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Raphaël, partie 2 de ton témoignage. Ta question magique que tu as tirée au Thor, c'est la suivante. Quelles sont les barrières que tu as rencontrées en cherchant à t'épanouir sexuellement ? Une des barrières dont tu m'as parlé dans l'épisode précédent, c'est « je cherche à ne pas avoir de sentiments ».
Il y a comme un blocage à l'idée d'être amoureux et tu lis ça, tu connectes ça à la première fois où tu es tombé amoureux et apparemment ça t'a impacté grandement. Est-ce que tu peux me raconter ta première fois où tu es tombé amoureux ? C'était quand ?
C'était en 2018. Tu avais quel âge ? J'avais 20, 21 ans. Je partais sur mes 21. Et en fait, je rencontre un mec qui est de passage pour le taf sur l'île. Donc lui, il est métropolitain ? Oui. Blanc ? Oui. Il y a comme un truc qui se dessine. Laisse-moi prendre note.
et il est de passage pour la soirée sur l'île il est arrivé le matin et en fait il n'y a même pas eu je me connecte sur Grindr et on parle ensemble 5 minutes et en fait il m'invite très rapidement à sa chambre d'hôtel et j'y vais et donc homme plus âgé que moi je crois qu'il a 4 ans de plus que moi
On va avoir dans la même soirée deux rapports sexuels qui ne m'étaient jamais arrivés avant. Je n'avais jamais eu deux rapports sexuels. Qu'est-ce qui constitue la fin d'un rapport sexuel et donc le début d'un autre pour toi ?
le moment où je vis en fait c'est l'éjaculation qui conclut et donc avoir deux rapports sexuels pour toi c'est éjaculer deux fois c'est ça il avait du coup il a éjaculé deux fois et j'avais éjaculé deux fois et le truc c'est que au moment où commence le deuxième rapport sexuel genre j'étais déjà limite à la porte genre de sa chambre d'hôtel je m'étais déjà réhabillé prêt à partir et je sais pas il y a eu un entrain magique où en fait on est reparti une deuxième fois je t'ai dit waouh
et à la fin je rentre chez moi et dans la voiture je me souviens de dire putain j'ai passé un sacré bon moment avec ce mec sexuellement il s'est passé quoi ? c'est plutôt sensuel ou brutal ? c'était pas brutal mais il était un peu dominant et j'avais bien apprécié je pense que c'est peut-être la première fois donc là j'étais passif c'était la première fois où j'avais affaire à ce genre de mec un peu dominant ça veut dire quoi ?
Concrètement, si tu essayes de me ramener dans la chambre de l'hôtel, il se passait quoi que tu stipules dominante ? Il avait pris le dessus sur ma personne. Où en fait, il menait vraiment l'acte du début à la fin. Je te dis quoi faire, quand le faire. C'est ça, un peu comme ça. Et…
On va dire ce que moi je considère viril dans les actes, dans sa manière de pénétrer. Comment on pénètre de façon virile ? C'est…
Avoir le dessus sur la personne et puis ce mi-chemin entre un peu la force et pas aller jusqu'au… Il te claque les fesses, c'est-à-dire il rentre et il sort très vite et ça te claque-claque et ça c'est viril pour toi. Et puis il y a du côté où en fait il y va avec… Comment dire ? Avec aplomb. Il y va vraiment. Il y a très peu de tendresse dans le…
Il y a très peu de tendresse dans le truc. Et t'étais suffisamment dilaté ou ça t'a fait mal ? Non, j'étais suffisamment dilaté. J'ai vraiment pris plaisir. J'ai pas eu mal de toute cette relation, de cet acte sexuel-là avec lui. C'était bon, quoi. Ouais. Et tu te sentais respecté ? Oui. Tu sentais que tu pouvais dire stop ? Ouais. T'as dit stop à un certain moment ? Pas avec lui, pas ce jour-là. On a eu d'autres rapports où j'ai dit stop, où je pouvais pas. Comme quoi ?
Ou à un moment donné, enfin un jour, il a essayé de me pénétrer, mais j'étais vraiment pas…
J'arrivais pas à me dilater, du coup j'ai dit stop, là je peux pas et ça a clairement arrêté tout de suite. On est dans la voiture, t'es en train de rentrer. Je rentre chez moi, dans mon appart étudiant. Et là t'habites où à ce moment-là ? J'habite à Saint-Denis, j'habite à la capitale. Et tu te dis waouh, t'as des étoiles dans le cul.
Exactement. Ça frétille, ça pétille dans les yeux. Pour l'instant, j'ai les étoiles dans le cul. Alors, si ça pétille trop longtemps, symptôme possible d'IST, on se check régulièrement, les enfants. Une fois tous les trois mois, si on a plusieurs partenaires…
C'est le ministère de la Santé qui nous le dit. Tu as plusieurs partenaires, toi ? Ça peut m'arriver d'avoir plusieurs partenaires. C'est automatique, tu te checks tous les trois mois ou pas ? Pas tous les trois mois, parce que je n'y arrive pas tous les trois mois pile. Mais je sais, j'essaye minimum trois fois par an.
Et sinon, dès que je peux ou dès que j'ai un doute sur le rapport sexuel, j'y vais tout de suite. On parlait dans l'épisode précédent de ton joli carnet à Cyrix Obélix. C'est un agenda ? Non. Parce que moi, mon conseil, c'est pas de charge mentale, de « ah oui, il faut que j'y pense ». Non, non. J'ouvre mon agenda.
Qu'il soit papier ou électronique. Et je crée un rappel tous les trois mois. Point final. Et le rappel, c'est prendre rendez-vous. T'es en France, donc t'as des Cégides. Toi-même, tu sais. C'est là où tu te fais… Il est bien le Cégide de La Réunion. Génial. Il y en a plusieurs ? Il y en a plusieurs. Je crois qu'il y en a un dans le Nord. Ouais, c'est ça.
et un dans l'ouest, j'ai celui qui est dans l'ouest que je trouve formidable donc dès que sur ton agenda ça apparaît tu ouvres la page, tu prends rendez-vous même si c'est dans un mois, en fait on est bon parce que c'est tous les 3 mois et on n'en parle plus
Il faudrait que je fasse ça, je vais suivre ton conseil. En fait, c'est important parce que tu as des trucs qui sont asymptomatiques. C'est important plus généralement parce que si tu as plusieurs partenaires, c'est une façon de prendre soin de soi, des autres. Et puis en plus, tu as des professionnels qui, du coup, t'aident. Et en fait, un truc qui est chopé rapidement, il n'y a pas de sujet, tu vois. Tu as fait tes vaccins ? Oui. Tes vaccins pour nous, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Merde, je ne les connais pas par cœur. Hépatite B. Bon, allez au cégep. Voilà.
