Au fond je crois que je ne peux pas être aimé – Paul 2/3

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Partie 2 sur 3 – Paul raconte son coming out séropositif, ses troubles de l’érection, le viagra, sa croyance de ne pas pouvoir être aimé, son premier amoureux pervers qui lui ment et le ghoste et enfin son chemin de polyamour avec son mari.

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Super. Excuse-moi, bien sûr, vas-y, prends ton temps. On oublie bien le micro. Ouais, t'as vu ? C'est cool. Es-tu bien installé ? Oui. Réinstallé, trop bien. Tu as assez de waterfloat ? J'ai assez de waterfloat. Ok, on y va ? Ouais. Paul, deuxième partie de ton témoignage. Dans la première, dans l'épisode précédent, tu racontais ton coming out séropo. Pendant dix ans, tu n'en as pas parlé. Tu décides d'en parler, ça change ta vie. On a eu toute une conversation autour de ça. Et le sujet maintenant qu'on va aborder, c'est… ton rapport à la performance tes angoisses de performance alors ça moi ça me parle de ouf c'est vendeur j'en ai plein à te raconter mais on est tous comme ça cette peur de pas être assez ou de pas se faire assez bien et en fait tu me disais normalement on demande pas à quelqu'un de séropositif comment il a été contaminé mais dans ton cas ton histoire de contamination est directement liée à cet enjeu après chez toi qui va se développer du rapport à la performance est-ce que tu peux nous raconter ouais du coup j'ai 22 ans J'ai deux ans de vie sexuelle à mon actif puisque j'ai commencé à avoir des relations sexuelles à 20 ans. Je découvre avec ce garçon avec qui je reste six mois en tout entre le début et la fin de l'histoire, je découvre une vie sexuelle hyper riche et… Je vis des extases, je découvre vraiment la puissance d'un rapport sexuel avec une relation affective assez intense. Mais en fait ce que je ne sais pas c'est que ce garçon est un grand grand manipulateur. Pour te dire à quel point j'ai été manipulé, c'est qu'il avait réussi à me faire croire à moi et à mes amis qui connaissaient qu'il avait un cancer du cerveau et qu'il allait régulièrement faire des chimios. Avec le recul, on a découvert que ce n'était pas vrai, mais j'ai découvert ça bien plus tard en psychothérapie, en en parlant avec le psy et en faisant l'enquête avec mes amis qui se souvenaient de l'époque et tout. Et donc c'est par ce garçon que j'ai été contaminé au VIH. J'ai appris ma séropositivité un peu par procuration parce que j'étais en train de l'accompagner, lui, en train de se faire dépister. Donc il a eu son résultat positif et j'étais là pour le soutenir parce que je l'aimais beaucoup, etc. Et sur le moment, tu ne te dis pas tout de suite que ça te concerne aussi ? Bien sûr que si, je me le dis. Sauf que je suis tellement dans l'abnégation et dans le soutien de l'autre dont je m'occupe. Parce qu'en fait, il vit chez moi, il est complètement précaire, etc. Et donc, je suis dans le soutien de lui. Et lui ne te dit rien ? Lui ne me dit rien. C'est-à-dire quand il voit son résultat positif, donc il est séropositif, il ne te dit rien ? Non mais bon ça c'est le personnage est très très très complexe et très toxique et donc malgré tout on reste ensemble j'apprends donc que je suis séropositif et la relation qui est très bien sur le plan sexuel commence à se dégrader petit à petit sur le plan affectif. Et il disparaît du jour au lendemain. L'argent qui est dans mon portefeuille disparaît du jour au lendemain. Et donc, il part et je ne le revois plus. C'est la fin de l'histoire. Il a disparu. Tu sais comme quand on va chercher, acheter des allumettes et on quitte sa femme dans les légendes. Voilà, il disparaît. Il t'avait menti, c'est-à-dire il t'avait partagé info, statut, vous aviez des rapports non protégés. On avait des rapports non protégés et il m'avait dit que lui ne prenait jamais de risque. Après, chacun est responsable de sa propre prévention. Là, il y a le militant qui se réveille et qui prend le dessus. Chacun est responsable de sa propre prévention. Je ne suis pas en train de dire que c'est de sa faute si j'ai été contaminé au VIH. C'est majoritairement de la mienne. Là où l'histoire je pense est intéressante c'est que j'ai très vite associé dans ma tête, je pense ça c'est le recul avec les dix ans et l'analyse, j'ai très vite lié plaisir sexuel et tu vas être en gros contaminé, tu vas penser que tu vas mourir, tu vas être abandonné. Et ça, c'est un truc qui est assez puissant et qui reste encore pas mal ancré. Je suis totalement à l'aise avec mon VIH maintenant, mais cette question de… Se sentir sécure dans un moment où on commence à créer de l'affection, de la sexualité, etc. C'est encore très compliqué pour moi. Du coup, j'imagine, est-ce qu'il y a de l'hypervigilance ? C'est-à-dire qu'après, sur tes autres relations, comme la première, tu as lâché prise et pas vu tout un tas de trucs. Est-ce que, si tu devais m'amener concrètement dans la réalité ? Est-ce que tu te mets à observer le moindre truc et à être en panique tout le temps ? Très vite après le départ de cette personne, je rencontre Quentin, qui est mon mari, et qui est quelqu'un de très rassurant, avec une présence enveloppante. On a une relation très fusionnelle dès le début. Et c'est la période de la reconstruction un peu chez moi et de l'acceptation de la vie avec le VIH et de vraiment construction d'une vraie vie affective, solide, fiable, etc. Et donc, on est non exclusif pendant longtemps. Puis on ouvre un petit peu le couple à des relations sexuelles avec d'autres, mais tous les deux ensemble. Et c'est que plusieurs années plus tard qu'on fait la non-exclusivité sur le plan sexuel. Vraiment, c'est-à-dire l'un sans l'autre. Et donc, dans ces rencontres-là, au début, c'est très compliqué. C'est-à-dire