Noir, trop féminin et pas assez musclé – Lucas 3/3

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(3/3) Lucas a un corps fin, il est féminin et noir : il ne correspond pas aux « codes gays parisiens » comme il dit – et il est rejeté. Tellement qu’il n’ose plus aller vers l’autre. Il ne veut pas de plan cul, lui le sentimental cérébral raconte son chemin vers la liberté et l’amour. De l’autre et de soi.

· L’instagram de Lucas : https://www.instagram.com/muxu_r_u

· Pour voir Lucas danser du voguing (c’est trop beau !!) : https://youtu.be/2Yf5OlJPOzU?si=anaDWGlRH7d_QWCl à 3:40

· Regarder le documentaire “Paris is burning” https://youtu.be/nI7EhpY2yaA?si=7jHarasSdF45IREN

· Un livre sur la psychologie des hommes gays recommandé par Lucas : Out of the Shadows, The Psychology of Gay Men’s Lives (non traduit) https://www.penguin.co.uk/books/313156/out-of-the-shadows-by-odets-walt/9780141990149

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Lire la transcription de cet épisode
Lucas, troisième et dernière partie. Me revoici. Me revoici, me revoilà. Dans les deux premiers épisodes, les gens devraient les écouter, ils sauraient que tu es à Paris depuis pas mal de temps, en questionnement autour de l'amour. Avec tout un tas de blessures et d'un chemin de vie que tu as raconté et qui a été composé de pas mal de rejets, d'une première relation avec un mec pas dispo, mais je pense aussi que ça peut jouer dans comment on fait chemin. Et puis qu'en ce moment, tu es en construction, en réflexion. Tu es célibataire, mais tu aimerais bien rencontrer. Puis tu demandes aussi, mais non, peut-être que c'est pas écrit, c'est pas ainsi. Tu dis que tu te développes comme personne et aussi comme artiste. On a parlé de la ballroom. Et d'ailleurs, j'ai une question là-dessus. Mais pour partager les coulisses du podcast, tu étais aux toilettes lorsque soudainement, Tu as tiré la chasse. Et alors ? Les gens vont se dire, il s'est passé quoi ? Pas du tout. Tu es allé aux toilettes, tu es revenu et tu m'as dit, c'est fantastique. Je vais faire une analogie. Oui, l'analogie, c'est, je suis arrivé avec tellement d'appréhension et en fait, le podcast se passe tellement, tellement bien. et je rends compte que le temps passe hyper vite et que j'ai plein plein de trucs à raconter et du coup l'analogie c'est un peu comme lorsque tu vas te faire un vaccin t'as trop peur mais en fait on te met l'aiguille tu sors rien du tout tu dis quoi c'est fini mais du coup on est en train de te vacciner contre quoi ? le rejet peut-être On a beaucoup parlé de ça dans l'épisode 2. Et ça me fait aussi prendre conscience. C'est comme si, tu vois, le fait que tu le dises aussi rend les choses un peu vraies et sort un peu de mon esprit, tu vois. Comme si… je sais pas comme si t'avais un peu ce rôle du ça tu vois je te mets devant les yeux le truc qui marche pas forcément et que tu peux retravailler et je pense que c'est aussi pour ça que je suis venu tu vois avoir un regard extérieur sur tout ce qui se passe à l'intérieur bah ouais franchement si ça peut t'aider toi et moi et plein d'autres gens moi je suis trop content à partir du moment où on se heurte pas je suis pas thérapeute et en plus je dis de la merde comme on a vu au tout premier épisode donc j'ai envie d'être très vigilant avec mon pouvoir si j'en avais un mais moi je te le dis tu es une personne magnifique mais je te dis pas en mode genre je te gratte un peu la… en fait le monde est violent Et donc, ça, c'est trop triste, mais on ne pourra pas s'en protéger. Et je pense qu'il est plus violent pour les personnes racisées, pour les personnes non-binaires et où, tu vois, quand tu vois le déferlement de haine envers les personnes trans, je me dis, mais il y a des gens qui se lèvent le matin avec vraiment une détermination haineuse qui me rend tellement triste. Et donc, je pense que la violence du monde, on ne la vit pas tous pareil, parce qu'on n'est pas exposé aux mêmes éléments et tout. Mais je sais te dire qu'ils sont nombreux, ceux qui veulent te rencontrer et te savourer. Je le dirais à tout le monde. Ce n'est pas un message pour toi particulièrement parce que maintenant que je te connais un peu plus, je te valide. Ce n'est pas ça. C'est qu'il existe des gens qui ont des envies, des appétences et des ponts. qui ont envie de créer un pont avec toi, je sais qu'ils existent. Tu vois ce que je veux dire ? C'est plus une croyance profonde parce que je crois que moi je vois l'amour que des gens peuvent me porter et ils mettent des mots et je suis là « mais t'aimes ça ? » Je te promets, mon corps, le moment où j'ai dit Ah d'ailleurs, pardon, il y a pas mal de gens qui me contactent parce que mon copain était à l'hôpital et du coup, il me dit alors, et c'est vrai que si j'en parle sur le podcast, il faut que j'aille au bout. Il est sorti de l'hôpital, tout va mieux et pour le moment, tous les tests sont positifs et là, il est juste en train de revenir. à la vie et donc je lui raconte cette histoire de putain en ce moment je me trouve trop chum et tout j'ai dû prendre du