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On se lance ? C'est parti ! Top ! Salut Zoé ! Salut Guillaume ! Zoé Blanc-Scuderi, tu es sexologue depuis 7 ans. On a déjà fait des épisodes ensemble sur l'addiction et la pornographie. Les auditeuristes peuvent remonter dans leur historique d'épisodes. Aujourd'hui, tu vas répondre à la question de Nicolas de Marseille, un auditeur qui essaie de comprendre pourquoi il aime autant l'éjaculation faciale.
Alors selon Wikipédia, l'éjaculation faciale est une pratique sexuelle qui consiste à expulser son sperme sur le visage d'une autre personne. Pour qu'on soit un peu tous et toutes d'accord, pratiquée en groupe, elle est connue sous le nom de « bukkake ».
Et si ça te va, je te lis ce que Nicolas nous écrit. Depuis des années, que cela soit avec mon partenaire ou d'autres hommes, je demande à ce que l'on éjacule sur mon visage. Il est vrai que dans ma pratique, j'aime énormément être soumis. J'aime l'accomplissement et l'extase d'un homme sur mon visage. J'aime quand, après avoir assouvi les fantasmes de mes deux potes, je m'allonge sur le lit et les deux se mettent à genoux au-dessus de moi pour se vider.
C'est précisément ce moment qui m'excite le plus, voir leurs deux sexes se vider et voir le regard qu'ils m'offrent. Mais je ne sais pas ce que je ressens émotionnellement à ce moment-là, juste je kiffe. Alors j'ai essayé de chercher des renseignements sur la symbolique des éléments qui rentrent dans une faciale, le visage, ce que l'on présente à l'autre et notre identité de départ, l'éjaculation sur le corps qui serait la domination masculine, etc.,
Mis à part de vieux articles doctissimos, je ne sais pas vraiment si la faciale représente quelque chose de manière globale ou si c'est juste une pratique sexuelle. Peut-être que je cherche trop, mais ça me trotte dans la tête à chaque fois que je suis dans cette situation. Je ne ressens pas de honte, pas spécialement d'humiliation, ou alors peut-être que je l'ai tellement banalisé que c'est la source première de mon excitation à ce moment-là. Est-ce que cela a un rapport avec mon passé et mon vécu ? Est-ce que juste, c'est une habitude, une pratique sexuelle ?
Voilà Zoé, le message de Nicolas. Est-ce que tu as des premières idées ? Oui, alors j'ai plusieurs premières idées. Mais la première chose, je pense, c'est celle de… En fait, il n'y a pas une symbolique universelle derrière une pratique sexuelle. C'est-à-dire que la symbolique qu'on va y mettre, qu'on va y trouver, alors il y a en effet des sortes de…
consensus, souvent les gens vont aimer tel truc parce qu'on va y projeter que c'est de l'humiliation par exemple ou de la dégradation mais ce qu'il constate Nicolas c'est que c'est pas ça qu'il ressent et là les propositions les pistes de compréhension de cette pratique que je peux proposer c'est des pistes qui me sont venues en analysant un petit peu son message et puis en pouvant imaginer ce qui se joue dessous mais peut-être que c'est pas du tout ça non plus
Je pense que c'est hyper important quand on cherche la symbolique de quelque chose de se faire d'abord confiance à soi-même. Parce que si ce qu'on lit ou ce qu'on entend, ça ne nous parle pas, c'est que ce n'est pas ça. Moi, ce que je trouve hyper touchant dans la manière dont il raconte Nicolas, c'est tout le vocabulaire qu'il utilise et la manière dont il semble surpris.
C'est comme s'il était surpris d'être excité sans se sentir honteux, sans se sentir humilié, alors que c'est ça qu'il a l'habitude qu'il excite. Et je trouve beau qu'il puisse s'autoriser aussi potentiellement à vivre quelque chose qui sorte de son habitude d'érotisme. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. Tout à fait, ouais.
