi-soumis, on se rencontre, on a un corps à corps, je ne sais pas comment tu le mentionnes. Là, aujourd'hui, non. Tu n'as pas ce désir ? Non. Tu n'as pas cette curiosité ? Pardon, vas-y, je t'ai coupé trop tôt. Je dirais, si ça se présente et que ça se fait, je ne me déroberai pas. Mais ce n'est pas ce que je recherche. C'est-à-dire, dans ma recherche, il y a cette recherche de la domination du rapport demi-soumis. Ça me déstabilise quand tu dis, parce que c'est à nouveau toi en tant qu'objet et pas en tant que sujet, si ça se présente, je ne me dérobe pas. Et du coup, je suis un peu genre… Oui, donc… Tu n'as pas envie. Il y a mon cerveau qui bug un peu. Je ne le cherche pas. Mais ça peut arriver. C'est arrivé ? C'est arrivé, bien sûr, oui. Et qu'est-ce qui s'est passé pour toi ? C'était bien. C'était plutôt sympa. J'ai eu un amant pendant plusieurs années avec qui il n'y avait pas du tout de rapport domi-soumi. Bon, il me pénétrait, je le suçais, mais ce n'était pas un rapport de domination. C'est-à-dire qu'il n'imposait rien. Il y avait beaucoup de tendresse d'ailleurs dans nos échanges, des fusions et de tendresse. C'était plutôt agréable, oui. Donc, c'est… Oui, je sais, je sais, je sais. Là, tu me perds parce que… Je suis plein de contradictions, mais je m'en rends compte. Non, non, c'est pas forcément une contradiction, c'est plus que j'ai envie de bien comprendre ton propos. Tu me dis, je cherche de la tendresse, je le retrouve pas, je le trouve pas dans ces échanges d'homisoumis, je n'ai pas encore trouvé un mec d'homis qui a après envie d'être en tendresse avec moi, et ce depuis de nombreuses années, on va dire, à la grosse louche. Et là, en creusant un peu, je comprends que tu as trouvé cette tendresse, mais sans domination-soumission. Tu me dis qu'en plus, c'était assez satisfaisant. Du coup, je ne comprends plus. Je ne sais pas s'il y a quelque chose à comprendre. Tu te sens… S'il n'y a pas de domination-soumission dans ta vie sexuelle, que se passe-t-il ? Est-ce que tu n'as déjà un jour, pendant plusieurs semaines, pas eu de domi-soumis ? Non. Sauf avec ce garçon dont je te parlais. En parallèle de ce garçon, il n'y avait pas de demi-soumis ? à la fois une recherche de ce rapport de domination-soumission, et en même temps une dimension romantique et fleur bleue. Je ne me demande pas comment ça se fait, c'est comme ça, je ne sais pas l'expliquer, mais tout en étant quand même assez conscient du fait que Quand tu vas sur des sites ou dans des lieux de drague pour rechercher ce genre de relation demi-soumis, il ne faut pas trop t'attendre à du romantisme et à un côté fleur bleue. Mais ça existe. Regarde ce que disait Zoregg, ça existe. Et j'aimerais pouvoir le vivre, voilà. Oui, toi, ton objectif, c'est pas de vivre de la tendresse dans une relation domi-soumis-optionnelle. Ton objectif, c'est pas la tendresse. Ton objectif, c'est… La tendresse, c'est le sexe. Ton principal objectif, c'est d'allier domination-soumission et tendresse. Ouais. C'est ça, ton objectif. Le rêve. Le rêve. Le rêve. Oui, oui, oui, clairement. Clairement. Pour nourrir toutes les différentes parties de toi. Oui, c'est-à-dire que toutes ces agressions sexuelles que j'ai vécues, clairement, je ne le vois pas autrement, ont conditionné mon rapport à la sexualité, oui. Enfin, en tout cas, c'est comme ça que je le comprends, que je le vis. Et de fait, oui, j'éprouve du plaisir dans cette dimension de soumission, dans le fait d'être, si je vais très loin, d'être à la merci… d'un homme qui va faire de moi ce qu'il a envie, qui va me demander des choses, qui va se servir de mon corps pour sa propre jouissance. Ce qui ne veut pas dire que la mienne n'est pas présente. Ce n'est pas parce que tu bandes pas ou tu n'éjacules pas dans le rapport que pour autant, il n'y a pas de jouissance. C'est une autre forme de jouissance. C'est beaucoup plus… J'ai envie de dire beaucoup plus cérébrale, c'est peut-être moins génital et ça infuse beaucoup plus dans toutes les autres parties du corps. Être à poil au pied d'un mec à faire ce qu'il te demande, il y a une… Comment je pourrais dire ça ? Il y a une espèce de frisson, d'excitation qui s'empare de tout le corps, qui n'est pas juste une satisfaction purement