je suis à jour sur tout mais c'est vrai que c'est un truc où j'ai du mal c'était le petit moment pub santé si les gens me disent parce qu'en fait on a écouté du monde entier d'ailleurs fun fact dans le top 10 le Japon est arrivé
Et là, je suis là, donc je suis trop curieux. En plus, je me dis, ah putain, je vais aller au Japon. Je ne sais pas pourquoi, soudainement, le Japon a explosé. Donc, il faut que j'arrive à comprendre. Et là, il y a des gens qui me disent, oh, tu nous emmerdes avec tes cégides. Moi, je ne suis pas en France. Bon, il y a plein d'autres systèmes qui existent de façon similaire. Mais après, il y a aussi, nous, on a créé avec des auditeurs un annuaire.
où dans le monde entier, des auditeurs et des auditrices queer qui sont allés voir un professionnel de santé et qui se sont sentis bien, à l'aise et tout. Donc, c'est vraiment une évaluation subjective. Mais tout de même, tu vois, ils mettent les coordonnées. Donc, ça peut être une manière d'aller voir des généralistes ou des médecins. Parce que si une personne s'est sentie à l'aise en parlant de ses sujets intimes, c'est plutôt très bon signe. Donc, on peut aller essayer autre idée.
Parce qu'en fait, pour moi, ma vie sexuelle s'est transformée quand, au lieu d'être réactif à ma santé sexuelle, c'est-à-dire quand il y a une embrouille et une merde, là, je me mets à me poser toutes les questions. En fait, maintenant, je suis proactif. Je crois que c'est comme ça qu'on dit.
en fait comme moi j'ai trouvé mon bon expert ma bonne experte, moi c'est une médecin généraliste lesbienne que je kiffe trop à l'aise de lui dire tous mes trucs super bienveillante et tout et genre bien au clair sur nos sujets et tout il n'y a plus de sujet et donc bam automatisme je prends rendez-vous tous les 3 mois point final
Et ça a transformé ma vie sexuelle parce que du coup, j'ai une approche vachement plus adulte et plus soigneuse. Ok, je veux me protéger comment, de quoi, c'est quoi les sujets, etc. »
Bon, c'est la fin de la petite pub. Je ne suis pas à l'abri de t'envoyer un WhatsApp dans trois mains en mode coucou, c'est Guigui. Ton petit rappel. Tu te souviens de ce dont on était en train de parler ? Oui, on était dans la première fois. Ça pétille dans notre cul. On est dans la voiture, dans les bouchons. Dans le mien surtout. Dans le tien, oui. Mais par miroir, ça pétille un peu en moi. Et donc, on est coincé dans les bouchons pour aller à Saint-Denis.
absolument pas c'était le soir il était peut-être 23h il y a plus de bouchons à 23h je rentre chez moi j'en ai pour 10 minutes de bagnole et tu te dis waouh et vraiment je me dis waouh genre ça faisait un moment que j'avais pas pris mon pied comme j'ai pris mon pied ce soir raconte moi le déclic le moment où tu te dis ah putain je crois que c'est ça d'être amoureux avec lui
C'est pas encore là, c'est vraiment qu'en fait ce mec, alors du coup quand j'arrive chez moi, je reprends Grindr et j'envoie un message en lui disant franchement j'ai vraiment kiffé, quand tu repasses sur l'île, n'hésite pas à m'envoyer un message. Et lui il me répond, je m'en souviendrai toujours, il me dit bah écoute je t'ai déjà mis dans mes favoris.
Sur Grindr. Donc je suis là, waouh. Ok, donc il a vraiment apprécié. Et on n'a pas envie de passer au WhatsApp, au numéro de mobile et tout ? Non, pour l'instant, on reste là-dessus. Il vient une deuxième fois, où cette fois-ci, je crois qu'on va manger au resto ensemble. Et ensuite, on couche ensemble. Après ça, je crois qu'on passe sur Messenger.
Et c'est à partir de là où on va créer une relation régulière. Il venait à peu près deux fois par mois sur l'île. Tu veux dire son métier ? Il est dans le médical, en hôpital. Tu es encore en contact avec lui aujourd'hui ?
Ça m'arrive d'avoir encore… Juste discuter. Lui, aujourd'hui, il a un copain, il vit dans le sud de l'île. Et on se croise parce qu'on a des événements sur l'île qui fait qu'on arrive à se croiser. Vous vous croisez, quoi. Voilà. Et puis, des fois, on discute. Attends, mais il faut que tu m'expliques pour comment on est arrivé là. Vas-y !
Donc, on commence à avoir cette relation régulière ensemble. Risto, sodo. Voilà. C'est exactement ça. Ça résume le truc. Il vient deux fois, deux, trois fois par mois et c'est ça. Et vraiment, je pense, au bout du quatrième mois, je sens que…
Mon désir pour lui change. En fait, ce n'est plus que sexuel. Parce que là, je commence à passer les nuits à l'hôtel avec lui, à dormir avec lui. Et tout ça commence à me créer des sentiments pour lui. Et des sentiments que je n'ai jamais eus auparavant.
Imagine, il y a des martiens qui viennent, ils parlent ta langue et ils ne connaissent pas ces sentiments de l'amour. Si tu devais les expliquer à quelqu'un qui n'a pas le même corps que toi, qu'est-ce qui se passe dans ton cœur, dans ta tête ? Comment expliquer quelque chose que moi-même j'ai du mal à expliquer ? C'est pas en moi, il y a un truc qui résonne et où je suis là…
où j'idéalise peut-être la personne et je suis là, mais en fait, il est si tendre, si doux avec moi. Quand je suis avec lui, il y a une alchimie incroyable, on se comprend. Il y a un tout qui fait que quand on est ensemble, on est connecté, on n'est plus qu'un. Tu veux le voir sans cesse ?
On se voit vraiment à chaque fois qu'il vient sur l'île. On dort ensemble. Moi, c'est genre la première fois où je dors avec un mec. Je dors dans ses bras ou il s'endort dans mes bras.
On s'envoie des messages tous les jours, au réveil, au coucher, dans la journée. On se demande comment s'est passée notre journée. On s'appelle, mais on reste des heures au téléphone ensemble. Moi, entre-temps, je repars vivre chez ma mère, donc je me retrouve dans le couloir de mon immeuble, à marcher, ou genre quand j'ai jeté la poubelle, elle appelait pour pas que ma mère capte que je commence à avoir quelqu'un, sachant que je n'ai pas encore fait mon communard à ce moment-là. Encore moins mes amis, et encore moins ma famille. Hum.
