Comment je suis sorti du chemsex – Yann B 2/2

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Rediffusion – Yann raconte son chemin face à l’addiction au Chemsex de la descente à la remontée

Cet épisode est une rediffusion : pour ce mois d’août je te fais une sélection des anciens épisodes les plus écoutés et qui m’ont le plus touchés, des pépites au milieu des 200+ épisodes de ce podcast

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Comment tu as travaillé le fond ? Non, le fond s'est fait tout seul, avec le temps. En fait, un deuil, c'est le temps qui fait les choses. On ne peut pas dire « j'ai un deuil, il faut que j'y travaille et puis ça se termine ». Non, c'est le temps qui va atténuer la peine, il n'y a que ça. C'est ça, toi t'as pas eu l'impression d'être proactif pour tenter de penser ce deuil ? Non. Tu parles à quelqu'un qui a fait 10 ans de psychanalyse, et donc pour moi, penser le deuil avec un A, c'est le penser avec un E. Donc penser, genre tu sais, tu mets un pansement dessus, et on en prend soin en le pensant, donc en le disant, la psychothérapie, c'est moi un outil que j'utilise quand j'en ai besoin, et toi ça n'a pas… J'ai dû le faire naturellement. On peut faire de la musique, on peut faire de la peinture, on peut aller courir, on peut le chanter. Le deuil, on peut en faire plein de choses, non ? Moi, j'en faisais du sexe. C'est moche parce que… C'est moche, c'est pas forcément moche. Non, je pense que c'est les voyages. Et quand tu me dis, le petit discours, tu m'as dit, j'avais qu'une seule image en tête, c'est quand j'étais à Mykonos, que j'avais monté une petite montée, une petite dune, je ne sais pas, et que j'étais là, et je ne me suis jamais senti aussi proche de Michel à ce moment-là. Et en fait, c'était un souvenir… agréable, bienveillant. C'était beau. Il y avait un beau panorama. Il aurait été à côté de moi, on aurait aimé. Je le sentais même à côté de moi. Et à partir de ce moment-là, j'ai senti quelque chose de positif sur ce deuil. Et c'est marrant d'ailleurs qu'en rentrant, j'ai voulu arrêter… Ce n'est pas anodin, je pense. Il y a eu une étape là et la deuxième étape, c'est quand j'ai repris mes lieux, mon appartement et j'ai quitté cette maison qui, au final, était trop pleine de souvenirs et de charges négatives, de charges émotionnelles plutôt, on va dire. Parce que négatives, non, ce n'était que des bons souvenirs qui nous torturent malheureusement. Est-ce qu'il y a des dernières choses que tu veux ajouter sur ta sortie de l'addiction ? Oui, parce que je veux vraiment insister sur les étapes pour s'en sortir. Je crée un réseau de personnes autour de moi qui ne prennent que des produits médicaux. Et qui eux vont dire mais pourquoi t'arrêtes ou du coup au lieu d'arrêter prends-en moins ou gère autrement et compagnie. Ils vont dire alors déjà il faut comparer son addiction qu'avec soi-même. Moi je connaissais des personnes qui étaient moins addictes que moi et des personnes qui étaient beaucoup plus addictes que moi. La dépendance c'est quelque chose qu'on voit vraiment qu'avec soi-même. Il faut pas comparer aux autres. Et surtout là dans ce… Dans ce groupe, mine de rien, ils nous sollicitent à en reprendre ou du moins nous persuadent que c'est pas… Moi, j'ai ressenti le besoin d'arrêter. Du coup, je… De te déconnecter de ton groupe. Et malheureusement, j'ai dû passer à l'étape où j'ai désactivé ma carte Team. J'ai donné à une amie. Les personnes me sollicitaient, mais je ne leur répondais pas. Une fois par semaine, on regardait qui avait appelé ou qui m'avait envoyé des textos. Je ne répondais pas aux personnes qui étaient potentiellement dangereuses. Celles qui n'étaient pas dangereuses, donc qui ne prenaient pas de produits, je les gardais dans mon calepin, dans ma liste de contacts. Du coup, je ne revoyais que des personnes « safe ». Les week-ends étaient du coup beaucoup moins fun, alors bizarrement se poser, moi les livres de développement personnel m'ont beaucoup aidé. Et d'apprendre à me poser, moi c'est quelque chose que j'ai toujours eu peur, je suis quelqu'un de très actif, et là ça me faisait du bien, j'avais l'impression d'avoir vécu trop de choses dans ces six années-là, et du coup j'avais l'impression de digérer tout ce que je venais de vivre, et qui était très intense. Se poser, c'est vraiment pas un mal. Alors du voilà, déconnecter sa carte SIM, se poser, se recréer un quotidien. C'est quoi se poser ? à se poser c'est que par exemple là c'est mes week-ends je faisais des ils vendaient des packs d'origami c'est à dire qu'il fallait faire du collage pour faire des plaids et tout ça donc j'en ai fait plein lire des bouquins écouter de la musique sans rien faire d'autre se mettre sur son canapé et juste écouter de la musique sans faire la vaisselle à côté enfin genre un truc tranquille Et ça, je passais des week-ends à faire ça, mais donc un week-end off total. Les off, je n'en ai pas fait depuis des années, puisque je préférais encore la drogue. J'avais l'impression de me recentrer sur moi, j'avais tout qui revenait de me rapprendre, de me reconnaître, même moi-même de me reconnaître. Ça a été très important. C'est vachement intéressant parce que moi, j'ai les mêmes problèmes. Sauf que moi, j'ai le même problème avec mes podcasts, avec le travail. J'ai vraiment une difficulté à me poser Mais me poser, c'est me prendre des vagues d'émotions ou de choses difficiles que je travaille, qui m'habitent, tu vois, sans mauvais jeu de mots, justement. Et en fait, me mettre dans les podcasts, en faire plus, lancer des nouveaux projets et ma fuite, quoi. Ma fuite est à la fois une grande joie, enfin… Je trouve quand même que on a tous des substances et ou on a tous, pardon, j'ai, moi, j'observe que j'ai des substances et ou des façons de me fuir. Et vraiment, quand tu as dit se poser, ça me fait monter, ça m'irise le poil parce que moi, je n'y arrive pas. M'asseoir sur mon canapé, écouter de la musique, c'est ultra compliqué pour moi. En fait, Le chemsex vient aussi apporter une solution à une souffrance qui est aussi, je trouve, très difficile à naviguer. Donc, toi, tu parles du deuil, moi, je parle… De la peur du vide, peut-être ? Ouais, il y a différents sujets que je travaille en ce moment, mais notre cerveau, il est aussi… Moi, c'est la bouffe aussi, beaucoup qui vient me donner des pics de sucre et tout. Notre cerveau, il est quand même fait pour aller vers le plus simple, le plus déconnectant, le plus facile… Jusqu'à ce qu'on se fasse piéger, quoi. Je parle de ça, mais il y a aussi le jardinage. Tu parles de bouffe, mais tu vois, tu pourrais te poser un week-end à faire des gâteaux. Ça fait longtemps que t'as fait un gâteau ? Ça m'oppresse. Non, non, mais non. Moi, ça m'oppressait. Et là, ça me semble… Alors, au début, c'était compliqué. Mais rapidement, c'est devenu une sérénité. Mais vraiment, c'est… Peut-être que c'est compliqué les premiers week-ends, mais en quelques semaines… T'as appris à aimer. Mais ça se fait tout seul, mais limite c'est, oh mais qu'est-ce que ça fait du bien ! Et puis j'avais l'impression de digérer, de digérer tout ce que je vis trop, le trop plein de vie que j'ai, et je le posais. Du coup, revenir à une vie équilibrée pour moi, c'est pas forcément complètement coupé avec mes activités, avec le sucre, avec… Pourquoi ? Toi, t'en es où aujourd'hui par rapport à la prise de drogue ? Alors, ça m'est déjà arrivé de… Alors… En fait, ce qui me gêne, c'est que soudainement, t'es devenu le poster boy. Tu vois ce que c'est, un poster boy ? T'es devenu légeri ? Vous, quand même pas. Une égérie, en tout cas. T'es devenu un porte-parole. J'ai voulu communiquer là-dessus, oui. Contre le chemsex. Et je crois que la question, c'est que… Non, c'est possible d'arrêter. Contre l'addiction. Voilà, contre l'addiction. Est-ce que c'est possible de chemsexer en intelligence ou pas ? Selon toi. Mais toi, Yann, pas toi qui as écrit un bouquin. Selon moi… Je ne devrais pas le dire parce que les groupes de parole m'ont appris qu'il ne fallait pas que je dise ça, mais vu que je parlais vraiment à mon nom, je pense qu'à un moment, ça peut déraper. Et c'est ça qui me fait peur. Mais le problème, c'est que moi, moi, moi… Moi, l'auditeur qui t'écoute, c'est inaudible les propos médicaux qui me posent un interdit comme ça sans m'expliquer. Parce que tu m'inspires beaucoup moins le moment où j'entends que