Top domi et cyberharcelé sur Grindr – EnOr 1/2

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Rediffusion – EnOr (un pseudo) aime être dominant sexuellement. Cage de chasteté et BDSM, il partage des photos 🔥 sur Twitter. Il est pointilleux sur le consentement avec ses soumis, qu’il respecte. Mais un jour, plusieurs profils Grindr le menacent. Un cyberharcèlement se met en place. Et dure depuis deux ans. Il raconte.

Cet épisode est une rediffusion : pour ce mois d’août je te fais une sélection des anciens épisodes les plus écoutés et qui m’ont le plus touchés, des pépites au milieu des 200+ épisodes de ce podcast 🤗

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😈 Le Twitter interdit aux moins de 18 ans de EnOr : https://twitter.com/Pv_EnOr

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Vous écoutez la première partie du témoignage des Nords. Est-ce que t'as des questions avant qu'on commence ? Euh, pas vraiment. Comme je t'avais dit, c'est pas forcément mon habitude de me livrer comme ça, donc je vais faire au mieux. Peut-être que par moment, t'auras besoin de reposer une question histoire de me relancer… sur un axe ou autre. Il n'y a aucun problème. Justement, j'ai envie de commencer par là. Pourquoi tu as eu envie de témoigner alors que tu dis à juste titre que ce n'est pas quelque chose dans lequel tu es normalement à l'aise ? Parce que c'est quelque chose dont je ne suis pas à l'aise de faire de moi-même. Mais quand on me le demande, je n'ai aucun souci à me livrer, on va dire. Et c'est un sujet que je trouve intéressant, que je trouve important d'explorer, de… développer et de libéraliser sans qu'il y ait de tabou ou autre Tu t'appelles comment ? Enor. Ça marche. Et est-ce qu'on parle de Twitter ou pas ? Oui, on peut. Parce que ça, c'est ton pseudo sur Twitter. C'est ça. Tu as quel âge ? 23 ans. Ok. Tu disais pourquoi tu as envie de participer, parce que tu penses que c'est un sujet important et un sujet que tu as envie de libéraliser. Selon toi, c'est quoi le problème aujourd'hui que tu vois ? C'est encore pas forcément dans la communauté LGBT+, mais de manière générale, la société très hétéronormée. Mais la sexualité qui est vraiment encore un tabou. Enfin, juste petite chose simple, par exemple, on est toujours gêné d'aller acheter des capotes au supermarché. Toi, tu l'es ? Non, pas du tout. Mais du coup, moi, j'aimerais savoir, dans ton quotidien, concrètement, ces limitations, cette société hétéronormée, comment elle t'impacte ? Sur, par exemple, les infections sexuellement transmissibles. J'ai déjà eu plusieurs mésaventures sur des médecins, je vais carrément dire incompétents, sur le sujet. Donc ça pose problème parce que… Moi, j'ai une culture scientifique et médicale qui est suffisamment importante pour pouvoir contredire même un médecin sur le sujet. Je fais mes recherches et tout ça. Mais quelqu'un de lambda, j'ai déjà eu des amis hétéros ou non qui ont eu des soucis. Et au final, quand il m'en parlait de ce qu'avait dit le médecin, c'était n'importe quoi. Tu as un exemple concret ? Oui, par exemple, chlamydia, faire un dépistage sanguin, c'est complètement inutile parce que ça va juste révéler qu'il y a eu une chlamydia un jour, mais pas forcément encore active. Il y a eu un jour, ça peut être il y a dix ans, ça peut être il y a un mois, mais ça ne donne aucune indication si on est ou pas positif à chlamydia, contrairement à un dépistage local. Donc, là, en l'occurrence, c'était une jeune femme. Et son médecin a refusé de lui faire ensuite un dépistage de contrôle pour vérifier s'il y avait toujours ou non chlamydia. Et qui disait que de toute façon, même si elle l'avait, ce n'était pas grave. Tant qu'elle n'avait pas de symptômes, ça ne portait pas de soucis. Alors qu'il peut y avoir des problèmes de stérilité, de grossesse extractorine… Toi, tu as fait comment, du coup, pour trouver un médecin plus LGBT friendly ou en tout