Et dans les mots qu'il utilise, déjà, il parle souvent de personnes avec qui il a un lien affectif important. Il parle de son partenaire qu'on peut imaginer amourir. Il parle de ses amis. Et donc, moi, ce que je vois dans cette symbolique autour de la faciale, c'est quelque chose du lien, quelque chose aussi de l'amour, en fait, qui est échangé entre partenaires. Et puis, j'ai l'impression, lui, il se place de la…
Il les regarde. Ce n'est pas qu'il se voit de l'extérieur en s'excitant, en se disant « waouh, je suis dégradé par l'autre ». Il les regarde et ce qu'il voit l'excite. Et ce qu'il voit, c'est leur regard. Leur regard, leur sexe. Et puis la manière dont il en parle, j'ai l'impression que c'est comme si c'est ses potes qui sont en train de lui offrir quelque chose. Comme si c'était lui qui recevait un cadeau, qu'il en était digne de ce cadeau.
Et puis, du coup, je me dis, c'est comme s'il y a une sorte aussi de fierté silencieuse de son côté. C'est la preuve, en fait, que moi, je suis l'auteur de leur plaisir. J'en ai la preuve. Il le dit à un moment. Oui, c'est vrai, c'est vrai. J'ai l'impression que c'est comme s'il y a à la fois lui, narcissiquement peut-être, se dire « Waouh, je vaux quelque chose, j'ai de la valeur, c'est la preuve de ma valeur de ça. »
J'ai l'impression qu'il y a aussi une sorte potentiellement d'inversion du pouvoir. À un moment donné, c'est lui qui réalise tous leurs fantasmes
potentiellement violent, potentiellement humiliant, etc. Et au moment de l'orgasme, c'est lui qui devient le maître de leur plaisir. C'est vachement… Ils se sperment comme une offrande, en fait, un peu, d'une certaine manière. Il y a même quelque chose un peu de divin, comme ça. Je suis le maître, et ces hommes, avec leur regard et leur sperme, font des libations. Je trouvais qu'il y avait quelque chose d'inversé, comme ça, dans le…
dans le pouvoir, pardon mais je t'ai coupé non pas du tout, je trouve ça vachement intéressant parce que dans la petite définition Wikipédia que j'ai lue en fait j'ai coupé le moment où Wikipédia dit que l'éjaculation faciale a été popularisée dans les films pornographiques
Qui l'utilise comme conclusion de nombreuses scènes. Et en fait, je n'aurais pas dû couper ça parce que je me demande dans quelle mesure Nicolas, il a grandi comme moi avec du porno ou l'acte de l'éjaculation faciale, elle n'est que humiliation, elle n'est que soumission. Ou en tout cas, elle l'est comprise comme ça. Moi, c'est comme ça que je l'ai comprise, comme ça que j'ai compris la pratique.
Et là, comme tu dis, il a l'air d'être étonné de se dire, moi, alors que pourtant j'aime Atsumi, dans ce moment-là, il n'y a pas ça. Et ça me fait nous poser une super question, je trouve, qui est, quand j'ai envie, est-ce que je m'autorise, qu'est-ce qui existe quand je m'autorise à sortir du script pornographique ? Des scripts avec lesquels j'ai grandi ?
Ou tu vois le script ça veut dire cette position ça veut dire ça, cette autre position ça veut dire ça. Par exemple c'est la même chose quand on se sent pénétré, donc moi je suis pénétré puis en fait je sens une grande ascendance dans ce rapport sexuel, la personne qui me pénètre en fait est allongée sur le dos par exemple, je l'enfourche, c'est moi qui décide le rythme, c'est moi qui peut-être le tient par le cou ?
Et quelque part, d'être un peu surpris de dire, ah mais donc attends, je peux être passif et un petit peu jouer sur l'aspect domination. Qu'est-ce que tu penses ?