qu'avant une rencontre, donc classique, grinder, tac, tac, tac, on envoie des photos de bites et on se rencontre. Et moi, avant la rencontre, je me mets à trembler. Mais genre, tout mon corps se met à trembler, mais vraiment dans des mouvements… Je peux prendre ma main dans la poire, tu vois ? Et je me mets à trembler et je perds tous mes moyens. Je n'arrive plus à penser. Et là, je suis encore avant la rencontre. C'est le moment où on s'est dit on se voit et la personne n'est pas encore arrivée chez moi. Et je me mets à trembler et tout. Et évidemment, le moment venu, mais incapable d'avoir une érection. Je suis complètement ailleurs. Je suis paniqué. Mais je ne mets même pas les mots dessus. Je ne sais pas ce qui se passe. Juste, je ne sais pas ce qui se passe. Et une peur de la rencontre exacerbée. Et ça, je ne l'ai pas connu dans ma période de sexualité, entre 20 et 22 ans, où j'ai fait pas mal de découvertes, j'ai pris pas mal de plaisir, j'ai fait des belles rencontres, j'en ai fait des moins belles, je n'ai pas connu avant. et là je sais pas du coup j'ai quel âge je dois entre 25 et 30 ans et incapable d'avoir une relation satisfaisante et c'est ça qui t'amène chez le psy c'est ça qui m'amène chez le médecin en lui disant j'arrive pas à bander il me dit solution rapide le Viagra et alors en vrai ça a changé beaucoup de choses donc tu prends du Viagra À l'époque, oui. Au moment où tu décides d'en prendre. Concrètement, c'est genre, je prends un comprimé. J'en ai jamais pris, moi. Un comprimé, une demi-heure après, le moindre début d'excitation, t'as une érection très solide. Ok. Et je ressens quoi dans mon corps ? Parce que moi, j'ai des problèmes d'érection parfois. J'ai des problèmes d'érection parce que je suis attendu. moi j'ai le problème d'érection si la personne veut un truc moi je me sens enfermé j'ai un enjeu de liberté et du coup je suis là putain je dois correspondre à un scénario et si je suis pas assez bon donc en fait j'ai des pensées intrusives mais dont on va en fait moi j'ai trop envie de faire des épisodes avec des sexologues et tout en fait je sais pas quand est-ce que toi je vais te publier mais possiblement avant dans le tu vois dans les gens qui ont déjà écouté il y a déjà un épisode avec un sexologue qui a été publié bah oui parce que toi tu viens forcément après l'épisode avec public où on va faire un podcast live où il y aura un sexothérapeute bon à chaque fois que j'ai promis des trucs qui sont pas advenus donc si c'est pas vrai c'est pas ma faute Mais j'ai vraiment envie d'aller à la rencontre de c'est quoi les pensées intrusives qui nous empêchent d'avoir des directions. Mon propos, c'est moi. J'ai très envie sur la question des attentes de l'autre. J'ai envie de rebondir sur ce que tu dis parce que j'ai le même problème, mais ce n'est pas les mêmes sources. C'est-à-dire que là où tu dis, moi, j'ai une attente et ça contrevient à mon besoin de liberté. Moi, je projette chez l'autre une attente. et du coup ça va réveiller chez moi la pensée que je suis incapable de satisfaire l'attente de l'autre parce que je suis pas assez bien et moi c'est un problème d'estime de moi et j'ai des problèmes d'estime de moi qui sont assez structurels et qui là viennent de encore avant plutôt d'événements de quand j'étais plus jeune, enfant et vraiment dès que je projette chez l'autre une attente je vais être bloqué Moi j'ai dit de la merde alors, c'est pas mon besoin de liberté. Je me connecte pas mal à ce que tu dis. Moi mes pensées intrusives c'est est-ce que ma bite est assez grosse ? Est-ce que je bande assez ? Et là c'est pourri ce que je fais. Quand il s'agit de pénétrer. Donc, tu vois, du coup, je vais perdre mon érection parce que je vais être stressé de ces trois exemples avec des formats. Enfin, tu vois, j'ai des formules différentes et puis c'est pas vraiment genre une… C'est diffus, tu vois. Si je prenais du Viagra, je sentirais quoi dans mon corps ? Je pense que si tu prenais… Enfin, oui. Moi, quand je prends du Viagra, ces pensées parasites sont là et elles ne s'en vont pas. Simplement, comme tu as l'aide chimique, et qu'on valorise quand même énormément… Enfin, beaucoup de gens valorisent énormément la vigueur de l'érection, quand même. Érectile. La vigueur érectile. Eh bien, c'est… En gros, je sais pas, moi, j'arrive à mettre toutes ces pensées en second plan parce que ça marche. Mais ça reste de la simulation, en fait, parce que dans ta tête, tu prends pas de plaisir. Et c'est un peu cette démarche-là qui m'a fait arrêter à un moment. C'est de dire, en fait, à partir du moment où tu vas prendre l'aide chimique, dans quelle mesure tu es en train de soigner… Les problèmes qui font que tu n'y arrives pas ? Pas du tout. Dans mon cas, pas du tout. Dans mon cas, je mets en second plan les pensées. Elles reviendront la prochaine fois. Mais la prochaine fois, je reprendrai un comprimé. Du coup, elles vont revenir en second plan. Et je vais faire ça toute ma vie et tout va bien se passer. Mais la vérité, ce n'est pas ça. La vérité, c'est qu'il y a une force de vie qui fait qu'à un moment, tu as envie de traiter les sujets. Et tu te rends compte que tu rentres dans des schémas d'addiction. Tu te dis, ah merde, à un moment, tu te rends compte que tu n'arrives plus à baiser si tu n'as pas pris ton Viagra. Et tu as envie de surmonter ça. Ça saoule, quoi. Mais ça n'enlève rien à ses pensées, c'est vraiment du chimique, du mécanique. Un début d'excitation, ça l'augmente fois 100 et du coup, t'as plus à te préoccuper au moins que ta bite soit trop molle. Ok, super. Je sais pas du tout pourquoi j'ai dit super, mais genre, ok, j'ai compris ça que je voulais dire. Parce que tu vas essayer la petite pilule bientôt peut-être ? Non, moi je