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Médéa, bienvenue sur le podcast. Médéa, tu as 32 ans et tu es réunionnais. Les auditoristes vont peut-être entendre des jolis oiseaux ou autres craquettements ou juste du vent parce qu'on est dehors, on enregistre dans un parc. On est au nord de l'île de la Réunion à Saint-Denis, la plus grosse ville de l'île.
Alors avec toi Médéa, on va parler normes gays et asexualité. Et j'entends asexualité en un mot. Être asexuel, c'est ne pas ressentir ou ressentir peu d'attirance pour une autre personne. Ce qui n'empêche pas d'ailleurs d'avoir des sentiments ou du toucher. D'ailleurs toi, tu sais pas trop si tu es asexuel, ça dépend des périodes.
Très longtemps, tu t'es senti à part, te forçant à ce que tu avais compris du sexe gay. Sus, sodo, éjaculation. Tu te disais que c'était normal de jouer cette partition. La fameuse question habituelle « actif-passif » te travaille, tu ne sais jamais quoi répondre, alors tu bottes en touche et tu dis « un peu des deux » et tu t'adaptes toujours pour satisfaire l'autre.
Tu enchaînes des rencontres qui ne te plaisent pas, une relation avec un ex ou même tu t'oublies jusqu'à rencontrer ton amoureux avec qui tu t'autorises à explorer un intime qui te va. L'intime qui te va. Passer du massage, que sur certaines parties du corps d'ailleurs, une présence, un partage ou juste parfois rien. Pas de sexe pendant des mois sans que ça vienne poser de problème pour votre couple ou pour toi. Tu te sens enfin respecté et compris.
Un intime qui me va. C'est tellement ça qu'on cherche tous et toutes. La quête que j'entends dans chacun des témoignages de ce podcast, quel que soit le lieu d'où j'enregistre. Mais en fait, si je m'autorise à écouter mon désir…
C'est quoi un intime qui me va ? Si j'enlève les couches d'injonction, les il faut et les normes, j'ai envie de quoi ? Si j'enlève le rejet, les trop gros, trop petit, trop féminin, trop lent, trop long, trop court, si je nettoie le poison de l'homophobie et des insultes qui bloquent mon désir, ben y'a quoi ?
Grosse question. Médéa, moi je te propose qu'on commence en tirant une question au hasard. Je te propose de choisir un chiffre de 1 à 77, sauf si tu as une petite réaction à cette intro. Alors, je n'ai pas de réaction particulière, donc je vais choisir un chiffre. Je vais prendre le 33.
Ok. Alors, je me reconnecte à Internet. Tu sais, normalement, j'ai un jeu de cartes. Ça a été fait par des auditeurs à Paris. Et c'est ce qu'on utilise pour briser la glace dans des rencontres entre auditeurs. Un peu partout, dès qu'elles se passent. Mais c'est à Paris qu'on les a imprimées et tout. Et j'ai oublié mon jeu de cartes à Paris. Donc là, on fait la version en ligne. Tu te rappelles du chiffre que tu as choisi ? 33. Un sens particulier à ce choix du 33 ? Non, aucun sens.
La question est la suivante, Médéa. Quelle importance accordes-tu à la sécurité sexuelle dans tes rencontres ? Et ça veut dire quoi ? Alors, non mais en fait, déjà la sécurité lors des rencontres, c'est déjà une vraie question parce que je pense que c'est quelque chose que j'ai peut-être trop négligé. C'est que du coup, pendant une période, j'avais multiplié des rencontres et tout. Et que…
Sans même m'assurer vraiment d'être avec des personnes safe, me lancer dans des rencontres, au final, après coup, je me dis, ce n'est pas forcément s'assurer d'une sécurité. C'est marrant parce qu'à chaque fois qu'on tire une question au hasard, moi, j'aime bien y voir un peu de la magie.
Genre, ce n'est pas trop mon endroit normalement, mais un peu de spiritualité. Là, je trouve que la question du hasard est particulièrement bien choisie, non ? Pour toute l'histoire que tu vas raconter. Ben oui. C'est ouf, hein ? Tout est ouf dans la vie. C'est ouf. Bon, de toute façon, comme c'est vraiment la question dont on va parler pendant tout ton témoignage, je pense qu'on peut commencer. Moi, j'avais envie de commencer chronologiquement.
Et j'avais envie qu'on commence, donc toi tu es né et tu grandis à La Réunion, on est d'accord ? Exactement. Et tu restes jusqu'à quel âge ? Alors je suis resté à La Réunion jusqu'en 2014, donc j'avais 22 ans.
J'ai déjà une première question. Je suis à La Réunion pour cinq semaines et j'ai vraiment à cœur d'enregistrer des témoignages de réunionnais gays ou queers qui racontent leur cheminement d'intime, d'amour, de sexe, etc. Et j'ai conscience que je suis biaisé. Moi, je suis parisien et dans mon approche et dans l'endroit où je cherche des témoignages, par exemple sur Grindr, moi, j'ai à 95%
des réunionnais qui ont forcément fait 5 à 10 ans en métropole. Ma question pour toi, et donc c'est aussi ton cas puisque tu as été en France hexagonale en région parisienne, c'est ça ? Ouais, c'est ça.
C'est quoi ? Tu as l'impression que c'est une minorité qui a les moyens et qui décide d'aller en France hexagonale ? Ou au contraire, non, moi, ce que je découvre, c'est que c'est une vraie majorité. Le vent est ultra fort. Oui, le vent est fort. Mais à La Réunion, le vent est toujours fort. Quand je t'ai dit, viens, on enregistre dehors parce que je trouvais que c'était une bonne idée, peut-être que je n'aurais pas dû. Tu vois, c'est le Parisien qui ne sait pas.