Tu as dit qu'il est tendre alors que ta première fois il était plutôt domi, ça veut dire qu'au fur et à mesure les relations sexuelles ont évolué ?
non il est tendrement demi en fait dans l'acte sexuel il est plutôt demi et puis dans la sphère classique il est vraiment tendre à l'écoute vraiment un mec, un nounours parce que du coup physiquement il ressemble, il est un peu nounours il a des formes, il a des poils pas de poils mais il a un peu de forme mais vraiment je le considère comme un nounours parce qu'il est très câlin très tendre à ce moment là
Plus grand que toi ? Ouais. Tu mesures combien ? 1m65, je suis déjà petit pour la moyenne. Donc c'est très facile d'être plus grand que moi. Et en fait se construit tout ça et à un moment donné j'ai un blocage parce que c'est trop fort pour moi. Et moi je sais pas ce qu'il ressent à ce moment là.
Mais on a cette relation, même lui aujourd'hui, il dit qu'on n'était pas en couple, mais on était quasiment en couple. On a eu tout d'un couple, mais sans être en couple, officiellement. On ne s'est jamais dit qu'on est ensemble. Je suis trop triste.
Et à un moment donné, c'est vraiment, mais genre vraiment trop fort pour moi parce que ce que je ressens, je n'ai jamais ressenti pour personne. Je ne comprends pas ce qui m'arrive, ces papillons là dans le ventre. Et je bloque et je commence à mettre un peu de distance.
Lui ne comprend pas parce que je ne lui parle pas de ce que je ressens, de mes problématiques à ce moment-là. Et en fait on se met à se fighter, à s'engueuler régulièrement. Plus que du coup à s'aimer comme on s'aimait avant. Vous vous engueulez sur quel sujet concrètement ?
Sur le sujet que je lui parle de moins en moins ou quand je lui parle je suis un plus vache, plus méchant, que je prenne de la distance. Donc voilà, lui ne comprend pas et en fait je ne l'explique pas, je ne lui explique pas.
Pourquoi je prends cette distance ? Quand tu dis que c'était trop, c'est que ça a créé de l'inconfort, des angoisses ? C'était un trop plein ? Qu'est-ce qu'il fallait arrêter ? Qu'est-ce que ton cerveau disait ? En fait, j'étais submergée par les émotions. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Et…
Je ressentais trop de trucs. Je me sentais débordée de tous les côtés. Je me disais que je ne pouvais pas. Et ça prenait…
ça avait une répercussion sur ma vie pro et perso où en fait je ne pensais qu'à lui toute la journée quand j'étais au travail je voulais juste avoir mon téléphone avec moi pour voir s'il m'avait envoyé un message j'étais plus concentré sur les choses que je vivais j'étais concentré sur lui
Donc je prends un peu de distance sans lui expliquer, lui est toujours à Mayotte, et il y a des moments où il vient sur l'île où en fait je m'invente des indisponibilités, où je lui dis que je suis pas disponible, alors que je suis juste chez moi dans mon lit. Et ça va créer une tension entre nous, qu'on va un peu rétablir plus tard, où je vais lui dire…
Donc on va arrêter de se parler, on arrête de se parler pendant un moment, on n'échange absolument plus, il vient la réunion, on se voit plus.
Et à un moment donné, je retourne vers lui en lui expliquant les choses. En lui disant, écoute, je suis désolé. J'ai merdé. C'est la première fois que je ressens ça pour un mec. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Et plutôt que d'en parler, j'ai préféré de mettre de la distance entre nous. Parce que je pense que malheureusement, c'est comme ça que je fonctionne. Il a répondu quoi ?
Et c'est là qu'il me répond que ce que je ressens, il le ressent. Ces émotions que j'ai vécues, que j'ai eues, il les a vécues, il les a toujours comme je les ai toujours. À ce moment-là. Et c'est là que je me dis, en fait, vraiment, Raphaël, t'as merdé. T'aurais dû exprimer ce que tu ressentais. Parce qu'en retour, la personne en face ressentait la même chose. Parce qu'il était trop tard ?
Non, il n'était pas encore… Je pense que ça a quand même cassé un truc dans cette relation. Mais après ça, on a recommencé à échanger et à se voir. Qu'est-ce qui fait que vous n'êtes pas ensemble aujourd'hui ? Je pense qu'on est arrivé à un point dans notre relation, à un moment où…
On avait des choses à régler avant, parce que lui aussi était dans ce cas-là. En fait, ce qui a bien fonctionné, c'est qu'on était dans le même cas. Pas out. Pas out. Lui, pareil, il pensait vivre avec une femme, avoir des enfants. Ses amis n'étaient pas au courant pour lui, sa famille non plus. Et en fait, on était vraiment identiques là-dessus. Et je pense qu'à un moment donné, en tout cas moi, j'avais besoin…
de m'éloigner de cette relation qui m'avait fait découvrir tellement de choses et de me dire ok cette chose vient de m'arriver c'est pas ce qui était prévu dans mon schéma
de vie parce que j'avoue moi j'avais à la fin du lycée j'avais écrit mon schéma c'était je pars faire mes études tant d'années mes études je les ai merdées à 28 ans je serai mariée j'aurai un enfant j'ai 28 ans je suis célibataire sans enfant ça veut dire quoi j'ai merdé mes études
C'était pas les bonnes ? En fait c'était pas les bonnes, ça m'intéressait pas, j'allais pas en cours, je faisais la fête et en fait je fais trois ans dans le vide où il se passe rien T'es pas au bon endroit ou t'es justement au bon endroit ? Je suis pas au bon endroit Parfois faire la fête c'est le bon endroit
Pour ça, pour faire la fête, j'étais au bon endroit. Mais ouais, c'était pas vraiment… Les études, c'était pas… En fait, c'était pas ce que je voulais, je pense. Et en fait, je me cherchais encore dans les études et j'ai compris un peu plus tard. J'ai mis une pause à mes études puis j'ai repris. Et tout ça, c'est pas mal. Avec ce mec, c'est pendant tout ça aussi. Et du coup, je pense qu'on avait besoin de s'éloigner pour comprendre aussi…
Qui est-ce qu'on était finalement l'un et l'autre ? Lui aujourd'hui je le vois, j'espère pour lui, heureux dans sa relation avec son mec actuel. Ses parents sont au courant. Tu dis ça parce que les tiens ne le sont pas ? Les miens ne le sont toujours pas. Toujours ?