Je pense que ce qui est intéressant, dans ce que tu dis, c'est pas forcément qu'on change le script, parce que finir par une faciale, c'est très très scripté quand même. Par contre, on change la symbolique et on s'autorise à y vivre ce que nous, on souhaitait y vivre. Et parce que le porno et l'imaginaire nous y a mis. Comme tu dis, le fait de se faire pénétrer, c'est pas forcément le fait d'être passif, justement, ou d'être pris par l'autre. On peut avoir l'impression qu'on prend en soi, justement. Et donc, du coup,
je pense que c'est hyper intéressant et jouissif en fait de se laisser aller et de reprendre le pouvoir et de reprendre le pouvoir si ça nous excite de reprendre le pouvoir il y a plein de gens que ça excite justement de ne pas l'avoir alors non là j'entendais plus c'était pas tellement la dynamique ou le pouvoir dans la sexualité mais c'est plus de comprendre ok qu'il y a des scripts des narratifs qui sont écrits accolés à chaque pratique ah oui dans ce sens là de prendre le pouvoir sur le porno mainstream de définir nos sexualités
Ouais ! Ouais, c'est clair. J'ai envie qu'on élargisse notre réponse. Je me demande, toi, est-ce que tu peux conseiller les auditeurices quand est-ce que cérébraliser, c'est trop ? Quand est-ce que… C'est quoi la bonne mesure entre se poser des questions sur sa sexualité, aller faire des recherches, trouver des symboliques, etc.,
Et le moment où, en fait, c'est un peu… Je me pose tellement de questions que ça étouffe mon rapport au corps, ça étouffe ma sexualité. En gros, moi, j'ai aussi ressenti, en lisant le témoignage de Nicolas, tu vois, quand il dit « ça me trotte dans la tête à chaque fois que je suis dans cette situation ».
Je me suis dit « Tiens, je trouve que c'est intéressant à la fois, il a l'air de se poser des chouettes questions et c'est peut-être un mouvement, justement, de reprise de pouvoir, de se dire « Tiens, pour moi, l'éjaculation faciale, ça veut dire plein d'autres choses. »
Et je me suis aussi demandé, ouais, mais à l'inverse, est-ce qu'il n'est pas en train de surcérébraliser parce qu'on a au fond une honte ? Donc là, on est d'accord, c'est beaucoup de la projection et c'est du blabla sur un témoignage et seul Nicolas connaît la vérité. Mais moi, je sais que quand je cérébralise trop, c'est quelque part que j'ai honte de la pratique. Donc, j'essaie de la comprendre, mais parfois aussi pour ne pas la vivre.
t'en penses quoi ? ce que j'en pense c'est que nos sexualités elles sont je dirais une matière brute enfin en tout cas nos fantasmes une sorte de matière comme ça d'introspection, de compréhension de soi de résolution aussi souvent de traumatisme de choses qui ont été difficiles pour nous c'est ce qu'on appelle des fantasmes défensifs souvent des fantasmes très excitants mais
avec lesquelles on n'est pas toujours très à l'aise, et puis qui nous permettent de résoudre d'une manière positive, on va dire ça comme ça dans la sexualité, des choses qui n'ont pas forcément pu l'être dans la vie ou dans notre histoire. Je vais donner un exemple, ça sera peut-être plus clair. Par exemple, le fait de pouvoir être aimée en entier comme je suis sans avoir besoin de performer.
Typiquement, c'est quelque chose qui peut en fait être la recherche par laquelle… Enfin, on accède à ça par la recherche de la soumission, par exemple. Si je suis dégradée, par exemple, par une facette pour rester dans le thème, et qu'on aime toujours, alors ça veut dire qu'en fait, je suis aimable sans avoir besoin de devoir paraître parfaite. Je donne un exemple comme ça. Ça me parle. Bon.
Et du coup, encore une fois, je viens de plaquer une explication comme ça. C'est certainement bien plus complexe, bien plus subtil pour chaque personne, chaque contenu sexuel. Mais du coup, je pense que c'est ça. Je pense que le truc où on ne se sent pas à l'aise, c'est parce qu'on est en train de toucher à quelque chose de très profond, de très intime, de notre fonctionnement, de nos défenses, etc.
Et du coup, on le résout positivement grâce au fantasme sexuel. Et en même temps, on s'en défend, tu vois, par rapport au fantasme complétif, où là, c'est une sorte un peu de « j'arrive à être en lien avec ça ». Moi, par exemple, c'est une de mes théories sur aussi ce qu'il ressent, Nicolas. C'est qu'en fait, il a des fantasmes où il vit beaucoup d'humiliation, de honte, de dégradation.