poids ou je sais pas quoi entre parenthèses ma mère est une des grossophobes les plus expertes. Elle a une détestation de son corps. Elle m'a toujours dit, il ne faut pas que tu sois gros. Et ça, c'est bien rentré profondément dans mon cerveau. Et je pense que j'ai des automatismes aussi là-dedans. Et lui, il me dit, mais pas du tout. Il me dit, t'es trop beau. Et en fait, je le crois. Et moi, j'ai déjà vu la puissance… J'ai eu des rapports sexuels avec des gens qui avaient vraiment envie d'être avec moi. Ce corps que moi, je n'aime pas forcément, je voyais dans leurs yeux qu'ils passaient un super moment. Et donc, mon cerveau était là. Mais tu vois, c'est ça, ça fait aussi court-circuiter ce que tu t'es mis dans la tête. Et limite, tu le mets de côté ou tu l'oublies parce que ça ne va pas dans le sens de ce que tu t'es mis en tête, quoi. Ouais. C'est ça que je veux te partager et que je crois puissamment. Qu'en fait, ta lumière, ton élan, etc. Il y a des gens qui en veulent. Ton corps, ta lumière. Et il y en a d'autres qui ne veulent pas. Ça, c'est sûr. Bon. On a terminé l'épisode 2 où tu avais justement un truc à rajouter et je t'ai coupé, est-ce que tu te souviens ? C'était une anecdote sur la fétichisation. Une anecdote en effet sur la fétichisation et la couleur de peau et donc la racialisation. C'est une anecdote, c'était encore une fois un garçon que j'avais rencontré et c'était pour qu'on se reconnaisse un peu intimement. Une jolie mendie pour dire ? On se connaisse intimement. Moi, j'ai un peu de classe. Non, je rigole. Je n'ai aucune classe. Non, je rigole. En tout cas, c'était… Tu avais envie de… Non, mais en tout cas, c'est ça. C'est… Du coup, je n'ose pas dire. Oui, c'était un peu plan cul. Moi, je ne suis pas plan cul direct. C'est pour ça que je dis ça comme ça. J'ai l'air trop satinitouche. Je ne suis pas du tout satinitouche. C'est juste une idée. C'est juste parce que j'essaie de rester un peu professionnel et parce que ça va faire une image publique. Bref, merci en tout cas. et donc cette personne là quand on a commencé un peu tu vois genre à sexer et tout ça me dit hop t'as une bite de martiniquais et je suis en mode qu'est-ce que ça veut dire et du coup j'aime bien il me dit ok d'accord je sais pas du tout ce que ça veut dire Donc, on a quand même eu une relation sexuelle. Et après, je sors de là et je me dis, mais qu'est-ce que ça veut dire, Bill Demartini ? Qu'est-ce que ça veut dire que c'est gros ? Est-ce que c'est petit ? Est-ce que ça veut dire que c'est foncé ? Je ne sais pas. Donc, je l'ai un peu vécu comme ça. Après la fétichisation, je l'ai vécu assez rarement, je dirais aussi. Je n'ai pas beaucoup d'anecdotes sur… Mais l'autre version justement de vivre en tant que personne racisée dans la communauté homosexuelle, c'est que tu es aussi invisible, complètement invisible, tu n'apparais pas du tout. Je dis ça pas entre personnes racisées, je ne le sens pas ça, mais envers les blancs, les personnes blanches. Parfois, des personnes ne pourraient même pas me voir comme un partenaire potentiel ou comme attirant, rien du tout. Je n'existe pas, en fait. Et je, comment dire, je… C'est comme si ça rentrait pas dans leur conception, en fait, tu vois, du beau ou du attirant ou je ne sais pas ce qu'on peut dire dans ce cas-là, mais… J'ai l'impression qu'en fait, soit t'es fétichisé, donc tu rentres dans une case du noir musclé grosse bite et donc les gens ne te voient pas, t'es invisibilisé parce que t'es là, mais non, mais attends, je suis… Enfin, ce truc de bite de Martiniquais, soit en fait, t'es invisible parce qu'en fait, il te calcule même pas, quoi. Dans les deux cas, c'est ça que… Oui, oui. Des extrêmes, en fait, je pense. T'as demandé à ce partenaire, tu lui as dit, mais il a voulu dire… Non, pas du tout, parce qu'au moment-là, j'étais hyper surpris. Je ne savais pas du tout ce que ça voulait dire et je suis resté un peu interdit. Et en même temps, dans le passé, j'avais aussi beaucoup de mal à communiquer lorsque quelque chose ne me plaisait pas. Lorsque quelque chose allumait une lumière dans mon esprit, je me disais, qu'est-ce qu'il se passe ? Et ce travail de communication, je le fais aussi encore aujourd'hui. Dans le passé, non, je n'ai pas pu savoir pourquoi. C'est ouf. Je trouve que c'est… C'est ouf que les gens se disent… Je sais pas, je trouve que c'est… Pour continuer sur le sujet justement de la racialisation, je pense que beaucoup de personnes, parce que je le vois autour de moi, les personnes qui m'entourent, pas tout le monde, mais beaucoup de personnes noires ou arabes en France ne veulent dater que des personnes noires et arabes aussi. Autour de toi ? Oui. Par exemple, je compare ça avec la boulombe. Il y a plusieurs personnes qui disent les blancs, non. Tu vois ? Donc, moi, je soupçonne que ce soit par rapport à ces trucs de rejet, de fétichisation, de rejet, de racialisation. Parce que d'un côté, tu vois, bon, ça va être un apport théorique du podcast. Ça peut nous faire penser à ce rapport un peu colonialiste, tu vois, peut-être. Je dis