vais traiter mes pensées intrusives. C'était la version long terme que me proposait le médecin. Je crois que j'ai pas… J'ai honte de prendre du Viagra. J'ai trop honte de prendre du Viagra. Et du coup, je préfère ne pas bander. Ouais, je crois que c'est ça. Je pense que c'est une question de honte sociale. C'est marrant que tu dis ça parce que la… Là, on n'en a pas parlé avant, mais le sujet qui me grattait le plus avant de faire ce podcast, c'est est-ce qu'on va dire le mot Viagra ou pas ? Et tu vois, je me suis dit, en fait, c'est débile d'avoir honte de ça, mais moi-même, tu vois, là, je me dis, je ne suis pas anonyme et tout, je vais parler de Viagra. Dès que tu parles de Viagra, les gens disent « Ah, c'est pour les vieux ». Et en fait, t'as une représentation autour de ça. Alors qu'en fait, moi, je suis persuadé qu'il y a plein de gens qui prennent du Viagra. C'est aussi le médicament qui fait l'objet le plus de fausses ordonnances, parce que les gens ne veulent même pas dire à leurs médecins qu'ils n'arrivent pas à bander, mais… elle vient d'où cette honte c'est encore des représentations c'est de la qu'est-ce qu'on met derrière en fait j'ai décidé d'assumer mais c'est vrai que ça n'a pas été facile de dire on va parler de Viagra, waouh Ouais, ouais. Au même titre, je pense que moi, je suis pas attiré par le Viagra parce que je suis à l'étape où, grâce à ce podcast, publiquement et dans ma vie intime, je parle de ces sujets, tu vois. Et pour moi, c'est la première étape. Et j'ai pas encore… Enfin, ça change énormément de choses dans ma vie sexuelle, tu vois. Et à la fois, ça change… Enfin, pas complètement, quoi. Et au final, tu vois, moi, aujourd'hui, je me fais pénétrer. Mais là, je viens de rencontrer quelqu'un où, à mon avis, il y a moyen, je le sens. Parce que du coup, je suis en train de chercher, de discuter avec des sexologues, des sexothérapeutes pour un peu glaner. En fait, c'est quoi les meilleurs conseils qu'on peut me donner, slash donner à des gens, tu vois. Et il parle vraiment des conditions de fantasme et d'excitation. Est-ce que la personne réveille en toi ? qu'est-ce que la personne réveille en toi et comment ça fait un jeu de miroir. Et c'est vrai que moi, les personnes qui sont là, ouais, défonce-moi, genre t'as intérêt, enfin, qui sous-entendent que j'ai intérêt à être un bon actif, alors là, genre moi, je bloque direct parce que je suis là, ben non, en fait, ça me saoule. Et vraiment, en tant que pénétrant, je pense que moi, j'adore pénétrer. Parce qu'à un moment donné, je me suis questionné, je me suis dit, ah non, en fait, c'est que t'aimes pas Pénétrer, c'est tout, mec. Je repasse à autre chose. En fait, moi, j'aime vraiment pénétrer, mais ça vient avec un lot de performances de ouf. J'ai l'impression qu'il faut que j'incarne tout un tas de trucs, etc. C'est très puissant. Toi, tu disais, moi, c'est plus un enjeu d'estime de soi, c'est-à-dire toi, dans l'acte sexuel ? tes pensées intrusives, elles sont pas comme moi au niveau de l'érection pour pénétrer, c'est ça ? C'est plus général, suis-je assez beau ? Est-ce que t'as mis des mots sur tes pensées intrusives ? Ouais, bien sûr. T'es à l'aise ou pas ? Ouais, ouais, carrément. Là, on est dans l'ultra intime. Ouais, non, c'est pas le pire pour moi. Ok. Non, bah, moi, c'est… Je sais pas. Moi, la croyance fondamentale, c'est que je peux pas être aimé. J'ai cette croyance-là qu'en fait, personne ne m'aimera jamais. Factuellement, c'est hyper faux. On en parlera tout à l'heure, je suis polyamoureux, j'ai plusieurs relations, à 36 ans, ça fait 14 ans que je suis avec mon mari, et je suis très bien entouré, j'ai plein d'amis et tout, mais au fond de moi, Bah oui, le concept de la pensée intrusive, c'est qu'elle est irrationnelle. Au fond de moi, donc au fond de moi, je ne peux pas être aimé. Donc, amène-moi, tu es tout nu ou tu es avant d'être tout nu. Je suis assez curieux de mieux saisir. Tu dois performer quel type d'acte et ta pensée qui arrive à quel moment et qui dit je ne suis pas aimable ? Pour moi, comme je te disais tout à l'heure, je suis plutôt en mode, dans ces situations-là, blocage total. Et il n'y a même pas une pensée qui vient dire « je ne peux pas être aimé ». Ça, je l'ai établi en travaillant beaucoup, en prenant beaucoup de recul. Et ça commence, avant d'être tout nu, ça commence à partir du moment où je projette que je vais rencontrer quelqu'un. Du coup, c'est même bien avant, tu vois. Et… Donc je ne le visualise pas en pensée, mais je sais que c'est ça qui est là. Et pourquoi est-ce que ça fonctionne pour toi d'aller chercher la validation chez l'autre ? Comme toi, la pensée est assez tôt, tu vis un mauvais moment, est-ce que tu arrives à aller quand même prendre un café ou quelque chose ? Et là, d'entendre si la personne dit « je te trouve séduisant, je te kiffe », est-ce que ça aide ? En fait, ça, c'est mon travail actuel. Le Viagra, je n'en prends plus et je continue de faire des rencontres. J'ai quand même identifié un peu des moteurs où moi, typiquement, c'est pour ça que quand j'ai arrêté le Viagra, j'ai aussi arrêté Grindr parce que le mode de rencontre, Bon, tu me diras, il y a des gens qui veulent des choses différentes, mais le mode de rencontre, on s'écrit pour baiser et donc l'autre va te demander la taille de ta bite, si t'es actif ou passif, si tu préfères qu'on te prenne les yeux dans les yeux ou par derrière, tu vois, tout ça. C'est le truc où je me dis, ah, en fait, la personne, elle attend tout un tas de trucs et peut-être qu'il y a un truc que je vais pas être capable de faire et du coup, je vais pas être validé, du coup, je vais pas être aimé, je vais être rien. En fait, c'est pas possible pour moi. Donc, en fait, le… Le moyen de rencontrer est