t'es obligé de me dire que comme ça peut déraper, faut pas. Il y a un truc de… Alors, c'est pour moi. Après, depuis, comme je dis, j'ai fait des groupes de parole et des personnes m'ont dit « mais moi j'en prends, j'en prends de manière raisonnée, de manière… » J'ai même un addictologue qui m'a dit, puisque du coup, des personnes me contactent, et il m'a dit « mais il y a des profils types ». Et donc, c'est vrai que concrètement, moi j'ai fait « non, non, pas du tout ». Plutôt bien réfléchi, c'est vrai que dans ma famille, j'ai eu beaucoup de personnes qui étaient alcooliques, donc une personne aussi qui prenait des drogues de l'héroïne. Donc je veux dire, concrètement, il y a des profils types. Donc toi, pour toi, la drogue est-tu forcément une rechute ? Là, moi, je pense, ça c'est un peu la suite, j'en ai repris. Et à chaque fois, tu es retombé dans l'addiction ? Non. Non, non, non. C'est marrant parce que je voudrais finir le sujet tout à l'heure parce qu'il y avait une dernière étape, un petit dernier conseil à donner. Après, je reviens dessus, promis. Il y a aussi économiser l'argent des produits qui m'a permis aussi de faire plus de voyages, des petits voyages, des petits trucs par-ci, par-là, et donc compléter cette… Ces voyages, ma nouvelle drogue, c'est les voyages. Se satisfaire de l'argent qu'on économise de la drogue pour… Combien par mois ? Un gros budget, ça pouvait monter vite. J'en ai plus la notion, ça remonte un petit moment maintenant. Déjà à 50 euros, à l'époque c'était 50 euros la MDMA. Donc 50 euros pour un 48 heures ? Non, 24. Donc, ça pourrait être jusqu'à 400 euros. Par semaine ? Non, par mois. Donc, 400 euros par mois, on peut se faire quand même un week-end ou deux dans la semaine avec les voyages low-cost et compagnie. Ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas hésiter que cet argent-là serve à autre chose pour s'acheter une belle part de basket. Moi, ça m'a aidé. Il y a d'autres choses que tu voulais ajouter ? Non, c'est déjà pas mal. C'est déjà se couper son téléphone et économiser pour se faire plaisir. Et le calendrier, je trouve que c'est des choses qui sont bien. Et je pense que moi, du coup… Pas culpabiliser de rechuter aussi. Les rechutes sont partie de la guérison, mais il faut toujours en tirer une leçon. On a chuté. Bon, pourquoi j'ai chuté ? Parce que j'avais pris de l'alcool, par exemple. Bon, on sait très bien que quand on est sous alcool, on est plus influent. Donc, il faut éviter. Et pour répondre… Non, du coup, avant qu'on reparte sur l'autre sujet, moi, à toutes tes bonnes idées, puis qui sont les tiennes, moi j'ajoute la mienne qui est, on rechute parce que le problème de fond n'est pas un problème de fion. Le problème de fond, c'est que je suis dans une détresse et que j'ai rechuté parce que j'ai eu peur, parce que j'étais seul, parce que j'ai… Et du coup, moi, je ne suis pas genre « la psychothérapie, c'est absolument génial, j'ai consulté plein de professionnels et j'ai trouvé ça nul ». Et moi, mes amis proches qui me demanderaient, je ne saurais pas dire « bien sûr, il faut que tout le monde en fasse une ». Mais tout de même, d'aller faire face au problème, d'aller pleurer mon deuil, d'aller pleurer ma détresse, de créer un espace où j'ai mis confronté. Et du coup, petit à petit, mon cerveau n'a plus besoin de le fuir. Et je pense que j'ai sans cesse, moi, mes problèmes de performance, mes anxiétés de performance et ma capacité à fuir la vie parfois. Après, c'est bizarre parce que je ne me suis pas raconté, mais je raconte juste ces petits moments. Donc, les gens vont avoir l'impression de me faire plein de choses bonnes. Un bout à bout, on aurait l'impression de te connaître. En tout cas, je sens qu'il y a vraiment des périodes où je me mets à créer plein de projets. Je me réveille très tôt le matin, je travaille énormément et j'ai vraiment des hauts et des bas. Et là, en ce moment, et notamment avant Noël, c'est toujours moi une période où je replonge un peu dans cette suractivité. Et au final, d'avoir un espace thérapeutique où je confronte… Donc, tu vois, moi, mes symptômes, c'est je crée des urgences. Tous les projets deviennent urgents. Puis juste, je travaille énormément. Et c'est pernicieux parce que je ne suis pas du tout désocialisé. J'ai beaucoup d'amis. Je suis très heureux. J'adore mes projets. J'adore mes podcasts. C'est assez compliqué pour moi d'arriver à trouver un équilibre. Mais de trouver un espace où je dis, bon, en fait, c'est quand même un problème et Et en fait, c'est quoi ces urgences-là qui n'en sont pas ? Personne n'attend mes podcasts. Et pourquoi je n'arrive pas à m'arrêter ? Je dirais que de travailler autant la forme, le symptôme, et ce n'est pas du tout pour sous-estimer, travailler le symptôme, mais aussi travailler les racines ou tenter d'aller s'entendre. Et c'est d'ailleurs pour ça que je l'avais oublié celui-là, mais il ne faut pas hésiter à consulter. Mais toi, ça ne t'a pas aidé en tout cas ? Je suis un cas particulier. Même au décès de mon père, je ne voulais pas les consulter. Je ne sais pas pourquoi. Je n'ai aucun problème avec la consultation, parce qu'en plus, c'est très drôle. Moi, je ne voulais pas les consulter. Mais c'est quand j'avais fait la thérapie, quand c'est terminé, que j'ai dit… J'ai bien fait de consulter. Je pense que c'est souvent dans la plupart des cas, des gens c'est comme ça. Non, non, non, je ne veux pas consulter, je gère. Qu'est-ce qui s'est passé dans cette thérapie qui te pense aujourd'hui t'a aidé à sortir l'addiction ? Je n'ai pas eu de thérapie, j'ai eu une fois un sexologue, une fois un addictologue et une fois un psychologue. Je n'ai pas eu de suivi. Je n'ai pas compris, tu as dit c'est quand la thérapie s'est terminée que je me suis dit ça sert à quelque chose ? Pour la thérapie de mon père, pardon, excusez-moi. C'était à mes 20 ans, donc au décès de mon père. Je ne voulais pas. Et puis, il a réussi à, comme tu dis, à dire des mots sur des mots, sur ce qu'on ressent. Ça permet d'y voir plus clair et de savoir… Quelle route on commence à prendre psychologiquement ? En fait, toi, ta thérapie, tu ne la voulais pas en cabinet, mais tu l'as eu en livret, en livre. Tu as dit que c'était thérapeutique. Aujourd'hui, tu es à ce micro, tu te racontes. C'est le chemin que tu as choisi, peut-être. Mais là où je te rejoins à 200 %, c'est qu'il ne faut vraiment pas avoir peur de consulter. Moi, je suis tombé sur la tête d'un mauvais addictologue qui m'a dit qu'il ne voulait pas de moi. Ça aussi, c'est innovant. Mais ça, c'était avant. Je dis bien que c'était avant. C'est ton nouveau rôle de porte-parole. Moi, il ne m'inspire pas parce qu'en fait, il y a plein de gens là qui écoutent et pour qui le chemin de la thérapie, comme toi, n'est pas quelque chose qui appelle. Donc, bien sûr. Et en plus, moi, je n'aime pas sur ce podcast faire croire qu'on peut avoir des solutions qui fonctionnent pour tout le monde. Moi, je trouve ça trop chouette parce que toi, tu t'es bien raconté. Et c'est intéressant parce que dans mon chemin, la thérapie était importante. Dans le tien… ça n'a pas été… Autonome, peut-être. Le livre de langue personnelle, ça a été ma thérapie aussi. Tu vois. Mine de rien, c'était… Plus intéressé qu'on partage nos nuances et après, les gens en font bien ce qu'ils veulent. Et je pense que les gens n'ont pas… Enfin, les gens, ouais, je pense qu'on n'a pas besoin d'entendre. N'hésitez pas à consulter. Il y a des gens pour qui ça ne résonne pas et c'est OK. Enfin, c'est mon point de vue, en tout cas. Et c'est aussi OK. Je pense que l'addictologue m'aurait pris en charge comme un addictologue prend en charge actuellement. Je… Je pense que ça m'aurait, un, aidé à ne pas me sentir seul. Parce que j'aurais compris qu'il y a d'autres personnes dans le même état que moi. Parce qu'on parle souvent du chemsex fun, fun, fun. Mais personne raconte le lendemain comme on se sent comme une grosse merde. Donc déjà, ça fait plaisir. D'ailleurs, les groupes de parole aussi. Les groupes de parole qu'il y a actuellement, je trouve ça vraiment chouette. Il en existe. Tu l'as dit, il faut parler. Il faut parler pour vraiment sortir le… Mais vu que c'est illégal, si je demande de l'aide, je ne peux pas aller en prison ? Non, non, non. D'ailleurs, justement, la mairie de Paris veut lancer des trucs là-dessus, justement, pour que s'il y a un souci, il