génitale. C'est comme une caresse sensuelle. Quand tu caresses sensuellement quelqu'un ou que tu es caressé, il se passe quelque chose. C'est le corps qui réagit. Là, c'est pareil. Mais ça passe… Par le cérébral, beaucoup par le cérébral, oui. C'est déstabilisant pour moi parce que tu décris avec beaucoup de calme et beaucoup de détails. un mécanisme qui se reproduit, un truc qui se reproduit. Enfin, tu l'as très bien dit. Tu as dit, j'ai vécu ces agressions qui ont conditionné. Alors, le conditionnement, c'est une souffrance. C'est péjoratif comme terme. Les termes que tu utilises sont péjoratifs. Et donc, je te vois décrire un accident qui se répète. Et je me dis, attends, s'il arrive à le décrire avec autant de détails… Freud parlerait de la répétition. Toi, tu te dis, j'ai pas le choix. Ça se répétera jusqu'à la fin de ma vie. Il n'y a pas autre chose que je peux écrire. En tout cas, j'ai pas réussi à ce jour. En tout cas, j'ai pas réussi à ce jour. Sauf une fois dans ma vie. Mais sinon, j'ai pas réussi. Et c'est… On va parler de cette fois de Céphilippe. Céphilippe, oui. Je veux juste revenir à ce que je te demandais. Donc toi, tu me dis, pour le moment, je ne suis pas parvenu. Mais ma question, ce n'était pas est-ce que tu y es déjà arrivé ou pas ? Est-ce que tu veux répondre ? Tu te mets dans mes chaussures, un instant. Et voilà, tu as quelqu'un qui décrit vraiment un cycle de douleur qui lui fait mal, qu'il subit. Il exprime qu'il aimerait s'en sortir. Parfois, il exprime que sa psyché a trouvé un équilibre. Donc, la chose se revit sans cesse. Mais la personne qui te raconte tout ça a dit, bon, je suis arrivé à… Là, je me détourne comme ça, je me protège comme ça. Là, je me mets dans cette position, ça me fait un peu moins mal. Donc, il te décrit qu'il s'est adapté. Mais tu l'entends quand même… Alors, tu emploies le mot douleur, je ne sais pas si j'irais jusque-là. Il y a… Parce que j'y trouve mon compte, moi, dans ces rapports de soumission. Oui, mais l'amour, l'amour et les sentiments et le sexe, ce n'est pas des comptes. Non. Tu y trouves tes comptes si on faisait un tableau Excel. Je pense que tu as trouvé, mais non. Tu as survécu et les chiffres sont à peu près équilibrés. Sauf que ce n'est pas un tableau… Sauf qu'effectivement, il y a une… Comment je pourrais dire ? Une division, une spaltung. Toi, tu dis, comment tu disais, une compartimentalisation entre les sentiments d'un côté et la sexualité soumise, qui me va bien, j'y prends mon plaisir, de l'autre. je n'arrive pas ou je n'ai jamais trouvé le lien entre les deux. Dans une relation, avoir à la fois cette relation, ce rôle sexuel de soumis, parce que c'est comme ça que je pense qu'on peut le dire, et en même temps, une relation de couple épanouie. Je pense que l'erreur que je… Moi, ce podcast, j'amène du moi, de la subjectivité. Donc, je ne dis pas que c'est une erreur, mais je trouve que quand même, je m'approche là des nombreuses erreurs que je commets en tant qu'intervieweur. Mais moi, je vis ma vie… La valeur la plus importante pour moi, c'est la liberté. Je ne sais pas si je dis bien les termes, mais je crois que c'est vraiment quelque chose qui régit mon quotidien. C'est très important. Et donc, moi, mon jugement… Enfin, mon opinion par rapport à ton histoire. C'est pas du tout que c'est mal d'homisoumis, que c'est mal de trouver son équilibre dans un système qui se répète. Mais je crois que j'ai beaucoup de joie et j'ai beaucoup d'espoir autour d'un autre est possible, autre chose est possible. Je mets beaucoup d'espoir dans ton histoire et c'est moi qui projette parce que j'ai envie d'avoir de l'espoir, parce que j'ai envie que tu trouves les clés. Et je me dis, tu vois, j'ai envie de te dire, parce que tu parles beaucoup d'être pénétré, je dis mais est-ce que tu as déjà pénétré quelqu'un ? Et est-ce que tu as envie de pénétrer quelqu'un ? Et quelque part dans ma tête, le sexe, ça s'apprend. C'est-à-dire que tu as été conditionné parce qu'un cerveau d'enfant se conditionne quand à répétition il arrive quelque chose. Et j'aurais envie d'avoir l'espoir qu'après le conditionnement, l'apprentissage est possible et donc il est possible pour toi de reprendre ton libre arbitre. Et après de