nous, moi en tout cas. Je ne parle pas pour tout le monde, je n'ai pas de porte-parole de qui que ce soit. En tout cas, moi, je n'ai pas de problème à sortir avec des blancs. Je suis justement très attiré par les blancs aussi. Mais à certains endroits, ça peut ressusciter quelque chose que je n'ai pas connu de l'un côté, donc aussi faire apparaître, je dirais. cette relation colonialiste. Donc toi, tes deux parents, tu disais, je ne sais plus dans quel épisode, que tu es né en Martinique ? Non, tu es né en France ? Je suis né en France. Mais tes parents sont tous les deux ? Oui, dans le deuxième. Je suis né en France. Ma mère est martiniquaise, mon père espagnol. Immigré espagnol et français. Ils se sont rencontrés en Martinique. En Martinique, ok. Et donc, tu es descendant des gens qui ont vécu cette colonisation violente. Oui, oui. J'ai mes ancêtres qui ont été esclavagisés. Et si on remonte encore plus loin, des ancêtres qui étaient dans les… Je ne sais plus le nom des communautés natives de la Martinique, mais qui ont été dedans aussi. Oui, oui. En tout cas, du coup, faire revivre cette réalité familiale. Quand tu disais, moi, je n'ai pas connu, mais je ne serais pas étonné que dans nos ADN, en fait, dans nos histoires familiales… Les générations qui transmettent d'une à l'autre. En tout cas, c'est vrai que ce rapport-là et cette attirance torturée, elle m'est présente surtout avec les hommes blancs. C'est vrai. Attirance torturée parce que d'un côté, tu les désires, t'aimerais être en connexion avec eux ou faire du sexe. Et à la fois, c'est eux qui t'agressent ? C'est quoi l'autre ? Oui. En tout cas, ce sont eux qui ont pu me rejeter et qui ont motivé cette réflexion-là en moi. Il y a des standards et je ne matche pas ces standards pour pouvoir être visible, être vu comme tout un chacun. Oui, bien sûr. Moi, dans mon imaginaire, j'avais envie que la scène ballroom, ce que tu décrivais à l'épisode 1, c'est ce mouvement artistique, danse, où on se rassemble. Après, il y a des publics aussi, mais en tout cas, on se rassemble dans des événements, dans des endroits, dans des moments. Donc, en fait, moi, j'avais un peu envie d'imaginer un espace safe où justement, tu peux connecter avec des personnes queer et tomber amoureux, faire du sexe. Justement… Ça peut se faire, oui, oui. Je veux dire, c'est pas impossible. C'est ça. Et toi, tu… Je trouve qu'on est passé un peu rapidement. Parce que toi, t'as dit, moi, ça m'est jamais arrivé. Il s'avère aussi que comme c'est des partenaires de danse, à partir du moment où tu rajoutes de la romance ou du sexe, j'avoue, ça peut être compliqué. Je me connecte tout à fait à ça. Mais tu vois pas ça comme justement un endroit safe où t'aurais envie de créer des liens sexuels ? C'est vrai qu'on m'a posé la question souvent, même à l'intérieur de la ballroom, et je disais oui, moi je suis ouvert à ça. Après, je sens aussi qu'il y a cette projection de la masculinité qui est attirante. Il y a pas mal de personnes qui disent « Ouais, bon, c'est pas trop mon style, un peu trop féminin. » Il y a toujours des trucs qui restent… de ce qu'on a appris, de ce que la société nous a dit que c'était bien ou pas parce qu'un homme masculin c'est… tu vois qu'il fait viril je sais pas comment décrire ça parce que c'est très dur on a toujours des conceptions de la virilité différentes mais c'est bien et l'autre contraire, l'homme féminin qui en plus est homo c'est problématique donc il y a toujours ces constructions dans l'esprit tu l'entends souvent ça ? oui Je le ressens et je l'entends. Et c'est pour ça, je pense que dans la ballroom, il y a aussi ce… Il y a parfois, je dis pas tout le monde, je mets pas tout le monde dans le même panier, mais il y a aussi ces biais de pensée-là. Ouais, ouais. Dans lesquels tu corresponds à nouveau pas. Est-ce que… C'était quand la dernière fois où t'as fait du sexe ? Alors, c'était il y a trois semaines, je crois. Ok. Ouais. Et est-ce que t'es à l'aise de nous raconter comment ça s'est passé ? Oui, bien sûr. C'est très bien passé, hyper bien passé. C'était avec une personne formidable, c'est un homme trans. Bon, c'est un homme, voilà. Que j'ai connu dans mon passé, qu'on s'est revus il n'y a pas longtemps. Et on avait déjà cette petite attirance-là. Et du coup, ouais, on se sexe tous les deux, quoi. De temps en temps, mais c'est plutôt en mode sex-friend, tu vois. Ok. Et ça te va ? C'est bien, oui. C'est quelqu'un que je trouve fabuleux, trop sympa, trop gentil. Et ouais, on match là-dessus. Après, s'il y a quelque chose de plus sérieux, on verra, je sais pas. Mais pour l'instant, on est en relation sex-friend, ouais. Ben non, mais toi qui cherches l'amour, pourquoi c'est pas lui ? Ben je sais pas, c'est une éventualité, quoi. Ok. Et ça fait combien de temps que vous vous connaissez ? On s'est connus, on travaillait au même endroit pendant un an ou deux et après on ne s'est pas du tout revus. Je ne sais plus comment ça s'est fait d'ailleurs, par une application je crois. Il y a deux mois je crois. Mais dans ces cas-là, toi, tu arrives