Lire la transcription de cet épisode
Benjamin, bienvenue sur la terrasse des deux auditeurs qui m'accueillent ici à La Réunion depuis quatre semaines. Toi Benjamin, tu cherches l'amour et tu galères. Comment faire sur une île ? Faut-il que je le rappelle, La Réunion est une île au milieu de l'océan Indien. Donc comment faire sur ton île où tu as l'impression de vite connaître tout le monde et d'avoir peu de prétendants ?
Et puis, quand tu trouves chaussure à ton pied, ou plutôt tong à ton pied, parce qu'ici c'est l'été et il fait chaud, tu vois bien que tu as du mal à construire au final une relation de couple, même quand tu trouves. Moi, mon rêve, Benjamin. Tu prêts à entendre mon rêve ? Je suis prêt. Et c'est qu'avec ce podcast, tu rencontres l'amour que des célibataires de Lille t'entendent.
tombe sous ton charme, parce que du charme Benjamin, tu en as beaucoup, et qu'il t'écrive. Et je te propose qu'on trouve ensemble des astuces pour t'aider toi et tous les auditorices qui, comme toi, cherchent mais ne trouvent pas l'amour. Durant notre pré-entretien, l'échange en visio qu'on fait pour préparer cet enregistrement, je me suis mis en mode détective pour lister les pistes et les causes, les possibles causes de ton souci.
Piste numéro 1, tu n'aimes pas vraiment ton corps. Alors je me demande, si on ne s'aime pas, peut-on se laisser aimer par l'autre ? Piste numéro 2, ton coming out n'est pas totalement fait. Tout le monde le sait, sauf ton père. Est-ce que le lui dire te libérerait et te permettait de trouver l'amour ? Point d'interrogation. Piste 3, tu as une règle de 3 dates, 3 rencontres avant de coucher ?
On va se demander si c'est une bonne règle pour toi ou si c'est trop restrictif. Numéro 4, tu as un blocage niveau sexuel. Tu te sens vers ça, mais quand tu es actif, tu éjacules trop vite et ça te stresse. Est-ce que c'est ça qui peut aussi empêcher de te connecter à l'autre ? Et enfin, numéro 5, en fait ou bien tout simplement, tu habites sur une île.
Il n'y a quand même pas loin d'un million d'habitants, mais il y a peu de prétendants. Et tes amis ont d'ailleurs le même souci, tes amis gays. Les hommes mariés discrets, ça court les rues. Les gars dispo pour une relation, pour le coup, ça, c'est comme les litchis. Après janvier, c'est rare. Petite blague locale. Je vois que tu n'as pas ri. Mais le litchi qu'ici, on appelle l'etchi. Tout à fait.
C'est le fruit star de la Réunion, surtout en ce moment c'est la saison et moi j'en mange matin, midi, soir. Bon, je m'égare, est-ce que tu as une petite réaction à partager ou est-ce qu'on se lance dans notre enquête ? Sachant que je vais te demander pour commencer de tirer ta question magique en choisissant un chiffre de 1 à 77. Alors je pense qu'on peut déjà commencer directement, on va dans le vif du sujet. Et de 1 à 77, je vais choisir le numéro 34. Pourquoi ?
Vraiment au hasard. Il n'y a pas de raison. Ok. Nous allons le découvrir. Question numéro 34. Je ne sais pas si tu as écouté les épisodes plus récents, mais ça, c'est une liste de questions que des auditeurs ont transformées en petites cartes. D'accord. Qu'on se distribue dans nos apéroditeurs, dans les rencontres et tout. Oui, j'ai cru comprendre dans certains podcasts. Façon de briser la glace ?
Comment le porno influence-t-il ta sexualité ? Première question, est-ce que cette question est intéressante pour toi sur ton chemin d'intime ? Est-ce que ça te touche dans le mille ou tu vois pas le rapport ?
C'est pas que je vois pas le rapport, mais j'ai réussi à détacher le porno de la sexualité en fait. Ah ouais ? Ouais, tu sais quand on grandit, on grandit avec le porno et on se dit que c'est ça la sexualité en fait, alors que pas du tout. Et je pense que je suis à un stade de ma vie où j'ai compris que le porno c'est pas la sexualité lambda on va dire. Ton premier porno, tu dirais que c'est vers quel âge que tu l'as entendu ?
Là, je pense que je devais avoir 14 ans. Moi, pareil. Même un peu plus jeune. C'est marrant parce qu'on en parlait ici, sur cette terrasse, avec mes hôtes. Et notamment autour de les attentes autour de la pénétration. C'est-à-dire, on se disait, on n'a vu que des pornos où le gars qui est pénétré, genre direct, il est là. Ah, génial !
Il n'y a pas du tout le temps que moi, je décris. Et je leur disais, moi, en fait, il y a plein… En fait, le moment où je me fais pénétrer, c'est un temps assez long où je vais dire non, je vais dire stop, je vais dire attends, on bouge, attends, petite pause. Tu vois ce que je veux dire ? C'est pas que je vais dire non, mais ce que je veux dire, c'est que…
C'est pas du tout genre ça rentre comme dans du beurre. Exactement. Que parfois, selon plein de critères différents, je vais avoir besoin qu'on joue un peu. Et puis même pour petit à petit, surtout si je connais pas bien le gars, prendre confiance. Et quelque part, je leur disais « attends ».
C'est parce que parfois la douleur monte un peu, mais c'est aussi parce que j'ai besoin d'être sécurisé, qu'il écoute bien ce que j'ai à dire. Tu sais ce que je veux dire ? C'est exactement ce que je pense. C'est exactement la même chose. C'est que pareil, dans cet échange sexuel, c'est beaucoup à temps. On change de position. Des fois, il y a un peu de douleur ou ce genre de choses. Et c'est vrai que quand tu te réfères au porno, tu te dis mais pourquoi moi, ça ne rentre pas comme dans du beurre alors que c'est censé ?
Vu le porno, en fait, c'est censé être comme ça. Mais en fait, non, j'ai compris que non, c'est pas ça du tout. Chacun a un corps différent, chacun a des attentes différentes, chacun a des envies différentes. Et il faut juste s'adapter et être un peu plus patient. Et ça, je l'ai compris. Je trouve que même qu'une fois…
Même après avoir rationalisé, parce qu'on est tous les deux adultes, tu as quel âge Benjamin ? J'ai 29 ans. Tu es adulte ? Oui. Je suis à peu près sûr de ça. Je trouve que, ok, on a rationalisé, non c'est une fiction, oui je sais que c'est une fiction, pour autant j'ai vraiment l'impression que ça vient engrainer un narratif de nos fantasmes sexuels, un narratif sexuel, tu vois, une petite ritournelle, une petite musique qui s'actionne à nos dépens,
Toi, tu les vois dans ta sexualité aujourd'hui, malgré la rationalisation que oui, c'est une fiction le porno. Est-ce que tu vois des petites ritournelles comme ça, des petites exigences, des automatismes ? Oui, je le vois parce que souvent, pratiquement tout le temps, à chaque fois que j'ai une relation sexuelle, j'ai toujours ces images de certains pornos que je suis d'ailleurs. Et j'ai toujours ces images. Et je suis en train de me dire, mais c'est pas la même chose. Mais pourquoi ? Mais après, je…
Je réfléchis, mais bon, le fait de réfléchir aussi, ça peut bloquer un peu la relation sur le coup. Mais je réfléchis un peu et je me dis mais non, en fait, c'est une fiction. On va se calmer, on va se détendre et après, ça se passe bien. C'est quoi les images du porno que tu kiffes, que tu as un peu dans la tête ?