faut appeler les urgences. J'ai le droit quand même. On va quand même m'aider, même si moi, je fais quelque chose d'illégal. Oui, j'ai des pompiers qui sont venus parce que j'avais un gars qui avait appelé parce que j'étais dans un parking inerte. J'avais fait un gros diol, un bon diol. Et les pompiers sont arrivés. Ils m'ont dit « Bon, c'est bon, il a vomi, on peut repartir ». Et du coup, ils sont repartis. Mais il faut le faire, bien sûr, on ne va pas laisser les gens… Ah non, non, non, non, non, il faut… Non, mais je pose cette question un peu bête, mais ça pourrait me faire peur, tu vois. À confirmer, parce que je ne suis pas non plus là-dedans. Tu portes parole, moi, je ne suis pas non plus à ce moment-là. Mais par contre, je ne pense pas qu'on va incriminer quelqu'un parce qu'il a appelé la police si quelqu'un est mal, quoi. Enfin, à un moment… Je ne pense pas qu'on va mettre le cantole pour ça. J'espère pas. J'imagine. J'espère que non. Je ne pense pas parce que les addictologues… Oui, exactement. En plus, il n'y en aurait pas autant. Traite les gens, aide les gens qui ont des addictions sans juger de quelle addiction et si elle est légale ou pas. On a terminé sur ce que tu avais envie de dire autour de tes différentes étapes. Et là, tu veux la suite. Comment s'est passé le… En fait, moi, je ne suis pas très intéressé Je crois que moi, je ne suis pas très intéressé. Ça vient me chercher à un endroit qui m'agace un peu de passer du tout au rien. En fait, on crée une nouvelle norme en disant ça, c'est mal. Et pour moi, quand j'essaye de me guérir de mes addictions… Ce message-là, je ne suis pas en train de te dire que c'est génial. Tout ce que tu m'as raconté, tout ce que les gens me racontent sur le chemsex me déprime. Pour moi, c'est non. Je veux être une autre optimiste. En revanche, juste de créer une nouvelle norme qui dit toute drogue égale addiction un verre de vin égale alcoolisme me semble idiot dans notre effort de raconter un sujet c'est pour ça que je t'ai dit ça tout à l'heure par rapport à ça non pas du tout parce que je suis en train depuis peu je change mon fusil d'épaule c'est à dire qu'avant pour moi drogue c'est addiction directe parce que j'ai vécu ça Donc j'avais que mon témoignage pour dire ça. J'ai envie de te dire maintenant, tu me reposes la question. Je suis en train de changer mon fusil d'épaule, mais il est en train de changer. Depuis que je vois des groupes de parole, je l'ai dit tout à l'heure, il y a des personnes qui disent « non mais moi je contrôle ». Et d'ailleurs je t'ai dit, il y a des personnes qui ont des profils à tomber dans l'addiction et d'autres non. Il y a des personnes qui gèrent ça très très bien. Et d'ailleurs, ils n'aiment pas, comme tu dis, ce discours-là. Enfin, ils me l'ont dit, parle pour toi et ne fais pas une généralité parce que c'est assez compliqué. Là où je veux dire aussi, c'est que tu m'as demandé si j'avais repris des produits depuis. Alors, les docteurs considèrent une addiction terminée après un an de sevrage. Donc, pendant un an, je n'ai pas repris de produits, voire plus d'un an même. Donc après ces un an et quelques mois, j'ai repris de la drogue en mode festif, donc c'était intéressant, c'était bien. J'ai redécouvert les sensations, ça a un peu manqué, je reconnais, c'est marrant, voilà. Bon, je ne suis pas allé jusqu'au le prendre au chemsex. Un peu plus tard, je l'ai pris en mode chemsex. Et là, je vois que le décalage des un an est intéressant. Parce que j'ai fait un plan avec un… J'explique parce que je pense que c'est bien parlant. J'ai fait un plan avec un mec, j'avais pris des produits. Et comme je dis, je peux avoir un instinct un peu directif. Avec la drogue, il est devenu un peu plus domi. Et là, je m'amusais avec lui. Tu as dit le contraire tout à l'heure, mais ce n'est pas grave. Tu as dit directif, mais pas domi. Oui, avec les produits, je peux monter très domi. Ça marche. Avec les produits. Non, sinon, je suis juste directif. Je suis là étant… en temps normal, mais avec les produits, je pouvais devenir assez très, très joueur. Et surtout, ça dépendait quel produit, d'ailleurs. Donc, tout ce qui est drogue de synthèse, c'était plus le cas. Donc là, je comprends, c'est qu'on a passé toute la perte de l'addiction. Tu n'écris pas encore ton livre ? Voilà. Non, même pas. Tu es en train d'écrire ton livre ? Oui, je ne sais plus, mais enfin… En tout cas… Tu réessaies. Voilà, je réessaie. Et là, oui, j'avais écrit mon livre. Donc, je me l'aperçois à quatre pas. La personne me dit, oh là là, t'es un vrai domi, je te kiffe et tout. Et moi, d'instinct, j'ai dit, mais arrête, demain, tu m'auras oublié, je le sais. C'est la drogue qui te fait dire ça. Elle me dit, mais non, et tout. Et c'est marrant parce que j'ai réalisé… que je n'y croyais même plus moi-même en prenant les produits. Je ne croyais même plus aux mensonges des produits. J'étais même surpris de me dire, même défoncé, tu n'arrives plus, tu n'es plus dans le truc, en fait. Plus dans le réel. Voilà. Et la métaphore était très drôle, parce que du coup, j'ai une métaphore qui est drôle, c'est je peux fêter Noël, mais je ne crois plus au Père Noël. Quand on croit au Père Noël, c'est magique et compagnie. Là, je peux reprendre les produits, mais je n'y crois plus à tout ça. Donc, c'est vrai que c'est un an de décalage, mais on fait du bien. Je trouve que Et c'est pour ça aussi qu'il y a des personnes qui arrivent à gérer leur consommation. Je pense qu'ils en prennent de temps en temps et c'est expassé. Moi, je prenais tellement de produits que j'avais été construit un rôle de sexe, une personne sexuelle qui m'avait écrasé, qui avait écrasé ma personne, ma propre personne. Un égo sexuel, enfin un rôle plutôt, parce qu'un égo, ça peut être mal interprété, mais quelque chose qui m'avait écrasé. Et dernièrement, j'ai trié mes affaires de cul, donc j'avais une malle de cul énorme, pour mettre le sling, les gobelets, etc. Et depuis, j'ai fait le tri et j'ai mis une plus petite malle. Donc, ce n'est pas un tiroir non plus, mais c'est une plus petite malle. Et j'étais content de dire « le sexe prend moins de place dans ma vie ». C'est exactement ça. C'est-à-dire qu'à un moment, moi, c'était aller trop loin. Je suis allé beaucoup trop loin. De toute façon, je suis un peu borderline comme personne, donc du coup, c'était évident que ça allait trop loin. J'étais content. Là, je me suis remis un peu en retrait. Je me suis retrouvé. Et là, j'ai pu retrouver une harmonie. À delà de dire que demain, il arrive quelque chose de dur dans ma vie, c'est possible que je retombe totalement dans l'addiction. Je vous le dis clairement. Je dis vous, pas toi, mais en global. C'est une confession que je dis ça. Mais j'ai quand même peur des produits. Je le dis maintenant, parce que j'étais totalement échaudé. Après, chacun de son mode de consommation. Tu disais que tu as mal de sexe à rétrécir, le sexe prend un peu moins ou moins de place dans ta vie. Là, aujourd'hui, là, tout de suite, de 0 à 100, tu dirais que tu es sexuellement épanoui à combien ? Alors, je dirais 80%. Les 20 restants, c'est des petits problèmes… Je dirais que la plupart des gens ont. C'est-à-dire la relation entre actif-passif. C'est-à-dire que j'ai plus de facilité à être passif. Mais concrètement, je prends mon pied en étant actif. Mais je suis stressé. Mais bon, c'est des problèmes que tout homosexuel peut se poser. Mais ne te compare pas. Je trouve ça assez intéressant. C'est mes petits soucis que j'ai. Que la drogue atténue tout ça. C'est ce que j'allais dire. C'est ce que j'allais dire. Quand tu prends de la drogue, tu es plus facilement domi. Est-ce que tu arrives à être domi et réellement là, sans drogue ? Oui, parce que je traîne dans les lieux de drague, même avant que je prenne des drogues. Et là, les gens ne verront pas, mais je sais très bien faire. J'ai des mimiques qui font du jeu de regard, je connais les codes. Là, tu as essayé de me faire quoi comme regard ? Le regard, c'est ça que tu veux, tu le cherches, mais allez viens, allez. J'ai ces trucs-là, mais les gens, ça parle aux gens. Le rôle, je le connais. Mais ce n'est pas peut-être celui que j'aimerais interpréter. Et ce qui m'étonne aussi, c'est que maintenant, quand je viens dans les sex-clubs, j'ai pu passer six ans dans les sex-clubs sans souci. Et là, j'y vais, je ne bande pas. Mais du tout. Je sors du sex-club, je