cas, est-ce que c'est lié au fait que l'incompétence des médecins est liée au fait qu'ils sont peu connectés à la réalité sexuelle des personnes LGBT ou tu fais le lien, toi ? Je ne pense pas que ça soit ça. Après, moi, je suis de province, donc il y a aussi ce côté-là. Je suis moins à rechercher un médecin qui soit LGBT friendly, parce que sinon, ça va être compliqué à trouver, très honnêtement. Mais je cherche surtout un médecin qui soit compétent et qui écoute, qui ne se place pas comme je suis médecin, c'est moi qui ai le savoir absolu et tout ça. Je cherche plutôt, par exemple, mon médecin actuel, la PrEP, elle ne connaissait pas du tout. C'est moi qui l'ai formée, c'est un grand mot, mais qui l'ai sensibilisée et qui lui ai donné les ressources que j'avais trouvées avec, par exemple, un site qui permet aux professionnels de santé de se former concernant la PrEP. C'est moi qui lui ai transmis ça et elle s'est formée avant de pouvoir me prescrire et elle était super compréhensive là-dessus. Elle me disait, c'est bien, j'apprends avec vous et je préfère cette mentalité-là. C'est cool, ouais. Non, non, c'est moi qui sais. Qui est un peu dommage, comme j'ai pu recevoir. Ouais. Enor, ça vient d'où déjà, Enor ? Enor, c'est une petite métaphore par rapport à mon nom. Mais voilà, c'est juste, j'aime bien ce nom-là. Ok. Donc tu veux pas dire, parce que sinon on pourrait savoir qui tu es. C'est ça. Ok, d'accord. Aujourd'hui, là tout de suite, de 0 à 100, tu dirais sexuellement épanoui à combien ? Aujourd'hui, tout de suite, je dirais 40. Pourquoi ? Qu'est-ce que les 40 disent ? C'est par rapport à différentes mésaventures que j'ai là où je réside actuellement, dans la ville où je réside, qui est dans la province assez profonde, et où j'ai subi du cyberharcèlement sur des applis d'encontre, en l'occurrence c'était sur Grindr. qui était cyberharcèlement, même s'il n'y a pas besoin de justification, mais qui était complètement injustifié et gratuit. Parce que, en l'occurrence, pour recontextualiser, je venais d'arriver dans cette ville pour mes études. Ça faisait une semaine que j'y étais. Je venais d'emménager. J'étais encore dans un logement étudiant temporaire du Crous. Et je me suis dit, autant faire des rencontres. Donc, sans a priori, sans recherche particulière. Et en fait, au bout d'une semaine, alors que j'avais commencé à parler avec cinq mecs et j'avais prévu… Je n'avais rencontré personne, j'avais prévu de rencontrer personne, rien. J'avais à peine parlé de sexe avec ces personnes-là. J'ai commencé à recevoir des insultes d'un compte… D'un compte Grindr anonyme, complètement anonyme, sans photos, sans informations, rien. Avec des insultes, espèces de dégénérés sexuels, avec ta gueule d'autiste, ça t'amuse de mettre des points dans le cul des gens, de leur pisser à la gueule, de leur cracher dessus et tout ça. Donc ça fait partie des pratiques que je peux faire, en effet. Personnellement, j'ai… Des kinks qui sont super ouverts et des pratiques super ouvertes. Mais comment cette personne pouvait savoir ? C'est par rapport aux peu de personnes avec qui j'avais pu parler de sexualité. Quand on me pose la question, c'est quoi tes pratiques ? Je dis que je suis ouvert. Je dis que personnellement, mes limites, c'est le sang, le chemsex et la scatophilie. Ok. Mais du coup, que je recontextualise, comme tu m'as donné ton go, toi, aujourd'hui, tu as un compte Twitter qui est suivi par combien de personnes ? Là, je viens d'atteindre 25 000. Ok. Et qui propose plutôt du contenu porno ? C'est ça. Par plutôt, c'était un euphémisme uniquement ? Oui, uniquement. Est-ce que tu as d'autres discours dessus ? Sur ce Twitter ? Très, très rarement. Ça m'est déjà arrivé de vouloir pousser des coups de gueule par rapport à, comme je disais, par exemple, le discours un peu dégradant concernant les infections sexuellement transmissibles. Dire, par exemple, est-ce que t'es… Est-ce que