à rester un peu ouvert et tu verras où ça mène. Tu ne te mets pas à dire « Ok, je vais l'inviter au ciné, au resto, je vais faire des dates avec lui justement pour faire advenir peut-être quelque chose que tu recherches. » Alors déjà, je pense que je veux laisser les choses se faire seul. D'un autre côté, je ne sais aussi pas comment faire. Pour initier un rapport d'intimité. Est-ce que lui est disponible à une relation ? Est-ce que lui t'a dit ? Lui, je sais qu'il travaille beaucoup et je ne sais pas. Je n'ai pas questionné après. Je ne pourrais pas le dire sans avoir communiqué ça. C'est intéressant ce que tu dis. Tu dis je ne sais pas faire, ça veut dire quoi ? Souvent, tu vois, ça m'est arrivé de rencontrer quelqu'un, d'avoir un date, et le date s'est hyper bien passé. Et pour se revoir, c'est hyper compliqué, parce que je ne sais pas comment relancer la pierre, et souvent, c'est moi qui la relance. La pierre ne revient pas. Ou alors… Ou alors, je ne sais pas. Je ne sais pas si c'est le choix des mots qui fait que… Je ne sais pas, je n'arrive pas. Non, ce n'est pas que je n'arrive pas, c'est… peut-être que je ne sais pas comment avoir plusieurs dates d'affilée ok non non mais moi je suis un peu moi je suis très frontal et d'ailleurs mes amis se foutent de ma gueule donc moi j'envoie des textos en mode j'ai aimé ce moment et je veux qu'on se revoit et tu dispo et si la personne me dit du coup je dis et je lui envoie une liste de mes disponibilités Le mec étant le… Non, mais tu vois, du coup, je suis un peu bête en mode… Et moi, tant que tu me dis pas non, enfin, je vais te dire, mais en fait, t'as envie qu'on se voit ou pas ? Parce que tu vois, il y a aussi des gens, moi, je déteste, qui font « Ah ouais, pourquoi pas ? » Et moi, je suis là. En fait, moi, je suis désolé, mais je ne comprends pas. C'est toi qui me recontactes ou c'est moi qui te recontacte ? Et je reviens, si tu as envie, on se dit dans un mois, rendez-vous lundi soir. Je suis un peu bête comme ça et je suis sûr qu'il y a plein de gens qui trouvent ça chiant parce qu'ils n'ont pas envie d'avoir… Chacun est libre. Mais moi, dans ce cas-là, après, je me déconnecte. Ça m'aligne, ça m'apaise de me dire… écoute j'ai envie de te revoir voilà mes dispos et puis après on voit si la personne match ou pas c'est un peu bébête de te dire ça c'est pas cet élément là qui te manquait pour faire advenir un deuxième date on est d'accord tu sais envoyer un texto aux gens en leur disant je suis dispo mardi soir pourquoi tu le fais pas ? je sais pas répondre à ça parce que j'adore pourquoi ? c'est passionnant Pourquoi tu dis pas je suis dispo mardi soir ? Mais ça m'est arrivé de dire je vais peut-être un peu mentir tu vois parce que j'ai pas les anecdotes dans l'esprit là précises mais ça m'est arrivé déjà de dire oui j'ai apprécié la rencontre avec toi j'aimerais qu'on se revoit tout ça après c'est quelqu'un qui décrochait pas forcément tu vois. je pense avoir avec les disponibilités de la personne ou alors aussi son énergie mentale comme je disais je parlais tout à l'heure dans l'épisode 2 d'énergie mentale sur les applications et parfois j'envoie un message je sais pas comment continuer la conversation j'ai pas d'énergie mentale je sais pas à quoi me raccrocher moi dans ce cas là je dis on va prendre un verre je suis disponible le mardi soir ou bien on fait une visio bon ça après pareil les gens ils sont en PLS et tout mais je suis là on est en train de se parler par clavier vient en fait on se voit nos têtes et on voit s'il y a de l'énergie et puis après on ira prendre un verre si on a envie le sexe il y a trois semaines toi tu disais je suis vachement cérébrale d'ailleurs à ce moment là de l'échange j'ai eu du mal à te faire mettre en mots là quelle partie du corps t'as envie d'être caressée, touchée ah d'accord Non, t'inquiète. Mais donc, il y a eu avec cette personne-là, de il y a trois semaines, une connexion cérébrale ? Oui, même émotionnel, tu vois. Je pense que lui aussi a besoin de ça, tu vois. Il n'a pas besoin d'un truc un peu porno, quoi. J'appelle ça sport-sexe, tu vois. Genre sex-sport. En fait, ce n'est pas moi qui l'ai inventé, ce terme. Ça sort d'un livre que je recommande d'ailleurs de lire à tout le monde. Il s'appelle « Psychology of a Gay Man's Life », qui a été écrit par un psychologue américain qui est sorti il n'y a pas très longtemps. Ok. Je pourrais te parler un peu plus de ce livre en off aussi. Et donc, il parle justement de ce genre de sexe basé sur le porno comme du sport sexe, du sexe sportif. Donc, il faut crier, taper fort, pénétrer. Et qui ne permet pas de se connecter aux émotions des autres et d'être à l'écoute de l'autre, qui est plutôt « j'utilise la personne pour mon propre plaisir ». Pardon, et, ça m'amène une idée, ou comme une décharge, et comme une décharge. Le sexe comme une décharge, tu vois, moins comme un lien, c'est ça ? Oui, exactement. J'ai pas lu ce livre, pardon. Mais ça fait un moment que je pense à te le transmettre. C'est grave ! grave, on fera un épisode, tu sais on a fait