Ah oui, mais moi, je n'ai pas pensé forcément au vent, puisque je ne pense pas forcément aux enregistrements. C'est aucun souci. Est-ce que c'est une majorité ? C'est très fréquent qu'un réunionnais gay ou queer ait besoin d'aller en métropole pour…
En fait, la métropole pour les réunionnais, c'est parfois un passage, mais aussi parfois une crainte, en fait. Parce qu'à La Réunion, on se sent rapidement bloqué. Que ce soit dans les perspectives professionnelles, que ce soit dans les perspectives personnelles et tout. Et le fait qu'en fait, aussitôt qu'on fait un truc à La Réunion, tout se sait. Et donc, en fait, il y a aussi ce côté où…
On peut avoir envie de sortir de cela. Mais après, je sais qu'on est nombreux à être allé en métropole.
Par exemple, et je vais t'inviter à mettre ton micro vraiment beaucoup plus près. Non, t'inquiète, tu fais très bien. Mais comme il y a beaucoup de vent, j'ai essayé qu'on ait une bonne qualité de son. À la grosse louche, et t'es pas sociologue, mais à la grosse louche, quand tu regardes ton entourage, tu dirais que quel pourcentage des gays et queers qui t'entourent aujourd'hui ont fait un passage hors de La Réunion ?
La moitié ? Non, je ne dirais pas la moitié. Je dirais nettement moins parce que la particularité que j'ai aussi, c'est que depuis mon retour notamment, je fréquente des rayonnées cuir qui associent
vraiment leur identité créole et leur identité en tant que personnes queers. Et du coup, il y a une réelle inscription dans le territoire réunionnais et une réelle inscription dans la créolité qui fait que le départ en métropole est peut-être moins…
moins fréquent en fait que ce qu'on a l'habitude parce que quand je parle de départ en métropole en fait c'est quelque chose qui se passe aussi pour beaucoup de réunionnais au delà de la communauté queer en fait ok ouais c'est un parce que toi là tu dis tu as passé 10 ans en métropole c'est exactement ça tu es revenu il y a quelques mois
Je suis revenu en août, mais je revenais régulièrement à La Réunion. Au début, quand je m'étais installé en métropole, pour moi, c'était très compliqué parce que ce n'était pas vraiment de mon plein gré que j'y allais.
J'y allais parce que j'ai réussi un concours qu'il fallait travailler et que j'avais besoin d'argent à ce moment-là. J'ai l'impression que dans la migration en dehors de la Réunion, j'entends souvent parler que si tu veux faire certaines études, il y a certaines filières qui n'existent pas aussi à la Réunion et que tu es obligé d'aller à Paris, tu vois ?
Moi, les filières de mes études existaient à La Réunion. Et du coup, j'ai fait mes études à La Réunion. Mais après, c'est l'enseignement. Donc après, la première mutation, la métropole. Et ça, j'ai pas eu le choix. Toi, tu pars de La Réunion pas en lien avec l'homosexualité. Toi, tu t'identifies gay ou pas ? Alors, je m'identifie gay. Mais…
Je ne pars pas en fait en lien avec mon homosexualité, mais j'avais quand même eu en tête comme consolation le fait de me dire, j'ai eu beaucoup d'exemples aussi dans ma jeunesse, de personnes qui étaient gays ou trans, qui justement en fait sont allées d'abord en métropole et quand ces personnes-là sont revenues, elles étaient beaucoup plus flamboyantes.
et donc en fait quand je voyais cette flamboyance je ne me disais pas que je voulais aller vers ça
Mais je me disais que peut-être je pourrais côtoyer plus de personnes comme ça en fait. Et donc en fait, c'était un peu un lot de consolation à mon départ. Tu peux me mettre des mots sur cette flamboyance ? Ça voulait dire quoi pour toi la flamboyance au moment où tu es parti de La Réunion ? Tu avais quel âge à La Louche ? J'avais 22 ans.
En fait, pour moi, la flamboyance, c'est vraiment un concept qui m'accompagne depuis très jeune. Je dirais depuis que je suis en seconde, parce que c'est un peu con. Mais à un moment donné, quand je me sentais un peu au summum de ma virilité, je me suis dit que j'allais imiter les garçons dans les magazines, Tokyo Hotel et tout. Donc, je me suis fait des cheveux rouges.
Pour moi, ça n'avait rien à voir avec l'homosexualité. Et du coup, j'arrive en seconde comme ça, en mode, bon, cette fois-ci, les gens vont me trouver viril. Là, j'étais sûr de moi. Et forcément, personne ne m'a trouvé viril. Et on m'a comparé à un pied de flamboyant.
qui est en fait les fleurs rouges qu'on trouve à la Réunion. Mais là, on est sous des flamboyants, non ? Exactement, voilà, c'est ça. C'est génial. Donc, tu veux dire le nom du parc ou pas ? Oui, oui, oui. C'est Montgaillard. Oui, le parc de Montgaillard. C'est magnifique. Juste à côté, il y a une médiathèque magnifique aussi.
Franchement, on est rentré dedans toute neuve. J'ai fait pipi. On donne tous les détails. Et là, on est à des tables genre pique-nique. Et d'ailleurs, j'observe que n'hésite pas à me poser ton coude avec ton micro pour que ça soit plus confortable. N'hésite pas à bouger, à être bien. Et là, on est sous des flamboyants. Attends, j'ai plusieurs types d'arbres. C'est les jaunes là ou les rouges ?