En mode t'es un peu impatient ou comment tu comprends ce toujours ?
parce qu'en fait chaque année je me dis je le dis et chaque année je reporte le truc genre là on a eu un repas le 1er janvier et au matin quand je me suis réveillé tiens je le dis aujourd'hui je suis arrivé au repas je me suis dégonflé je sais pourquoi je me suis dégonflé s'il y avait des gens qui étaient là
avec qui j'avais pas envie de discuter autour de ça mais voilà mais ouais chaque année je me dégonfle un peu et chaque année mes potes sont là non mais Raphaël au bout d'un moment vas-y quoi et puis on connait ta famille ils sont super bienveillants ils sont ouverts d'esprit ah bon ? ouais et en réalité je pense que ils s'en doutent
Me pose pas la question. Ma mère me charrie un peu de temps en temps. Des fois, quand je l'emmerde un peu, elle me dit « Putain, c'est quand tu te barres de la maison que tu trouves une femme ou un mec. » Elle est shoot. Non ? Elle est pas shoot ? Pourquoi tu fais ce visage ?
Tu ressens comment ce propos de ta maman ? Je le prends un peu comme un pic. Elle se pose peut-être des questions. Elle me pousse peut-être un peu à le dire. Elle te dit qu'elle est prête ? En fait, je ne sais pas. Elle me lance un pic. Ah non, Raphaël. Qu'est-ce que tu ne sais pas ? Une maman qui dit « quand est-ce que tu me ramènes une femme ou un homme ? »
Le truc c'est que nous, ma famille, on a un humour, on fait des blagues, si t'es pas habitué à ma famille, tu peux finir en pleurant. D'accord, oui, c'est possiblement pas du tout un discours d'ouverture, mais une pique en mode, tu pourrais soit me ramener une femme, soit t'es un dégénéré et tu me ramèneras un homme. C'est ça. Ok, pigé.
Sachant que pareil, moi, ma mère, un peu plus jeune, période ado, elle m'a clairement sorti une ou deux fois. Surtout, tu ne me ramènes pas une fille d'oreille.
Les oreilles métropolitaines. Ma mère n'est absolument pas raciste des oreilles ou quoi que ce soit. On a des amis métropolitains. Mais je pense que pareil, elle, dans sa construction, il y a un truc aussi où… La famille, elle se fait entre-réunionner. Et tu penses qu'elle serait OK si c'est d'autres ethnies ou il faut que ça soit un peu caf-malbar ?
Je pense qu'il faut que ce soit un peu Caf Malbar. Je me suis posé la question, est-ce qu'elle ne m'avait pas dit ça parce qu'elle-même, son style de mec, c'est les Caf Malbar ?
Mon père est un cafre. Clairement, elle préfère les cafres, j'ai envie de le dire. Et elle est ma barbe. C'est aussi des cafres. Il y a eu un yab, mais c'est tout. Pour les gens qui sont perdus dans… On appelle ethnie. Les gens qui sont perdus dans cette dénomination d'ethnie, on les explique en épisode 1 de ton témoignage. T'as l'impression…
Donc moi, ce que j'ai entendu, c'est que tu dis je me vois mettre à distance les hommes. Je me vois confus dans mon attirance. Hommes plus âgés, hommes plus jeunes. Qu'est ce que j'aime? Position? Il y a un petit peu de confusion là dessus. Et aussi, plus généralement, j'observe que si il y a la possibilité d'avoir des sentiments, je bloque.
Qu'est-ce que tu as envie de mettre en place ? Et tu me disais dans l'épisode précédent que dans ton joli carnet à 6 obélix, tu avais marqué une phrase pour 2025 et un peu tes objectifs pour l'année. Sur ce sujet de l'épanouissement intime, tu as envie de mettre quoi en place pour cette année ? J'allais voir…
J'ai oublié exactement le terme, mais il n'est pas que psy. Et en fait, je pense que j'ai un travail énorme sur un passé que j'ai dans mon enfance qui me coince un peu sur cet épanouissement en tant qu'homme homosexuel. Tu as pris ton premier rendez-vous chez le psy ? Je n'ai pas encore pris de premier rendez-vous. J'ai déjà échangé avec la personne.
J'ai trouvé le professionnel avec qui je pourrais être prêt à échanger, parce que ça c'est quelque chose qui est important pour que je puisse vraiment échanger de libre. J'ai confiance en la personne.
Je ressens bien la chose. J'ai prendre plus soin de moi, écouter plus mon corps. J'ai une amie naturopathe avec qui je vais prendre des rendez-vous régulièrement pour travailler sur moi, sur mon corps. C'est quoi les signes de ton corps que tu n'écoutes pas parfois ?
les douleurs les points que je peux avoir ou vraiment genre là par exemple ça fait 4 mois que j'ai un point dans l'épaule et genre là j'ai rien fait pour fin du mois de décembre je me dis ça y est j'ai un peu plus de temps ça se calme au niveau du taf je l'ai appelé elle est en congé
Mais voilà ça doit se faire et c'est vraiment écrit dans mon petit carnet Et ça tu fais un lien avec l'intime, ton développement intime ? Oui parce que je pense que j'ai besoin de travailler sur moi Encore de me déconstruire sur ce truc Je suis gay et comment je peux être 100% moi là-dedans Et je pense que ça m'aidait aussi à me donner la force de faire mon coming out en famille
ça c'est pour 2025 aussi le coming out ? je l'ai pas écrit pour 2025 mais j'espère enfin 2025 on verra
Mais je pense qu'en fait c'est vraiment, je peux pas t'en parler mais j'ai un blocage qui est dû à mon enfance, enfin un passé qui est dû à mon enfance qu'il faut que je débloque. Tu peux pas en parler parce que ? Je suis incertain sur la chose et là c'est beaucoup beaucoup trop personnel pour que je puisse en parler.
Et je pense que ce truc me bloque dans plein de choses dans ma vie, sexuelle, personnelle, etc. T'es pas sûr dans le sens que t'as des souvenirs que tu questionnes ? Exactement. Tu penses que c'est possible de s'inventer des souvenirs ? En fait, je pense que mes souvenirs sont réels, mais il y a une espèce de flou dans le truc, genre…
C'est un souvenir avec des personnes de ma famille. Et ces personnes, genre… J'ai 28 ans aujourd'hui, ça fait presque 20 ans que ces personnes, je ne les ai jamais plus revues. J'ai l'impression d'inventer le personnage, en fait. Ils existent ou pas ? Ils existent, mais je vois tous les gens qui étaient autour de ces personnes-là, je les vois encore. Ouais.