trop toxique pour moi. Et là encore, ce n'est pas la personne, c'est les conditions de rencontre. Donc, j'arrête. Et du coup, j'essaie plus de faire des rencontres, des dates à l'ancienne où tu te vois sans baiser. J'en ai fait un il y a deux jours et c'était formidable. Et d'autres façons de rencontrer. Et dans les autres façons de rencontrer… J'ai aussi découvert que j'aime beaucoup les lieux de rencontres extérieures. Ça, c'est comme on les appelle quand on fait de la prévention, mais c'est des lieux de drague, des lieux de cruising. Plus connus à Paris, c'est les tuileries, mais t'en as aussi Bois-de-Vincennes, il y en a à côté de chez moi au but de Chaumont. Et c'est des endroits où les gens baisent en extérieur. Et pour moi, c'est beaucoup plus facile que Grindr. Et je vais aussi dans les sonas. Et je fais le lien un peu pour les deux. C'est beaucoup plus facile que Grindr parce qu'en fait, la personne, tu la rencontres, tu baises. Et du coup, t'as pas eu le temps de projeter des attentes, t'as pas eu le temps de… Tu vois, tu vas pas arriver devant la personne et la personne te dit « Oui, alors d'abord, montre-moi ta bite et puis après, tu me prendras par derrière et puis après, je te prendrai comme ça et puis machin. » Non, ça se passe pas du tout comme ça. Tu te rends compte, tu baises. Et là, j'ai pas le temps de projeter une attente. Et si je conviens pas à la personne, elle va trouver une personne trois mètres plus loin. Ok. Et du coup, ça m'enlève ce besoin de performer pour elle. Et moi, si elle ne me convient pas, je vais aller 3 mètres plus loin et trouver une autre. Et en fait, ça me convient beaucoup plus que le truc de Grindr où tout se construit avant. Et dans ces setups-là, l'érection est là ? la plupart du temps et si elle est là c'est que la situation me plaît pas c'est pas que c'est moi qui me mets si elle est pas là pardon c'est que la situation me plaît pas c'est pas moi qui me suis mis des barrières Je vois tout à fait la différence. Est-ce que, du coup, ton mari, tu l'as nommé ou pas ? On a le droit ? Super. J'ai très envie de le rencontrer, du coup. Cette force enveloppante, bah attends, on va le mettre un midi soir, bien sûr. Je vous en parlerai. Bien sûr. Tu… Quentin, tu le rencontres tôt, avant pas mal du chemin que tu fais. Est-ce que la structure du couple, est-ce que l'espace du couple que vous formez est un endroit où ces enjeux de performance jouent ou pas, l'érection est là ou pas ? Parce que moi, perso, couple ou pas cloupe, même délire relation ou pas relation même délire et c'est d'ailleurs assez puissant parce que même quelqu'un peut me dire t'as trop une belle bite et je vois dans ses yeux que c'est vrai et toutes mes pensées qui ronronnent dans ma tête sont genre nous perso on en a rien à foutre et on pense que c'est pas vrai et c'est ultra puissant, il y a une dichotomie qui me trouble assez et toi ? non moi pas du tout pour le coup je n'ai jamais de problème d'érection avec mon mari enfin jamais c'est quelqu'un qui m'excite et comme je me sens en confiance et comme on a passé l'étape où j'ai besoin d'être rassuré sur la valeur qui m'attribue c'est un peu bizarre de dire comme ça mais sur la valeur que j'ai à ses yeux il n'y a plus de soucis Et c'est pareil avec des gens avec qui je peux être en relation. À partir du moment où je suis rassuré et où je me sens aimé, je me sens en confiance, il n'y a plus du tout de soucis. Mais du coup, tu n'as aucun problème ? Et si jamais en fait… C'est ça le sujet peut-être. En fait, ton cerveau est très sain et du coup… Et tandis que tu te fais reproduire ce que tu vois dans ton entourage qui est une forme de sexualité rapide, sans lien, sans émotion et sans connexion, en fait, ton cerveau se déconnecte puisqu'il est là. Bah non, gars, en fait, on ne va pas dans cette direction parce que ce n'est pas bon pour toi. Mais en revanche, quand tu as des gens qui te nourrissent comme toi, c'est bon pour toi, ça marche. Mais du coup… C'est un peu là où j'en suis dans mon chemin aujourd'hui. C'est-à-dire que moi, je sais depuis longtemps que j'ai besoin d'une connexion avec quelqu'un pour baiser avec. Quentin me dit souvent que je tombe amoureux au premier regard. Et c'est assez vrai, en fait. Moi, je suis amoureux de tout le monde, tout le temps, quoi. C'est… Et je pense que j'ai besoin de cette connexion pour me sentir bien dans un rapport sexuel. Et donc ça, je l'admets. Mais c'est magnifique ! Pourquoi c'est un problème ? Non, c'est un problème parce que j'ai quand même ces périodes où je me dis qu'il y a quand même quelque chose qui ne va pas. Pourquoi tu n'arrives pas à profiter ? Il y a des situations qui peuvent m'exciter, en tout cas sur le papier. Et où je vais pas être excité physiquement. Tu vois, je suis allé en partouze. Je suis allé en partouze et j'avais pris du Viagra. J'ai passé un moment fantastique. J'ai baisé avec plein de mecs et… J'étais actif, j'étais passif, j'ai fait plein de trucs, et ça a duré des heures, et je me sentais trop bien, et à la fin je suis reparti avec des étoiles dans les yeux, dans la tête, partout. Honnêtement, là j'y vais sans le Viagra, je vais pas y arriver. Je vais pas y arriver parce que je suis… Parce que même histoire de… Là, on est dans un espace comme dans un lieu externe. Ça reste un peu clos. En fait, je ne sais pas. Je ne sais pas si je vais y arriver ou pas. Oui, ce doute est quand même… Donc l'organisateur, je suis dans les boucles de messages, je lui avais dit oui je viens et puis au final je lui ai dit non je viens pas parce que je me mets trop la pression. Si je suis déjà en train de me poser la question est-ce que je vais bander ou pas, il y a de grandes chances que je bande pas quand je suis. Bien sûr, bien sûr. Et donc, du