Vraiment, le porno… Déjà, j'adore les blacks, les métissés et les blacks. Donc, c'est les pornos Ebony, ce genre de choses. Et toi, tu te considères quoi ? Je me considère métisse. Black ? Métisse. Je ne me considère pas black au vu de ma couleur de peau. Je sais qu'il y en a qui sont beaucoup plus foncés que moi. Donc, je me considère métisse et je suis métissé vu…
Le nombre de nationalités que j'ai dans le sang, je dirais. Il y a un mélange… Un cocktail molotov, je pense. Vas-y, on te décrit. T'as envie de dire ? Oui, en fait, j'ai découvert récemment que j'ai des origines de Calcutta.
J'ai des origines de Madagascar, l'Afrique j'en suis pas sûr, indienne et peut-être chinoise, ça aussi on n'en est pas sûr. C'est super fréquent ce métissage exceptionnel à La Réunion, je rencontre que des réunionnais qui… C'est ultra fréquent.
Et c'est ce qui fait notre richesse d'ailleurs Je ne sais pas si tu as eu le temps de découvrir Mais tu as vu le nombre de religions qu'il y a à La Réunion Tu peux passer dans une ville Avoir une église, une mosquée Et un temple hindou Un temple chinois C'est comme ça Et on s'y est C'est pas qu'on s'y est fait, on a grandi là-dedans Donc pour nous on n'a pas d'autre père A part ce métissage à La Réunion
Toi, tu es religieux ? Oui. Tu veux dire ? Oui, de religion catholique, je suis chrétien. Tu n'as pas plusieurs religions ? Non. A l'origine, dans ma famille, nous sommes censés, je dis bien censés, être de la religion malbare, donc la religion hindoue. Papa est issu d'une famille malbare. Les malbares, c'est les indiens du nord qui sont…
musulmans ? Non, pas du tout. Justement, c'est le contraire. Non, pas du tout. C'est les Arabes. Il y a les Arabes. Musulmans. Qui sont musulmans. D'Inde. D'Inde. Et après, ou de Pakistan. Et nous, c'est vraiment de les Malbars, mais d'Inde aussi. Et les Indiens. Ouais, c'est ça. Voilà. Ok, super. C'est tout. Toi, tu disais, mon kiff, c'est les blacks. Ouais. Pourquoi tu dis pas noirs ? Juste… Je sais pas. Ok. Bon, moi, je…
Très bien. Tu sais quand ça t'est venu ? Tu sais en dire plus sur cette attirance ?
au vu de mes différentes expériences j'ai compris à ce moment là parce que j'en ai essayé j'ai un body count je dirais pas élevé mais j'ai un bon body count on va dire t'as fait ton travail j'ai fait mon travail t'as fait tes exercices à la maison voilà c'est ça j'ai fait mes exercices à la maison donc maintenant je sais ce que j'aime et oui après je ne suis pas fermé je sais que il faut pas être fermé pour forcément trouver l'amour
mais une rencontre pour moi c'est une rencontre
Qu'ils soient blancs, noirs, indiens, arabes. Une rencontre, c'est une rencontre. Et après, ça se développe ou pas la relation. C'est vrai que mon kiff, c'est vraiment les métissés ou les noirs. Et si on continue sur ton kiff, il y a une taille en particulier, une pilosité ? Si je devais dessiner le mec qui m'excite de ouf pour une relation amoureuse ?
Si on devait dessiner le mec qui m'excite de ouf, ça serait le métissé ou le black avec des dreadlocks, j'aime bien. Ou les cheveux bouclés. Peu de pilosité, pas beaucoup.
Parce que j'ai découvert récemment que j'aime bien justement toucher un torse ou une poitrine sans pilosité, un peu transpirant. Je dirais même huileux, tu sais, le côté… Pas les grosses gouttes, mais le côté juste mouillé, en fait. Ok. Euh…
assez bien dans sa peau et je ne dirais pas skinny non plus c'est pas trop ce que je kiffe mais bien dans sa peau s'il y a quelques bourrelets c'est pas très grave voilà grand ou petit ça peut m'importe
Toi, aujourd'hui, tu es à l'aise de dire où est-ce que tu habites dans l'île ? Oui, j'habite à la rivière Saint-Louis. Et ça, c'est dans le ? C'est dans les Hauts-de-Saint-Louis, ça fait partie du sud-ouest. Du sud-ouest, ouais. Parce que j'ai l'impression que les ethnies et les couleurs de peau se répartissent quand même à certains endroits, notamment dans l'ouest, il y a beaucoup de blanc, beaucoup de merveilleux.
Ouais. Comme moi. Et là, du coup, si on part vraiment sur qui il y a autour de toi, comment tu peux rencontrer des gens ? Est-ce que c'est mélangé, c'est métissé ? Aujourd'hui, c'est très mélangé et très métissé. Mais c'est vrai qu'à l'époque…
Je vais dire à l'époque, mais bon, je ne suis pas si vieux, il ne faut pas abuser. La rivière Saint-Louis, c'était plus un quartier où il y avait plus de yab. Je ne sais pas si tu as entendu parler des yab. Ça, c'est l'ethnie, c'est les blancs des hauts. Des hauts et de la réunion. La réunion étant des volcans. Voilà. C'est en hauteur. Voilà. OK. Et là, ça s'est plus métissé. Ah oui, de ouf. OK. Qu'est-ce que tu fais pour trouver l'amour ?
Eh bien, je ne fais pas grand-chose. Bon, en fait, je suis là à faire une intro en mode, il y a peut-être des causes et tout. Non, en fait, je ne fais pas grand-chose. J'ai essayé maintes et maintes fois, on va dire. Et d'après les conseils des amis, on me dit toujours, il ne faut pas trop chercher, ça te tombe dessus.
Donc j'ai un peu lâché l'affaire en me disant « why not, ça va me tomber dessus ». Donc je fais mes sorties, je rencontre via l'application Grindr ou via le naturel, on va dire, en soirée ou ce genre de choses et je ne fais pas grand-chose. Ok, ça te va ?