Mais ces personnes-là, j'ai l'impression qu'ils ont disparu comme s'ils n'avaient jamais existé. La dissociation et ou l'effacement est un processus du cerveau pour survivre.
donc j'ai besoin de travailler je pense que j'ai un blocage là-dessus où j'ai besoin de travailler et ça va me débloquer plein d'autres trucs dans ma déconstruction d'homme gay et sexuel j'ai envie d'intellectualiser et possiblement tu me dis ça me saoule et du coup on le fait pas à ton avis pourquoi t'es attiré par les blancs et est-ce que est-ce que
La binarité, c'est genre… Mais c'est le hasard des kiffs, Guillaume. Je ne peux rien te répondre que j'aime plus la fraise que la papaye. Je ne sais pas, question de goût et tout. Vraiment, vraiment. Et versus… Oui, il y a une histoire de goût. Je préfère la fraise à la papaye. Mais il y a aussi ce que le blanc incarne. C'est rigolo parce que…
tu vas comme à l'encontre, exactement à l'opposé de ce que ton grand-père et ta mère exigent de toi. Et moi, par exemple, j'ai un peu une petite tête de révolutionnaire et je vois que dans mon appétit, il y a parfois, mon cerveau choisit l'opposé de là où on m'attend. Et parfois, je me dis, ça, c'est pas totalement un hasard. Qu'est-ce que toi, t'en penses ?
Je n'ai jamais réfléchi à la question. C'est quelque chose pour moi qui était toujours très naturel. J'ai toujours eu plus d'attirance pour un mec blanc. Il y a toujours un truc qui se crée plus facilement. J'ai plus tendance à… Toi, tu n'es pas blanc-yab. Non. Tu es d'accord. C'est ça qui est intéressant. C'est là où je me dis que tu es attiré par des blancs qui viennent de la métropole.
Pas que, ça peut être attiré. Des fois, ça m'est arrivé d'être attiré par des Blondiables. Mais ouais, ça vient plus souvent de la métropole. Là, genre, tu vois, c'est en pleine période touristique sur l'île. C'est la fête pour toi. Je tourne la tête, je suis là, waouh !
Non, mais là, il y en a trop, les gars. Mais tu ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas pourquoi. Un autre narratif que je te propose, mais tout ça, l'intellectualisation, pour moi, elle a ses limites. L'épanouissement a le droit de ne pas s'expliquer. Mais moi, je trouve que ici, le blanc de métropole, c'est peut-être un ailleurs que je peux idéaliser en me disant « Putain, c'est mieux là-bas ». En tout cas, moi, je suis souvent attiré par les gens qui viennent d'ailleurs.
Parce que, tu vois, moi, j'ai un petit fétiche, un petit kiff sur les Canadiens. Parce que je suis là, mais c'est génial le Canada. Et puis, quand je vois, quand j'encontre des gens canadiens…
Moi, j'habite Paris, donc du coup, ils viennent avec un ailleurs qui me rafraîchit, qui m'inspire, qui me fait voyager. Et je crois que mon désir sexuel surfe sur cette idéalisation, tu vois. Oui, t'as hoché la tête. Je pense que je suis d'accord avec toi là-dessus. Je pense que le fait d'être sur l'île, je suis quelqu'un de très curieux aussi et ouvert à des nouvelles cultures.
Et je pense que certainement, en étant attiré par des hommes métropolitains, je cherche à découvrir une culture un peu plus éloignée. Parce qu'effectivement, quand je rencontre un breton, je suis là, vas-y, parle-moi de chez toi. Et peut-être que ce que je ne trouve pas inintéressant à voir, c'est que nos désirs sont aussi politiques parce que…
En fait, j'ai cru comprendre, j'ai découvert sur l'île que le yab, il est un peu mal vu. Dans les ethnies, c'est un peu le peuple paysan, le plouc, la tuyauge de la tête. C'est clairement ça.
Moi, franchement, ça m'a choqué. C'est ouf parce que quand du coup, moi, avec mon point de vue extérieur, j'étais là, mais j'y connais rien. Et j'ai trouvé que c'était dur à entendre, tu vois, parce que moi, du coup, des Yab, je mets des visages dessus et je suis là. C'est vraiment un pas cool et deux complètement injustes. Mais on sait l'histoire, en tout cas, de ces petits blancs, de ce peuple terrien qui travaille la terre et qui peut-être était considéré plouc. Et c'est intéressant parce que Yab vient de Diable.
C'était ces gens aussi qui quittaient la foi, qui étaient loin de l'Église. Et possiblement, quand je dis nos désirs sont culturels et politiques, c'est qu'ils sont encore emprunts dans notre regard sur les Yab, de ce « putain, il est loin de la foi ». Je ne dis pas qu'aujourd'hui, on juge les gens à leur foi, mais peut-être que ça s'est transporté dans nos narratifs que le diable est en eux. Nos désirs sont du coup politiques et que le métropolitain, c'est le riche.
c'est le culturifier, c'est aussi, tu vois, ta mère te disait, il faut qu'on ait de la culture générale aussi de cette métropole, tu vois, c'est Assyrx Obélix, quoi. Et en fait, c'est vrai que j'ai beaucoup plus de points communs et d'ententes, pas que sexuels et amoureusement, mais même amicales,
avec des gens plutôt métropolitains il y a cette idée de culture d'ouverture d'esprit voilà, moi mes deux meilleurs amis une est métro à 100% elle est née à Paris, ses deux parents sont métropolitains
Donc ça c'est ma meilleure amie et mon meilleur ami c'est un métis chinois Zoray, sa mère est une métropolitaine et son père est un chinois.
Et en fait, c'est des gens… Je sais que je peux avoir des longues discussions. On peut débattre sur plein de sujets différents. Et pour moi, avec des réunionnais. Et en fait, sans étaler sa culture, mais juste discuter. Et en fait, les réunionnais ont un peu une connaissance limitée. Le réunionnais s'intéresse peu à ce qu'il y a autour de lui.
Les 800 000 réunionnais ? Pas les 800 000, mais une bonne partie. Faut que je te fasse rencontrer mes auditeurs. J'ai pas rencontré cette réunion-là. Mon regard est biaisé, mais j'ai pas rencontré cette réunion-là. Après, moi, je le vois en famille. Je le vois avec d'autres amis. Moi, je me rappelle, j'étais dans un lycée. C'est peut-être ça aussi qui m'a construit dans cette idée-là. C'est que j'étais dans un lycée à majorité métropolitain. Ouais.
À 90% de métropolitains, j'ai envie de dire, dans le lycée. Parce que privé, riche ? Non, non, j'étais dans du public. Mais à l'ouest ? Mais à l'ouest. Ah, bien sûr. Et sur les quatre lycées de la commune, j'étais dans le lycée où tous ceux qui habitaient le bassin Trésoreil, donc Saint-Gilles, La Saline, Les Bains, les deux, venaient dans ce lycée-là.
Et les créoles qui venaient dans ce lycée-là étaient plutôt de Salinéo-Saint-Gilles-Léo. Et qui est des milieux populaires. Milieux populaires. Ouais. Qui étaient noirs, métis, chinois. Ouais.