coup, la question, c'est est-ce que j'aime vraiment les partouzes ou j'aime l'image que ça renvoie de moi d'un mec qui est bien dans sa sexualité, bien dans sa norme de il faut baiser tout le temps ? Réponds à la question. C'est là où j'en suis dans mon chemin. Mais là, si tu devais répondre à l'intuition, sachant que ça ne t'engage à rien ? Je ne sais pas. Je suis mi-figue, mi-reason. Je ne sais pas. Non, je ne sais pas. Moi, je n'aime pas… J'aime pas… En fait, je me laisse le temps d'avancer sur ce chemin et de découvrir tranquillement, tu vois. Et voilà, j'en suis pas là, je peux pas te répondre. Mais en tout cas, je sais que je m'épanouis quand même plus, dans tous les cas, dans des relations où il y a de l'affection, où il y a du sentiment. Et là, j'atteins un vrai épanouissement sexuel avec la personne. Ouais, en t'écoutant, il n'y a que toi qui peux avoir la réponse et moi, j'estime. Moi, tu m'inspires parce que tu m'aides à savoir où est-ce que j'ai envie de mettre mon curseur à moi. Et moi, si mon corps se déconnecte quand j'ai une sexualité sans lien à émotion, moi, personnellement, je juge que ce n'est pas un problème, que c'est en fait un besoin que j'ai… J'ai besoin de nourrir ça et c'est cool. Mais ça, c'est mon opinion vraiment à moi. Et là où je sens que mes blocages, j'ai envie de les travailler et de les dépasser, c'est que dans le cadre d'une relation heureuse, joyeuse, consentie, je suis envahi de pensées intrusives qui m'empêchent, tu vois ? Un truc où je me dis, ben non, moi, j'ai vraiment envie, quoi. Et c'est intéressant parce que du coup, la question, la conclusion, c'est la question qui est laissée pour chacun d'entre nous. Quelle est ton envie ? Est-ce que tu as vraiment envie de pénétrer quelqu'un, Guillaume ? Est-ce vraiment un blocage, quoi ? Et pourquoi ? Je trouve ça vachement intéressant. C'est fascinant. Je pense qu'en fait, il y a un peu des blessures qui font que tu n'arrives pas. Et il y a aussi des contextes où tu penses qu'ils sont peut-être pour toi et en fait, ils ne sont pas faits pour toi. Et où est la blessure et où est le contexte toxique ? Et je pense que le curseur bouge au fil du temps. Il n'y a pas un endroit où tu le places et tu as résolu le problème pour ta vie. Moi, pour l'instant, c'est partout égal contexte toxique pour moi, mais peut-être qu'un jour… Moi j'ai toujours pensé que j'aurais la sexualité la plus épanouie après 40 ans. Peut-être qu'après 40 ans, j'irai en partouze dans 4 ans. 3 ans et demi. Peut-être que dans 3 ans et demi, j'irai en partouze et là je t'appellerai Guillaume et je te dirai « Eh regarde, je suis en partouze, j'ai une érection, j'ai pas pris de Viagra. » Donc tu m'appellerais en visio pour que je puisse voir. Je t'appellerais en visio, tout à fait. Et peut-être qu'en fait, à 40 ans, j'aurais découvert que, ou plus tard, on s'en fout des 40 ans, j'aurais découvert que non, en fait, il n'y a que les trucs où il y a de l'amour et de l'affection et du lien et tout qui me satisfont et je ne vais que vers ça, tu vois ? Ça m'inspire ce que tu dis parce que je crois que moi, dans mon enjeu de désir de pénétrer quelqu'un, il y a des gens que ça ne m'excite pas de pénétrer. Et en fait, je suis déçu. Je suis là genre, bah non, j'aime vachement cette personne. J'ai envie de rencontrer son désir. J'ai envie d'être là, partager ça avec elle. Puis en plus, comment tu dis à quelqu'un que tu kiffes, qu'en fait, elle ne correspond pas à un morceau de ton fantasme et ton désir ? Parce qu'encore aujourd'hui, pénétrer et être pénétré, ma sexualité est très chargée d'intellect, d'une histoire que je me raconte. Donc j'ai aussi tout un cheminement, je me demande à faire ou pas, mais sur d'autres formes de sexualité. Hier soir, je suis allé chez un de mes partenaires et j'avais déjà eu un rapport sexuel, j'avais déjà baisé avant. Le même jour. Le même jour. Il m'appelle, il me fait « Ah, tu passes et tout ». Et je lui dis « Bah non, genre là, j'ai plutôt envie d'aller regarder une série. » Et non, un peu flemme. Et là, finalement, j'ai eu l'idée de « Bah en fait, moi je viens ». Et je suis à ton service de ton plaisir. Ça va être trop bien. Et il s'agissait de faire des trucs où il n'y avait pas besoin d'un pénis, tu vois. Et en tout cas, pour aller dans son plaisir, c'était ça qui… Et j'ai trouvé ça absolument génial. Moi, ça m'a fait trop du bien. de découvrir une autre forme de sexualité, où du coup, moi j'étais super concentré, j'étais vachement concentré à regarder le moindre, tu vois, tout son visage, est-ce que ce que je faisais fonctionnait bien, comment ajuster, comment je peux essayer des trucs et tout, mais c'était pas du tout en mode besogne, je fais un taf, c'était vraiment une joie qui était nouvelle, donc je ne me masturbais pas, je n'étais pas en érection, et j'étais pas nu ! Et ce que je veux dire par là, c'est pour moi, il y a différentes formes de sexualité. Et je n'étais pas dans le fantasme. Il y a des plaisirs qui ne sont pas de la performance, en fait. Moi, c'est ça que j'entends aussi dans ce que tu dis. On projette vite relation sexuelle égale être performant. moi j'ai souvent projeté ça et en fait souvent c'est se planter sur l'attente de l'autre parce que quand tu projettes une attente chez l'autre t'as 9 chances sur 10 que son attente soit pas celle que t'as projetée mais là je te le dis mais intérieurement j'en suis pas là du tout j'en suis pas là du tout mais j'en suis convaincu En fait, je pense que, tu vois, je me note là sur mon petit carnet, j'ai à la fois envie de lister mes pensées limitantes intrusives qui émergent et ça, quelque part, tu vois, je les observe et j'ai envie de les noter parce qu'en fait, il y a un moment donné, il faut savoir avec quoi je me bats. L'autre