Donc c'est un fantasme certainement qui comporte pas mal d'éléments défensifs. Et puis sur la fin, c'est comme s'il y avait une sorte de fin heureuse, l'accomplissement joyeux d'un fantasme au préalable violent. Mais c'est comme si on ferme la boucle.
et puis là ça va, là je suis en lien là on est dans le regard l'un de l'autre là je vois qu'on prend soin de moi après avoir été dégradé tu vois il y a un truc un peu comme ça de résolution, on se retrouve dans le lien, même comme ce sperme qui pourrait être une forme d'empreinte ou de marque d'affection, d'attention et pas non, une marque de la destruction tu vois, et ça c'est codé c'est lui qui le code comme ça je trouve ça non dis-moi
Vas-y, vas-y.
Je trouve ça passionnant. Honnêtement, là, tu me secoues. Fantasme défensif, fantasme complétif, c'est ça ? Alors, moi, je ne connaissais pas ce concept et il me parle tout de suite. C'est-à-dire, je me dis, ah ouais, mais parmi tous mes fantasmes, je sens la différence entre les deux. Tu as très bien expliqué, mais moi, je sens même dans ma vie intime. Ah oui, je vois qu'il y a des fantasmes. Je n'ai pas le même lien au corps, à l'autre, à moi et à ma psyché avec ça.
C'est un fantasme défensif, c'est forcément quelque chose qu'on pourrait s'inviter à réparer, c'est-à-dire à arrêter de pratiquer, à digérer, réparer pour justement une sexualité plus épanouie ou pas forcément en fait, il y aura toujours dans nos cheminements humains du fantasme défensif ?
Alors, je pense que ça va plutôt dans l'autre sens parce que je pense que se défaire d'un fantasme, je ne sais pas si tu as déjà essayé, mais je pense que c'est vraiment quasiment impossible. Surtout si c'est des fantasmes défensifs qui sont là pour venir à la rescousse de ton psychisme. Il s'est passé un truc à un moment donné dans ta vie tellement hardcore que ton érotisme est venu à la rescousse et s'est dit…
Il faut qu'on le sauve, il faut qu'on le protège et on va balancer du plaisir dessus. On va balancer de l'excitation parce que l'excitation, c'est une émotion tellement puissante, tellement forte qui surpasse tout. Et donc, du coup, on va friser le problème, en fait, si tu veux. Donc, c'est un mode de défense archaïque même. On ne peut pas aller contre. Par contre, ce qu'on peut faire, et c'est là un peu à la fois le piège et à la fois une résolution, c'est…
C'est plutôt, si on fait un travail sur soi, psychothérapeutique, sexothérapeutique, même sexoanalytique, où on va vraiment analyser ses fantasmes, ce qu'ils signifient, qu'est-ce qui se joue à l'intérieur, etc. En fait, si on arrive à résoudre dans notre quotidien, dans notre vie consciente, les enjeux, par exemple, sous-jacents à ces fantasmes défensifs, en fait, ce qui va se passer, c'est que les fantasmes vont perdre en puissance érotique.
Et donc, du coup, ça peut être à la fois soulageant, agréable, quand on n'est pas à l'aise avec ces fantasmes. En même temps, ils vont perdre aussi de leur puissance. Et puis, on n'a pas forcément envie que nos fantasmes perdent de leur puissance. Alors, t'inquiète pas. Après, il y en a d'autres qui se construisent. Et puis, on va en construire des fantasmes plus complétifs. Et puis, certainement que ces fantasmes très archaïques, très puissants, ils ne vont jamais perdre complètement leur puissance. Mais ils peuvent s'en trouver diminués.
J'ai aussi un préjugé dans ma vie sexuelle à moi. Je suis plus inspiré et nourri par mes fantasmes complétifs quand j'ai un rapport sexuel avec des éléments dedans qui m'excitent. Mais que cette excitation, je n'ai pas besoin de mettre une distance où il n'y a pas des petits morceaux de honte qui flottent. J'ai aussi un peu le préjugé que moi, j'ai plutôt envie d'une sexualité où mes fantasmes défensifs s'amenuisent ou s'épuisent.