Avec ces gens-là, j'avais du mal à m'entendre, à échanger sur des trucs parce qu'en fait, on n'avançait pas dans nos discussions. Ce que j'aime chez quelqu'un avec qui j'ai envie d'avoir… avec qui j'ai envie de discuter ou d'être amie, c'est quelqu'un qui puisse m'apporter quelque chose et que je puisse lui apporter quelque chose. Et c'est des gens qui ne m'apportaient rien à part me mettre des œillets comme un cheval et genre…
Et puis certainement qui te ramenait au pilier de la masculinité, d'une certaine forme de culture qui toi peut t'emprisonner. Moi je trouve ça, en fait je sais pourquoi je t'ai amené dans cette intellectualisation du désir et je trouve ça pas du tout inintéressant parce qu'une fois que j'observe les dynamiques en moi…
Parce qu'en fait, on a beaucoup parlé de généralité. Et je pense que dans la généralité, on perd une nuance et une finesse. Or, en fait, ils existent et ils sont extrêmement nombreux, les réunionnais qui ont beaucoup plus de culture que moi et que toi, qui peuvent apprendre plein de choses. Et que dans la rencontre avec un ou une réunionnaise, juste d'avoir en tête que tu as des petites machines qui tournent et qui te font avoir des œillères. Parce que de là à me dire « le réunionnais n'a pas beaucoup de culture »,
Je te trouve un peu… J'ai limite envie de te tirer les poils du nez. On t'a déjà tiré les poils du nez ou pas ? Non. Tu généralises pas un peu. Un réunionnais a pas beaucoup de culture, tu généralises beaucoup. Ceux de mon entourage. Le poil du nez tiré, c'est très désagréable. Mais je suis contre la violence.
Et l'absence de consentement. Donc, sauf si là, après, tu me disais, écoute Guillaume, j'aimerais que tu me tires les poils du nez. Sache que j'ai une pince à épiler dans ma chambre. Ça ira, t'inquiète. Je suis sûr qu'il y a des gens, c'est faux, je me cache derrière les auditeurs qui m'ont rien demandé. Est-ce que je suis ton type de blanc ?
Parce que je ne peux pas passer à côté du fait que j'ai exactement plus de 10 ans que toi. Or, toi, ton kiff des hommes âgés. Là, je vois dans tes yeux que tu essaies de voir ce que tu vas répondre. Donc, je te laisse un peu de temps. J'ai 38 ans, t'en as 28. Donc, je suis pile dans la catégorie homme blanc métropolitain de plus de 10 ans. Quel est ton style d'homme ? Et je crois que je suis trop poilu pour toi. Parce que j'ai oui dire que toi, c'est l'absence de poils qui t'émoustille, les poils du nez.
Oh non, du tout. Vraiment pas. Et quand je vais te dire c'est quoi mon style d'homme… Et sois franc. Du coup, là, on joue un jeu parce qu'on est sur un podcast. Et donc, si tu dois me dire j'aime pas ci, j'aime pas ça en toi, franchement, ça fait partie du jeu. Je trouve ça rigolo. M'insulte pas. Mais vas-y, tu vois. Taquine-moi. T'as totalement raison. Tu rentres dans la caisse de mon style d'homme. Euh…
mon style d'homme tu vas voir que en fait c'est pas une question de poil parce que j'aime bien le mélange viking cow-boy
Merde, viking, cow-boy. Alors le viking, c'est le copain barbu ? Ouais. En fait, j'aime bien la vérité chez le cow-boy, qui a aussi chez le viking, mais en fait, j'aime bien ces deux… Ouais, j'aime bien ça. Non mais moi, le cow-boy, à part qu'il fume et qu'il se lave pas les dents…
Le cow-boy moderne, pas le cow-boy l'ancien. Donc ceux qui votent Trump dans l'Amérique profonde ? Sur le physique. Gros cliché là. Oui, mais que sur le physique. Tu vois si t'as vu Yellowstone, la série ? Non.
Il y a un mec dedans qui s'appelle Luke Grims. Ok. Clairement, je suis allé regarder la série juste pour lui. Ok, cool. Donc, tu pourras regarder après. Oui, parce que je n'ai pas d'image de cow-boy comme ça qui me vienne de cow-boy moderne. Donc, un peu mec, cheveux longs, petite barbe, belle barbe et un peu…
Physique, classique, un peu un mec viril, voilà. Ok, donc là ma situation capillaire nous éloigne. Un peu. Un peu. Mais quand je regarde le mec dont je suis tombé amoureux, il n'avait pas beaucoup plus de cheveux que toi. Tu veux dire que toi et moi on va tomber amoureux ? On sait pas de quoi la vie est faite. Alors faut que tu te dépêches parce que je pars après demain.
on s'en fout de la pression et alors les relations à distance c'est mort et puis en plus faut que tu te dépêches et puis il y a un sacré défi c'est qu'en ce moment moi je suis tellement heureux célibataire ah putain je me suis cassé les couilles avec cette histoire de couple que ma vie commencerait quand je serais en couple que sans couple je suis rien que j'ai peur d'être seul et tout ah c'est tellement bon
Ah, c'est bon, c'est bon, c'est bon. Je suis là à bouffer mes petits léchis, là. Je suis trop bien. Je te comprends tellement. J'ai envoyé un message à un mec, genre trois jours. Je lui ai dit, mais mec, en fait, arrête de te prendre la tête. Je ne cherche pas une relation sexuelle. Enfin, sérieuse, pardon. Oui, il est beau ce lapsus.
je veux justement je veux une relation je veux juste un sex friend en fait je veux juste un mec avec qui je sors de temps en temps en soirée et qui je couche je ne veux pas plus que ça donc petit moteur de je mets à distance
parce que le gars en fait par texto il te disait veux-tu être mon petit ami ? non il ne disait pas ça tu lui as mis un tarif gratuit il a commencé à prendre de la distance en fait c'est un mec qu'on parlait depuis un moment et à partir du jour où on s'est rencontré la soirée où on s'est rencontré a été très intense dans notre rapport l'un à l'autre on a quasi passé la soirée à se galocher à se toucher à toutes les parties du corps sans avoir de rapport sexuel ouais
On était où, là ? On était…
31 décembre réveillon sur la plage ah putain ça c'est le truc que j'ai pas fait je suis tellement triste moi je ne savais pas mais Réunion, bon les gens qui savent toujours pas c'est une île soit et donc t'as une plage soit aussi et c'est vraiment un rite c'est à dire tout le monde va sur la plage et partage un réveillon géant où il va y avoir plein de feux d'artifice
Et plein de bouffe, etc. Et ça, c'est vraiment une déception. Ah, ça, c'est une déception. Je regrette. Et donc, attends, mais tu me galoches en public. Tu n'as pas fait ton coming out et tu me galoches en public. Un gars sur la plage. Oui. Bravo. Enfin, bravo. Je suis heureux pour toi.