t'es clean, par exemple, cette expression-là qu'on rencontre souvent sur Tinder ou autre, qui est complètement abusive, parce que c'est pas parce que quelqu'un a une IST qu'il n'est pas clean. Les IST sont pas un manque d'hygiène, donc tout ça. Donc ça m'est arrivé de pousser des petits coups de gueule. Mais 90% c'est du contenu porno. On peut même atteindre 99, 95. Allez, c'est parti, c'est parti. Quel type de prononcer ? Est-ce que c'est toi que tu mets en scène ? De temps en temps, oui. Et parfois, c'est juste des repartages ? C'est ça. Ça dépend en fait de mes rencontres, si mes partenaires sont d'accord pour filmer, mais également pour partager. Donc, il y a quelques vidéos de moi avec des partenaires. Sinon, principalement, c'est du contenu perso, juste moi. Et ensuite, en effet, plutôt des repartages. C'est quoi ta ligne éditoriale ? T'as dit 20 000 personnes ? 25 000 personnes. Qu'est-ce que tu proposes comme sexe ? Plutôt une sexualité hard. Par exemple, il y a beaucoup sur mon profil de contenu concernant la chasteté, les cages de chasteté, de temps en temps du fist, toutes ces pratiques-là. Toi, t'incarnes un domi. Tu es Domi dans la vie et c'est pour ça que les gens viennent à toi et la taille de ta bite. Je t'aide un peu parce que je faisais des questions un peu ouvertes mais on est quand même d'accord que c'est ça. Ça a été quoi pour toi le déclic ? Pourquoi tu es sur Twitter et pourquoi tu fais ça ? ça te fait kiffer c'est ça parce que en fait j'aime bien plaire avec mon corps même de manière générale dans ma vie perso donc c'est vrai que cet aspect là sur Twitter c'est une sexualité qui est facile clairement qui est plus interactive et personnel entre guillemets que aller tout simplement sur Pornhub ou d'autres sites porno où là on va chercher une vidéo et ensuite on va se branler, gicler et puis on ferme l'historique et voilà. Là c'est plus interactif, c'est plus personnel, on peut… Explique-moi, en quoi c'est interactif ? En échange avec des vraies personnes. Là, je discute par exemple mon compte. Je pense qu'il a aussi cette particularité-là, c'est que même si j'ai 25 000 abonnés, juste s'il y a quelqu'un qui me plaît sur Twitter, je vais parler avec lui et je ne vais pas hésiter à échanger longuement avec, à beaucoup discuter avec, contrairement à des comptes qui sont vraiment fermés, juste ils postent leur contenu et rien d'autre. Par exemple, pour l'instant, je n'ai pas de plateforme type OnlyFans ou Top4Fans. J'ai des comptes, mais je n'ai rien dessus. Tu ne gagnes pas d'argent avec ton Twitter. C'est ça. C'est vraiment ton kiff. C'est ça. Donc, tu échanges avec des gens pour avoir des rapports sexuels avec eux, pour baiser avec eux ? Ouais, ou même juste pour échanger. Il y en a, par exemple, je sais très bien que je ne les rencontrerai jamais, mais juste… Vous envoyez des photos, des vidéos, vous vous chauffez. C'est ça. On nue d'ensemble. C'est ça. Je ne savais pas que c'était un verbe. J'avais envie de poser ce contexte parce que du coup, je te propose qu'on investigue cette partie-là un peu plus tard et qu'on revienne au premier sujet que tu as voulu… On est de retour dans cette ville où tu débarques et où tu commences à te faire cyber harceler. Et ma question, c'était, est-ce que c'est quelqu'un qui avait fait la connexion ? Montres-tu ton visage sur Twitter ? Est-ce que cette personne a pu faire la connexion entre le Twitter et Twitter ? Non, je cloisonne beaucoup. Ma vie personnelle et ma vie privée, c'est-à-dire mon Twitter, ma sexualité et tout ça, dans le sens où j'envoie jamais même à des personnes que je connais bien, j'envoie jamais ou alors très très rarement des nudes avec mon visage. Sur mon Twitter, il n'y a jamais mon visage. Si jamais il y a quelqu'un avec qui je discute bien et avec qui je veux échanger plus au-delà de Twitter… On va passer sur une autre plateforme type WhatsApp, Instagram ou autre, où là, ça sera mes