un épisode sur Velvet Rage tu l'as écouté en livre audio j'ai écouté le podcast pardon mais tu devrais justement si toi t'es un peu cérébral et que tu réfléchis, je trouve que Velvet Rage le livre, donc il est dispo en livre audio puis moi j'ai un lien particulier où du coup ça donne 10 euros au podcast et c'est gratuit pendant 30 jours pour toi Ou bien, je ne sais pas, tu te débrouilles. Il n'est pas traduit en français. Je peux lire en anglais. Il y a des gens qui m'ont dit, qui m'ont demandé. Et en vrai, l'énonciation est super lente et tout. Donc, si tu as un petit niveau d'anglais, moi, j'ai trouvé que c'était simple. Enfin, simple. Ça demande de l'attention, mais c'était cool à écouter. Et puis sinon, tu l'achètes en librairie et tout. Je voulais te demander. Donc là, attends, je me suis perdu parce que tu me parlais de ce bouquin. Donc, l'amant, on va l'appeler l'amant. Comment vous vous êtes rencontré cette fois-là, il y a trois semaines ? Qui a envoyé quel texto ? C'était moi, cette fois-ci. C'était moi qui lui demandait comment ça allait. Du fil en aiguille, après, c'était en mode, déjà, je ne sais pas, tu veux qu'on reprenne un verre ? Oui, vas-y. C'est lui qui a dit, tu veux qu'on reprenne un verre ? Oui, oui, il me semble. Et après, on s'est vu chez lui, quoi. C'est lui qui a fait le précédent pas ? Oui. Mais je pense que ça demande ça aussi. Pour qu'une rencontre se fasse, il faut une application des deux personnes. Ça ne peut pas être fait que par une seule qui fait tout le boulot. T'as peur d'être rejeté par lui ? Peut-être un peu, oui. Mais je me sens safe, en tout cas, avec lui. Il est… Ce que j'en ai parlé avec un ami aussi, il n'y a pas très longtemps, c'est qu'il ne me renvoie pas cette image de la virilité, comme si je suis un homme et je dois être viril, comme certaines personnes ont pu me le renvoyer. Et du coup, comme lui aussi a un autre type de masculinité… ils projettent pas du tout ce rapport de faut que tu sois automatiquement viril quoi et que tu vois macho genre après c'est peut-être aussi ce qu'ils recherchent sexuellement je ne sais pas on en a pas discuté ça avec d'autres personnes je veux dire parce que je pense qu'il a d'autres relations aussi je ne sais pas je l'ai pas demandé enfin j'imagine là mais en tout cas j'avais comme si je portais pas ce truc de tu dois être automatiquement viril tu vois c'est ça qui est bien aussi c'est quoi le moment où t'as le plus kiffé dans ton corps lors de votre rencontre sexuelle euh Ben, c'est quand on me touche les tétons. Enfin, quand il me touche les tétons, en tout cas. J'ai des sensibilités par là. Et je crois que toi aussi, d'ailleurs. Donc, tu te connectes encore là-dessus. Toi, c'est les deux tétons ? Oui, oui, oui. Moi, c'est que le gauche. Ah, d'accord. Enfin, c'est plus le gauche. Je crois qu'il y a beaucoup de terminaisons nerveuses, en plus, sur les tétons. On m'a dit que c'est parce que le cœur est en dessous. Donc tu as plus de… Le chakra du cœur. Je ne sais pas. Donc tu te souviens que lui, quand il te caresse les tétons, tu as beaucoup de plaisir. Oui, oui. Et tu as un autre moment où tu as beaucoup kiffé avec lui, il y a trois semaines ? Euh… Oui c'est un peu tout ce qui était, bah déjà pénétration, parce qu'il y a eu pénétration, et puis genre le moment d'avant, un peu caresse, sensualité tu vois, c'est ça qui est important quoi, je trouve qu'il est même nécessaire dans ma relation sexuelle quoi. c'est marrant parce que je te demande qu'est-ce que t'as kiffé et tu me parles de nécessaire tu me parles de contexte je trouve ta réponse intéressante parce que j'essaye de ah d'accord je vois j'essaye de j'essaye de j'essaye de dans tout notre cheminement de témoignages depuis 3 épisodes j'ai l'impression qu'il y a 3 semaines il y a une rencontre qui correspond Je ne dis pas que tout est écrit, je ne dis pas… Mais ça correspond, il y a de l'alignement, et je suis trop curieux de comprendre pourquoi il n'y a pas un passage à l'acte, pourquoi il n'y a pas… et en effet tu vois en fait on n'est pas pressé et j'ai pas l'impression que tu t'empêches de la contacter c'est vrai que ce cas de figure c'est souvent répété dans ma vie pas qu'avec lui en tout cas je veux dire je vais dans le sens de ta question de projeter un truc un peu plus sérieux avec lui mais ça s'est passé à différents moments aussi dans ma vie dans différentes personnes ou peut-être j'avais un peu plus de mal aussi à projeter la relation sérieuse tu vois lorsque quelque chose fonctionne un peu et où on est sex friend et j'ai peut-être un peu de mal à passer le sex friend à la relation sérieuse je ne sais pas parce que la relation plus sérieuse c'est un timide peut-être oui je pense ça doit me encore une fois peut-être me mettre à nu tu vois peut-être ça me fait peur bah ouais Il y a tout un tas de choses à faire. C'est vrai. Moi, je termine sur cette note-là, c'est que… Attends, c'est déjà fini ? Ouais. Ok, très bien. J'ai encore beaucoup de choses à dire, mais très bien. On va pouvoir rajouter, mais… Je sais pas, en tout cas, j'ai cet