vais boire une bière, je reviens, ça marche. Et ça, je n'explique pas. Je n'ai plus le contrôle là-dessus. Et ça, c'est des trucs, je me dis, c'est bizarre, d'un côté… Ça ne m'intéresse plus parce que je suis passé à une sexualité plus vanille même maintenant. L'apothéose du sexe ne m'intéresse même plus trop. Ok, donc ça c'est un peu contradictoire si tu es épanoui à 80 sur 100. En fait, les 20 restants, c'est des contradictions. Non, sur les 80, d'un côté tu dis 80, donc plutôt… une joie sexuelle en ce moment. Oui. Mais tu dis, l'apothéose du sexe ne m'intéresse plus trop. Oui, elle ne m'intéresse pas. Je l'ai touchée, c'était bien, mais parce que je n'ai pas envie de la refaire. Mais du coup, aujourd'hui, tu te sens épanoui sexuellement. Oui, oui. Mais c'est moins intéressant. Alors, c'est sûr que je n'ai plus d'histoire formidable à raconter comme j'ai pu le raconter quand j'avais de la drogue. Moi, mes histoires sont beaucoup plus basiques, mais mon basique me va très bien. En fait, maintenant, ce qui m'excite beaucoup plus, c'est le réel. C'est-à-dire qu'entre un mec qui va arriver, je ne sais pas le fantasme des militaires, mais un mec qui va arriver à bien militaire et me dire « Regarde, je suis militaire et tout », Alors qu'une personne va arriver en civil et va me dire « je suis militaire », là, ça va m'exciter. Parce que je sais qu'il est militaire. C'est le réel qui va m'attirer. C'est plus le folklore. Par exemple, pendant des années, j'avais des harnais et compagnie et tout. Un mec qui avait un harnais, je me disais Tu vois plus le déguisement aujourd'hui qu'hier, tu voyais un… Le personnage. Un attirail qui t'excitait. Là, aujourd'hui, tu es en couple, tu es en troupe, tu es en… Quelle est ta situation ? Non, je suis célibataire. Ok. Et donc, du coup, ta sexualité… Je pose cette question parce que j'ai essayé de comprendre comment ta sexualité se vivait. Donc, elle ne se vit pas… Est-ce qu'elle se vit avec des plans cul réguliers, des gens avec qui… Des plans cul réguliers. Pas en couple, mais en sexe, régulièrement. Voilà, des plans cul réguliers. Un petit peu sur les sites de rencontres, mais sans trop. Je reconnais, j'aime beaucoup le site Coco, même s'il est très controversé parce qu'on peut limite se faire égorger dessus. Parce que vous savez, il y a beaucoup d'arnaques. C'est quoi le site Coco ? Coco.fr, c'est un site qui est très archaïque, on dirait le Minitel. Et en fait, il est très controversé parce qu'il y a beaucoup de… Dans ce site, il y a des hommes… C'est pour tout le monde. Il y a beaucoup de personnes qui vendent de la drogue. C'est quoi la différence avec Grindr ? À Grindr, il n'y a que des gays. Ils cherchent tout écrit sur le descriptif. Et comme moi, j'aime l'aventure, une personne qui me dit « le taille, la poids, etc. », ce n'est pas marrant. Moi, ça ne m'attire pas. Alors que sur Coco, il y a beaucoup de bisexuels. Et il y a plus d'aventures. Je ne sais pas sur quoi je vais tomber. J'ai encore ce côté aventure qui m'excite. Voyage. Voilà, exactement. C'est qu'est-ce qui va se passer ? Toi, tu es plutôt dans une sexualité avec des gens nouveaux que tu découvres. Ma majorité, quand même, sont des réguliers. De temps en temps, je fais des… Que tu as rencontrés hors drogue. Non, ce sont des personnes que je connais depuis longtemps. Même si… soit ils ne prennent plus de drogue, ou ils ne prenaient pas de la drogue avec moi, ou c'est des gens que je connais. Et puis, je suis allé dans des partout où ils prenaient de la drogue et je ne prenais pas de drogue. Parce que tu as donné ta carte SIM à ta pote, donc tu as épuré beaucoup de ton cercle et tu as re-rencontré des gens, c'est ça ? Oui, exactement. Après, les personnes qui ne prenaient pas de drogue, je les ai gardées dans mes contacts. Et puis, j'ai repris contact avec les gens qui prennent de la drogue et je les ai vus. Et eux, ils prenaient de la drogue et pas moi. Est-ce que la drogue… La plus puissante, ce n'est pas l'amour. C'est mon point de vue. Moi, je me vois avoir des rapports sexuels. Est-ce que je peux dire ça ? C'est très, très intime. Est-ce que ça va divulguer des choses ? Non. Ah, je trouve ça chaud de le dire. Je vais le dire. Il m'est arrivé, en lâchant prise sexuellement avec quelqu'un que je ne connaissais pas, enfin, tu vois, je n'avais pas noué de relation, il m'est arrivé plusieurs fois, de me sentir super amoureux de la personne et de dire, je crois que j'ai dit « bébé ». Alors après, il y avait un américain, donc c'était Baby. Et après, il y avait un francophone et c'était Bébé. Et je le regarde dans les yeux. Et j'ai la chimie dans mon corps de l'amour. On a échangé, je le respecte, je le trouve très intéressant. Il y a un élan envers lui. Et je ne me sens pas amoureux en mode ça fait mille ans qu'on se connaît, mais mon corps est transcendé d'une chimie où je ne suis pas dans un plan Je suis complètement connecté, je suis extrêmement vulnérable. Qu'est-ce que tu en penses ? Et ils me regardent dans les yeux. C'est un truc qu'on ne fait plus. C'est triste, d'ailleurs. Mais dans les plans cul, il y avait une connexion. On, c'est toi. C'est-à-dire, toi, dans tes plans cul, là, sur les dernières années, rarement, tu les regardes dans les yeux. Parce que c'est la levrette, parce que c'est la position. Non, non, même sans ça, c'est que je trouve qu'en même temps normal, en général, les gens ne se regardent plus trop. Et même dans le cul, c'est devenu tellement… Pour ma part, du moins, c'est tellement devenu… Un plan rapide, tu passes par là, tac, tac, c'est fini. Il n'y a pas vraiment tout ça. Alors que là, cette personne-là, elle me regarde dans les yeux. Il y a un truc. Et donc, ce que tu décris, je peux le comprendre. Je transfère à ce vécu-là. Et oui, je suis d'accord avec toi qu'il y avait… Et du coup, j'ai même posé, moi, sous ces petites barrières et tout, je les ai posées. Et d'ailleurs, ce qui était très drôle, c'est que du coup, j'ai pu être actif avec lui sans souci. Alors que d'habitude, je stresse et compagnie, c'était très bien mené. Il n'y a plus de souci parce qu'il y avait naturellement une belle osmose qui se créait. Même si c'était la première fois que je le voyais, c'était un plan cul. Mais c'est vachement intéressant parce que du coup, ton rapport à la sexualité au réel, il est même sans drogue empêché ? Tu vois ce que je veux dire ? Il y a une distance qui est mise. Pourquoi tu dis à la fois « je suis épanoui à 80 sur 100 » et à la fois « c'est plan cul rapide, sans contact, sans contact des yeux » ? J'ai une procédure. Mais ça, c'est moi. Moi, j'ai toujours baisé sous procédure. Je suis très carré. Pour te distancier du sexe ? Pour me distancier du sexe. Et que je n'ai pas envie de… C'est du sexe pour du sexe. Mais sauf que Yann, tu as aussi la capacité de te réinventer. Tu te l'es prouvé ? Oui, voilà ce que je veux dire. Pourquoi tu ne sors pas de ce sexe ? C'est quand je sors de ce cadre, je ne bande pas ou je n'y arrive pas. La case où je suis, elle est dans les 80% et j'y suis très bien. Peut-être que plus tard, j'aurais envie de changer. Mais pour l'instant, dans mon cadre, je m'y sens bien. Tu es retombé amoureux depuis la mort de Michel ? Je suis resté 5 ans même en couple avec cette personne. Et le sexe était comment ? Top, il n'y a pas de soucis, très très bien. Je voulais vraiment dire sur quelque chose, fais attention, enfin non, fais attention, c'est pas bizarre, mais quand tu me dis que la plus belle drogue serait l'amour… ma drogue préférée c'est la MDMA et on l'appelle la love justement parce que t'as tous les sentiments amoureux tu mets tu mets Poutine là tu lui donnes de la drogue là il embrasse tout le monde tu peux pas dire quelque chose de méchant quand t'es sous MD c'est quelque chose de et pourquoi je dois faire attention ? parce que si tu me dis que tu veux pas essayer la drogue parce que t'as peur et que tu essayes la MDMA et que tu vois que ça te donne tous les éléments de l'amour Et que du coup, ta drogue préférée, c'est l'amour. Tu prends un peu d'MDMA et ça y est, tu as tout ce qu'elle t'offre. Et du coup, tu pourras très rapidement tomber addict, j'imagine, puisque ton truc préféré, c'est ça. Moi, ma drogue préférée, c'est la MDMA, justement, pour les mêmes raisons. Donc, c'est pour ça que je te dis, attention. Ce que la MDMA va m'apporter, c'est aussi une grosse descente après. C'est aussi pas mal