truc que j'aime beaucoup que tu me donnes comme idée, c'est de lister les attentes que je crois devoir remplir En plus d'un cul, quelles attentes dois-je remplir, tu vois ? Et en fait, moi, dans la sodomie, putain, mais moi, j'ai mille et une images. Faut que ma bite soit énorme, faut que je te fasse des va-et-vient de ouf, parce que sinon, c'est de la merde. Il faut que j'éjacule à l'intérieur, ça grosse crainte et tout, parce que moi, je suis là… Bah, non, peut-être pas. Enfin, je sais pas, non. On s'en parle. Et je pense que la plupart de mes partenaires, c'est pas leur délire. Après, ça peut, hein. Mais en tout cas, à vérifier. En tout cas, moi, quand je suis pénétré, les gars qui sont genre dans un film porno à faire des allers-retours comme si on était des ninjas, la plupart du temps, je leur dis « gars, respire un bon coup ». genre moi mes nerfs ils sont pas tout au fond quoi arrête d'essayer de taper après je peux avoir du plaisir quand on tape au fond mais on en discutait avec quelqu'un d'autre hier genre autour de l'anus juste si tu me fais coucou par là donc tu fais pas du tout des allers-retours et en termes si on tournait un film porno ça serait assez décevant à voir rien que ça c'est un moment qui peut être vachement puissant tu vois j'arrive à le vivre en tant que pénétré mais en tant que pénétrant je suis encore un peu loin Oui, moi, tu me mets juste une langue, ça peut durer hyper longtemps, en fait. La stimulation de l'anus avec la langue… Tu kiffes. Ah ouais, de ouf ! À recevoir, à donner… Et tu vois, tu disais pénétration, éjaculer à l'intérieur. Moi, j'aime beaucoup me faire pénétrer. Mais alors que le mec jouit ça à l'intérieur ou pas, vraiment, zéro intérêt pour moi. De toute façon, je sais pas, toi, tu sens le truc, t'as rosé. Tu vois, moi, c'est le… Je comprends qu'il y a une charge… Après, t'as des trucs qui poussent. Quand il y a des choses qui poussent, il faut consulter Guillaume. Mais moi, je ne sens pas particulièrement et je n'ai pas du tout le fantasme de, je ne sais pas, j'ai été fécondé ou je ne sais pas quoi, tu vois. Moi, je pense que je l'ai. En tout cas, je ne sais pas si j'ai le fantasme d'être fécondé. Enfin, ça ne résonne pas de ouf là tout de suite. Et du coup, tu l'as, donc tu le projettes chez l'autre. alors que si on s'engage dans un rapport sexuel moi j'en ai rien à foutre que tu me jouisses dans le cul ouais c'est intéressant c'est passionnant ouais il y a du chemin à faire il y a aussi une vigilance à avoir je pense moi j'essaye de l'avoir en tout cas avec mes partenaires de rassurer de pas être dans des schémas hyper normés j'attends ça j'attends ça j'attends ça justement parce que je suis consciente de ce que ça peut faire les injonctions de performance et voilà être vigilant je suis mi figue mi raisin comme c'est toi qui as dit ça tout à l'heure mais tu peux finir ta phrase non oui moi c'est du coup pas reproduire les schémas qui moi me blessent ou en tout cas m'empêchent d'avancer quoi Oui, mais j'ai envie que mon partenaire, il se sente libre. C'est vachement important pour moi et contradictoire. Et du coup, je cherche à naviguer tout ça. Mais je suis grave d'accord avec toi. En tout cas, j'ai envie de créer un espace safe où en fait, on n'est pas là pour se faire se saouler avec des projections ultra lourdes et tout. Et à la fois, j'ai envie que mon partenaire, il se sente libre de dire genre je veux ça. Qu'il puisse exprimer un désir un peu enfermant, quoi. Et que moi, je suis une grande personne, je peux lui dire, ben moi, je vais pas faire ça, tu vois. Tu vois ce que je veux dire ? J'ai pas non plus envie de perdre aussi, il y a quelque chose d'un peu cru dans le désir et le fantasme qui, parfois, sait se délimiter très strictement. Et en fait, le gars, il est là, je… Genre… Mais moi, j'arrive pas à trouver une image, mais genre, pour lui, c'est genre pamplemousse. Hum. un peu de sucre, et on y va. Je dis ça parce qu'en ce moment, j'aime beaucoup les pamplemousses. Et en fait, moi, je suis là, non, mais attends, on s'enferme pas, orange, banane, pamplemousse. Et moi, j'ai envie qu'ils disent, non, mais mec, en fait, c'est pamplemousse et c'est maintenant, en fait. Et je veux les deux. Les deux morceaux de pamplemousse. Non, pas toi ? Non, moi, ça ne marche pas du tout comme ça. Moi, la personne qui me dit « je veux ça », me fait fuir. Par contre, j'encourage la personne à me dire « j'aimerais bien manger du pamplemousse ». Ok, c'est dans la forme. Si la personne est trop écrasante… En fait, c'est encore relatif aux attentes et à quel point ça me fait peur de ne pas être à la hauteur des attentes. Le problème, c'est moi. Si la personne verbalise une attente forte et que moi, j'ai un doute sur ma capacité à… répondre à son attente, je vais entrer en mode blocage et du coup, je vais passer à autre chose. Donc maintenant, je refuse les attentes exprimées. Mais c'est moi, je ne te dis pas que c'est ça qu'il faut faire. Et donc moi, dans ma relation aux autres, je suis plutôt comme ça. Donc je vais mal répondre aux besoins de quelqu'un qui veut que je lui exprime clairement. Je comprends. Moi, mon objectif, c'est la personne est libre de dire j'aimerais pamplemousse ou banane, je suis moite-moite. Et c'est vrai. Et la personne est libre de dire je veux pamplemousse. Et moi, j'ai envie d'être capable de dire, en fait, j'ai pas de pamplemousse chez moi. Et puis, j'aime pas ça. Et en fait, de le regarder dans les yeux et de pas me sentir amoindri par le fait que j'ai pas de pamplemousse chez moi. si franchement les gens ils tombent à ce moment là du podcast ils doivent se dire mais c'est quoi quelle est cette salade de fruits mais tu vois c'est ça mon objectif et je sens que tu vois j'ai un partenaire qui a des