Mais attends, mais tu flippes pas, tu flippes pas que les potes de potes de potes… Je suis avec mes potes en fait. Mais tout le monde se connaît, les gens connaissent ta mère et tout. Quand je suis avec mes potes, ça va. Mais non, mais tu galoches un mec, le cousin de la voisine. Non mais t'es d'accord que dans l'Ouest, c'est ultra facile que des gens qui connaissent ta mère te voient et vont voir ta mère le lendemain ?
je suis plus je me prends c'est un truc qui était dans ma déconstruction je suis là bah en fait j'en ai rien à foutre si ma mère l'apprend par quelqu'un d'autre c'est ainsi comme je te disais quand on a échangé avant ensemble ma mère tombe sur le podcast par hasard elle me reconnait à ma voix et à mon prénom et elle dit mais en fait merde c'est mon fils c'est que ça devait être ainsi imagine ta maman elle nous écoute t'as envie de lui dire quoi
Désolé de ne pas te l'avoir dit moi-même. Et que tu le découvres comme ça. Mais… Tu voulais dire quoi d'autre ? Juste… Enfin, je dis même pas.
Je pense que je sais qu'elle m'aimera quoi qu'il en soit. Que je sois gay, hétéro, bi, peu importe. Juste, sois plus gentil sur certains points là-dessus. Ce qui me fait un peu peur de le dire, c'est que…
Accident. Je préfère me dire accidentellement parce que je ne sais pas si c'était volontaire ou pas. Ma mère et certains membres de ma famille ont eu ce qu'on pourrait appeler des dires à la limite d'être homophobes. Dis-les.
J'en ai plus, mais j'ai déjà entendu dire à mon tonton, qui lui est un mec très hétéro, viril, avec une histoire où avec les femmes, c'est lui qui commande, dire « si mon fils, il préfère se prendre des bites, c'est son problème, mais du moment qu'il vient pas m'en… »
Un espèce de… On voit. On voit très bien. Je pense qu'il y a plein de gens qui t'écoutent et qui voient très bien. C'est pas à la limite d'être homophobe, on est d'accord que… On est dedans, là. Bah, c'est vrai que moi, je… C'est pas insulte. C'est-à-dire, il a pas dit… C'est ça ? Ouais. C'est pas… C'est pas de l'homoph… Enfin…
Pour moi, il n'a pas dit « espèce de gay, va te faire enculer ». Mais l'homophobie, ce n'est pas que l'insulte. Je pense qu'ils ne connaissent pas quelle est la limite. C'est pour ça qu'ils le disent sans comprendre qu'ils peuvent blesser un homosexuel.
parce que je connais ma famille ils sont pas dans de la violence que ce soit par les mots ou par les gestes physiques on a grandi avec beaucoup d'amour mais je pense que quand ils disent ça ils s'en rendent pas compte qu'ils peuvent blesser quelqu'un comme je te disais tout à l'heure on a un humour très spécial dans la famille et quand t'as pas l'habitude tu peux te sentir blessé je crois
Moi je pense que j'ai mis des années et des années à accepter et à voir l'homophobie dans ma famille. J'arrêtais pas de tourner autour du pot et de raconter tout un narratif, c'est-à-dire…
Les mots étaient très clairs et moi je dis oui, mais en fait, il y a eu un matin où le volet était à moitié fermé, donc il s'est passé ça, etc. Et je pense que dans mon processus de coming out, il y a eu d'abord la digestion de leur violence, de la violence qui m'entourait.
Et de la reconnaître, en fait, et de reconnaître que pour faire le coming out, c'est trop beau quand tu dis, si ta maman écoute, tu dis je pense qu'elle m'aimera de toute façon. Et dans ce je pense, il y a tout. C'est qu'en fait, la question qu'on lui pose à ta maman, c'est m'aimeras-tu ?
Et donc bien entendu que c'est pas du coup tu vois tes potes qui disent bon allez tu fais compte en coming out mais en fait ton cerveau il essaye de survivre et la question qu'il pose c'est dans cet environnement familial aurais-je ma place ? Serais-je aimé ? Parce que j'ai de nombreux faits qui posent la question tu vois ?
Parce qu'en fait, ce que tu as à disposition, c'est des paroles rejetantes. Tu n'as aucune parole de dire « Ah, ça serait merveilleux, ça serait un super rapport à la famille. Ah, ça me rappelle mon super pote d'enfance gay que j'adore. Je suis allé à leur mariage, j'adore son mari. » Tu es d'accord que si tu étais entouré de ça, le coming out, il serait fait depuis longtemps ?
et je pense que ce qui m'empêche à passer à l'acte c'est que dans ma famille je serais le premier tu vois et je pense que c'est ce qui me fait peur c'est d'être le premier et d'être la source de plein de questions j'ai pas envie de devenir un sujet une bête de foire on vient de me poser un milliard de questions je veux juste vivre ma vie en fait j'ai envie de te donner le conseil suivant c'est que
là précédemment je suis passé dans les premiers épisodes t'as dit ah putain le 31 ou je sais plus quand le premier janvier je me suis dit ok c'est maintenant tu as dit c'est maintenant je fais mon coming out et puis en fait tu m'as dit je me suis dégonflé et tu as dit plusieurs fois j'ai essayé plusieurs fois je me suis dégonflé et ça m'a mis la puce à l'oreille parce que je me suis dit ah attends
En fait, est-ce qu'on peut lister toutes les raisons puissantes et importantes qui font que là, c'est une sacrée épreuve qu'on a devant nous et que ce qui est à risque ?
C'est pas du détail. Tu vois ce que je veux dire ? Que ce geste de coming out, c'est une déflagration pour toi, et qu'en fait, il y a des vrais risques, et même si en effet… Notons les peurs de ton cerveau, parce que tu vois, peut-être que ton cerveau a peur pour sa situation, si jamais ta mère te met à la porte…
Et peut-être que, et tu hoches la tête là vigoureusement, et peut-être que le gros de ton cerveau adulte dit, mais non Raphaël, tu dis n'importe quoi. Mais oui, mais s'il y a même 2% de ton cerveau qui a cette peur, faut qu'on la mette à un endroit pour qu'on lui réponde, pour qu'on dise, bon, petite peur, on va pas t'écouter, mais…
Je ne sais pas, peut-être que tu as une situation de logement où tu sais que si ces 2% ont eu raison, tu sauras rebondir. Et quelque part, il faut qu'on prenne soin de chacune de ces peurs. Et le moment où tu dis « Ah, je me suis dégonflé ! » ou le moment où tes potes disent « Bon, allez, c'est bon, ta famille est ouverte ! » ça fait fi, en fait, d'une réalité qui est bien plus nuancée et complexe et on ne peut pas passer l'obstacle comme ça, d'un bond. Je crois que… Qu'est-ce que tu en penses ? Tu as hoché de la tête quand j'ai dit « Ta mère pourrait te mettre à la porte ».