élan-là de terminer sur une note positive. T'as dit plein de trucs. C'est ce que je ressens, mais je sais pas pourquoi je le dis comme ça. Mais en tout cas, moi, je vois que t'es en chemin. J'avais juste envie de dire ça, quoi. En tout cas, merci d'avoir partagé le chemin dans lequel tu es. Et oui, c'est vrai que… J'ai l'impression d'avoir face à moi un bourgeon en train de s'ouvrir, tu vois. Et donc, quand j'ai dit où il y a plein de choses à faire, c'est que je vois dessiner les pétales petit à petit et je vois plein de couleurs trop belles et tout. Je me dis, ah là là, ça va être une fleur magnifique. Mais tu es déjà en tant que bourgeon, tu es déjà fleur. Tout est là. Il n'y a rien d'autre à faire que d'ouvrir ces pétales qui sont en train de s'ouvrir. Donc, en fait, il faudrait juste que le monde arrête. d'essayer de mais je pense aussi peut-être que j'arrête aussi de me prendre le chou de me prendre la tête et d'être plus spontané peut-être aussi tu vois et de pas passer par ces trucs de blessures je vais être rejeté du coup je le fais pas ou alors je suis peut-être pas assez pour cette personne là sachant que je sais pas être assez pour quelqu'un tu vois je suis très bien comme je suis et je dois être assez pour moi même tu vois voilà Dans ma vie, j'ai été éduqué par des gens, des petits choux et tout, mais l'éducation, il y avait un peu d'injonction de « ça ne va pas, arrête d'aller pas bien ». et je crois qu'il y a aussi en tout cas moi du coup dans mon construction j'ai envie de prendre soin des blessures et donc de faire le travail soit thérapeutique soit artistique mais pour que tu vois là tu disais bon faut que j'arrête de me prendre le chou ben non mais tu fais pas exprès c'est pas toi qui te dis tiens comment je pourrais m'auto faire chier et tout c'est qu'il y a un chou à prendre et peut-être que c'est prendre soin du chou et je pense que t'es là pour ça aussi tu vois Et peut-être, moi je suis très psy, je trouve que trouver un bon psy, moi ça m'a beaucoup aidé dans mon chemin. Mais pour se prendre le chou et puis le replanter, pour qu'il nous fasse un chant de chou. C'est une très bonne image. Dur à dire très vite, chant de chou. Chant de chou. Mettre tout chant dessus de chou. Sans dessus dessous. Quand j'ai dit que c'était terminé, une larme a coulé le long de ta joue. La détresse a rempli tes yeux. Non, c'est une blague. Mais t'as dit avant, c'est déjà terminé. Ce serait quoi les trucs que t'aimerais dire, un peu en format conclusion, quoi ? Mais attends, t'as le temps de développer ton propos, mais ce serait quoi les trucs que t'aurais envie de dire et tu serais déçu de pas dire ? C'est vrai que je suis arrivé avec… Comme si je voulais parler de la communauté gaie en général et de ce qui marchait, de ce qui marchait pas. Genre, pardon, j'ai pas parlé cruising et tout ça. Alors que j'ai pu passer dans les cruising et c'est là, dans des moments comme ça, j'ai pu vivre du rejet mais tellement crasse, quoi. Et super, super dur, avec beaucoup de mal à comprendre. Genre en forêt ou dans des bars ? Des saunas, c'était plutôt. Les saunas ? Oui. Des saunas. Et c'est pour ça que j'évite un peu les saunas. Un peu en ce moment, parce que… C'est un peu violent parfois, un peu intense. Mais voilà, je ne vais pas parler encore du négatif. Je vais peut-être parler du positif, tu vois, parce que tu me dis que je parle trop de négatif. Non, je n'ai jamais dit ça. Non, non, je n'ai jamais dit ça. D'accord, ok. Non, non, à un moment donné où on jouait le jeu d'écrire ta joie, tu reglissais, c'est vrai. C'est quoi les autres trucs que tu aurais eu envie de dire ? En fait, je pense que j'ai dit beaucoup de choses. Je suis d'accord. Beaucoup de matière, beaucoup de choses. J'espère que les gens vont réagir, les auditoristes vont réagir et me contacter, me dire « tiens, tu peux peut-être approfondir ». Je serai hyper opé et ouvert à approfondir certains sujets, même en face-à-face ou alors même sur le réseau avec certaines personnes. Sur ce que je viens de dire, en fait. Et même si tu vois, les personnes ne sont pas d'accord, c'est OK et on peut en discuter. On va mettre, je vais mettre tous les liens pour te contacter. Et on a parlé de documentaires, de toi, de tes performances, de voguing et tout, ou autre. On met tout ça en descriptif de cet épisode. J'en profite du coup pour faire de la pub, parce que sur le Discord du podcast… Ça a approfondi. Donc, le Discord, c'est une sorte de forum, en fait, où les gens postent des auditeurs. Là, maintenant, il y a genre 600 personnes, 500-600 personnes. Et il y a à chaque fois un petit post pour chaque épisode où, du coup, les gens peuvent partager leurs réactions, Il y a d'ailleurs parfois les gens qui ont témoigné, comme toi, qui sont sur le Discord et qui peuvent répondre aux questions. Ce n'est pas du tout une obligation. Et il y a plein de channels, il y a plein de canaux, de canals, de canaux sur plein de sujets différents autour du développement de l'intime, d'hommes queers, de l'épanouissement et tout. Moi, je suis trop content. Je regarde