profils personnels, où là, je vais possiblement envoyer mon visage, mais jamais sur Twitter. En tout cas, là, c'est gratuit. Tu te fais insulter. C'est ça. Et il n'y a pas de lien avec ta présence publique. OK ? Bon, dans ces cas-là, moi, ça ne m'est jamais arrivé. Ça fait dix ans que je suis sur Grindr. Parfois, j'y suis, parfois, je n'y suis pas. Mais moi, si ça m'est arrivé, je bloque la personne et je me sens assez en sécurité. Est-ce que tu fais ça ? C'est ce que j'ai voulu faire, bien sûr. Ce n'est pas la première fois que j'ai des messages d'insultes. Il y a toujours des gens, malheureusement, qui ont du temps à perdre. À toi, ça t'est arrivé plusieurs fois ? Oui. Que dit ton profil sur Grindr ? pas grand chose il y a juste mon visage même pas mon corps ou quoi sur mon profil enfin sur ce qu'on peut voir d'extérieur et juste je dis même pas que je recherche du sexe direct ou autre c'est vraiment d'habitude je dis quand on me demande ce que je recherche je recherche des échanges enfin du dialogue mais sur ton profil il n'y a pas toi tu te fais insulter par des gens qui juste avec ta photo et est-ce que tu mets domi est-ce que tu mets des pratiques Ok, donc gratuit. Juste que je suis actif, que je recherche dans ce que je recherche, il y a tout de suite. C'est ouf. Mais c'est tout. C'est trop bizarre que moi, je n'ai pas vécu ça, alors que pour le coup, on a l'air d'avoir des profils similaires du coup. Oui. C'est bizarre, ok. Donc tu bloques ? Bien sûr, j'ai bloqué, sauf que la personne revenait avec de nouveaux profils. Donc au départ, c'était tous les deux jours, on va dire. Ensuite, c'était tous les jours. Et il y a eu des fois où, dans le même après-midi, j'ai eu trois profils anonymes différents qui revenaient m'insulter. Donc au départ, je bloquais tout simplement, sans répondre, sans perdre de temps. Ensuite, j'ai commencé à vouloir réagir en disant à la personne d'aller se faire foutre, clairement. Mais ça ne marchait pas. Donc j'ai tous les screens des… Enfin, toutes les preuves, on va dire, de ces profils-là, tous les échanges, le peu d'informations qu'il y avait sur les profils. J'ai même eu par moments des profils qui semblaient safe, qui commençaient à me parler. Et au final, la personne utilisait le même profil pour m'insulter. Et en fait, c'était juste des fausses photos qu'il avait voulu… un peu s'infiltrer dans mes messages pour avoir, je ne sais pas, des photos, des informations sur moi et ensuite pouvoir les utiliser contre moi. J'ai également eu des personnes lambda qui venaient par exemple en me disant directement « tu fais de l'euro ». Donc oui, ça fait partie de mes pratiques, mais ce n'est pas quelque chose que je pratique régulièrement ou sur lequel j'échange fréquemment. Et donc j'avais dit par exemple que non, mais que c'était quelque chose que mon harceleur utilisait contre moi. Et donc j'avais demandé à cette personne de m'indiquer qui lui avait dit ça, même juste son profil ou autre. Et on était gentiment allés m'envoyer balader en me disant que mes histoires de harcèlement, entre guillemets, ça les regardait pas, qu'ils avaient passé l'âge là-dessus. Et que c'était pas qu'une seule personne, que c'était des bruits de couloirs, que tout le monde le disait. Parce que moi, je comprends que dans une plus petite ville, en fait, sur Grindr, tout le monde se connaît. Tout le monde se parle, tout le monde se connaît. C'est ça, des bruits de couloirs ? Sans doute, mais en l'occurrence, cette ville-là, je ne la connaissais pas. Je venais d'arriver, je ne connais personne là-bas, même encore maintenant, ça fait quasiment trois ans que j'y suis, je ne connais personne parce qu'il y a eu cette histoire-là qui m'a beaucoup freiné, bien entendu, mais également parce que je n'ai jamais sociabilisé avec les gens de cette ville. Mais j'ai été dans des villes qui étaient plus petites et où je connaissais beaucoup plus de monde et je n'ai jamais