Ça me va. Après, je me dis que je peux pousser des fois. On me voit comme ça, mais je suis un peu timide quand même. Je n'ose pas aller causer avec les gens. Je n'ose pas aller faire le premier pas forcément. Et je ne sais pas m'y prendre. Quand j'y vais, je ne sais pas m'y prendre. En fait, je me pose toujours la question, mais s'il n'est pas gay, est-ce que je vais me prendre une tarte ? Est-ce que je vais me faire remballer comme jamais et me prendre une insulte ? J'ai un peu peur de ça, donc c'est pour ça que je n'y vais pas.
Et voilà, alors que je peux très bien dire, aller voir un mec et lui dire, est-ce que je te paye un verre ? Ça peut être possible, mais je ne le fais pas. Ok, parce que, et je vais te demander, en fait, tu as un très beau souffle. Quand tu parles, tu parles en expirant de l'air, ce qui fait que ça tape un peu la membrane du micro. Si tu arrivais à baisser ton micro un peu, c'est-à-dire, oui, comme ça, c'est ça ?
Parce que du coup, le souffle ne va pas aller directement dans le micro. Tu es très gentil. Ok, c'est quoi ton pool de rencontres en fait ? Comment tu rencontres des gens ? Toi, tu disais, je fais des sorties, des soirées et Grindr. Donc, il y a en fait des soirées gays ? Alors, il y en a, oui, il y en a quand même. Il y en a, je ne vais pas dire qu'il n'y en a pas. Il y a des soirées gays qui sont organisées
Je ne sais pas par qui d'ailleurs, mais il y a des soirées gays. Les boîtes gays, on n'en a plus malheureusement. Mais les soirées gays, on en a. Après, ce n'est pas que des soirées gays, mais c'est très gay-friendly. En tout cas, tu as l'impression qu'il y a des gens que tu ne connais pas, que tu peux rencontrer ?
Oui, j'en rencontre tout le temps on va dire, des personnes que je n'ai jamais vues et qui sont gays. Ok, donc il y a quand même des prétendants. Il y a quand même des prétendants et potentiellement de l'espoir. J'aime beaucoup ça. T'as l'impression que ta vie sera comment une fois que tu seras en couple ? Décris-moi les différences que tu verras ?
Je pense que je me sentirais mieux déjà avec moi-même et ma vie serait comment ? Je ne visualise pas tellement le futur comme ça parce que j'ai besoin de le construire à deux et pas forcément de me faire un plan dans ma tête. Alors ça veut dire quoi mieux avec moi-même ?
Mieux avec moi-même parce que je sais que j'ai besoin d'amour et j'ai besoin d'attention. J'ai de l'amour autour de moi. Je ne dis pas que j'ai l'amour de ma famille, de mes amis que j'adore et j'aime énormément. Mais je sais que j'ai besoin d'un peu plus d'amour et d'affection avec mon futur mec. C'est quoi la différence entre l'amour et l'affection de ton mec et les autres sources d'amour et d'affection ?
Les autres sources, c'est ma famille et mes amis où j'ai beaucoup d'amour. Ils me disent qu'ils m'aiment. On partage de très bons moments. On rigole énormément. Et ça, je sais que ça me fait énormément de bien. Mais j'ai besoin de plus d'affection physique avec les câlins, les bisous.
Se retrouver dans un lit tout simplement, tout seul, à deux, à discuter, pas forcément à coucher, même si je sais que ça arrivera. Mais voilà, se partager des petits restos. Je fais des restos par exemple avec mes amis, mais c'est pas le resto qu'on peut partager quand on est en couple. Ouais, bien sûr. Moi, j'ai l'impression que quand on dit…
Tes amis, là, ils te conseillent, ça va tomber dessus. Pour moi, de ce que j'ai compris dans mon chemin de vie à moi, c'est en aimant qui je suis, célibataire, en ayant la meilleure vie…
parce qu'en fait je kiffe ma vie je suis là en train de faire des projets c'est ça qui fait que je projette une belle énergie que je suis alors séduisant pour l'autre et c'est
En fait, la clé, c'est d'être heureux célibataire ou en couple. Parce que ça, les gens, ils le sentent. Donc c'est ça, quand on dit ça tombe dessus, c'est que du coup, si jamais je croise le chemin de quelqu'un, il va pas se dire « Ah putain, Guillaume, il veut absolument être en couple parce qu'il lui manque un truc. » Il va se dire « Guillaume, il lui manque rien, mais j'ai trop envie d'être avec lui, il a envie d'être avec moi. » Tu vois la diff ? Je vois très bien parce que ça dégage une autre… Enfin, tu dégages, quand tu es heureux déjà, ça dégage une…
Un autre era ? Ouais. Tu vois ? Toi, tu te sens où sur ça, ce chemin-là ? En fait, pas mal de monde autour de moi m'ont dit que je dégage justement déjà ça, mais ça se voit qu'il me manque encore quelque chose pour être pleinement épanoui. Et pourquoi ça serait un autre qui te manque ?
Je ne sais pas. Là, je ne pourrais pas te répondre. C'est peut-être que je me suis dit ça, mais peut-être que ce n'est pas ça, forcément. Alors, moi, je n'ai pas de plan concret avec cet épisode, en gros, de te dire que l'amour, c'est de la merde. Parce que je ne le pense pas. Mais c'est vrai qu'en ce moment, moi, je suis célibataire. Et alors, avant que je me remette en couple, je suis très obsédé.
heureux de me remettre en couple mais je veux être avec quelqu'un qui genre avec qui j'ai pas l'impression de faire 8000 compromis de couple et en fait je trouve que je suis vraiment à un moment où j'ai enfin compris
qu'on parlait des narratifs sexuels, des narratifs… On grandit avec des narratifs autour de comment le sexe est kiffant via les films pornos. Je trouve qu'un autre énorme narratif, c'est autour de… Ils se rencontrèrent, se marièrent et vécurent heureux avec des enfants ou pas, tu vois ? Et il y a vraiment ce délire de… C'est un objectif en soi d'être amoureux, car si on l'est pas, il manque un truc. Et c'est ce truc qui va nous contenter. Moi…
Ce que j'ai découvert, c'est que le couple, c'était vachement plus un endroit de défi et d'apprentissage gigantesque, magnifique, un endroit de compromis aussi, mais aussi un endroit de grande joie. Mais c'est pas du tout un bouton sur lequel une fois que t'es dedans et que t'appuies, pouf, ta vie, elle est avancée. Et au contraire, pour moi, c'est un révélateur de blocages individuels pour moi.