Pour laisser de la place à des scénarios, des envies, des pratiques bien complétives, bien profondes. Non, c'est moins ou ? Non, mais je pense que c'est tout à fait… T'as raison, je pense.
elle est terrible. La honte, ça bouffe tout. Tout le monde ne ressent pas forcément une honte au point de vouloir enlever ses fantasmes. La honte n'est pas proportionnelle à l'intensité du fantasme. Il y a des gens qui peuvent ressentir beaucoup de honte pour un fantasme qui pourrait paraître assez banal pour d'autres. Je ne suis pas en train d'essayer de spoiler des fantasmes.
Mais disons que la honte, elle est suffisamment lourde pour indiquer qu'en effet, il y a peut-être quelque chose à creuser, à résoudre autrement. Parce que ça a l'air de te faire du mal. J'ai une question pour toi. Est-ce qu'une pratique sexuelle peut avoir…
Des éléments défensifs et des éléments complétifs. Je vais donner une illustration. Justement, j'attends la fin de l'épisode pour raconter mon éjaculation faciale. Comme ça, on est entre nous, on est bien. Mais j'ai vraiment senti la dernière fois qu'on m'a éjaculé sur le visage. J'avais un vrai désir joyeux, profond, ancré.
En fait, tu vois, j'étais allongé sur le lit et la personne était à quatre pattes au-dessus de mon visage. Et moi, ce que j'apprécie beaucoup dans cette position, c'est de voir tout son corps. Je vois à la fois ses yeux, son regard, à la fois son torse, son corps, tu vois ce que je veux dire ? Et son sexe.
Et j'adore cette position pour ça. Et peut-être dans… Donc ça, je dirais complétif. Et après, dans l'aspect un peu défensif, il y a quand même… Moi, je suis désolée, les seules personnes qui se font éjaculer sur le visage, c'est dans tous les films pornos que je regarde depuis tout petit, c'est qu'une façon d'humilier, de…
Après, il y a eu récemment des vidéos où le partenaire se met à lécher ou à embrasser. Là, je trouve que ça change la dynamique de l'éducation faciale. Ou bien une vidéo où chacun s'éjacule facialement l'un après l'autre, qui aussi casse le script. Mais oui, moi, je suis défensif sur le côté un peu de soumission.
qui m'attire, parce que pour moi c'est un lâcher prise exceptionnel, je m'autorise, et d'ailleurs c'est comme on parlait sur le podcast, mais dire fuck à toutes ces normes et ces obligations de surtout pas avoir l'air trop efféminé ou trop soumis, parce que sinon je perds du pouvoir en tant qu'homme, le fait de dire mais allez vous faire voir, et moi genre avec cette personne avec qui j'ai confiance, qui je me sens bien, j'offre ça, mais il y a quand même du défensif.
Je reprends ma question. Je voulais juste peut-être ajouter un truc. Je pense que la soumission n'égale pas la défense. Ce n'est pas parce qu'on a un fantasme BDSM que c'est forcément un fantasme défensif. Je pense qu'il y en a beaucoup là-dedans. Je vais peut-être ajouter une nuance. Je pense que le fantasme défensif peut aussi plus se reconnaître au fait que, quelque part, l'autre devient un instrument
De mon fantasme. Alors que dans la partie complétive, je suis vraiment en lien avec l'autre et son altérité. Je ne sais pas si tu vois ce truc-là. Et en fait, c'est pour ça que je dis que ça se joue pas mal dans la fantasmatique BDSM, parce que le BDSM est une sexualité qui met aussi quand même beaucoup en scène justement les histoires qu'on se raconte. Parce que, par exemple, les inversions de pouvoir, ou en tout cas les jeux autour du pouvoir…
C'est parce qu'on a fait cette narration-là. Comme tu dis, une faciale, ça reste du sperme qui atterrit sur une surface. Une surface qui accueille… Tu vois, même les mots qu'on utilise, c'est déjà en train de créer une narration. Donc, je pense que c'est ça. C'est que dans ces éléments-là, quand tu décris cet homme, tu vois son corps et que tu le regardes, etc., tu peux être quelque chose…