de thunes investies. Bien sûr. Et c'est aussi l'addiction. Moi, dans mon délire de l'amour, après, je vais manger des sushis. Mais en tout cas, j'entends tout à fait ce que tu veux dire. Et je pense que ça dit de ma personnalité sensible à la drogue. Et je pense que, moi, mon enjeu, il n'est pas de banaliser la drogue. Je crois que je suis… En fait, on a un enjeu de santé publique où tu ne peux pas dire la drogue, c'est aussi bien. Et je comprends pourquoi. Parce que du coup, on s'inquiète de ce que les gens pourraient entendre. Sauf en fait, moi, je trouve que moi, en tant que trentenaire gay parisien qui vit dans une bulle, certainement, je trouve que les propos médicaux m'infantilisent comme si j'étais un complet teubé. Et du coup, je n'y crois pas. La drogue, c'est mal. Mais oui, c'est mal, gars. Bien sûr que c'est mal. Et bien sûr, sur ce podcast, si c'est nécessaire, c'est illégal, c'est mal. Et je trouve que toute ton histoire me donne pas du tout envie d'avoir la drogue de l'amour MDMA. Mais mon propos, il était sur… En fait, il est complexe et il est nuancé. Je reconnais que moi, parfois, j'ai besoin de fuir la vie et qu'en fait, je la fuis par la bouffe, je la fuis par le café. Bon, et on est d'accord que l'impact de prendre mon café ou de prendre… Moi, je suis vraiment addict au café. Si je ne l'ai pas le matin, je ne suis pas bien. La caféine n'a pas le même impact qu'une drogue dure, mais je reconnais cette propension à naviguer la vie avec ça et que la drogue peut s'inviter dans ma vie. Je trouve ça plus intéressant de ne pas la tabouiser et d'avoir la capacité de bien faire un choix éduqué, même si ce n'est pas facile de faire des choix éduqués, je trouve aussi, en consentement. Et je crois que moi, le propos que j'ai essayé de t'amener, c'est que moi, je me rends compte que je suis à la recherche, au final, et je crois entendre ça chez toi, d'un lien, d'un vrai lien, d'un vrai sexe. D'un sexe où en fait, j'ai du mal à bander parce qu'il y a un enjeu. J'ai du mal à bander parce que j'ai peur du regard de l'autre puisqu'il compte. Si je te regarde, si je te regarde dans les yeux, c'est que ton regard compte. C'est que donc, si tu me dis « Ah, j'aime pas trop ton corps. Ah, j'ai peur. » « Ah, j'aime pas trop comment tu bandes. Ah, j'ai peur. Ah, j'aime pas trop comment tu me prends. Ah, j'ai peur. » Et en fait, du coup, pour moi, j'ai tout un chemin à… Je suis homosexuel. La sexualité est importante pour moi. Et quand je rencontre quelqu'un, je vais avoir un rapport sexuel qui est une vraie aventure où je vais vraiment me mettre à poil, où c'est vraiment vulnérable. Et comme c'est vulnérable, j'ai peur. Et du coup… je reconnais que je peux me déconnecter du sexe par des substances ou par des plans où je regarde même pas les gens dans les yeux mais qu'en fait c'est comme bouffer 3 cuillères de sucre blanc ça fait un pic mais ça me nourrit pas et pour me nourrir quand je disais la meilleure des drogues c'est l'amour et t'as raison de Elle est problématique cette phrase, mais je crois que je veux dire que le lien humain, qu'on soit en couple ou pas, je m'en tape en fait, tu peux être amoureux, tu peux être dans un vrai lien, dans un vrai genre, vas-y on se connaît pas trop mais on va faire un super voyage ensemble, à l'instar de toi qui va en Grèce retrouver des gens que tu connais peu. Je crois qu'on peut avoir un sexe plein de sens, plein de vulnérabilité, hors du couple. Et d'être vulnérable, alors pas aux mêmes étages, parce que quand tu connais pas quelqu'un, tu connais même moins son corps et tout, mais je crois qu'il y a un truc qui peut me nourrir bien mieux et bien plus que toutes les substances que je peux prendre. qui au final tente de m'aider à renouer avec cette vraie homosexualité, avec cette vraie sexualité homosexuelle de personnes qui se respectent, qui s'aventurent, qui se connectent, qui se font jouir, qui s'entendent, qui se… Moi je sais que ça se… Tu es chaud bouillant là. Oui, mais je vois que… Pas sexuellement, je suis animé par mon discours. Oui, je te comprends. T'as pas l'impression que c'est ça que tu cherches avec la drogue ? Un vrai lien, une vraie sexualité ? Je crois que c'est possible que tu ressentes ça, sans aucune substance. C'est vrai, puisque j'étais en couple pendant 5 ans, et c'était très très fort, et c'était très bien. Mais tu peux le vivre sans couple aussi, tu peux le vivre dans des plans. Comme je t'ai dit, avec un plan, je l'ai eu, cette chose-là. Et si t'avais que des plans comme ça ? Alors, moi, c'est vrai que j'ai toujours… rarement été trop célibataire, du coup, moi, je mets mes barrières. Comme je t'ai expliqué, dans ces 80%, je suis dans les barrières. Mais si je revois une personne et que du coup, dans un, dans ce cheptel de plan cul, je dirais, quand il y en a un qui se démarque un petit peu et que je revois régulièrement, régulièrement, régulièrement, À ce moment-là, peut-être que j'ai pu envisager d'être en couple et c'est comme ça que j'ai été 5 ans avec… D'ailleurs, Michel, ça avait commencé comme ça aussi. Mais pourquoi c'est pas ton envie du futur ? Je pense que je projette sur toi, donc j'ai envie d'entendre ton histoire. Moi, je trouve ça génial d'avoir des activistes sexuels avec du romantisme ou pas, en couple ou pas, ça te regarde de comment tu veux, mais hors de ses statuts. Et si tu dessinais ta sexualité uniquement avec des gens avec qui tu peux explorer plein de choses, avec qui il y a un regard, avec qui il y a cette montée chimique d'un lien puissant et connecté ? J'ai envie de te dire, la sexualité, si je pouvais la dessiner, je la dessinerais comme elle me ressemble. Malheureusement… Je crois que ma sexualité se décide comme elle l'est et je dois m'adapter. Je pense que, comme tu dis, on a quand même tous des peurs et tout. Donc ça, c'est les 20% qui parlent, qui me cantonnent dans ces 80. Je me sens épanoui dans ces 80, mais c'est… ces 20% sont… Si je pouvais dessiner ma sexualité, je serais à 100%. Et là, avec ces 20% de peur, je suis bloqué dans ces 80. Mais 80, c'est une bonne moyenne. Puisque je m'amuse, j'arrive à rencontrer des gens, j'arrive à avoir de l'aventure, parce que j'ai quand même une histoire de soif d'aventure. Il y a plein de… Je suis bien, moi, dans ces… Et puis, ouais, c'est une belle routine bien cantonnée, mais au moins, j'arrive à… C'est comme ça que je la gère et si quelqu'un dans le tas sort du lot, tant mieux et je vais plus loin avec cette personne. C'est ça ton désir ? Si on se retrouve dans deux ans, t'aimerais me raconter quoi à propos de ton épanouissement sexuel ou de l'amour ou du sexe ? Bah alors là… Peut-être que tu veux garder la même structure, t'es content ? Oui, ce que j'allais te dire… Tu continues avec tes 80-20 ? Ouais, mes 80-20 ont toujours été bénéfiques puisque j'ai quand même eu de belles relations, 8 ans, 5 ans, un an aussi un peu avant quand j'étais jeune. T'es aventureux, t'as pas envie d'aller à la rencontre de ces blocages ? Parce que moi, j'y crois pas trop. Si je juge, moi, je crois pas à ton 80-20. Mais c'est une croyance, c'est une opinion. Je le ressens vraiment. Mais je te respecte et moi, j'y crois pas. Mais toi, tu y crois et c'est très bien. Pour moi, l'histoire que je me raconte, c'est que dans ces vins, dans ces blocages qui t'empêchent, il y a des clés où tu n'as pas idée de comment ton 80, il est tout froid. C'est mon préjugé, c'est mon histoire, c'est mon opinion. Et toi qui es aventureux, tu n'as pas le goût, parce que tu me dis dans deux ans, je garde un peu la même chose, tu n'as pas le goût à te dire, mais pourquoi je bande pas là ? De quoi j'ai peur ? Je dirais qu'il faut laisser le temps au temps, parce que je vois bien, par exemple, pour d'autres sujets, je lis des livres de l'an personnel, par exemple sur la gestion des émotions et tout, Et je vois bien que ce n'est pas parce que j'ai la théorie que je peux l'appliquer. Des fois, il faut laisser le temps, les temps à voir les choses. Je ne sais même pas ce que le futur va pouvoir me réserver sur ma sexualité. Si ça s'ouvre plus, oui, mais je pense que c'est parce que j'aurais fait une rencontre, parce qu'il y aura eu des déclics. Là, pour l'instant… Elle est figée comme ça. Et en plus, je me remets à peine d'une bonne de six ans de tumultueux, je dirais. Donc pour l'instant, je suis quand même plutôt… T'es encore en cours de guérison, tu dirais ? Je