eu de soucis. C'est vraiment cette ville qui est assez profonde, on va dire, pas très ouverte d'esprit de manière générale et encore moins sur la question LGBT. Tu peux m'amener dans la réalité de cet harcèlement ? En réfléchissant à notre échange, je me suis projeté En fait, je vais être honnête avec toi, au début, je ne comprenais pas. En général, quand on parlait de cyberharcèlement, mais tu vois, si je te partage un peu une pensée fulgurante qui me passait il y a quelque temps, au début, où je n'entendais pas de cyberharcèlement, je faisais du déni. Je disais, mais non, tu bloques la personne. Notamment, j'étais assez surpris… de gens sur Twitter, donc profil public, qui souhaitent vivre l'expérience Twitter où tout le monde peut dire son avis, je disais mais c'est bizarre, c'est quoi le délire, tu dis un truc, il y a plein de gens qui disent je suis pas d'accord ou qui t'insultent, c'est le jeu, n'est-ce pas ? Et en fait, je me suis renseigné et je me suis projeté dans la réalité de recevoir, c'est une chose de recevoir un message en disant je ne suis pas d'accord avec vous, de façon plus ou moins agressive. C'est une autre, et je crois que c'est ça que tu expliques avec lequel je me connecte, de recevoir matin, midi, soir, heure après heure ou jour après jour, des mêmes messages d'insultes de quelqu'un qui semble déterminé à te nuire. C'est ça ? C'est ça, c'est qu'en fait, ce harcèlement, en fait, d'une part, il était jour après jour, mais en plus, il a duré. C'est pas l'histoire d'une semaine, c'est que ça a duré concrètement de septembre 2020 à avril 2021, de manière continue. Et en fait, j'ai un caractère qui fait que… Et puis même, de toute manière, ce n'était pas moi qui étais en tort. Donc ce n'était pas moi, même si je n'avais pas besoin de Grindr, ce n'était pas à moi d'arrêter Grindr pour faire plaisir, entre guillemets, à moi harceleur. Parce que, en l'occurrence, même si je n'aime pas me positionner comme ça, mais c'était moi la victime, donc ce n'était pas moi qui étais en tort. Donc ce n'était pas à moi d'agir contre ça. Et donc j'ai voulu maintenir Grindr même si je n'y allais plus. Au bout d'un moment j'ai abandonné dans le sens où c'était tellement pesant, en plus j'étais loin de mon cadre familial, j'étais dans une nouvelle ville qui n'est pas très vivante. Donc en fait j'ai commencé à avoir des idées noires, une petite déprime quoi. entre novembre et décembre jusqu'à janvier même avec limite des idées suicidaires des excès de colère en fait parce que justement cette incompréhension et cette vulnérabilité et le fait de ne plus pouvoir maîtriser ma vie parce que même si j'avais envie de faire des rencontres j'étais toujours avec cette angoisse là Même encore aujourd'hui, quand je suis tout seul le soir dans cette ville, que je traverse un bar où il y a beaucoup de monde par exemple, dans une rue, je suis toujours un peu stressé. Ce n'est pas du tout mon caractère et j'ai horreur de cet effet-là que ça a eu sur moi. Et au final, je n'ai pu faire aucune rencontre sur cette ville. Est-ce que tu arrives à faire un pont, à connecter comment ce harcèlement impacte ta santé mentale ? C'est-à-dire, c'est peut-être une question bête, mais… En quoi intimement ça vient attaquer ton cœur ? Parce qu'on pourrait dire c'est très chiant, c'est répétitif, ça saoule, mais là c'est venu en fait s'immiscer. Est-ce que tu comprends pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé en fait ? Comment un inconnu qui insulte peut avoir sur nous ce pouvoir ? Je pense que c'est ça. Comme je disais, c'est cet effet de vulnérabilité et de totale perte de maîtrise sur sa vie et sur son entourage et sur le fait qu'on ne se sent plus en sécurité. En fait, comme je disais, quand je me balade le soir, j'ai toujours peur de croiser mon harceleur sans savoir que c'est lui. Parce qu'en fait, cette personne incarne une telle détermination de nuisance que du coup, tu te