Trop bien, trop beau. D'ailleurs, une partie de ma scolarité s'est faite plus ou moins à l'autre bout de la rue parce qu'il y a le lycée Lecomte de Lille où j'ai étudié aussi. Dans ce lycée-là, tu m'as dit que j'étais l'homosexuel de service ? Ce n'était pas dans ce lycée-là, c'était dans un autre.
Et en fait, j'étais l'homosexuel de service parce qu'on l'a déterminé par rapport à mon style et à mon look. Tokyo Hotel. Voilà, Tokyo Hotel, c'était un peu mes références en termes de virilité. Pour les auditeuristes les plus jeunes ou les plus vieux ?
Genre juste, tu peux décrire Tokyo Hotel. C'est un groupe de pop un peu rock allemand. Exactement. En vrai, je ne connais pas trop. Je fais genre c'est pour les autres. Mais est-ce que tu peux me réexpliquer ce que c'est Tokyo Hotel ? Mais en fait, c'est exactement ça. Tokyo Hotel, c'est un groupe…
de mec en fait allemand avec des cheveux bah après coup je me dis ça correspond un peu à la définition du drag quoi les cheveux qui sont totalement exagérés un peu de maquillage non trop de maquillage beaucoup de maquillage voilà c'est ça et donc en fait bah moi bah moi j'étais fan de ça je voyais ça comme le summum de la virilité enfin
Mais du coup, tu te lissais le cheveu ? Alors, je me suis fait défriser les cheveux carrément avec des produits toxiques, comme malheureusement beaucoup de réunionnais pour ressembler à ça. Les gens qui ne voient pas, tu veux décrire ? Parce que là, du coup, on mentionne un truc physique. Tu es à l'aise de dire à quoi tu ressembles ? Alors oui, en fait, normalement, j'ai les cheveux très crépus.
Mais maintenant, je fais du drague. Et comme je fais du drague avec des cheveux qui sont crépus et qui peuvent être volumineux et tout, ça peut être compliqué pour la perruque. Donc, je me les rase très court. Donc, on ne voit pas vraiment qu'ils sont crépus. Mais sinon, je n'ai pas des cheveux très lisses. Et donc, en fait, moi, dans ma jeunesse aussi, j'étais rapidement attiré par une norme, on va dire, occidentale.
Blanche ? Comment ? Blanche ? Occidentale blanche, effectivement. Et d'ailleurs, quand on est queer à La Réunion, on a tendance à dire que c'est parce qu'on a été contaminé justement par la métropole, par l'Hexagone et tout. Tu l'as entendu ça en grandissant ? Je l'ai entendu en grandissant de presque tout le monde. Toi, tu as grandi à Saint-Denis ?
J'ai grandi à Sainte-Marie. C'est pas très loin. Près de l'aéroport, non ? C'est à l'aéroport. L'aéroport, c'est à Sainte-Marie et pas à Saint-Denis, contrairement à ce que disent les billets d'avion. Et là, j'avais juste envie de crâner en mode « j'ai un peu appris la géographie ». En plus, tu disais un truc super important. Donc, tu habites pas loin d'ici ?
Et toi, tu entends dans ta famille, je crois que tu m'as dit que ta famille, tu as eu une éducation très, très religieuse. C'était en lien avec la religion aussi ou c'était déconnecté ce propos de dire la contamination de la métropole ?
Alors ça, je pense que c'est déconnecté avec la religion parce que c'est quelque chose de très fréquent, en fait, dans la communauté réunionnaise. Mais alors attention, parce que communauté réunionnaise, pour toi, c'est quoi ? Parce que moi, ce que j'ai compris, c'est que la réunion, c'est un mix, c'est un métissage. Il y a plein de types de réunionnais, créoles, pas créoles, arabes, Z-A-R-A-B.
Oui, justement, dans ma famille, moi, je suis un mix entre des familles d'origine malgache, des familles d'origine malbare et des familles d'origine Zoray. Donc, je suis un peu aussi à la confluence de créole. Désolé, je n'ai pas de Zoray dans ma famille. Zoray, c'est métropolitain. Donc, c'est moi. Moi, je suis un Zoray. C'est tous les Français. On est d'accord ?
Qui viennent de France hexagonale. Tu as dit d'autres termes que des auditeuristes ne peuvent pas comprendre. Malbar, c'est où ? Malbar, c'est ceux qui sont originaires d'Inde. Souvent, on pense qu'ils viennent de la côte Malbar, mais ce n'est pas le cas parce qu'ils viennent d'une autre zone où c'est la religion tamoule qui a le dessus.
et donc quand tu dis c'est prépondérant dans la communauté réunionnaise de penser que l'homosexualité est une contamination venant de la métropole par communauté t'entends ta famille et tous ces métissages il y a quand même une université une université
Une universalité. Mais merci. Peut-être qu'en fait, si le mot ne veut pas sortir, c'est qu'il est faux. Y a-t-il une universalité dans l'homophobie des différentes communautés réunionnaises, tu dirais ? Parce que tu as grandi. Tu n'es pas porte-parole, tu racontes ton histoire. Je trouve qu'en fait, les discours sont souvent, malgré tout, les mêmes sur l'homosexualité. Après, c'est les discours de mon époque. Et il faut savoir que… Tu as 32 ans ? Oui. Et il faut savoir qu'en peu de temps…
Ça a changé énormément, en fait. Ce que je vois actuellement à La Réunion, c'était vraiment pas possible du temps de mon adolescence. Parce que là, par exemple… Mais on va en parler. Non, non, parce que je vais essayer de tenir un fil chronologique. Je suis très déstabilisé par le vent.