pense qu'on n'est jamais guéri de l'addiction, ça c'est clair. Par contre, guéri de ma sexualité, je dirais oui quand même. Guérir de ma sexualité. Même si, bien sûr, chacun comme on l'entend. Parce que si je parle à une personne qui est un peu stricte, elle ne comprendrait pas que je fasse autant de plan cul ou que je fasse autant de… Moi, à mes yeux, oui, elle me convient très bien et c'est comme ça que je la gère. Oui, toi, tu te sens assez sensible à la norme. par rapport à la norme je suis complètement hors norme à la norme hétérosexuelle mais par rapport à moi ça me va très bien c'est content on arrive à la fin de notre échange Est-ce qu'il y a quelque chose, on est passé à côté de quelque chose, il y a quelque chose que tu n'as pas dit, qui semble important de mentionner ? On me pose souvent cette question, un petit mot de la fin, et je me dis, toujours par rapport à mon sujet, c'est ce que je dis, on peut quand même s'en sortir, il ne faut pas oublier qu'on peut s'en sortir d'addiction, pour le mot de la fin sur le camsexe. A part ça, je tiens à te remercier parce que vraiment, l'échange a été super constructif. J'ai pu dire tout ce que j'avais à dire, sans focaliser sur les trucs un peu drama que justement les gens veulent entendre. Et toi, j'ai pu vraiment me parler de… de l'après, de comment ça se passe, même la sexualité maintenant. Et ça, c'est intéressant. C'est vraiment très intéressant, donc merci beaucoup. Avec joie. Moi, j'ai trouvé ça vachement intéressant. Parce que pour moi, peut-être que je vais me répéter un peu, mais le sexe et la drogue, là, viennent… Jouer des… Enfin, remplir des trous, désolé de ces images, mais en fait, je pense qu'on peut se connecter à ton propos, même sans être dans l'addiction autour du chemsex. Moi, je me suis vachement connecté à ton propos d'un chemin de vie où, face à tout ce qui nous arrive… Comment on navigue avec quand même j'ai beaucoup entendu mais je pense que c'est mon sujet que je projette sur toi donc grave erreur mais comme je suis pas psy et que je suis podcaster je peux faire cette erreur mais je pense que quand même j'ai envie de te partager moi mon intime en rebond du tien c'est que pour moi le symptôme addictif est un message en lui-même. Attention, j'emploie beaucoup de pincettes parce que je ne suis ni addictologue ni psychologue, je suis juste Guillaume. Mais j'ai fait dix ans de psychanalyse. La santé mentale est un sujet qui me passionne, qui m'intéresse beaucoup. Et moi, je pense que… on décide de son symptôme et le on c'est toi dans toute ta complexité j'entends bien que tu t'es pas dit tiens je vais moto détruire avec grande joie et c'était pas sur ton calendrier et que c'est une détresse et que c'est quelque chose dans lequel t'as glissé mais tout de même j'ai l'opinion que tu n'as pas décidé d'être anorexique tu n'as pas décidé d'être alcoolique mais c'est à l'endroit du sexe et de la drogue qu'est venu ton symptôme s'exprimer Jeune mot, s'exprimer. Tu as envie de m'interrompre, mais je vais perdre mon point si tu le fais. C'est important, vas-y, dis-moi. Non, vas-y, vas-y. Non, parce que comme je vois tes lèvres prêtes à bouger, je peux m'interrompre si tu veux. Si je perds le fil. Et du coup, pour moi, la raison pour laquelle on tombe dans le chemsex addictif… C'est parce que c'est à l'endroit de l'homosexualité, de l'homosexualité, que ça se joue. Et du coup, j'ai quand même entendu en filigrane de ton discours les mêmes enjeux que j'ai, qui est de sortir des normes. Et tu vois, le moment où tu me dis, dans les vins, aujourd'hui, il y a cette histoire d'actif-passif, qu'en fait, la drogue, elle vient nous déconnecter, que les plans cul sans regard viennent nous déconnecter de notre réalité sexuelle, qui est parfois je bande, parfois je bande pas, donc qui est complètement la question de la performance sexuelle. qui est un sujet super important pour moi et de cette rencontre sexuelle, pour moi, je continue à payer l'homophobie généralisée dans laquelle j'ai grandi, dans laquelle je vis encore aujourd'hui. Et cette homophobie, du coup, fait que ma sexualité a le droit de s'exprimer à certains endroits c'est devenu se catalyser quelque part le poids de la culpabilité a fait un peu comme un bonsaï mes branches ont été forcées à aller à certains endroits donc j'ai certains endroits sexuels où ma culpabilité a dit ok bon t'as le droit d'exprimer ça tu vois Et qu'à plein d'autres endroits, c'est non, c'est pas possible. Et que, quelque part, ma façon de faire du plan cul, qui évolue, mais la façon froide ou la façon domi-soumis, des règles du jeu, des rôles, c'est pour moi une expression… C'est ce que ma culpabilité d'être homosexuel m'autorise à vivre… Et du coup, j'ai tout un travail pour… Et ça, je parle en jeu, c'est pas du tout… C'est ça que j'ai… Et du coup, moi, là, j'ai un travail de fond et de fion. Je l'adore. Clairement, je l'ai dit trois fois dans mon podcast. Je suis très fier de moi. Je suis à deux doigts de le mettre en titre, mais comme c'est pas mon épisode, je me le donnerai pas le droit. C'est pas bien un épisode avec toi-même ? Ouais, c'est en préparation. C'est en préparation, mais en fait, tu vois, ça fait un an et demi que je fais ce podcast là et il m'a fallu beaucoup de temps pour oser me raconter et dire ma propre sexualité. Le podcast, on en apprend toujours un peu plus sur toi. Oui, c'est ça. Épisode après épisode, j'arrive à sortir du rôle de… d'intervieweurs, mais ça m'intéresse beaucoup. Mais du coup, tu vois, j'ai tout un travail de fond et de fion, c'est-à-dire de fond sur… En fait, je suis homosexuel, j'ai le droit, et même si je ne correspond pas aux normes, c'est-à-dire lorsque je me fais pénétrer, la norme hétéronormée me dit que je perds ma valeur, je ne suis plus un homme, je me fais pénétrer. Et ça, j'y crois vraiment, je le vis au quotidien, le caractère profondément misogyne qui dit qu'une fois que t'es pénétré, tu perds du pouvoir. Il se retrouve dans mes potes hétéros à qui je dis, ta prostate, tu vas la titiller. Non, jamais. Il se retrouve dans un plan cul que j'ai fait récemment où le mec vient de me pénétrer. Et quand je lui dis, tu veux que je te pénètre ? Est-ce qu'un jour, je pourrais te pénétrer ? Il me fait, non, ça jamais. Avec dégoût, je le regarde et je lui fais, mec, bien tranquille, tu viens de me pénétrer, il y a un problème ? et bon du coup c'était un propos assez rentre dedans de ma part mais tout d'un coup j'ai senti l'effroi en lui en disant non non pas du tout sauf que ce qui venait de s'exprimer au travers de lui à ses dépenses c'était la misogynie de si t'es pénétré tu perds des trucs donc il y a un travail de fond de bah ouais tu correspondras tu correspondras pas peut-être que mes descendants auront le droit de se titiller l'anus sans perdre leur valeur et leur statut moi aujourd'hui je vis dans un monde comme ça et donc comment je navigue ça ? Et le problème de fion, c'est qu'au final, il me faut réapprendre à être pénétré, à pénétrer. Il me faut réapprendre à oser dire. Il me faut réapprendre à sortir des jeux de rôle pour être dans mon sexe. Sauf que c'est compliqué parce que du coup, c'est vachement vulnérable. Je suis un peu genre, vas-y, j'ai envie d'un truc à la va-vite. J'ai envie de me vider les couilles. J'ai pas envie d'être vulnérable. Donc, je rencontre aussi… Et c'est pas un problème de me vider les couilles, mais il y a quand même un… Je trouve que je chemine et c'est complexe. Je te rejoins parce que ça fait partie des 20% du coup. Donc c'est normal. Et là où je te rejoins, c'est que par rapport à mes deux addictions, l'addiction du cul vient tout simplement qu'avant mes 16 ans, je ne m'aimais pas, j'étais dépressif, j'étais pas bien et compagnie. Et avant de m'aimer moi-même, on s'aime par rapport au regard des autres. Et quand j'ai vu que je pouvais plaire juste pour de la baise, juste pour du plan cul, les gens me désiraient parce que j'étais jeune, pourtant j'étais moche, un appareil dentaire, une coupe de cheveux, pas possible, mais… Mais au final, j'arrivais à plaire. Si j'arrive à plaire, je peux peut-être me plaire moi-même. Je sais très bien que mon addiction au sexe vient de… À chaque fois que je baise, j'ai l'impression, en quelque sorte, qu'on m'aime. Et du coup, je m'aime un peu plus. Cette rame, je la connais, je dirais. Et c'est peut-être pour ça que je la cantonne, parce que j'ai besoin juste