demandes assez particulières, singulières autour de certaines pratiques qui moi sont pas de mon sont pas dans mes désirs et mes fantasmes genre comme ça quoi Et je sais que je travaille vachement en ce moment. Tu vois, il me rassure, il me dit je kiffe de ouf et c'est vraiment des pratiques qui sont importantes dans sa vie. Du coup, on a une sexualité ouverte. C'est important de le faire avec toi ou il peut le faire avec d'autres ? Voilà, il me dit… On a tous les deux des sexualités multiples et riches autour, donc je ne suis pas son seul partenaire sexuel. Il me dit que c'est vachement important pour lui et je suis heureux qu'il me partage ça, qu'il me partage sa joie et ses besoins et ses kiffs. Il me dit que c'est important pour lui de vivre avec moi, qu'il serait très heureux. Et il me rassure en disant mais en fait, on expérimente, c'est pas ton délire, c'est pas ton délire. Et moi, sauf que mon cerveau, il est là, genre je vais le perdre. Si je suis pas au niveau, je vais le perdre. Et en fait, je ne le crois pas. Je n'arrive pas à le croire que si je ne vais pas à sa rencontre, je ne le remplis pas. Je ne remplis pas son besoin. Je me dis c'est trop triste, je suis déçu. C'est nul et tout. Franchement, c'est de la merde. C'est un élément tellement clé de sa sexualité. Si moi, je ne suis pas à ce rendez-vous là, là, aujourd'hui, il arrondit les angles. Et ça, c'est une recette. à l'échec parce que du coup je suis bloqué de partout bah oui c'est pas dans ces conditions là que tu vas réussir à faire ce qu'il te demande je me mets une pression de malade du coup je le culpabilise je lui dis que c'est sa faute et ça c'est une excellente solution je lui dis que c'est lui le problème et moi du coup ça m'allège énormément non je rigole mais en vrai j'ai un peu dérapé Au lieu de lui exprimer mes peurs et de lui dire en fait j'ai peur et j'ai l'impression que je vais pas être au niveau, j'étais fatigué et tout, je me suis entendu, je me suis pas tout de suite chopé mais je l'ai culpabilisé, je lui ai dit que… qu'il parlait trop de ses désirs et que du coup ça me mettait… Non, je sais, c'est pas bien. Mais je le dis tout fort. Après, je me suis excusé. J'ai dit c'est vraiment pas bien et tout. Parce qu'il n'a jamais mis de pression autre que de communiquer, de formuler ses désirs, ce que je trouve très beau et tout. Mais sur le moment, en fait, ça vient me chercher tellement un endroit de vulnérabilité, de performance et tout, que j'ai été con, quoi. Et pourtant, il t'a verbalisé le fait que si c'était pas avec toi, c'était pas grave. Ouais. Et… J'incarne le con, je pense que ça peut arriver à d'autres gens, le moment où au lieu de dire tes vulnérabilités et tes peurs par rapport à la sexualité, tu te mets à regarder chez l'autre comment il a peut-être mal dit, la forme, je sais pas quoi… Bah ouais moi j'ouvre beaucoup de canaux de communication avec mon mari depuis la nuit des temps mais aussi les gens avec qui je relationne pour justement éviter ça et je trouve que c'est un désintérêt de relationner avec plusieurs personnes c'est que tu crées pas trop d'attentes chez les uns chez les autres et Avec Quentin, on a la même sexualité depuis hyper longtemps. On fait souvent les mêmes choses. C'est un truc assez routinier, mais pour autant très excitant. Ça, c'est passionnant pour moi. Ce qui est routinier ne peut pas m'exciter, je crois. Non, mais j'ai envie d'être toi. J'ai beaucoup de chance d'être toi. Écoute, je t'avais parlé lors du pré-entretien du rose bif de ma grand-mère. Oui, c'est vrai. Le rose bif de ma grand-mère, elle le fait tous les dimanches. Et tous les dimanches, quand tu vas chez ma grand-mère, il est toujours aussi bon et tu prends toujours autant de plaisir à le manger. Ça ne veut pas dire que tu n'as pas de plaisir à manger le magret de canard de ton restaurateur en bas de chez toi, que ta grand-mère ne fera jamais. Mais chaque fois que tu reviens chez ta grand-mère, le roast beef est super bon. Du coup, on est passé des légumes à la boucherie. En plus, la bouffe, ça me parle énormément. La répétition de la bouffe, je suis premier à manger la même chose. Et moi, dans la sexualité avec Quentin… On fait très souvent les mêmes choses. En vrai, c'est faux parce que des fois, on expérimente des trucs et tout, c'est assez cool. Mais c'est souvent routinier, répétitif et c'est toujours autant de plaisir en fait. Parce qu'on va tous les deux chercher ailleurs ce dont on a besoin. Est-ce qu'on n'est pas capable de se donner mutuellement ? Parce que quand tu es en relation avec quelqu'un… il y a aussi des freins enfin moi dans mon cas il y a quand même des freins à faire certains trucs que j'ai envie parce que je sais que la dynamique va pas être comme je l'aime la flemme quoi dans le prochain épisode on va parler de polyamour et justement de cette façon de relationner avec plusieurs personnes avant qu'on passe au prochain épisode toi tu t'es débloqué T'es en cours de déblocage sur ces questions de performance. T'as dit deux choses, l'aide chimique, on en a parlé, et l'aide psy. Pour des gens qui peuvent se sentir bloqués similairement et qui se disent, du coup, chez le psy, c'est quoi le délire ? Toi, alors tu peux pas parler au nom des autres, mais toi, ton cheminement de psy, en quoi aller chez le psy t'a aidé sur ton épanouissement sexuel ? Parce que chez le psy, ça fait 4 ans que je vais chez le psy. Je ne sais pas si je suis plus proche de la fin ou plus proche du début encore. Mais on travaille beaucoup sur le… C'est grâce à ce chemin psy que j'ai identifié les problèmes d'estime de moi, que j'ai identifié les blessures d'attachement, que j'ai pu mettre des mots sur l'anxiété de performance. En fait, c'est en traitant ces blessures-là que ça me