Je comprends ce que tu veux dire. Peut-être qu'il y a des gens qui ne sont pas faits pour être en couple finalement et que, comme tu le dis, ce n'est pas un bouton qui va déclencher le bonheur absolu.
je pense, enfin il y a moyen aussi mais peut-être que toi ce que tu disais c'est on est dans une bulle à deux allongé sur un lit, on baisse ou pas on discute, je pense que tu parles d'un niveau d'intimité très fort qu'on peut pas partager avec un ami c'est ça que t'as envie de que t'as des aspirations ouais t'as raison, c'est ce côté c'est ce côté avoir un niveau d'intimité qu'on peut pas partager avec un plan cul ou un ami donc oui
imagine ton ou ta meilleure amie on va dire que ton meilleure amie est gay et il te décrit exactement ta situation tu lui conseilles quoi ? tu lui dis quoi ? je lui dirais très bonne question d'ailleurs je sais pas trop ce que je lui dirais
En fait, la première chose qui me vient à la tête, c'est que je lui dirais d'être heureux, déjà. Et tu seras peut-être plus heureux quand tu trouveras. Mais déjà, il faut que tu sois heureux, toi. Tu te sens où de 0 à 100 sur ce chemin de bonheur personnel, individuel ? Je me sens à 70 à peu près.
Plutôt bien, même très bien. Si tu fais parler que les 30 sur les 100 là, tu fais parler que les 30 où c'est la galère. C'est la galère pourquoi ? Où est-ce que tu n'es pas encore super aligné avec toi-même ?
Moi, je ressens le besoin, et je pense qu'on va en venir, c'est d'en parler à mon père, pour pouvoir partager des moments avec quelqu'un, mais aussi en famille. J'ai toujours eu cette image de l'enfant qui ramène quelqu'un à la maison, quand il est en couple.
Et que ça se passe bien à la maison, on partage des repas, on fait les fêtes de Noël, ensemble, avec toute la famille. Et j'ai envie de ça. Décris-moi ce repas. Y'a qui ?
Ce repas, il y aurait mes parents, mes deux frères et les conjoints ou conjointes de mes frères et moi avec mon conjoint. Ça, c'est une tradition ? Vous mangez ensemble tous les dimanches, tous les jours ? Oui, souvent tous les dimanches.
Après, comme chacun a leur vie et tout, donc c'est pas forcément tous les jours, mais on essaie quand même de manger à table tous les soirs en famille. Ouais, tous les soirs. Tous les soirs, on essaie. Parce que vous habitez tous ensemble. Oui. Ouais, mais ça, c'est la spécificité réunionnaise passionnante. En fait, moi, j'habite toujours chez mes parents. Je suis jamais parti de chez mes parents.
Là en ce moment c'est particulier parce que mon petit frère qui vit en métropole est en vacances à la Réunion donc on passe beaucoup de moments en famille aussi et mon grand frère qui malheureusement a dû se séparer de sa copine il est retourné à la maison aussi.
Voilà il a quitté sa meuf. Il y a aussi une autre spécificité dans un épisode précédent j'ai un peu je crois dit de la merde en disant de la merde mais j'ai découvert qu'en fait il y a un vrai problème de logement à La Réunion que ça coûte extrêmement cher. Ouais.
notamment depuis le Covid qui a ramené beaucoup de métropolitains, qui a fait aussi flamber les prix. Mais il y a aussi un enjeu peut-être d'offres ou que sais-je. Je ne suis pas agent immobilier. En revanche, moi, toutes les personnes… En fait, c'est pour ça que je n'arrive pas à baiser sur l'île. Ouais ?
Pour plein de raisons différentes, peut-être je ne suis pas au goût des gens, peut-être. Mais très souvent, moi, je ne peux pas faire venir quelqu'un ici. Je n'ose pas demander. Non, je n'ai pas envie, je ne serai pas à l'aise. Et donc, je ne peux qu'aller chez la personne. Et se retrouver le soir entre deux palmiers et tout, franchement, flemme. Je comprends, oui. Franchement, moi, mes fesses grattent très facilement. Je rigole.
Non, mais tu vois, un peu flemme. Et en fait, les gens me disent, je ne peux pas recevoir, j'habite chez mes parents ou en famille. Et ce, depuis quatre semaines. Oui. Dis-toi que toute une vie, c'est pareil. Enfin, pour ma part, en tout cas, parce que pareil, je vis chez mes parents, donc je ne peux pas recevoir. Et je tombe souvent sur des gens qui ne peuvent pas recevoir aussi. Ok.
Peut-être que ça a un enjeu aussi où je ne peux pas faire de rencontres où je ne tombe pas sur la bonne personne parce qu'on n'arrive pas à se rencontrer, parce qu'on n'arrive pas à recevoir l'un comme l'autre. Après, si on a envie de faire un date, tu penses quoi de se faire un coucher de soleil sur la plage ? J'adore, j'adore.
Et ça, ce n'est pas un bon endroit pour se connecter ? Si, possible. Si, clairement. On me propose très rarement des dates. Alors attends, je veux qu'on aille au bout du sujet. Toi, sur les 30 sur 100 où tu te dis, sur mon chemin de bonheur, ça manque, je dirais que tu vas au coming out du père. Toi, tu projettes ces temps familiaux et ça me parle complètement parce que moi…
Là où j'ai grandi, c'était la même chose et je vois exactement ces fêtes familiales où tu as les valeurs ajoutées qui viennent et tout. On mangerait quoi à ce dîner où il y a ton copain et toute ta famille ? On mangerait un repas que maman a préparé avec amour parce qu'elle adore ce moment de partage et qu'on adore tout ça. C'est quoi le plat qu'elle fait le mieux ? Ton préféré de ta maman ?
Il y en a énormément. Il y en a énormément. Tu m'en choisis un et il a intérêt à être créole. Non, je rigole. Non, mais de toute façon, ce sera créole, c'est sûr. Ce que maman ferait le mieux, ça serait le bread manioc au boucané. En deux mots, c'est quoi ?
Boucanette, je connais. Ouais, c'est… Poitrine fumée. Poitrine fumée, ouais. Poitrine de porc fumée. Dans des brets de manioc. En fait, c'est le manioc. Ouais. T'as ses feuilles. Ouais. Ces feuilles-là, on les mange, on les mixe. Ouais, on les mixe et on les mange avec la viande fumée à l'intérieur et plein d'épices. Je me note, je vais aller manger ça au resto. Ouais. Pour découvrir. Au resto, je sais pas si on en trouve forcément. C'est spécial maman Benjamin. C'est pas spécial maman Benjamin. Beaucoup de familles en font. Ok.
Mais beaucoup n'en font pas aussi. Et c'est assez spécial. En fait, c'est comme le… Je ne sais plus. Parce que j'ai une amie qui le fait aussi. Elle est d'origine africaine, d'origine congolaise. Et elle en fait aussi, mais différemment. Mais c'est pareil, c'est les bread manioc. Mais elle appelle ça… Je ne sais plus comment elle appelle ça. Mais c'est préparé différemment. Et peu de familles en font ici. Il y en a qui en font quand même.