donc je vais le dire une fois pour que ça passe genre j'ai peur en fait d'arriver chez moi et d'écouter ce super interview et que le vent soit très prépondérant en vrai tout va bien se passer Guillaume on verra mais je pense pas du tout parce que là j'ai un retour son qui est très bon le propos est fait du coup je lâche ça
toi tu dis c'est vachement intéressant tu dis on me colle l'étiquette homosexuelle mais moi en fait j'y ai jamais pensé et même tu m'as dit dans notre pré-entretien que tu as été sexuel très tard le sujet du sexe t'es arrivé très tard tu veux en dire plus ? parce qu'en fait au début on me colle justement l'étiquette d'homosexuel avant en fait mon éveil à la sexualité c'est que la réalité qui est la mienne
C'est avant même que la question d'une attirance pour une personne se pose, les autres l'ont décidé pour moi. Parce que la réalité, c'est que j'ai très peu d'attirance malgré tout envers les autres personnes. Je peux trouver les autres très beaux, formidables et tout,
Mais je ne me dis pas… Je n'ai pas de désir sexuel envers ces personnes-là. Mais parce que tu t'habilles comme Tokyo Hotel avec tes cheveux bleus… Rouges ! Excuse-moi. On te met dans cette catégorie et c'est violent. On est d'accord, c'est…
Alors, c'est très violent parce qu'il faut savoir qu'en sortant du lycée, par moments, je devais courir parce qu'il y avait une zone où il y avait des mecs qui se regroupaient. C'était aux alentours d'un rond-point. Et quand je passais seul à côté, ils avaient tendance à m'interpeller, à me crier un peu dessus. « Eti madame Blanc, eti madame Blanc », donc la petite dame en blanc et tout, voilà. Et me lancer des cailloux, quoi.
à tel point qu'une fois, je suis rentré vraiment en sang chez moi. Et donc, en vrai, c'est une période de ma vie qui, à la fois, était un peu difficile parce que moi-même, je ne comprenais pas ce qui se passait. Et après, souvent, au lycée, on m'appelait justement… On a dit que je me prenais pour un flamboyant.
L'arbre. Voilà, c'est ça. C'est une insulte. Non, ce n'est pas une insulte de base. Mais vu que j'avais les cheveux rouges et que les flancs voyants sont rouges, c'est là qu'ils l'ont transformé en insulte. Mais du coup, moi, j'ai trouvé cette image belle. L'arbre est magnifique. Voilà. Et donc, en fait, c'est pour ça que même si je sais qu'eux, ils voulaient l'utiliser pour me faire du tort,
Moi, ça me faisait du bien parce que je me disais, si je ressemble à un flamboyant, ma foi, banco. Parce que là, tu disais, moi, je grandis un peu dans cette asexualité, cette absence de désir sexuel. Là, tu vas nous raconter ta première fois, cet ami amoureux. Est-ce que…
Et il va se passer des choses peut-être dans une chambre qui ferme à clé. Est-ce que tu veux bien raconter ? Et du coup, tu ressentais quoi pour cet ami amoureux ? Et on est où là ? On est au collège ? Alors non, on est aux fins de mes années lycée en fait. Du coup, j'avais justement un ami que je voyais un peu en dehors. Et en fait, on partageait un trajet que seuls nous partageaient.
Donc, officiellement, aux yeux de tout le monde, cet ami-là était hétéro. Et nous, on se voyait. Et pour moi aussi, il était hétéro. Mais par contre, je sentais quelques rapprochements malgré tout. Par exemple ?
C'était fugace, mais c'était des contacts de main, c'était des caresses. En vrai, rien de vraiment probant. Mais sauf que quand on est adolescent et qu'on a zéro contact avec d'autres personnes, tout devient un monde. Bien sûr, bien sûr. Et lui ?
Ben, il savait que t'étais l'homosexuel de service, je pense qu'il savait que c'était pas cool d'être vu à tes côtés, t'es d'accord ? Voilà. Pourquoi il acceptait pour autant ?
En fait, vraiment, les moments où on se fréquentait vraiment et qu'on se parlait, c'était des moments où, en gros, il n'y avait personne. Et du coup, on n'était pas vus ensemble. Parce qu'à La Réunion, malgré tout, et il y a 15 ans encore plus, on avait des zones où on pouvait rapidement échapper au regard des gens.
Donc en vrai, on se voyait comme ça, un peu en cachette. Où ça ? C'est où les cachettes à l'époque ? Parce qu'il y avait le front de mer de Sainte-Marie qui n'est pas tel qu'il est aujourd'hui. Et en fait, là où on attendait le bus, au bout de quelques pas, on se retrouvait dans une zone un peu boisée, mais pas boisée, aménagée comme un parc.
vraiment boisé un peu laissé comme ça et donc en fait il y avait personne qui allait forcément quoi et du coup au début on disait bon bah on va attendre le bus là tu penses qu'il le faisait exprès pour pas être vu avec toi ? alors je me suis pas vraiment le truc c'est que je me suis dit être vu avec moi forcément c'est compliqué parce que les gens se font des idées sur qui nous sommes sans même savoir la réalité derrière
Donc, c'était quelque chose que je comprenais parce que je me suis dit, moi-même, on m'a accusé d'homosexualité juste sur mes tenues. Alors, je peux bien comprendre quelqu'un qui ne voudrait pas subir ce que j'ai subi juste parce qu'il voudrait être ami avec moi. Donc, en vrai, que ce soit intentionnel ou pas, ce n'est pas une question que je me suis posée. À ce moment-là. Comment votre lien évolue jusqu'à…
Ce que tu lui proposes de venir dans ta chambre, qui ferme la clé ? La réalité, c'est qu'il était beaucoup plus entreprenant que moi. Parce qu'en gros, moi, je me laissais un peu vivre et emporter. Parce que je me disais que j'étais l'homosexuel de service. Donc, ce que tout le monde considérait un peu comme un prédateur sexuel, en réalité. Ah ouais ?