permet d'accéder à une meilleure sexualité parce que les freins dans ma sexualité sont liés à ces blessures. Mais en fait, je ne suis pas en train de parler de cul tout mon temps chez le psy parce qu'en fait, dans la sexualité, ça reste des symptômes d'une cause qui est autre. Et du coup, travailler sur soi, sur ces blessures et tout, ça permet… d'accéder à une meilleure sexualité mais c'est un des effets ça me parle parce qu'en fait moi le moment où je me dis je ne suis pas assez en tant que pénétrant celui qui pénètre en fait en vrai c'est mes enjeux de je ne suis pas assez dans ma vie en général ok ça donne pas du tout envie merci Bon courage. C'est clair. Tu sais, moi, j'ai fait dix ans de psychanalyse. Là, moi, je vais bander, pénétrer et je vais trouver comment… Après, si tu trouves la ressource en toi pour avancer plus… Le podcast. Le podcast, ben oui. Tout de go, en fait. Entendre des témoignages, m'en inspirer ou au contraire me dire tiens, moi, c'est un peu différent. Et après, créer un espace de sexologie, sexothérapeute et aller poser mes problèmes publiquement avec les gens aussi qui du coup viennent tu vois moi ce que je trouve ce que j'adore c'est quand on est plusieurs à parler de troubles de l'érection de d'enjeux de ah j'arrive pas à être pénétré ou pénétrant et que chacun on raconte notre histoire moi à chaque fois quand j'écoute les gens je suis là ah mais grave mais ça tu vois j'arrivais pas à le dire mais c'est ça c'est ça tu vois enfin il y a un truc puissant qui se fait avec la libération de la parole et je te le confirme en tant que auditeur moi j'écoute ton podcast depuis un moment je pense que j'ai écouté à peu près tous les épisodes Et en fait, je vais chez le psy, c'est l'école et j'écoute ton podcast, c'est les cahiers de vacances. C'est la mise en pratique, la mise en perspective de ce que j'ai appris à l'école, ce que j'ai appris chez le psy. De voir qu'il y a des parcours qui sont similaires aux nôtres, de voir qu'on est à peu près tous et toutes en train de galérer de la même façon avec notre sexualité, de se confronter, de surmonter en disant « Ah oui, telle personne a fait comme ça, ok, moi je peux essayer. » puissant donc merci c'est cool parce que ça fait du rebond moi ça me fait du bien, ça fait du bien à d'autres gens tu parlais d'ailleurs qu'il y a un des épisodes, celui de Baptiste qui fait du tantra du coup toi t'es allé t'es à l'aise d'en parler je crois ouais ouais carrément et c'était une super expérience donc il y a un épisode, je me rappelle plus comment il s'appelle le tantra pour décupler mon plaisir je crois Bon en tout cas les gens peuvent trouver Dans les épisodes passés Toi tu l'écoutes et qu'est-ce que ça fait pour toi ? écoute moi le tantra je découvre avec cet épisode que tu publies là je connaissais le mot mais alors je savais même pas ce qu'on mettait derrière d'ailleurs on écoute l'épisode et on sait toujours pas ce qu'on va faire quand on s'inscrit au tantra mais je me dis je sais pas il y a un truc attirant tu vois on entend parler de chemin spirituel qui passe par le corps des choses où sans comprendre vraiment ce que je vais faire je me dis tiens il y a un truc qui m'attire donc je m'inscris je vais à une séance de donc c'est à Paris ça hein Baptiste à Paris ouais Et vraiment, expérience géniale. Tu vois, je me fais un peu le parallèle dans ma tête où tu sors d'un… T'as vu un mec, t'as eu un rapport sexuel de ouf, t'as dormi dans ses bras et tu rentres chez toi et t'es in love avec le mec. Moi, j'ai ressenti la même chose avec tout le groupe avec lequel j'ai fait du tantra. Et je te jure, j'étais… en amour, je suis tombé en amour avec le groupe qu'on a formé on devait être 20 tu vois et je me rappelais chaque personne individuellement et je me dis ah cette personne j'ai vécu des moments formidables et tout et bon Baptiste invite à pas trop parler de ce qui se passe mais y'a pas de sexualité y'a pas de nudité non plus y'a pas de nudité Mais moi, je me suis vraiment senti en connexion avec tout le monde. Et je te jure, j'ai été perché pendant deux jours. Ah, c'est trop bien et tout. C'est quand la prochaine date ? Et tu vois, j'en parlais à mon psy. Je disais, ah, j'ai fait un… Enfin, je vais faire un atelier de tantra. Il me dit, ah, mais on n'avait jamais parlé de tantra, toi et moi ? Je dis, bah non. Il me dit, mais oui, mais c'est… Mais vas-y. Enfin, tu vois, il commence un peu à connaître mes mécanismes et tout. Il me dit, mais comment ça se fait que t'as jamais fait de tantra ? Toi t'as l'impression que le tantra peut t'aider dans ton cheminement justement autour de la performance qu'on vient de parler ou pas trop ? Ouais et puis je le mets plus dans mon besoin de connecter avec des gens en fait. J'ai toujours pas compris la définition de sa biosexualité mais quand j'en entends parler sur ton podcast moi je me sens vraiment… ce besoin de connexion pour avoir des relations intimes et j'ai vraiment l'impression dans le tantra j'ai vraiment eu l'impression de connecter avec des gens et ça passait pas par des mots ça passait par du contact physique, du contact visuel et j'ai l'impression que ça peut m'aider super du coup j'ai retrouvé l'épisode dont tu parles le titre c'est le tantra pour décupler mon plaisir et assumer d'être un homme Baptiste et il a été publié en février 2022 sur ce podcast et du coup t'es allé dans le descriptif de l'épisode où il y a le lien du site de Baptiste trop bien c'est la fin de cette seconde partie je te donne rendez-vous pour la troisième partie où on va parler de polyamour de ton mari René tu n'es pas Céline Dion mais je trouve ça intéressant dans ta dynamique de couple avec Quentin et comment tu vis ton polyamour aujourd'hui à Paris ça te va ? ouais nickel merci à toi