Et ça veut que je n'en ai pas vu au resto. C'est ok, je me le note et un jour peut-être je croiserai le chemin de ce plat. Il se dit quoi à ce déjeuner familial ?
Tout le monde parle les uns sur les autres ? Il y a de la musique ? Ah oui, il y a toujours de la musique à la maison. Il y a toujours de la musique. Et ça serait juste un moment d'échange. Vous arrivez à parler dans une grande famille ? Oui. Les conversations divergent, il y en a tellement. Mais oui, on arrive à parler. Et tes parents, plutôt, questionnent le plus un ? Questionnent les partenaires ? Ça, ça serait maman.
Ok, maman questionne. Maman questionne. C'est quoi ces questions à ton avis ? Ces questions, ça serait… Tu fais quoi dans la vie ? Déjà, oui, la base, tu fais quoi dans la vie ? Pouvoir connaître un peu la personne. Poser des questions aussi sur sa famille aussi. Ça, c'est arrivé. Le lien avec sa famille ? Elle veut savoir que tu es avec quelqu'un qui est connecté à sa famille ?
Je ne sais pas si elle veut savoir ça, mais oui, je pense. Et après, c'est vraiment du tout et rien. C'est vraiment des conversations qui nous viennent comme ça. Il n'y a pas de plan. Elle n'a pas des critères spécifiques. Ton père, plus mutique ?
Très mutique, plutôt tabou et plutôt réservé avec quelqu'un qu'il ne connaît pas. Même avec mes amis, c'est pareil. Tabou dans quel sens ? Tabou où il ne va pas questionner justement lui. Il va plus observer, je pense, et plutôt attendre que l'autre personne vienne vers lui. Il ne va jamais aller vers la tierce personne.
ta maman sait que tu es gay ? oui comment elle sait ? je lui ai balancé ça un soir à la maison il y avait ma meilleure amie qui était là et en fait elle m'a posé la question mais t'es gay ou quoi ? et en fait j'en avais marre de me cacher et je lui ai regardé et j'ai fait bah ouais et elle m'a répondu mais t'attendais quoi pour me le dire ?
et j'ai eu un soulagement je sais pas ce que j'ai attendu mais si ça se passe comme ça je te l'aurais dit depuis longtemps en fait parce que tu t'inquiétais de sa réponse ouais quand même
C'est quoi l'imaginaire gay de tes parents ? Ils regardent beaucoup la télé, ils peuvent avoir vu des trucs là, ils ne connaissent aucun gay ? Ils regardent beaucoup la télé, ils connaissent des gays. Personnellement, ils ont des amis ? Oui, ils ont des amis. Ah ben c'est super ça, non ? Oui. Ça ne te donnait pas une indication, ça ne te rassurait pas ce détail ? Non. Ok. Non, pas du tout. Pourquoi ?
Parce que à la maison, ça a toujours été… Je vais plus parler du côté de papa, du coup, pas maman, parce qu'elle a toujours été très ouverte d'esprit et très dans l'acceptation. Et c'est vrai que papa a toujours eu un comportement…
Et une attente de ses enfants. On est trois garçons. Il a toujours eu une attente de ses enfants. Il a acheté un terrain à côté de la maison. Il nous a toujours répété, ce sera pour vous plus tard. Il faut que vous ayez un bon travail, un CDI pour pouvoir construire votre maison et construire votre famille, vous marier. En fait, son chemin de vie à lui. Sauf que non. Enfin, on n'est pas tous pareils. Et je lui ai dit non, mais…
En fait, les couilles, je n'ai pas envie de construire ma maison. Moi, j'ai envie de voyager, en fait. C'est bon. Et c'est vrai que quand je lui ai dit ça, j'ai vu de la déception en lui. Je crois que dans sa tête, il avait déjà fait son cheminement pour ses enfants. Sauf qu'il ne s'attendait pas que ses enfants ne voulaient pas forcément… Rendre pas dans les casques. Dans les casques que lui avait prévus. Dans les casques que lui avait prévus. À ton avis, qu'est-ce qui t'empêche de faire ton coming out à ton papa ?
c'est dire on a eu une conversation une fois, nous cinq à table et en fait on parlait de tous ces mecs hétéros qui finalement se disent à la quarantaine ou même un peu avant finalement non je suis gay et je me le suis caché, on a eu cette conversation et on lui a dit papa imagine ça arrive à l'un de tes enfants un jour
On était dans la rigolade, mais ça touche quand même. Et il nous a dit, ah non, mais moi, je vais me suicider à ce moment-là. Et ça, ça nous a fermés. Mon petit frère et moi, parce que mon petit frère est gay aussi. Donc ça nous a fermés, lui comme moi. Et d'autant plus récemment, mon petit frère a fait son coming out à papa. Et la réaction n'a pas été très joviale et n'a pas été celle qu'on attendait. Il a dit quoi ?
Il a dit à mon petit frère « Ok, j'entends. Je ne vais pas accepter. Je pourrais l'accepter, mais ça va prendre énormément de temps. Ça ne va pas être maintenant. » Mon petit frère lui a dit qu'il avait quelqu'un qui partageait sa vie avec quelqu'un en ce moment aussi. Et il lui a dit « Cette personne, je ne veux pas la rencontrer. Ce n'est pas possible. » Il lui a dit aussi « Moi,
Il y a peut-être moyen, mais je ne veux pas que tu sois une faufole.
je veux pas que tu t'habilles extravagant avec la chemise ouverte, le maquillage et tout. Alors qu'on est tous les jours comme ça, lui et moi. Vous êtes tous les jours extravagant un peu ? Pas extravagant, mais sortir pour aller en boîte, j'ai toujours la chemise ouverte, je me mets des paillettes sur le torse, je me maquille un petit peu. Mais en fait, il le voit, j'en suis certain, mais il a quand même eu cette réponse à mon petit frère. C'est hallucinant.
et ils sont allés causer dans une pièce à part tous les deux seuls et quand ils avaient fini la conversation il lui a dit quand on passe le seuil de cette porte on n'en parle absolument pas à personne donc jusqu'au jour de jour on n'en a pas parlé du tout
Après, il a dit plein de choses d'autres, mais je ne sais plus exactement. Mais c'est ce que j'ai retenu principal. Ne sois pas faux-folle. N'habille pas en extravagance. Moi, j'aimerais… Il a dit, oui, j'aimerais, limite, quand tu sors, tu te mets chemise, cravate, costume. Déjà, il fait trop chaud à La Réunion, donc calme-toi. Et non, en fait. Enfin, on a le droit de s'habiller comme on veut. Tu ressens quoi, toi, du coup, par rapport à tout ça ? Je me dis que, moi, mon coming-out va être hyper compliqué.
parce qu'il faut savoir que maman lui avait déjà touché un mot pour l'homosexualité de mon petit frère mais pas moi elle lui a rien dit à propos de moi donc je suis vraiment aujourd'hui dans dans un doute total de savoir est-ce qu'il est au courant est-ce qu'il a un doute est-ce qu'il est dans le déni est-ce que je sais pas je suis dans le flou total
Et si tu devais mettre des mots sur des émotions, tu te ressens vide, tu sais, déconnecté, un peu dissocié, tu ressens rien, tu ressens des points de… Je ressens de la déception, un peu de tristesse, et ça s'arrête alors. Mais pas vide. Un peu de tristesse ? Ouais.