de très complétif à ce moment-là, en fait. C'est pas forcément défensif parce que là, t'es en lien avec lui et avec qui il est. Si peut-être à ce moment-là, je sais pas, tu le regardes mais qu'en même temps, tu sais qu'on peut se jouer un peu une scène en arrière-fond de notre regard où tu te racontes un truc comme quoi t'es vraiment…
c'est vraiment la dernière des je ne sais pas quoi, pour qu'on t'humilie comme ça et que c'est ça qui t'excite. Là, tu serais en train d'utiliser un peu l'image de l'autre, ce qu'il est en train de faire, pour venir créer ton fantasme défensif. Mais du coup, ta réponse à ma question, c'est non, une pratique sexuelle ne peut pas avoir du défensif et du… Si, pardon. Bien sûr que si. Parce que justement, c'est en fonction des éléments. Si on est hyper fin de se dire, ok, ben…
Quand il me regarde comme ça, ça me permet de me raconter cette histoire sur moi. Je ne sais pas qu'il est plutôt d'offensif, par exemple. Mais quand je sens le liquide sur moi, je me sens connectée, je me sens en lien, je sens qu'il m'aime. Il y a un truc un peu comme ça. Oui, bien sûr qu'il peut y avoir plusieurs éléments. J'imagine que pour moi, c'est la dominante
Moi, en tout cas, je conclurai sur, dans mon épanouissement intime, ce rapport au féminin, masculin, ce rapport à la soumission, domination. Et il y a un truc qui se passe pour moi à cet endroit-là. Et c'est vrai que j'aimerais bien continuer à l'explorer. Voilà. Est-ce que tu as une dernière bafouille, un dernier mot où je conclue ?
Peut-être juste qu'on pourrait ajouter… Oui, quand tu as posé la question de à quel moment est-ce que c'est trop cérébralisé et puis que ça coupe de la sexualité, je pense que c'est hyper intéressant de pouvoir réfléchir à nos sexualités comme des miroirs de nos inconscients, mais de le faire dans un moment qui est distancié de la sexualité pour nous permettre aussi de vivre tout ce que la sexualité est là à nous apporter d'intenses.
Oui, ne pas s'échapper du rapport sexuel, ne pas l'interrompre par tout un tas de raisonnements rationnels qui nous déconnectent du corps pendant le sexe. C'est ça que tu dis ? C'est surtout que ce n'est pas grave si je ne comprends pas la maintenance qui m'excite.
Il l'a bien dit. Il dit « En fait, je ne comprends pas ce qui m'arrive, je ne comprends pas ce que j'ai comme émotion, mais juste je kiffe. » C'est super. Continue à juste kiffer. Puis à côté, en dehors de ta sexualité, peut-être tu peux continuer à réfléchir si ça t'intéresse avec l'aide d'un thérapeute ou pas, ou des lectures, ou juste ton introspection et des discussions peut-être avec tes partenaires.
Mais de le faire dans un moment de décalé, c'est pas grave quand on comprend pas tout ce qui nous arrive dans la sexualité, parce que la sexualité, c'est un moment aussi où on doit ressentir des choses, pas juste les penser. Ouais. Et puis même peut-être s'abandonner si on a envie. Ben ouais. Parfait, cette conclusion. Cool. Ça te va ?
Ça me va très bien. Pour toi aussi, Guillaume ? C'est parfait. J'ai un message aux auditeurs ici. Vous voulez poser votre question à Zoé ou aux autres experts, expertes que j'arrête, qui veulent bien répondre à nos questions. C'est sur le site du podcast, à la page témoigné. Il y a un petit onglet sur la hotline du podcast. C'est là où vous pouvez remplir toutes les infos.
Re, un grand merci à toi Zoé. J'ai envie de te faire un peu de pub. Tu as fondé Sexopraxis, le plus grand centre consacré aux sexualités en Suisse.
Merci beaucoup pour ton invitation et ta confiance renouvelée. C'était un plaisir. Avec plaisir. Les auditeurs peuvent aller écouter les épisodes qu'on a fait ensemble sur l'addiction et la pornographie qui sont super chouettes. Et encore un grand merci. Je te dis à bientôt Zoé. À bientôt Guillaume.