dis « les frontières sont poreuses, il va me retrouver ». C'est ça, c'est que même là, par exemple, j'ai arrêté Grindr depuis, mais le harcèlement a commencé en septembre 2020. Là, cette semaine encore, j'ai voulu comme ça réinstaller Grindr pour voir. Dès le lendemain d'avoir réinstallé Grindr, aujourd'hui, en octobre 2022, j'ai reçu à nouveau des messages. Deux ans après ? De cette même personne ? De cette même personne. Deux ans après, alors que pendant quasiment deux ans, je n'étais plus sur cette application, c'était un nouveau profil et tout ça. Est-ce que tu as pu te… ça me choque, est-ce que Grindr peut faire quelque chose ? Tu as essayé de les contacter ? J'ai essayé de les contacter, j'ai posté plusieurs signalements en disant à chaque fois que c'était une même personne qui me harcelait. À chaque fois, en plus de bloquer, je faisais un signalement, je n'ai jamais eu de réponse. Il y a une totale… invisibilisation des signalements et on n'a aucune visibilité sur la suite sur Grindr quand je compare par exemple à Twitter où là en fait on a un accusé de réception de notre signalement on peut suivre la trace de notre signalement ce que je trouve très bien même si il y a encore du travail à faire mais sur Grindr on n'a aucune visibilité là-dessus Et c'est vraiment dommage. Est-ce que tu as rencontré d'autres personnes qui vivent la même expérience que toi ? Est-ce que tu as déjà entendu parler d'autres personnes ? Non, honnêtement non. T'as cherché d'autres gens qui sont dans la même situation ? Non, j'ai des amis qui sont sur Grindr dans la même ville que moi qui, heureusement pour eux, n'ont jamais eu de soucis. Donc, tant mieux pour eux. Mais autrement, non. Si jamais il y a des gens qui nous écoutent et à qui ça arrive, est-ce que t'aimerais qu'ils te contactent ? En vrai, t'as vraiment le droit de dire non en mode… Est-ce que pour toi, ça pourrait t'aider si jamais il y avait d'autres gens qui ont dit « Ah ben oui, ça m'est arrivé, voilà ce que j'en ai fait » ou pas ? Honnêtement, non, parce que je constitue mon dossier, on va dire, mes preuves et tout ça. Et en fait, ça fait longtemps que j'aurais pu porter plainte, par exemple. C'est mon but. C'est pour ça que je continue à faire mes recherches et que je continue de constituer ce dossier. Mais en fait, je me vois mal porter plainte contre X, d'une part, parce que c'est une personne anonyme, Pour cyberharcèlement, c'est quelque chose qui est encore trop peu pris au sérieux et encore moins sur une appli de rencontre gay dans une ville qui est assez peu ouverte. Donc, en fait, j'ai tous ces éléments-là qui me freinent dans mon envie de porter plainte. Mais peut-être qu'un jour, je le ferai dès que j'aurai plus d'informations. Je sais que j'avais eu certains médias qui avaient voulu avoir mon témoignage sur cette histoire de harcèlement. En l'occurrence, c'était Brut. Est-ce que tu en as déjà parlé publiquement ? c'est ça mais sur mon profil perso j'avais une envie d'extérioriser en fait et donc j'en avais parlé par la suite j'avais une rédactrice de Brut qui m'avait contacté parce qu'il faisait un reportage là dessus, bon au final j'étais content de ne pas y avoir participé parce que c'était pas du tout le format qui me plaisait en l'occurrence c'était sponsorisé par Mythique pour vanter les mérites de leur nouveau leur nouvelle plateforme de suivi du harcèlement et tout ça mais Est-ce que tu as une intuition sur l'identité de cette ou ces personnes ? Est-ce que tu comprends pourquoi toi ? Pas du tout. Pas du tout. Je pense que c'est quelqu'un qui n'a pas la même ouverture d'esprit au niveau des pratiques. Ce que je peux comprendre, tout à fait. Mais quand je pratique du sexe hard, par exemple, je le fais toujours avec des personnes consentantes. Je suis très vigilant concernant le consentement. Même pendant le rapport, je redemande si tout va bien, si le consentement est OK. Un matin ? J'ai envie de te