Mais du coup, j'ai l'impression que dans notre boîte à émotions, il y a un peu de tristesse, de la déception. Donc c'est 90% de déception, 10% de tristesse ? Ouais. Ouais, ouais, c'est un peu ça. Et la déception, c'est pas une émotion ? C'est une émotion ? Je sais pas. C'est un peu neutre ? C'est un peu neutre. C'est vrai que c'est pas une émotion ?
Mais c'est vrai que c'est de la déception. Beaucoup. Moi, ça me rend triste et ça m'émeut beaucoup parce que faire un coming out, c'est quelque part mourir. Il y a un niveau de violence, c'est mon point de vue, c'est mon chemin de réflexion et de tous les témoignages que j'ai fait. C'est que moi, quand je t'entends, je me rappelle que faire un coming out…
sortir du placard. Se faire violence. Ouais, et il y a de la mort dans le sens où tu dois tuer soit la version de toi qu'on voulait, soit la version de toi que les autres avaient en tête, mais il va falloir que quelque chose meure en fait. Tu vois ce que je veux dire ? Pour qu'il y ait un renouveau. Et du coup…
C'est un peu un choix terrible entre être aligné avec soi et s'autoriser à mettre des mots sur ce que l'on est profondément. C'est ça. C'est un peu tout bête ce que je dis, mais à quel prix ? C'est ça, à quel prix et pourquoi absolument, pour pouvoir être aligné avec soi, il faut absolument mettre des mots. Moi, j'ai déjà, je crois que je l'ai dit à mon grand frère, je crois, ou même à maman quand elle m'a dit, mais quand est-ce que tu attendais ?
Quand pour me le dire ? Et je lui ai répondu, je lui ai dit, est-ce que mon grand frère t'a dit, coucou maman, je suis hétéro ? Non. Parce qu'aujourd'hui, c'est la normalité, même s'il n'y a pas de normalité. Donc je ne vois pas pourquoi nous, homosexuels, on doit venir l'annoncer à nos parents ou à notre entourage. Coucou, je suis gay.
C'est toi qui l'as dit. Tu sens pas que tu as peut-être fait un refus d'obstacle ? C'est toi qui, quand je t'ai dit c'est quoi notre principal blocage pour trouver l'amour, tu m'as dit le coming out à mon père. Et là tu dis, de façon conceptuelle je suis chaud et je suis avec toi, le coming out c'est relou, on est encore dans une société et je suis d'accord. Mais notre vérité à toi et à moi dans ton cheminement d'aujourd'hui,
c'est que t'as répondu en fait oui c'est que toi t'as besoin de ce coming out me semble-tu tu as dit oui oui oui j'ai besoin même si à contrario je pense ce que je viens de dire juste avant mais je sais pas pourquoi je ressens ce besoin j'en ai besoin ouais je pense que ça lui ferait du bien je pense à lui aussi à mon père aussi et je pense que ça lui ferait du bien si moi je lui dis ouais
au lieu qu'il l'apprenne ou j'arrive devant lui avec mon compagnon. Ça va peut-être moins choquer. Là-dedans, j'ai quand même envie de le préserver quand même. C'est ça qui est terrible. C'est que du coup, nous les queers…
On est dans un tiraillement entre prendre soin de l'autre. Je trouve que je n'ai jamais entendu une histoire sur ce podcast à la réunion de Coming Out où c'est l'autre qui prend soin de nous. Toujours nous qui avons la double charge mentale de négocier le délire. Et quand je parlais de mort, je le pense dans toutes les situations. Je pense qu'il y a un deuil. Et aussi parce que ton père utilise ce terme de suicide qui est terrible. Oui.
Et moi, je me mets à ta place et j'ai… Ça doit être trop dur. Surtout parce que, quelque part, tant mieux pour ton petit frère. Mais est-ce que tu te dis… Ah bah merde, il a utilisé la carte. Et moi, je peux pas venir derrière, quoi. Oui, un peu quand même. Là, je me dis, je peux pas le faire dans les prochains mois. Je pense que je vais attendre encore. Je sais pas après. Tout pourra changer une fois que…
J'aurais pris sur moi ou que j'aurais fait un travail sur moi, même si je pense ne pas en avoir besoin. Je ne sais pas. C'est ton père qui a besoin de faire un travail sur lui. Oui, en fait, c'est ça. Je viens de le réaliser. En disant ça, je viens de le réaliser. Ce n'est pas à moi de faire le travail. Mais je sais que dans la préservation de lui, de l'autre, je ne vais pas le faire là. Est-ce que ton petit frère, c'était très récemment ? Oui, c'était pour le réveillon de Noël. Ah !
On est dedans dedans là. Aujourd'hui on est le 7 janvier. Donc ça fait 15 jours. Ah d'accord ok. C'est ça. Je pense que tu pourrais choisir une méthode.
Tu pourrais choisir, je pense que là où tu peux avoir une puissance et aussi une réparation, c'est que tu peux choisir ta suite du chemin. C'est-à-dire, c'est quoi le bon coming out pour moi ? Et c'est vachement important parce qu'il y a des gens qui peuvent répondre non.
Moi, là où je t'ai gratté quand tu as dit « putain, je n'ai pas à faire mon coming out », c'est juste que tu venais de dire le contraire juste avant. Mais il y a des gens qui peuvent dire « ah, on n'a rien à foutre, je n'en ai pas besoin ». Et le coming out, ce n'est jamais forcé, il y a un bon moment, il faut se presser, etc. Et justement, le moment où toi, tu ressens que tu aurais envie de le faire, la méthodologie, elle est pour toi.
Et moi, j'ai un truc qui m'inspire vachement récemment dans ma vie, c'est de demander de l'aide à mes alliés. Et j'ai l'impression que ton frère, ta mère et ton petit frère, le grand, le petit et la maman, c'est des alliés. Si tu faisais une réunion de famille à quatre en mode, en fait, moi, dans les deux à trois mois à venir, pour vivre, je vais avoir besoin de faire un coming out et j'ai besoin qu'on le fasse ensemble. Et si ce n'était pas toi seul face au père, mais c'était l'unité familiale ?
Je pense que ça pourrait fonctionner parce que déjà quand j'ai fait à ma mère le coming out, il y avait ma meilleure amie qui était présente. Donc je pense que j'ai réussi à le faire parce qu'il y avait quelqu'un qui était présent. Quelqu'un d'autre qui était présent à ce moment-là. Je pense que je ne lui aurais pas lâché la réponse comme ça si on était seul. Donc je pense que ce que tu me proposes pourrait fonctionner. Ou alors j'ai pensé à l'écrit.