Bah oui, parce qu'en gros, les gens disaient, si c'est l'homosexuel, si les mecs traînent trop à côté, je vais sauter dessus.
Donc, forcément, je pense que ça, ça a dû aussi dans mon rapport à l'autre. Et donc, tu étais très distant. Voilà. Et donc, moi, je n'osais pas, en fait, faire des premiers pas de peur qu'on dise, ah, vous voyez, on est amis avec un homosexuel et tout de suite, il se fait des idées, il croit ceci, il croit mon émerveille. Donc, moi, je n'étais pas du tout entreprenant.
C'était des petits contacts au début, après c'est devenu des caresses, des bisous. Attends, on prend le bus ensemble, on s'assoit à côté ?
Non, mais par contre, je te disais qu'on allait dans des zones un peu à l'écart pour, de base, attendre le bus. Mais après, sauf que quand on commençait à traîner, on se parlait, on jouait. On disait, on va prendre notre bus. Et au début, on allait prendre le bus plus ou moins rapidement. Mais plus le temps passait, plus on s'approchait du dernier bus à prendre que du premier bus, en fait. Et c'est dans la forêt, là, qu'ils commencent à te caresser, à te toucher ?
Voilà, c'est ça en fait. Il se passe quoi dans ta tête ? En fait, dans ma tête, en vrai, je ne sais pas trop quoi penser de ça. Parce que je me dis au début, est-ce que c'est moi qui me fais des idées ? Parce que la réalité, c'est que je me dis, malgré tout, je n'ai jamais eu d'amis hétéro-hommes à ce moment-là.
Je ne sais pas jusqu'à quel point les gens peuvent être tactiles ou pas. Après, à partir du moment où il y a des bisous, là, je ne me suis plus trop fait d'illusions. Mais en fait, ce n'est pas arrivé tout de suite, les bisous. C'était vraiment quelque chose qui a duré sur des jeux vraiment ambigus. Donc, moi, j'étais perdu moi-même. Mais tu as éprouvé du plaisir ?
en fait le plaisir que j'ai prouvé n'était pas de l'ordre physique mais c'était plus de me dire ah bah je suis avec une personne du même sexe et qui n'a pas peur de moi et qui ne me traite pas en paria et en vrai c'était peut-être pas le seul en tant que tel
mais c'était le seul avec qui je passais du temps et que j'ai pas connu du temps du collège puisque la réalité c'est que j'ai gardé quelques amis mecs hétéros mais c'était des amis que j'avais connus depuis le collège qui sont plus des amis d'enfance que de nouvelles relations mais que c'est moi qui me suis légèrement éloigné de ces personnes là
Non pas parce qu'elles se sont éloignées, c'est que je me suis dit, de toute manière, elles vont le faire. Alors autant que je mette quelques distances aussi. J'entends presque que lui vous pousse vers de la sexualité ?
Ou peut-être il faut que tu racontes d'abord ce qui s'est passé dans la chambre et tout ça. Mais là, en tout cas, ce que j'entends, est-ce que t'es d'accord que toi, t'es heureux d'avoir un ami, d'avoir du respect, d'avoir un… Tu vois ce que je veux dire ? Un truc réconfortant. Et pas forcément, t'as pas forcément envie de sexe, quoi. Alors, effectivement, j'ai pas forcément envie de sexe. Mais après, c'est vrai que je me suis toujours dit que je le trouvais très attirant malgré tout. Mais c'est juste que moi…
En tant que tel, je ne pensais pas à ça. Je crois que j'ai toujours eu du mal à m'imaginer aller vers le sexe tel qu'on se le représente. Et du coup, comment ça arrive ?
Mais en fait, de fil en aiguille, forcément, notre situation ne faisait pas de doute qu'on était plus qu'amis. Et c'est là qu'il me dit qu'il aurait envie qu'on fasse plus, qu'on aille vers le sexe, du coup. Et du coup, moi, je lui dis d'accord, mais quand même, il y a certaines conditions à réunir. Parce que même si on était à l'abri des regards…
Il n'en reste pas moins que ce n'était pas non plus des zones dénuées de personnes. Donc pour des relations sexuelles, je ne pense pas que c'était l'idéal, tout du moins pour une première fois, tel que je l'imaginais moi.
Donc il fait plusieurs propositions et tout et moi je finis par lui expliquer que ma famille va à une fête dans deux semaines ou un tour de ce genre et que lui il n'aura qu'à venir dormir à la maison.
J'ai la chambre qui fait ma clé en plus. Et là-dessus, on sera sûr d'être seul à la maison pour la soirée. Quand tu l'invites, tu es sûr que c'est ça dont tu as envie ? Ça t'excite ? Tu as envie de cette intimité-là ?