couper parce que tu n'as absolument pas à te justifier. Ah non, du tout. Et ce que j'ai envie de te dire, c'est que je ne comprends pas le lien que toi tu fais entre des pratiques hard consentantes et la malveillance de cette personne. C'est-à-dire, les messages de cette ou de ces personnes harceleuses utilisent les pratiques hard pour t'insulter, c'est ça ? Entre autres. D'accord. Entre autres. Ils te culpabilisent d'avoir une sexualité hard. Parce que, par exemple, dans les premiers messages que j'ai reçus, il y a eu également… Oui, j'ai eu des… Enfin, je cite… J'ai eu plein de personnes qui sont venues me voir traumatisées parce que tu leur avais fait espèce de dégénéré sexuel. Voilà. En citant différentes pratiques… Hard, que je fais ou non. Il y en avait certaines que je ne pratique pas et qu'il a fabulé là-dessus. C'était un moment où tu étais dans cette ville depuis suffisamment de temps et tu avais eu quelques rapports sexuels ? Pas du tout. C'est ça, donc cette personne invente ? Invente complètement. Tu n'avais pas eu le temps encore d'avoir du sexe ? C'est ça, ça faisait une semaine ou deux que mon harcèlement avait commencé. Ça faisait trois semaines que j'étais sur cette vie, j'avais rencontré toujours personne. Il y avait toujours cette imagination-là, mais qui pense au final sur la diffamation. Est-ce que moi je peux t'aider ? Est-ce que les gens qui t'entourent ou moi, donc moi un inconnu ou des gens plus proches, imaginons qu'il y ait des gens qui connaissent quelqu'un, qui vivent ta situation, est-ce que toi tu as des idées de comment tu peux être aidé toi ? je sais pas trop honnêtement je pense pas parce que comme je disais j'ai appris à en parler à partager ça à extérioriser ça auprès de mon entourage quand je dis mon entourage je parle de mes amis qui même encore aujourd'hui j'en ai certains qui m'ont dit je me rendais pas compte à quel point ça t'avait impacté Je leur ai dit par exemple que je n'étais pas rassuré quand je rentrais le soir tout seul. Tu penses qu'ils faisaient la même erreur que moi en ne comprenant pas trop comment quelques messages peuvent tout changer ? Peut-être, je pense. Et puis en plus, quand je leur en parlais, j'en parlais sur le ton de la légèreté. Et c'était peut-être une erreur aussi de ma part, c'est que je disais, il y a mon fan numéro un qui est revenu me harceler. Donc je préférais prendre ça sur le ton de l'humour, même si au final, ça m'impactait quand même vraiment plus que ce que je n'aurais voulu. Mais ça, malheureusement, on ne maîtrise pas. Oui, bien sûr. C'est quoi la suite ? Parce qu'en fait, moi, j'aimerais qu'on continue ton témoignage parce qu'en fait, il y a ça et il y a aussi d'autres choses dans ta vie sexuelle. Et du coup, j'ai envie qu'on ne limite pas ton témoignage à ça. Et puis, on en a parlé ensemble et tu avais l'air d'être d'accord. Et du coup, si on voulait tenter de clôturer ce sujet-là, c'est quoi la suite ? J'entends une attaque en justice ? Oui, dès que possible, si j'ai les preuves suffisantes. Moi, par exemple, je sais que je pense qu'il est important d'aller voir un professionnel de santé pour partager ça aussi. Tu le fais, t'es en thérapie ? J'ai les papiers nécessaires, c'est-à-dire maintenant il y a des programmes pour avoir des séances chez le psy gratuitement avec une ordonnance du médecin. J'ai l'ordonnance, mais je n'ai pas encore sauté le pas d'aller voir un psychologue. C'est mon tort. Qu'est-ce qui te retient ? c'est justement le fait de trouver d'une part un psychologue LGBT friendly parce que là ça touche à la question de la sexualité ce qui est déjà quelque chose d'intime et difficile d'aborder avec une personne lambda mais en plus c'est la sexualité gay, hard enfin je veux dire si je vais chez un psychologue c'est pas pour édulcorer la vérité au contraire là le but c'est si je vais voir quelqu'un pour témoigner là dessus c'est de libérer la vérité vraie et donc ça