J'allais te dire, c'est quoi les conditions qui, à l'intuition, si tu devais choisir maintenant, c'est quoi les conditions qui te mettent à l'aise ? Une lettre. Une lettre, ok. Par écrit ? Ouais, par écrit. Ok. En fait, j'ai essayé une fois de lui faire une lettre. J'en ai parlé justement à ma mère et à ma meilleure amie. Peut-être que je n'ai pas choisi le bon moment parce que je voulais lui offrir un peu comme cadeau de Noël…
Il y a au moins trois ans de ça je voulais lui offrir comme cadeau de Noël et elles m'ont répondu non mais c'est pas le moment peut-être que tu vas gâcher les fêtes de Noël. Donc je l'ai pas fait. C'est marrant c'est ton petit frère qui du coup a choisi le même moment parce que pour vous le réveillon ça a une signification importante ?
C'est important chez nous, oui, le réveillon de Noël, c'est important, c'est un moment familial. Et je ne dis pas que c'est des moments de révélation, parce qu'il n'y a jamais de révélation à ce moment-là. Mais c'est un moment important, rempli d'émotions quand même. On est tous là à s'aimer encore plus, à se faire des câlins, se dire Joyeux Noël, s'offrir des cadeaux. C'est très joyeux et très festif. Et je pense que le fait d'en parler à ce moment-là,
pourrait être un peu oublié avec le côté festif et joyeux. C'est peut-être pour ça qu'on choisit ce moment-là.
C'est vraiment un moment où on fait famille. C'est marrant parce que moi, du coup, j'ai passé Noël ici à La Réunion. Et avant de partir, j'ai fait comme toi. Donc en fait, moi aussi, Noël, ça a un moment très familial et très en tension, en tension positive ou négative. Et moi, ça fait plusieurs années que du coup, je ne fais pas Noël en famille. Alors que j'aime ma famille, qu'on passe des temps ensemble, séparément et tout, mais juste se retrouver tous ensemble…
c'est pas possible il y a toutes mes névroses qui se réactivent genre juste je choisis mes combats et pour autant le cadeau de Noël que je leur ai fait mais sans dire que c'était un cadeau c'est de leur proposer une thérapie familiale et je me rends compte en termes de timing que c'est très lié à la lettre que tu donnes tu fais la cohésion je fais le lien de ouf où du coup j'ai trouvé un contact j'ai appelé la psy j'ai chauffé mon frère j'en ai parlé à chacun donc ça me parle beaucoup
Toi, tu as l'impression que le moment où le coming out aura été fait… Ah non, j'ai un truc à te dire avant. Trop important. Il n'y aura jamais de bon moment.
Mais ce n'est pas pour te foutre la pression en mode c'est maintenant, c'est maintenant. Oui, non. Et j'ai envie de te donner un exemple, mais qui va te foutre la pression. Donc, j'hésite, j'hésite, j'hésite. Je vais le faire quand même. Un jour, nos parents tombent malades. Oui. Et là, par rapport à ce n'est pas le bon moment, je suis monté de trois crans. D'accord. Tu vois, le moment où mes parents sont malades, c'est encore moins le bon moment pour envoyer la lettre. Bien sûr. Un jour, il y a un cyclone et il y a un problème immobilier et mes parents ont des problèmes financiers.
C'est encore moins le moment.
On est d'accord ? Oui. Que maintenant, que Noël. Oui. Et parce que la réunion, il y a des cyclones. Oui. Non pas qu'il y a des… Bon, passons. En fait, je ne veux pas mettre la pression, mais je veux… Moi, souvent… En fait, on m'a dit la même chose. On m'a dit, ce n'est pas le bon moment pour ci, pour ça. Et j'ai juste envie qu'on se liste tous les mauvais moments. Oui. Et en fait, nos vies sont des mauvais moments. Oui. Tu vois. Bon, mais ça… Ton coming out est fait ?
Imagine, ton coming out est fait à tout le monde. Comment ça impacte ta recherche d'amour ? À ton avis, c'est quoi le lien ? Le lien, je pense que ça va être libérateur pour moi. Je pense que ça va être libérateur et que je pourrais entièrement m'ouvrir à quelqu'un d'autre. Je pense que je garde encore…
Une part de moi qui est encore enfouie parce que je ne l'ai pas fait le coming out. C'est pour ça que je ne suis pas totalement ouvert et totalement en confiance avec quelqu'un d'autre. Si tu fais parler cette part enfouie, elle nous raconte quoi ? Elle dit quoi ? Elle est qui ?
En fait, je suis quelqu'un qui a beaucoup de mal à livrer mes sentiments, à parler de mes sentiments et à me livrer tout simplement. Même à mes amis, j'ai beaucoup de mal à me livrer, à dire ce que je ressens. Je ne sais pas si ça va fonctionner, mais si je le fais, j'ai ce sentiment que je pourrais justement me libérer et
m'ouvrir aux autres et même à mes amis parce que tout le temps mes amis sont obligés de me tirer les verres du nez pour savoir si ça va ou ça va pas ils le savent quand ça va pas en fait donc ils me tirent les verres du nez mais moi j'en parle pas et certains y arrivent et me disent non mais ta gueule ça va pas là ça se voit dis moi ce qu'il se passe et souvent je le fais mais par écrit
Ok, c'est intéressant. L'écrit t'aide à… C'est beau, c'est chouette. Oui, parce que je n'arrive pas à en parler. Tu as l'impression que… Pourquoi tu as du mal à parler ? Est-ce que c'est positif ? C'est juste ta personnalité ? C'est toi qui prends soin ? Tu es pudique ? Ou bien tu sens qu'il y a quelque chose de bloqué dans ta gorge ? Non, je pense que je suis juste naturellement pudique. C'est pas forcément bloqué.
Je ne ressens pas de blocage, forcément. Mais oui, peut-être un peu pudique quand même. J'ai une passion. Récemment, une focale, un biais.
C'est des épisodes passés avec David Friboulet, un psy. Oui. Tu l'as écouté ? J'ai écouté, oui. Sur le stress minoritaire. Oui. Donc, les gens peuvent aller le retrouver. Mais de toute façon, ceux qui écoutent le podcast, ça fait 23 fois que j'en parle. Mais c'est les nouveaux, les nouvelles. Il faut aller l'écouter. Il faut remonter un peu dans le passé des épisodes. Il y a marqué stress minoritaire sur la partie 2. Et la partie 1, c'est…
C'est clé psychologique à ne pas sous-estimer. Je rigole parce que je n'aime pas ce titre. Moi, ça me parle de ouf et je ne dis pas que c'est obligatoirement ça. Mais en fait, quand on grandit en ayant l'obligation de se cacher, de refouler une part de soi, homosexuel, féminine, parce que j'ai aussi entendu que toi, tu vois, l'amour paternel est conditionné. Il faut que tu sois un homme, un vrai, il faut que tu sois hétéro.