choisir, si tu le souhaites, BDSM, domisoumis, pas domisoumis, tout ça m'intéresse moins que de se dire que tu n'es pas pris dans une tempête qui se répète sans cesse. Et excuse-moi, je vais rajouter un truc. Et du coup, mon cerveau se dit, et ça… les gens qui m'aiment et que j'aime autour de moi me pointent du doigt dès que je suis un monsieur solution j'adore trouver et imposer des solutions et les gens me disent mais tais-toi avec tes solutions ça ne m'aide pas du tout mais si j'avais envie de te donner des solutions dans ma tête j'étais là putain je pense qu'on peut trouver des assos de personnes qui ont été victimes d'agressions et de viols avec des psys qui ont je pense que les processus de survie doivent être mis dans des thèses. Je pense que des psys seraient capables de nous dire « ben oui, un cerveau humain, ça n'a aucun rapport avec William ». En gros, voilà ce qu'on observe, voilà comment une personne qui a été victime réagit. Tu sais bien que chaque cas est singulier. Oui, mais je crois qu'il existe des… J'ai envie d'avoir l'espoir qu'il existe des associations qui ont fait le taf de dire « ok, quelqu'un qui a vécu ça, on peut lui offrir plusieurs types d'outils ». pour reprendre un espace et que cette répétition, on peut l'arrêter. Est-ce que toi, tu t'es renseigné d'assaut ? Non, j'ai envie de dire, je n'ai pas très envie d'aller là-dedans. Je n'ai pas envie qu'on me considère comme une victime. La victimisation, ce n'est pas mon truc. C'est deux choses très différentes. Si tu me gifles, je suis victime de ta violence, mais je ne me victimise pas. Tu m'as giflé. Oui, mais souvent dans ce genre d'assaut, la victimisation n'est pas loin. Tu ne le sais pas puisque tu n'as pas essayé ? Je vois ce qui se passe avec les associations de femmes, par exemple, victimes de viols, etc. Il y a quand même tout un discours victimaire. Pas forcément de la part des femmes victimes, mais de la part des associations. Je suis mal à l'aise avec ça. Oui, j'entends. Je suis mal à l'aise avec ça. Je suis un peu déçu parce que j'avais ma petite solution, mais je la remballe. Tu as cette image qu'à partir du moment… Parce que moi, en effet, ça voudrait dire que pour que s'arrête la tempête qui se répète, il faut mettre les mots. Et après celui d'agression, il faut mettre victime. Pour après pouvoir tisser autre chose. Il faut peut-être mettre les mots de victime sans s'identifier à la position de victime. Tu fais quoi ? Je suis autre chose qu'une victime. Oui, je suis victime, mais je ne suis pas qu'une victime. Et je n'ai pas envie d'être identifié à la position de victime. Qui t'identifierait ? Un discours de certaines associations, par exemple, qui ferait que je serais identifié à cette… À ce terme de victime, je suis bien autre chose, et fort heureusement d'ailleurs. Alors moi, on ne rejoint pas les goûters de l'association, on ne rejoint pas l'association, on chope les psys de l'assaut qui nous donnent les outils. Je fais un travail… Un engagement militant derrière mon idée. Non, non, j'entends bien, mais j'ai choisi moi de voir un psy que je vois depuis un certain temps et qui m'aide à… à avancer sur ce terrain-là. Mais alors, pour répondre à ta question, parce qu'il y a un truc que j'ai laissé en suspens, ce qui m'arrive en ce moment, et de façon très surprenante pour moi d'ailleurs, c'est que j'ai envie d'inverser les rôles. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, et très étonnamment avec des hommes plus jeunes que moi, Peut-être justement c'est une autre façon de répéter le schéma, j'en sais rien. Mais j'ai envie de jouer les dominateurs. Peut-être parce que je connais bien ce que… Oui, je pense que je peux dire que je connais bien ce que c'est que d'être soumis. Que j'ai une idée de ce que c'est que les attentes de quelqu'un qui est dans cette position-là. Et que… Le mot qui me vient, c'est initier un jeune homme ou quelqu'un qui en a envie à ce rôle de soumis, avec tout le respect, encore une fois, que ça suppose, me permettrait peut-être de trouver cette dimension qui permet d'allier ce type de rapport et cette dimension de tendresse. En tout cas, depuis quelques mois, il se passe quelque chose de ce côté-là. Mais on reste dans un rapport d'homisoumis. Oui, on