de ces moments-là, ces petites piqueurs de rappel. Mais après, je ne le veux pas forcément pour ma vie. Justement, j'ai plus envie de me construire. C'est pour ça que je prends un peu plus d'écart avec le sexe. Et pour l'addiction à la drogue, je te rejoins aussi sur… Je dis que chaque personne a sa drogue. C'est-à-dire que moi, j'avais un manque d'amour, j'avais un problème d'amour. Donc, je m'orientais vers la MDMA. Les personnes qui sont très nerveuses et qui ont besoin de faire un off dans leur tête, ils vont peut-être prendre de l'herbe parce que l'herbe, ça détend. Une personne qui a vraiment envie de déconnecter, d'aller très loin, il va prendre du LSD. Une personne qui a envie de se connaître sur lui-même, il va prendre de la kétamine. Et les profils comme moi qui travaillent trop ? parce que vraiment le work alcoholism je sais pas comment on dit en français mais c'est un vrai délire non non mais t'es pas posé avec de la musique et une tasse de thé ça c'est la drogue il faut que t'arrives à te poser tu peux pas t'orienter vers une drogue c'est méchant mais pour dire que chaque drogue a son effet je crois que je t'ai interrompu en ce sens c'est pour dire que en fait il y a le terme drogue qui est un terme très normé. En fait, aujourd'hui, on fait de la pub pour l'alcool et l'alcool s'invite à tous les endroits, en tout cas de la table de ma famille, par exemple. Tranquille, le truc est une drogue dure de ouf. Pareil sur le sucre blanc, où ils ont prouvé dans des études qu'il a les mêmes effets que la cocaïne. Le sucre blanc est prévu partout. Enfin, si, il est ajouté dans plein d'endroits, mais en tout cas, il est complètement légal. et donc moi je crois que j'avais envie de gratter le concept de drogue où on se dit bah non Guillaume le travail peut pas être une drogue tu compares un peu l'incomparable mais de ouf ça permet d'oublier ses propres problèmes complètement bah écoute sache que je n'ai aucune autre activité sur le reste de la journée et que justement en ce moment j'ai annulé enfin j'ai reporté certains témoignages. C'est gentil. Je te félicite aussi pour que tu te mettes un peu en off et si tu as décalé pour moi, ça me fait vraiment plaisir. Non, mais les gens où je peux, je commence à accepter que je dois les recontacter et leur dire… Il y a trop en fait, j'enchaîne trop de projets, trop de témoignages, j'arrive du coup beaucoup moins à entendre les gens et je me sens très fatigué et tout. Donc il y a un enjeu dont je prends soin, je vais avoir des vacances pendant la Noël et tout. Pourtant, c'est vraiment très constructif. Pour moi, c'est vraiment… C'est pour ça que je suis venu aussi zen te voir. C'est parce que je savais que ça allait être serein et vraiment constructif. Merci, Yann. Je vais mettre dans l'escriptif de l'épisode le lien vers ton livre. Avec plaisir, oui. À acheter dans toutes les bonnes librairies indépendantes. c'est mieux par contre il y aura un petit délai parce qu'ils sont pas en rayon puisque plus on en vend plus ils sont en rayon et on les commande on peut les commander il faut attendre quelques jours sinon on a toujours Amazon mais bon ouais pareil je suis pas très Amazon je suis pas très Amazon merci Yann merci beaucoup à toi bonne journée à toi et à bientôt tu te sens comment ? super ouais franchement je t'ai dit c'est la première fois que j'ai un la deuxième fois j'en avais eu un par téléphone je t'ai dit que c'était très bien passé un autre qui s'était très mal passé en visio Et avec toi, j'ai pu aborder vraiment tous les sujets assez vastes et sans focaliser sur aussi l'âge de mon copain qui était un peu tendancieux parce qu'il était plus âgé que moi. De toute façon, on a tout mis. Franchement, c'est exactement ça. Tu vas viser les bonnes personnes. Les gens qui écoutent, par logique, ce sont des gens qui sont dans la sexualité gay. Je visais les bonnes personnes. Le message que je voulais transmettre a été donné à 100%. Trop bien. Franchement, trop bien. C'est exactement ça. Je suis vraiment très, très, très content. Moi aussi, franchement, j'ai beaucoup apprécié. Magnifique. Et pour moi, c'est sûr que t'es en train Non, j'allais dire une connerie, j'allais dire que tu es en train de prendre soin de toi en faisant ta thérapie à ta façon, qui est autour de ces témoignages, etc. En fait, je n'en sais rien si ça te prend bien soin de toi et tout, mais… Les témoignages, pas forcément, parce que ça me rappelle des fois… Les groupes de parole, des fois, ils sont durs. Des fois, je me dis, putain, je me prenais bien un petit rail, c'est vrai que c'était bien, c'était pas le but du groupe de parole, tu vois ? Non mais c'est parce que c'est ton système, en anglais on dit coping mechanism, en français c'est quoi ? Tu vois le terme en anglais ? On copie le souvenir qui nous en fait du bien. Oui c'est ça, notre cerveau crée des systèmes de gestion de l'émotion qui fait que hop tu te branles, hop tu prends de la drogue, hop tu prends un dessert. Et tu as aussi en plus. Parce que du coup, en fait, juste la chimie dans ton cerveau fait que du coup, ça détend. C'est pour ça qu'on a ces automatismes. On veut le chemin le plus direct au plaisir. J'ai vu un… Ça, c'était super intéressant. C'était à l'occasion de… J'espère qu'il y en a à Paris. Excuse-moi. C'était un analytologue, mais biologiste. qui ne fait pas des trucs sur… Enfin, il te dit, quelle drogue, comment ça marche dans le cerveau ? Elle dit, donc, la zone du plaisir est là, la zone du dégoût est juste au-dessus. Et en fait, les synapses font des trucs. Et donc, moi, ce que j'aime, c'est un surplus de sérotonine. La MDMA crée beaucoup plus de connexions. C'est pour ça qu'on a plus ressenti, on ressent plus ces choses. Alors que, par exemple, l'herbe, elle, va te donner un message, détends-toi, détends-toi, mais n'a rien à voir avec la sérotonine. Enfin, chaque drogue donne une… Et ça, ce biologiste l'explique dans un livre ou sur un site internet ? Non, il fait des consultations. Non, en groupe de parole. Tu viens, c'est gratuit, tu inscris. Si tu peux l'inviter, je peux essayer de te trouver. Ah, grave ! Moi, j'ai adoré. En quoi ça t'a aidé ? Parce que de mieux comprendre ce qui se passait dans ton cerveau ? C'est parce que moi, j'ai un gros… Un truc qui me dépasse, que je n'arrive pas à comprendre, c'est que tu mets de la poudre dans un verre, tu le bois et tu es amoureux. Et après, tu es amoureux pour de vrai. Mais t'imagines, on peut te simuler de l'amour. Moi, je ne l'ai pas dit parce que le bouquin est long, mais voilà, je suis tombé amoureux de quelqu'un à cause de l'AMDMA. À force de voir quelqu'un et d'avoir toujours des bons souvenirs avec cette personne, à un moment, on se pose la question, mais est-ce que je ne suis pas amoureux ? Et j'ai failli me séparer de Michel à cause de ça. Heureusement que je me suis réveillé entre temps. Mais tu vois, la puissance de la drogue et du mensonge, c'est moi. Après, je te dis, c'est pour ça que j'étais très naïf aussi. Je pense que 23 ans, c'était un peu le jeune pour prendre tout ça et prendre du recul. Je pense que quand tu peux prendre du recul sur les choses… Alors je trouve que le truc qu'on n'a pas dit et qui est super important, est-ce que t'es ok que j'utilise là ce qu'on vient de se dire ? Oui oui oui. Je crois que t'as rien dit qui soit problématique mais en fait j'ai donné l'impression que l'interview était terminée donc je veux juste avoir ton consentement. Un truc essentiel, c'est dommage qu'on le mette à la fin, c'est qu'en fait on en meurt. Il y a un politique parisien qui a perdu son mari. Je vais le voir tout à l'heure. On en meurt souvent. Un ami d'un ami, il s'est défenestré du septième étage. Parce qu'ils prenaient ces drogues de synthèse régulièrement, tout le temps, tous les jours. Mais en fait, ça calme sur le moment, mais après ça te crée du stress et de l'anxiété. Et du coup, tu en reprends pour calmer ce stress et l'anxiété. Mais ça te fait augmenter les doses et tu dois aller toujours plus haut. Et du coup, c'est très difficile à sortir. Non, mais ça, il faut le dire. Et ce que tu me disais aussi sur la gestion des drogues et compagnie, notre cerveau, avec ce médecin, cet addictologue qui expliquait le biologiste, il dit que notre cerveau n'aime pas le changement. Moi, là, je vais être stressé parce que j'ai un entretien et compagnie. Il me faut quelque chose pour me déstresser. Et donc, du