Puis en plus, il faut que tu aies envie de construire une maison et avoir un CDI. Donc, il y a tout un train. Tu as quand même fait l'impasse sur certains trucs, mais ça reste quand même au fond de nous. Il faut mourir. En fait, le coming out, c'est aussi l'histoire d'une mort parce que c'est nous qui sommes morts pendant longtemps. Donc, il y a une part de toi, tu as dit enfouie.
Elle n'est pas morte, mais tu vois, écrasée au fond, ta partie féminine ou dite féminine par nos sociétés qui considèrent que certains gestes ou certains mots ou certaines attitudes sont féminines. Donc, tout ça enfoui. Et idem sur l'homosexualité, sur l'amour. Ça…
Je ne suis pas du tout étonné. En tout cas, le stress minoritaire, il raconte que ça a un impact sur notre développement, bien entendu, et sur notre capacité en général à lâcher prise, à se connecter à l'autre, à se montrer, à se dévoiler. Dire nos émotions, c'est un des trucs les plus vulnérables. Le moment où je te dis, moi, mon émotion, je suis…
plus que nu devant toi. Ah oui, complètement. Ça, c'est un truc que nos cerveaux… C'est comme ça que moi, je comprends le stress minoritaire. Et s'il y a des gens qui pensent que c'est bullshit total, en gros, moi, je trouve que c'est une grille de lecture très intéressante qui met des petites graines dans nos cœurs et ce qui permet de comprendre. Et je te partage ça parce que je pense que ça peut faire pousser des jolies plantes sur ton chemin de coming out. Et moi, je pense que le moment où on conditionne nos cerveaux à se cacher en partie…
Mais le cerveau primaire, un peu débile, il ne sait pas faire dans la finesse. Et juste, il dit « ta gueule ». Et donc, il bloque tout ce qu'il peut pour te sauver et pour la survie, te dévoiler. Donc, tout ce qui est émotion, stop. Tout ce qui est se rendre vulnérable à l'autre, et c'est malheureusement ça. C'est pas malheureusement, mais c'est ça qui nous permet de vraiment nous lier à l'autre, d'être vulnérable et de se découvrir.
Et bien en fait, non, parce que si jamais, moi je me souviens très bien que j'ai grandi en me disant, il ne faut pas que les gens découvrent que je suis gay. Moins j'en dis, moins je donne des opportunités pour que ça sorte à mon insu. Ça te parle ça ?
mon blabla là ça te parle le lien entre ta difficulté à mettre des mots sur tes émotions et donc lié au coming out et donc lié à ta recherche d'amour ta capacité à te connecter à l'autre tu fais ces liens là ça te parle ? ça me parle complètement je pense que tout est lié dans tous les cas et que tu as raison sur le stress minoritaire oui ça me parle
T'es toujours sympa avec les gens comme ça ou t'es juste sympa avec moi ? Ou t'es vraiment d'accord ? Je suis toujours sympa avec les gens. Ah !
Donc en fait, si tu n'étais pas d'accord, tu ne le dirais pas ? Si. Ok, je te remercie. Si, si. Parce que j'ai un trait de caractère aujourd'hui que je me suis construit et j'arrive à être un peu plus franc et j'arrive à dire non. Avant, je n'arrivais pas à dire non. Ah ouais, ok. Et maintenant, j'arrive à dire non. Donc, si tu me saoules, c'est ta gueule. Ah ouais ? Ah maintenant, oui, je ne passe plus par quatre chemins, j'en ai marre.
Ah non, moi, il faut que tu me dises les choses avec douceur, sinon je vais me mettre à pleurer si tu me dis ta gueule. Benjamin, j'ai envie de conclure, mais c'est très dur. Alors, je vais poser une question plutôt…
J'ai l'impression, quand je t'ai dit comment tu te sens par rapport à ton père, tu m'as dit « j'ai de la déception et un petit peu de tristesse ». Tu m'as après aussi dit que c'était dur pour toi de mettre des mots sur tes émotions. Et moi, j'aurais aussi l'impression, c'est peut-être ta personnalité, mais c'est aussi parce que tu es face à un défi. Moi, je me sens lourd dans mon cœur. Oui ?
Parce que j'ai envie de t'aider. Oui. Et je suis avec toi, avec Empathy, je suis dans tes chaussures, je regarde la montagne à gravir et je me dis, et j'aimerais te faire réagir, je me dis mais en fait, il y a forcément quelqu'un qui va mourir là. Oui. Soit c'est mon père, soit c'est moi. C'est ça. Mais il y a un clash qui va avoir lieu. Oui. Est-ce que je le fais, est-ce que je le fais pas ? C'est se mettre en danger. Si…
Je vais le faire, je ne sais pas quand, mais je pense que c'est se mettre en danger, lui ou moi. Peu importe. Et ouais, tu as complètement raison.
C'est clairement ça. Ok. Moi, j'espère que ce podcast va t'aider. Une dernière idée. Ton grand frère est hétéro ? Oui. Ah, il vient de se séparer ? Ça fait un bout de temps déjà, ça fait plus d'un an. Ok. On attend qu'il rencontre une personne avec qui il fait un enfant ?
Et le jour de l'annonce « Je suis enceinte », bam, tu fais « Coming out ». Et là, ton père est un peu genre… J'imagine que pour lui, avoir des petits-enfants, c'est genre… Son rêve. Merci, j'avais senti ça. Et donc, bam, il y a un peu un… Ouais, je… C'est non. Mauvaise idée. C'est pas que c'est une mauvaise idée. Peut-être que c'est une bonne idée, mais ça me fait faire attendre très longtemps. Ouais.
On ne va pas attendre très longtemps. On ne va pas attendre très longtemps. Mon frère est célibataire aujourd'hui. Je ne sais pas, mais je crois qu'il n'est pas dans l'optique de rencontrer. Il n'a peut-être pas envie d'enfant. Il n'a peut-être pas envie. Si, il a envie d'enfant. Mais le temps qu'il trouve quelqu'un avec qui faire un enfant, ça va prendre encore quelques années, je pense. Donc, je ne vais pas attendre aussi longtemps. Tu as l'impression que le timing, ce n'est pas dans quelques années ? Non. Si je te dis dans trois mois ? Trop tôt ? Why not ?
Février, mars, avril ? Why not ? En fait j'en ai marre. T'en as marre ? J'en ai marre, pardon, j'en ai marre et j'ai envie de m'épanouir et je suis au stade à me dire bon bah quitte à lui faire du mal, si ça lui fait du mal, il comprendra bien un jour et basta quoi.