Non, je ne sais pas du tout. En vrai, ça me faisait un peu peur. Mais je me disais que c'est normal d'avoir peur pour la première fois. Et que, comme pour toutes les premières fois, il y a l'appréhension. Mais en même temps, je n'avais pas envie de fuir non plus. Et là, je me suis dit aussi, quand j'ai su que ma famille allait à cette soirée,
Je me suis dit bon bah après ça va pas forcément se représenter demain la veille quoi. Donc c'est un peu une occasion unique aussi qui fait que ça pose rapidement une deadline en fait. Il arrive, donc ta famille va bien à la soirée ?
Et lui arrive. Mais avant ça, avant la soirée, en fait, il y a eu justement deux semaines d'échange où en gros, là, on se parlait par message. Il voulait s'assurer de ce qui me ferait plaisir. Il m'a parlé de ce que lui, il lui faisait plaisir et tout. Et moi, surtout au début, j'avais vraiment beaucoup de mal à me positionner.
Il dit quoi, par exemple, dans ce qui lui fait plaisir à lui ? En fait, lui se définissait plus, du coup, comme quelqu'un d'actif. Du coup, lui, il voulait surtout se faire sucer et se domiser. Et il voulait lui être pénétrant. Voilà, c'est ça. Ouais.
mais il me disait aussi qu'il était fermé à rien et que du coup si ça me faisait plaisir à moi on pouvait aussi je pouvais aussi essayer il pouvait aussi essayer de me sucer et je pouvais aussi le sodomiser il me disait qu'il était ouvert à tout en fait mais c'est intéressant donc on a 17-18 ans là elle vient d'où toi tu avais cette culture les termes actifs passifs tu regardais du porno à l'époque
Elle a l'air très avancée à même communiquer sur t'as envie de faire quoi, je suis ouvert. En fait, moi, je n'avais pas ce vocabulaire. Et en fait, à l'époque non plus, on n'avait pas forcément ces termes précis.
Mais dans l'échange, en fait, on comprenait très bien ce qu'on disait. En fait, on utilisait des termes vraiment créoles pour le coup. C'est lesquels en créole à l'époque ? Non, mais en fait, je les trouvais assez vulgaires malgré tout. Tu vois, c'était bourré ou pas, souvent de trucs ou coqués. Alors bourré, ça veut dire moi, si je suis bourré, c'est moi qui est pénétré.
Non, c'est l'inverse. Bourrer, c'est E-R ? Voilà, c'est ça. Et coquer ? C'est pareil aussi. C'est quoi coquer ? C'est comme baiser en fait. Mais coquer dans le sens la coque, la drogue ? Non, non. Coquer dans le sens une coque ? Non, c'est dans le sens vraiment de baiser en fait. C'est un mot qui peut être utilisé pour autre chose, coquer ?
Dans de rares cas, en fait, ça peut être utilisé pour dire « je vais te frapper ». Ah, intéressant. On utilisait ce genre de terme malgré tout. Et donc toi, à l'époque, la sexualité n'avait pas commencé dans ta tête ? Est-ce que tu étais toujours assez asexuel ? Tu me dis « je ne regarde pas de porno ». La sexualité ne vit pas, tu ne te masturbes pas ? Non. Ok.
Non, ce n'est pas quelque chose qui m'intéressait à cette époque-là. Je pense que j'ai dû regarder un porno ou deux, mais c'était plus par curiosité que par désir. Et vraiment, il y a beaucoup de formats de porno qui m'aident plus mal à l'aise qu'autre chose. Tu lui réponds quoi, du coup, à toutes ces questions ?
Au début, en fait, en vrai, je réponds pas. Je laisse un peu… Je lui dis, on verra et tout. Et après, il finit par me dire que lui, ça l'inquiète un peu.
Et que du coup, il a quand même besoin malgré tout d'essayer de savoir un peu comment ça va se passer. Parce qu'il a peur qu'après on finisse par regretter tous les deux. Et que du coup, c'est pour ça qu'il préfère que tout soit clair avant.
Ok, mais tu le trouves prévoyant ? Il est respectueux ? Oui, vraiment. Oui, mais je trouve que tu as chopé une perle rare un peu. Je ne dis pas que c'était facile et tout, mais je suis très étonné parce que toi, tu sais pourquoi lui, il arrive à mettre des mots, pourquoi il semble avoir une certaine maturité ?
Après, je ne sais pas. À cette époque-là, je ne me suis pas rendu compte que tout le monde n'était pas comme lui. Bien sûr, bien sûr.
Parce que la réalité, la plupart du temps après, c'est que ça va être le mouvement inverse qui se fait. C'est des mecs qui ne veulent jamais en parler, ne veulent jamais mettre les mots dessus, de peur que justement ça devienne vrai. Parce qu'en fait, même si après, du coup, on a parlé vraiment de sexualité entre nous,
On n'a jamais parlé d'homosexualité ou de bisexualité de sa part. On était toujours resté sur le concept d'hétérosexualité malgré tout. Lui, il se disait hétéro. Le truc, c'est qu'on n'en parlait pas. On ne se définit pas. Je comprends bien. Donc toi, au début, tu n'en parles pas. Tu ne réponds pas trop à ses questions. Il lui dit, je suis un peu inquiet. Qu'est-ce qui se passe alors ?
Quand il dit qu'il était un peu inquiet, je me suis dit « bon, ça me met mal à l'aise, mais on va quand même essayer ». Par contre, je refuse de lui en parler de vive voix, parce qu'il m'avait demandé dans ce cas-là si c'est plus simple qu'on se voit pour en parler.