coup, je vais prendre de l'alcool ou quelque chose. choses comme ça pour arriver au même niveau, pour revenir au niveau stable. Des fois, c'est les concourses à conscience qui font que. Et donc, ça correspond bien avec le dessin de Michel. Il y a plein de choses que j'ai compris grâce à ça. Alors, rubber bed, c'est une pratique hard. C'est de se mettre dans un genre de gros cellophane. Tu aspires avec un aspirateur, tu sais, comme ça, t'es comme une barquette sous vide. Voilà, et bien, asphyxier, on va asphyxier. C'est des choses… C'est qu'en fait, avec la drogue… Des cheveux rannales graves. Des témoignages comme ça, j'en ai plein. En fait, comme tu déconnectes de ton… Quand on a mort, on dirait peut-être… Pourquoi on couperait ? On peut couper si t'as besoin, mais… Pour le défenestrer, tu peux le dire, parce que l'autorisation de la personne… Mais les autres, je ne les ai peut-être pas. Mais tu ne les as pas cités ? Non, mais… Why not ? A voir. Je suis très consentement aussi. En fait, là, tu racontes des histoires de comment on meurt en drogue. Je n'ai pas l'impression que tu as dit ni des lieux, ni des gens. On ne peut pas les identifier. Non, c'est vrai. En tout cas, tu pourras me donner ton consentement. On en reparlera si tu as besoin. Et d'ailleurs, je vais te demander aussi ton consentement. J'aimerais beaucoup avoir une photo avec toi. Est-ce que tu m'autorises ? sur Instagram aussi trop cool moi j'ai envie de finir avec je suis un peu perdu moi je vis dans une bulle c'est difficile à Paris de vivre dans une bulle à Paris ? Ah non, non. Avec la drogue ? Enfin, une bulle de drogue à Paris, c'est… Oui, non, excuse-moi. Moi, je vis dans une bulle. Je vis quand même dans une bulle et j'ai envie de te partager quelque chose, mais sauf que c'est très biaisé par ma bulle, genre qui je côtoie, comment je vois la vie, etc. Mais je te promets que c'est possible. d'avoir une sexualité connectée, ultra puissante et d'avoir ces ondes chimiques d'amour sans aucune prise et que moi je te partage cette opinion, c'est parce que tu vas à la rencontre de tes peurs et de tes 20% de blocage qu'en fait, tu peux aller à ces endroits. Je comprends. Je crois que ce serait le message que moi, j'aurais envie de Guillaume Ayan, en intimité. Mais est-ce qu'il y a le bon partenaire, justement, pour faire ça ? Parce que c'est là où je voulais te dire, moi, il y a le bon partenaire qui va me faire oublier ces 20%. Oui j'entends que c'est toi ta réalité Moi mes 80 sont là Et ça je te disais que moi j'ai mes 80 J'ai bien entendu Les 20% c'est peut-être une personne qui va m'amener dans les 20% Qui va tellement m'amener bien Que du coup toutes mes peurs vont s'évanouir Et je vais arriver à ces 100% avec lui Moi je te dis non Mais moi Guillaume Je te dis en fait On vit dans une société qui survalorise le couple Et l'élu Oui, c'est vrai. Et moi, non. Non, moi, j'ai des rapports sexuels avec différentes personnes qui sont très belles, des belles personnes qui sont trop chouettes, que je connais plus ou moins, avec qui, du coup, il y a tout un enjeu d'introspection avec soi pour être en capacité de communiquer mes désirs, de créer un lien, de créer une connivence. Et tu vois, on l'appelle amour avec un grand A, mais en fait, j'ai comme l'impression qu'il y a plein d'étages et que le premier étage, c'est la connivence et le lien, etc. et ouais je peux alors après ça va dépendre de mon humeur ça va dépendre de plein de choses et puis en fait on n'est pas des machines donc parfois ça bande pas mais moi j'ai toujours des érections mais parfois non ça passe pas parfois le courant passe pas c'est pas automatique comme la prise d'un produit mais tout de même et donc j'ai envie de terminer là dessus j'ai envie de te faire une invitation à je sais pas j'ai envie de te partager ça moi si ça bande pas je te rejoins parce que c'est purement psychologique les personnes auxquelles je suis allé voir et que je bandais pas j'ai même pris un Viagra je prends un Viagra et je te jure je suis en voiture Et là, déjà, j'ai le cœur qui se bloque. J'ai pris un Viagra, donc il n'y a pas de raison que ça ne marche pas. Mais ça n'a pas du tout marché parce que j'ai clairement un blocage. Et tout ça parce que je n'ai pas réussi à créer le bon scénario. Comme je suis très carré et directif et tout ça, je n'ai pas réussi à trouver la bonne direction pour amener jusqu'à aucun stress en étant actif sans problème. Par contre, est-ce que je cherche cette voie-là ? Non, je t'ai dit, je reste dans mes 80. C'est pour ça qu'on partage chacun nos histoires et nos envies. Des fois, les gens m'y amènent, sans souci. Alors je dis, pourquoi je me prends la tête alors ? En tout cas, moi, ce que j'entends dans ton propos, c'est, mais pourquoi il ne faudrait avoir aucun stress quand on est actif ? En fait, quand il y a un enjeu, il y a du stress. On a abusé de ma gentillesse parce que j'étais versatile. Au début, j'étais vraiment clairement versatile. Et que du coup, au final, je baisais les mecs. Et puis après, j'avais que dalle. Et à un moment, j'ai fait une petite rébellion. J'ai dit, ah ouais, c'est comme ça. Maintenant, je ne serai que passif. Tiens, paf. Et depuis, je pense que quand on me demande de sois actif, déjà, rien que ça. Du coup, j'ai une gênance par rapport à mes expériences passées. On a l'impression quand tu es actif que c'est toi qui es actif. On t'utilise. Voilà, qu'on m'utilise, déjà. Et la deuxième phase, c'est… Qu'est-ce que je veux dire ? Non, je l'ai plus. Enfin, voilà. Déjà, ça, il y a un truc… Il y a un truc à… Parce qu'en tout cas, moi, ce que je voulais te dire, c'est que si on est dans le réel, moi, quand je suis dans le réel, je suis un être humain. Donc, comme je suis un être humain et pas une machine, je peux avoir de l'appréhension, de l'inquiétude, que je peux communiquer. En tout cas, quand il y a un enjeu, quand il y a un jeu et un enjeu, c'est normal qu'il… Celle où je te rejoins, c'est que du coup, je sais aussi que le mec a de l'attente. alors du coup vu qu'il attend quelque chose et en plus moi il m'a froissé dès le départ mais on communique plus voyons Yann toi tu sais communiquer moi je trouve que c'est tout à fait ok de dire ah tu me fous la pression en plus moi je fous la pression aux gens donc je le comprends c'est moi qui me fous la pression tout seul mais en tout cas ça se dit tu vois moi je peux comme je suis un peu dans le contrôle parfois je peux avoir envie de un peu planifier de ouf parce que ça me détend et il y a des gens très bien qui me disent tu mets la pression et je dis ah oui non c'est clair je te mets la pression et vas-y comment on fait pour que je me détende et que j'arrête de te foutre la pression quoi sauf si le mec m'a déjà bloqué parce que je lui casse les pieds de trop tu vois mais souvent les gens ils réagissent bien ils sont là ah ouais bah je comprends enfin genre bon ils savent pas comment me détendre mais en fait on crée un dialogue Et moi, je peux dire que je suis un peu stressé et ils me disent mais vas-y, détends-toi parce que j'ai des beaux yeux. Je ne sais pas faire ça. Je ne dialogue pas. Déjà, j'ai toujours été un peu au milieu. Moi, toute ma sexualité s'est faite dans les débuts d'Internet. Maintenant, ça me gonfle parce que Grindr et tout ça. C'est toujours les trucs sous-jacents. C'est des lieux de drague. Tu ne savais pas faire, c'est ça ? Aujourd'hui, tu pourrais faire ? Non, mais 80, ça me va bien. Je suis toujours dans ma petite zone. Moi, je suis bien dans ma zone. Et puis, ça marche en plus. Si je n'arrivais pas à rencontrer des gens, je retourne et je dis OK. Mais là, j'arrive à rencontrer des gens. Ce n'est pas comme si j'étais bloqué. D'ailleurs, je trouve que j'arrive plus à rencontrer que certaines personnes de Grindr et compagnie. Je vois que tout le monde a le même problème sur Grindr. Les gens, ils ne se cherchent pas. Les gens, ils annulent. Mais moi, ça fait longtemps que j'ai arrêté. Ça fait longtemps qu'ils m'ont… mon profil grinder c'est une blague c'est juste vraiment pour blaguer pour discuter avec des gens parce que quand j'ai rien à faire je me dis surtout la curiosité c'est qui qu'à côté j'ai aucun guédard moi je suis nul au moins j'ai un peu voir un peu le truc et puis je suis pour dialoguer tranquille mais ouais il faut que tu files et on fait la photo oui avec plaisir

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