reste dans quelque chose… Parce que c'est ce que tu souhaites. Parce que c'est ce que je souhaite, oui. Parce que je m'y… Je vais encore te perdre, mais purement sexuellement, je m'y épanouis. Hum. Moins que quand tu avais cet amant où il n'y avait pas de domisoumis mais de la tendresse, ça t'épanouissait moins. Ça m'épanouissait moins, oui. C'était agréable, c'était très agréable, mais ça m'épanouissait moins. Et l'idéal serait d'avoir ce rapport domisoumis et cette dimension tendre d'affection, caline aussi, pourquoi pas, jusque-là. Et mon blabla sur moi, la valeur de la liberté qui est très importante pour moi, et le fait que quand je vois que je suis dans des cycles qui se répètent, ce désir d'être une personne libre et de pouvoir en sortir, ça te parle ? Bien sûr que ça me parle, sinon je n'aurais pas entamé une psychanalyse pour essayer de… d'en sortir, justement, de comprendre ce qui se passe dans cette répétition-là. C'est un peu hors-sujet du podcast, mais tu sais à qui tu parles en psychanalyse. Non, tu sais ou pas ? Bah oui, pourquoi ? Parce que, pardon, moi j'ai fait dix ans de psychanalyse, et mon précédent podcast, c'est sur la psychanalyse. Je sais. Et pardon, c'était pas du tout le ton que j'ai employé en disant « tu sais à qui tu parles ». Je veux dire, en tout cas, je me suis beaucoup pensé, je me suis pensé sur le sujet, oui, je me suis penché sur le sujet aussi. J'ai fait dix ans de psychanalyse et je crois que quand je disais les assos et des psy un peu plus outillage me semble être quelque chose que moi en complément aurait été très utile parce que sur les questions, on va en parler dans le troisième épisode, mais moi j'ai eu et j'ai encore beaucoup de dissociations je n'ai pas été victime tu n'aimes pas le terme j'ai subi des agressions mais pas des agressions verbales mentales, cérébrales j'étais insulté, j'étais harcelé autour de l'homosexualité d'être une tapette d'être le pénétré, l'enculé, le pédé ça a défoncé ma vie sexuelle ça l'a défiguré Et encore aujourd'hui, je combats cette dissociation où en fait, dans le rapport sexuel, je sors de mon corps et je suis dans le cérébral, c'est-à-dire le domi-soumi, moi, est un des seuls endroits où quelque chose peut se passer. Parce que je suis en sécurité déconnecté. Voilà, moi, je te la fais très courte, etc. Et donc, en psychanalyse, j'ai répété et répété et répété dans le processus de la psychanalyse cette dissociation, comment je ne m'aimais pas, comment j'avais peur d'être gay, homosexuel, etc. Et je n'en tire pas que des mauvaises choses. Mais j'ai vu après d'autres psys beaucoup plus thérapie courte, avec des personnes formées et focalisées sur justement la question de l'homophobie. Et en fait, c'est le jour et la nuit. Il y a des clés, des outillages et que la seule répétition freudienne… J'ai une petite dent contre la psychanalyse. Après, ce que tu poses comme postulat, c'est que cette répétition, comme je dis, ça a conditionné ma vie, ce serait forcément quelque chose dont il faut sortir. J'ai envie de dire, pourquoi ? Après tout, si j'arrive à trouver un épanouissement là, pourquoi faudrait-il en sortir ? Pour moi, ça ne me dérange pas d'être dans cette répétition. La seule chose qui me pose problème aujourd'hui, c'est cette déconnexion. entre ma vie de couple, ma vie sentimentale et ma vie sexuelle. Et c'est là la difficulté. Mais dans ma vie sexuelle, cette position de soumis ne me dérange absolument pas. Elle fait partie de moi, elle est constitutive de ce que je suis, dis-le comme tu veux, mais… Bon, certains pourront considérer que c'est pervers, que c'est mal, que c'est je sais pas quoi. C'est leur problème, c'est pas le mien. Moi, je prends mon pied là-dedans. Clairement. J'ai pas forcément envie d'en sortir. Même si j'en vois l'origine, même si j'en mesure, je vois le chemin, etc. J'ai pas envie d'en sortir. J'y suis bien dans ce rôle-là. J'ai simplement… envie d'arriver à concilier, à réconcilier cette dimension sexuelle et la dimension affective. Et c'est ça que je n'ai pas réussi à faire. Sauf avec Philippe. Sauf avec Philippe. On parle de Philippe dans l'épisode 3. Allez. Ça te va ? Ça me va très bien. Pipi ? Non. Non.

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