ça de loin et je suis trop content. Dans le Discord, c'est une application, c'est bien ça ? C'est une application. Moi, je n'ai pas l'application. C'est un site. Tu crées un compte. Et en fait, sur le site du podcast, tu as le lien pour rejoindre le Discord du podcast. Et l'autre truc, c'est que les gens peuvent aussi venir te rencontrer au prochain apéro entre 10h et 20h. Oui, je serai exposé à ce moment-là. Et comme tout le monde arrivera à l'heure, tout le monde pourra participer. Je t'ai taquine, je t'ai taquine. Non, non, en vrai, peut-être qu'un jour tu réapparaîtras à un apéro et les gens pourraient te faire un coucou à ce moment-là. Non, j'avais juste envie de dire que je trouvais que c'était trop des endroits super chouettes. Et là, l'objectif, c'est de petit à petit développer la team des organisateurs. Donc, il y a des gens qui disent, OK, je prends en charge cette date-là, on en fait la pub, venez, etc. Et moi, j'ai vraiment envie que ces rencontres entre auditeurs… La raison pour laquelle je finis sur ça, et pour moi, ça résonne profondément avec ton témoignage, c'est que moi, j'ai pensé ces espaces exactement… pour me nourrir moi et toi donc c'est pas en soirée moi je sors pas et j'ai envie d'aller me coucher après 22h et puis j'aime beaucoup danser je trouve ça très cool de sortir parfois mais c'est pas les endroits où j'ai envie de rencontrer des gens j'ai envie de parler aux gens donc c'est pour ça qu'il y a le petit truc qu'on décrivait et puis c'est des apéros en fait où on discute et ça réunit des gens qui écoutent le podcast et qui quelque part se posent des questions sur leur intime donc je suis sûr qu'il y a des cons partout mais je trouve que c'est des gens qui ont envie de prendre soin d'eux-mêmes et des autres dans le rapport je te dis pas que c'est parfait mais je trouve qu'il y a quand même plein cette valeur de la bienveillance et de l'accueil et de la chouterie c'est vraiment quelque chose dont on essaye de prendre soin tu vois après si les gens deviennent potes ou baisent c'est pas du tout des espaces où il y a des choses qui sont interdites mais ouais je serais très triste le jour où il y aura de la violence dans cet espace là je me dirais putain comment je fais En tout cas, c'est un lieu que je trouve complètement exemple de violence, tu vois. Je pense qu'ils sont très à l'aise, en fait. Bah, tant mieux. Prenons soin de ça. Ce que j'aime beaucoup, c'est qu'on peut se connecter, justement, avec des personnes qu'on ne connaît pas, avec des conversations parfois un peu intimes. Non, mais même, tu vois, genre, sur difficulté, moi, la première fois, j'ai parlé avec un homme d'une cinquantaine d'années du fait que j'avais beaucoup de mal à rencontrer des gens et que j'en souffrais beaucoup, de ce que j'ai raconté dans le podcast, en fait, tu vois. il y a des âges très variés mais il faut avoir 18 ans Oui, c'est vrai, parce qu'il y a de l'alcool qui est vendu. Merci beaucoup. Merci à toi, surtout. Tu veux une dernière bafouille ? Ah, moi, j'ai une curiosité. T'as une dernière bafouille ? Rien ne me vient à l'esprit. Je t'ai demandé, est-ce qu'il y a un épisode du podcast qui t'a marqué récemment ? Et tu m'as parlé des épisodes à CJES, que j'ai publié l'été dernier. où j'ai sucé ma bite de 23 centimes. Et j'étais trop curieux de savoir pourquoi cet épisode… Parce que la personne qui parlait avec toi, je ne sais plus comment il s'appelle. Je connais son vrai prénom, mais je ne sais pas quel est le pseudo qu'il a utilisé. En tout cas, la personne qui parlait, et toi-même aussi, ça m'a renvoyé à mes expériences cruising, hyper compliquées, avec une masculinité un peu… Je me suis senti un peu mal à l'aise quand on me décrivait tout ça. Et d'un côté, ça m'a un peu surpris aussi, ton histoire avec l'acteur porno. Tu ne t'attendais pas du tout à ça et ça s'est déroulé. En fait, il y a des surprises aussi. C'est marrant parce que c'est exactement en résonance avec ton témoignage. Moi, j'étais là, mais c'est pas possible que cet acteur porno, en plus avec toutes les cases qu'il cochait, qu'il soit intéressé par moi. Mais ça, pour moi, il y avait une évidence. Et le fait que ça soit oui, moi, ça fait partie des réalités que j'embarque dans ma petite besace quand j'essaye de dater ou de connecter sexuellement avec des gens. J'ai une petite besace et il y a lui dedans de dire si ce mec-là et d'autres… ont eu envie de toi, c'est que tout est possible. Et pareil, il y a des gens qui ne savent pas, moi, ce qui m'excite et qui croient en me regardant, en savoir. Et en fait, on ne sait pas ce qui excite et intéresse l'autre. Et donc, je préfère me faire rejeter que mon cerveau me crée un narratif limitant parce que je n'ai pas envie de passer à côté de ma vie coincée dans mes narratives en me disant « c'est forcément mort ». C'est vrai. Cruising, c'est avoir du sexe en extérieur. Sitges, c'est une ville en Espagne connue pour être un endroit où régulièrement… Enfin, tu vois, il y a des festivals, il y a des… Là, c'était la Berwick. Mais je crois qu'en général, c'est un