Je lui ai dit « Non, ce sera plus simple d'en parler par message. » Parce que j'étais sûr que s'il fallait le formuler avec lui en face, ça n'allait pas être possible. Et du coup, avant de se rencontrer, vous avez décidé quelque chose ?
Alors, oui, en gros, on avait décidé d'essayer que lui soit passif et moi actif, et inversement, en fait. Pour, en gros, que là, on expérimente tout. Parce que, comme moi-même, j'étais dans une certaine indécision réelle, c'était pour avoir l'expérience la plus complète possible, étant donné qu'à une telle occasion comme…
Mes parents qui ne sont pas là, avoir une chambre qui se ferme à clé, même s'ils reviennent, on ne serait pas pris au dépourvu. Ce n'est pas quelque chose qui allait forcément se renouveler rapidement. On s'est dit, autant tout tenter. Est-ce que c'était un bon ou un mauvais moment ou un truc un peu gris entre les deux ?
Alors moi, je dirais vraiment que c'était un truc un peu gris pour le coup. Gris parce qu'en vrai, ce que j'ai vraiment aimé, c'était le fait d'être avec lui malgré tout. Parce que je l'ai trouvé vraiment très bien et qu'en vrai, je ne peux pas dire que quelque chose se soit mal passé en fait. Mais pourquoi gris aussi ?
Parce que j'avais vraiment l'impression de ne pas être à ma place, en fait, et d'avoir à jouer un rôle. Et que même si je cherchais à lui faire plaisir et que je savais qu'il cherchait à me faire plaisir, pour moi, il y avait quelque chose qui ne pouvait pas fonctionner. Et ça, toi, tu identifies ça comme un peu une histoire…
qui commence à raconter l'asexualité, le fait d'être asexuel. C'est que tu as retrouvé après, sur la suite de tes rapports sexuels, ce masque que tu es obligé de mettre qui ne te correspond pas. C'est ça ou pas ?
Là, au début, non, je ne me suis pas posé la question. Non, aujourd'hui, avec ton regard d'aujourd'hui ? Avec mon regard d'aujourd'hui, sans doute, oui. Avec mon regard d'aujourd'hui, je vois ça comme ça. Mais à l'époque, je me suis dit, c'est peut-être pas la bonne personne pour moi. Je me suis dit, c'est peut-être en fait une perle et tout, mais ce n'est pas une personne qui me convient. Après, du coup, la manière dont se finit notre histoire…
C'est un peu compliqué, mais ce n'est pas lié à cette vie-là, à cette expérience-là en soi. C'est lié à quoi ? Là, pour le coup… Tu ne peux pas dire parce que tu ne veux pas qu'on puisse le reconnaître. Tu es encore en contact avec lui ? Non, je ne suis pas en contact avec lui, mais du coup, là, je ne préfère vraiment pas dire parce que je pense que… Vous vous êtes revus après cette première fois ?
Oui, on s'est revus. Et cette première fois, du coup, il t'a pénétré, tu l'as pénétré, on s'est sucé, on a fait la totale. On a pris le catalogue, on a coché les cases. Voilà, c'est ça. En gros, c'est un catalogue qu'on cochait. Et lui, tu l'as vu, tu te souviens s'il avait du plaisir ou pas ?
Après, lui, il m'a dit qu'il avait beaucoup de plaisir et que du coup, il voulait recommencer. On a recommencé ? Non, on n'a pas recommencé pour le coup. En fait, ce qui s'est passé, c'est que déjà, l'occasion ne s'est plus forcément représentée.
Et après, il y a eu un incident entre nous qui a fait en fait… L'arrêt de la relation. Voilà, la relation s'est arrêtée. J'ai envie de faire avance rapide, puisqu'à 22 ans, tu quittes La Réunion et tu passes 10 ans en région parisienne. Et je serais curieux de savoir à quoi ça ressemble…
Ton quotidien de personne a tendance à sexuel. On est d'accord qu'on s'est dit, bon, moi, je ne sais pas trop si tu as dit, pardon, je ne sais pas trop si je suis asexuel, ça dépend, etc. Mais si tu devais décrire…
C'est quoi ce quotidien ? Moi, ce que j'ai entendu, par exemple, c'est que j'ai de cesse de me dire qu'il faut que je fasse du sexe. Donc, je suis là à faire des plans après en région parisienne, à être un peu… Bon, les normes, c'est quoi ? Grinder ? Ok, je vais sur Grinder. Et à ne pas trouver mon compte en me disant que le problème, c'est moi. C'est ça ou tu veux raconter un peu ?
Alors, en fait, du coup, en région parisienne, j'ai été célibataire pendant un an, en fait. Ouais. Et justement, pendant cette année-là, du coup, j'ai eu un ex avec qui j'ai été pendant huit ans. OK. Et… J'ai eu un ex avec qui j'ai été pendant huit ans. Et…
C'était assez compliqué et j'avais vraiment l'impression d'être pris dans un rôle. Et je me suis dit, en sortant de cette relation, j'ai connu que deux mecs. Et sur les deux mecs que j'ai connus, sexuellement parlant… Donc deux mecs, celui d'ici… Les deux étaient réunionnais. Le premier, c'est celui que tu viens de raconter et le deuxième, c'est en région parisienne ?
Non, le deuxième, en fait, c'est un ex que j'avais, que j'ai connu à La Réunion. Et après, on est allés en métropole ensemble. Ah ok, d'accord. Donc voilà. Et donc, je l'ai connu sur une assez longue période malgré tout. Et sexuellement, en fait, là où c'était compliqué, c'est que lui, il n'avait pas forcément confiance en lui.