sert à rien de cacher certains éléments en me disant ah non faut pas qu'il le sache quelle idée il va avoir de moi oui ça va altérer son jugement ou pas donc c'est vrai que c'est assez difficile en fait je t'entends faire un pont que j'avais mal entendu avant étant donné que ce harcèlement utilise ces pratiques hors des normes sociales, ou en tout cas hors des films d'Hollywood, parce qu'en fait, le BDSM, aujourd'hui, c'est mainstream. Pas 50 millions de degrés, non, du tout. D'accord. Et en fait, étant donné, quel est l'impact, en fait, c'est plutôt une question, quel est l'impact de ce cyberharcèlement sur ta sexualité, si on revient sur le sujet de l'épanouissement sexuel. Je te pose la question et tu dis, je suis épanoui à 40, donc principalement pas épanoui, et tu embrayes sur cette histoire-là, alors que cette histoire n'est pas de la sexualité à proprement parler. Est-ce que tu peux me faire le pont ? En quoi ça impacte ta sexualité ? C'est que, par exemple, j'ai pris la décision de n'avoir aucun rapport sexuel ou aucun rapport même non sexuel avec des personnes de cette ville. C'est-à-dire que ma sexualité maintenant se résume à des rapports avec des personnes d'autres villes. Donc je me déplace ou la personne se déplace. Et même malgré cela, j'ai toujours un manque de confiance. J'ai toujours peur, même quand quelqu'un vient chez moi, de donner les informations, de donner l'adresse, de donner mon nom, de tout ça. Donc, il y a toujours cette appréhension-là. J'essaye de lutter contre ça parce que je ne veux pas que cette personne-là ait cet impact sur moi et ce pouvoir sur moi. Pourquoi rester dans cette ville ? C'est pour mes études. Heureusement, je vais bientôt la quitter, sans regret. Parce que quand tu ouvres Grindr dans une autre ville, un autre endroit, as-tu le même problème ? Non. Non, non, clairement pas. Oui, donc, cette ou ces personnes habitent… Habitent dans cette ville. Habitent dans cette ville. Et étaient au courant que tu y déménageais. Puisque comment ils ont pu… En fait, ce que j'arrive pas à comprendre, c'est comment ils peuvent, quand tu débarques dans cette ville, savoir tes pratiques… C'est parce que j'avais échangé avec 400 personnes et que peut-être qu'avec ces 400 personnes, j'ai commencé à parler de sexualité pour prévoir un plan potentiel. Et quand on parle de sexualité… Tu as dit tes désirs. Est-ce que tu t'es renseigné, c'est pas mon cas, mais sur la psychologie des harceleurs, c'est-à-dire moi j'aurais une intuition que la personne a besoin d'un grief, a besoin d'un angle d'attaque pour justifier son délire. Or là, il n'y a aucune justification possible. Est-ce que tu t'es informé ? Pas du tout. Comme je disais, sachant que je ne suis pas en tort, je n'ai pas envie de perdre mon temps sur réfléchir à cette question-là. Toi, le seul angle pour ancrer son délire d'harceleur ou d'harceleuse ? ça serait le fait que t'as parlé de pratiques hard avec des gens c'est ça que tu sais en tout cas pour le moment c'est des pratiques qui ne lui correspondaient pas et qu'il refuse catégoriquement et que du coup il harcèle sur ce point là en attaquant sur ce point là c'est complètement absurde mais en quoi ce podcast t'aide ? en quoi témoigner maintenant t'aide ? Parce que je pense que c'est important d'en parler. Par exemple, quand on compare avec mon profil Twitter porno où on se dit qu'il y a une sexualité débordante, derrière il y a aussi quelqu'un. et que même moi ça peut m'arriver de me faire harceler donc ça peut arriver à n'importe qui pourquoi même moi ? c'est qu'en fait quand t'incarnes un demi t'incarnes une perfection ou une un pouvoir, une maîtrise alors qu'au final dans la sexualité demi c'est juste un rôle ça reste un rôle et il y a aussi là ça concerne l'humain le harcèlement ça concerne l'humain pas le rôle Ne manquez pas la suite de ce témoignage au prochain épisode.

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