lieu très homme-gay où il y a notamment une plage qui est du coup maintenant mon fond d'écran. mon frère avant-hier m'a dit ah c'est sympa c'est qu'en plus sur le fond d'écran il y a genre un mec à poil et tout et il me dit ah c'est marrant pourquoi toi t'as un fond d'écran d'une plage alors que tu détestes la plage c'est vrai j'aime pas ça ça gratte moi j'aime beaucoup la plage je n'ai pas répondu à mon frère toi en cruising tu veux donner peut-être parce que t'en as plusieurs fois parlé t'as parlé de grandes violences que t'as subi en cruising on va pas finir là dessus si ? bah si vas-y on finira sur autre chose c'est quoi les gens en gros regardent ton corps et te disent je veux pas Exactement, c'est ça. Bon, j'ai eu de bonnes expériences aussi en cruising avec des gens très sympas, où on a fait des restos après, un bon enfant et tout. Mais c'est vrai que souvent, enfin souvent, parfois, c'était des réactions très dures et un peu submergentes, où j'ai fini par écouter du signe indien derrière en disant, je ne veux plus retourner dans ce genre de lieu, laissez-moi tranquille. Tu m'étonnes. Et est-ce que tu veux, j'ai du mal à comprendre, donc toi tu es nu au sauna, tu déambules, et tu t'approches d'un homme et il fait quoi ? ça a été soit un mouvement de recul ou soit tourne la tête directement très brusque j'ai eu une seule expérience de sauna et j'ai eu ça mille fois d'accord je suis pas en train de dire que du coup c'est génial et qu'il y a un problème mais en tout cas et d'ailleurs ça fait partie des codes un peu j'ai l'impression d'exprimer son non merci sans le merci à côté et je trouve ça trop dur c'est pas la meilleure façon pour moi de rencontrer quelqu'un et d'aborder quelqu'un bah ouais Mais pour nous, les cérébraux, parce que je dis toi et moi… Les gémeaux. Les gémeaux cérébraux. Les ascendants gémeaux cérébraux. C'est un peu compliqué de… Le sauna, peut-être. C'est une petite généralisation. On finit sur ça ? Oui, ça a été beaucoup de choses dites. Est-ce que je me plains quand je parle de tout ça ? Non. Non, pas du tout ? Bon, très bien. J'ai aussi de bons côtés, vous savez. Je me construis en tant qu'artiste, je me construis en tant que personne identitairement. Et justement, je veux faire aussi un travail sur mes origines par rapport à la vidéo, par rapport au théâtre, à la danse, tout ça. T'as l'impression d'avoir ? Proposer un témoignage trop négatif ? J'ai l'impression que j'ai dit beaucoup de trucs de « je suis bloqué ». En fait, c'est normal si on vient pour témoigner sur des problématiques que l'on vit. Je ne veux pas parler juste de dire « le temps est beau et sympa, ma vie est superbe », pour parler de choses douloureuses, de choses qui me font mal. et tu t'inquiètes de ce que les gens vont penser non c'est moi en fait j'ai l'impression de voir que le négatif c'est comme si tu m'avais renvoyé à l'image que je voyais vraiment des trucs un peu lourds alors que ça peut être beaucoup plus simple donc je vais travailler dans ce sens là et je pense que ça peut être une dernière bafouille assez chouette que de dire merci de cet échange là et ça m'a montré des comportements que je me crée moi même et que je peux retravailler Moi, je finis sur un autre truc. J'arrive pas du tout. Mais de plus en plus, j'ai envie de célébrer mes blocages et là où j'en suis. Parce que je suis très comme toi, en mode, je suis pas assez et je vais travailler pour être plus ou différent. C'est pas exactement ce que t'as dit, mais c'est comme ça que je reformule et déforme. Et en fait, il y avait toujours le sous-entendu avec moi que j'étais pas assez. Donc, bien sûr, si j'ai des blocages qui me créent des souffrances, j'ai envie en effet de faire un travail pour ne plus avoir mal. Ça ne fait pas partie de mes élans de vie. Mais tu vois, là récemment, je n'arrive pas à pénétrer en ce moment. Un de mes blocages, c'est que j'ai envie de pénétrer et puis je ne sais pas, il y a tout un tas de trucs dans mon cerveau qui se font, je n'arrive pas à pénétrer. Et là récemment, j'étais là, mais… Ben, c'est en ce moment, c'est ce qui je suis, c'est ce qui se passe. Je ne suis pas ça du tout, mais ce que je veux dire, c'est… Et donc, il y avait un peu mon cerveau qui était là, bon, il faut que je travaille pour, tiens, j'ai envie de, il faut que, et tout. Et en ce moment, de plus en plus, je me connecte à, en fait, c'est OK. Ben oui, j'ai envie que ça change et ça changera. Je ne sais pas comment. Mais j'abandonne un peu le sous-entendu que je ne suis pas assez, mais plutôt je suis en chemin. Et donc là, aujourd'hui, tu as partagé tout un tas de trucs. Je ne trouve pas du tout que ça soit que négatif. Et c'est une photo sur un moment de ton chemin qui est déjà caduque. Et si on se retrouve dans un mois ou six ans, ça sera une photo à l'instant T. Mais c'est déjà plus le cas et ça ne t'essentialise pas. Ok. Tu vois ce que je veux dire ? Je vois, je vois. Moi j'avais envie de terminer là-dessus. Merci. Merci beaucoup aussi. A bientôt alors. A bientôt.

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