Et comme moi, du coup, je n'avais pas forcément de désir sexuel, au début, il se disait que c'était lui le problème et que moi, je ne le désirais pas lui. Et du coup, moi, je me sentais encore plus obligé.
de jouer un rôle le rôle ça veut dire ah oui j'ai envie de sexe ah oui faisons-le et après tu simulais pendant le rapport sexuel c'était pratiquement ça et du coup sauf que ça convenait à personne finalement donc forcément une relation comme ça finit par s'arrêter
et après du coup j'ai été célibataire pendant un an et là je me suis dit bon il faut peut-être que du coup j'essaie de trouver ce qui me convient à moi ce que j'aime avant de me dire peut-être que je vais me lancer dans une relation de couple parce que je me dis en faisant ça je peux en fait détruire un peu l'amour propre que les gens ont d'eux-mêmes
Et donc c'est là qu'en fait j'ai fait beaucoup de rencontres et justement là ça revient un peu à ta question du début là, est-ce que la sécurité sexuelle était toujours là ? Du coup je ne suis pas sûr en fait en termes de rencontres elles-mêmes.
Parce que du coup, j'en ai beaucoup trop enchaîné pour dire qu'en vrai, j'avais une confiance dans les personnes que j'ai rencontrées. Tu veux dire que tu t'es mis un peu en mode robot, programmatique, en mode, OK, pour que je découvre ce que j'aime et ce que je suis, je vais faire plein de plans et ça, ça va me donner des réponses ?
Alors, c'est un peu ce que je me suis dit. Mais après, malgré tout, mon plein de plans, je pense qu'il n'est pas non plus le concept de plein de plans de beaucoup de personnes. Parce qu'il y a toujours cette question qu'on me posait. Qu'est-ce que tu aimes ? Qu'est-ce que tu veux faire ? Et quand on commençait par me poser cette question, moi, ça me bloquait.
puisque je savais pas quoi répondre souvent je disais je m'adaptais et tout et en vrai ça me convenait vraiment jamais quoi
Et comme ça, j'ai fait quand même quelques expériences qui m'ont un peu surpris malgré tout. Comme quoi, par exemple ? Parce que du coup, je me souviens qu'il y avait quelqu'un qui m'avait parlé de trampling, en fait. Trampling ? Voilà, je crois qu'il consistait à lui marcher dessus. Ouais.
Et du coup, je me suis dit « Ah, pourquoi pas ? » Sauf qu'en fait, la réalité, c'est que j'ai beaucoup aimé. Non, mais c'est vrai. Mais sauf que même si j'ai aimé, moi, je n'ai pas assimilé ça à un acte sexuel, en fait. C'était marrant ? Oui, en fait, moi, j'ai trouvé ça marrant. Mais sauf que du coup, le problème, c'est que moi, je trouve ça marrant.
Et la personne qui est avec moi n'était pas dans un mood marrant. Non. Donc, forcément, cet écart-là fait que ça ne marchait pas. Ben oui, il y a une déconnexion. Trampling, moi, j'ai toujours entendu trampoline. Mais trampling, c'est de l'anglais, on est d'accord ? Oui, c'est de l'anglais. Je ne sais pas ce que ça veut dire. Ça veut dire saut. Parce que du coup, on ne saute pas du tout. Ce n'est pas du trampoline qu'on fait. Alors, moi, en tout cas, je n'ai pas sauté. Non.
Parce que oui, on fait attention aux autres. Voilà, on fait attention. On ne leur casse pas des côtes. Voilà. Et en fait, le truc aussi, c'est que parfois on se dit… Moi, j'étais la mode au début. Non, t'as pas mal. Non, ça va. Non, ça va. Non, ça va. Tu checkais verbalement. Voilà, c'est ça.
Il disait, non, ça va, vas-y. Il me disait, ça va, ça va, ça va. Le plaisir, c'est de sentir le poids des pieds. Parce que toi, tu es debout. Lui est allongé par terre. Et tu dois lui marcher à des endroits en particulier. Alors, oui. En fait, il m'avait stipulé, justement, des zones assez particulières, malgré tout, sur son dos. Et donc, en fait, c'était assez précis. Et ça m'avait aussi interrogé, en fait, s'il n'y a justement pas des zones particulières
plus propices que d'autres au plaisir et je ne m'étais pas forcément posé cette question là donc ça reste quand même je pense une expérience un peu déterminante même si en soi moi je ne suis pas adepte du trampoline du trampoline voilà c'est juste que du coup j'ai
Là, je parle d'une expérience que malgré tout, j'en garde une idée un peu positive en fait. Oui, parce que tu as fait comme un pas de côté en disant bon, je vais peut-être même essayer un peu. C'est du BDSM, le trampling. Il y a un lien avec la douleur, j'imagine. Et notamment parce que moi, je sais sur la suite de ton témoignage qu'à un moment donné, tu vas nous raconter qu'il y a des zones particulières. Tu as découvert que ton corps peut réagir d'une certaine manière. Moi, j'ai envie de te dire, on s'arrête là pour la partie 1. D'accord.
Et on va donner, à moins que là, tu aies une urgence de dire quelque chose. D'ailleurs, au moment où je te dis que c'est la fin de la partie 1, le vent s'arrête. Je suis un peu vexé. Non, mais un grand merci. Et je vais donner rendez-vous aux auditoristes dans quelques jours pour la suite de ton témoignage. Ça te va ? Ça me va. Top.