Oui, parce que j'ai chez ma mère. En fait, je pense qu'il y a aussi cette peur de comment elle réagit deuxième fois à la porte. Parce que j'ai déjà…
rencontrer des mecs qui ont été mis à la porte parce que mon voisin à une époque mon voisin du dessous qui est un ami que je connaissais au lycée ses parents l'ont foutu à la porte quand il a annoncé à ses parents qu'il était gay et il vivait en dessous de chez moi chez ses grands-parents donc voilà et j'ai connu aussi une fille qui a été foutue à la porte par sa mère parce que à 18 ans elle était enceinte hum
Et du coup d'avoir vu des gens dans cette situation je pense que ça crée aussi une peur chez moi. Si t'es mis à la porte on fait quoi ? Là tout de suite ? J'irai chez mon meilleur ami. C'est sûr il le sait il serait ok ? Ouais. Combien de temps ?
Ça je sais pas. Je sais qu'il peut m'héberger un temps, le temps que je retrouve quelque chose, que je retombe sur mes pattes. Et comment tu retombes sur tes pattes ? T'as les moyens financiers pour le louer ? Absolument pas. Non ? Absolument pas. Donc c'est pour ça que je vis chez Malas. En fait, il y a encore un an, il y a un an de ça, j'ai quitté ma coloc il y a un an de ça.
parce que j'ai quitté un taf il y a un an je me suis mis à mon compte et en fait je savais que financièrement ça allait plus être la même en cas d'argent donc là je suis allé frapper chez le marché toc toc je rentre à la maison
et ouais le pote peut nous héberger un mois et après il dit putain je suis désolé et tout mais faut que tu trouves un autre plan qu'est-ce qu'on fait et je te fais faire cet exercice parce que pour moi de lister chacune de ces peurs même un petit peu irrationnelles et de leur répondre jusqu'au bout
C'est ça le geste, je pense, qui peut nous sécuriser. Mais après, tu peux ne pas être d'accord. Mais est-ce que tu es OK de jouer le jeu avec moi jusqu'au bout ? Donc au bout d'un mois, en fait, il dit je suis vraiment désolé, il y a ce truc qui me tombe dessus. Tu peux trouver un autre plan ? On fait quoi ? Soit j'irai chez un autre ami à moi qui peut m'héberger pareil un temps. OK.
Et je pense que ce qui découlera, enfin en vrai, ce que je serai obligé de faire, c'est de me remettre dans une situation que je n'ai pas envie de revivre. C'est de me remettre en coloc. Ok, et ça, ça saoule. Ouais. On est à combien de temps professionnellement d'avoir la possibilité de louer un truc solo, pas trop cher ? Je me suis donné à deux ans. Je me suis donné jusqu'à mes 30 ans. J'en ai 28, j'ai eu 28 il y a un mois. Pour développer ton freelance en ce sens ? C'est ça.
Même si ça bloque ton coming out ? Pardon, excuse-moi, vas-y, finis ta phrase. Je sais, je me dis, je me donne deux ans pour me dire, ok, financièrement, il faut que je sois capable de me sortir, de payer un loyer tous les mois. C'est peut-être pour ça que le coming out, c'est pas pour 2025 ?
je sais pas en vrai ça va vraiment dépendre parce que là tu vois par exemple en vrai j'ai un client régulier qui me permet de sortir tous les mois un salaire fixe mais je sais absolument pas je me dis fin 2025 mais il se peut que ce sera pas ça, il se peut que j'aurai un déclic et en fait ce sera milieu 2025
Ouais, tu verras. Je trouve que la pression est inutile, tu vois. Surtout quand on a bien regardé toutes les peurs et les… Enfin, c'est gigantesque, en fait. T'as une montagne gigantesque devant toi, c'est terrible. Et je dis ça parce que du coup, on pourrait se dire « Ah, putain, c'est pas très positif ». Bah, je suis désolé, il y a un moment donné où il faut aussi qu'on regarde les choses en face et…
C'est terrible pour n'importe quel enfant. Moi, dans mon cœur, je me connecte profondément à toi et je me rappelle exactement cette peur d'être rayé du rêve familial, de ces moments. Dans mon intro de l'épisode précédent, je parlais de toutes ces fois où on se voit en famille, ces week-ends passés ensemble, ces pique-niques. Moi, du coup, je suis rayé de ça. C'est terrible, tu vois. Et cette montagne, en fait, c'est elle…
qui fait peur et qui… Il faut arriver à trouver le chemin de ce putain de volcan en éruption. Et à la fois, et je l'ai dit mille fois sur ce podcast, mais ça va…
En fait, moi, je peux pas nous laisser sur le début de l'ascension, tu vois. T'as fait le piton des neiges ? Non. Ah putain, il paraît qu'elle est tellement dure. Et moi, je l'ai pas faite, l'ascension du volcan. Mais moi, je suis de l'autre côté. Je suis à l'air de repos avec mon bissap frais. Et je te dis…
Ça va le faire de ouf. Quoi qu'il arrive, tu vas te transformer. Et tu vas devenir, on n'a pas le choix, t'es un petit queer, comme moi. Et donc, bah ouais, l'option hétéro n'est pas dispo. Mais il y a d'autres options et ça va être ouf.
Ça va être ouf au niveau intime, au niveau pas intime. Et je ne sais pas ce qui va devenir de l'entourage et des autres. On ne peut pas signer pour les autres. Mais tu sauras, la résilience queer t'amènera à un endroit exceptionnel. L'amour sera là.
En tout cas, je refuse de vivre dans un monde et de faire un podcast qui n'aboutit pas à ça. Et je crois que les témoignages qui n'aboutissent pas à ça sont très compliqués pour moi. Très très durs. Très très durs.
Je te rejoins là-dessus. Il faut que je la gravisse. Pendant que tu étais en train de dire ça, tu parlais de cette montagne, et en fait je pense que j'avais déjà des montagnes à gravir avant, que j'ai faites l'année dernière aussi, sur d'autres points de ma vie, où en fait je suis là. Je ne peux pas gérer un milliard de…
une chose à la fois voilà je peux pas gérer un milliard je peux pas faire ça faire ça et en fait si je me retrouve avec des problématiques me faire submerger par des trucs et mal vivre les choses donc là j'ai passé une étape dans ma vie l'année dernière
Déjà, je l'ai fait avec mes amis, ça s'est super bien passé. Le coming out. Le coming out. Super. Chouette. Donc voilà, ça s'est super bien passé. Et les derniers à qui je l'ai fait… Mais donc, t'es au milieu de la rando ? Oui. Enfin, rando, c'est trop léger. T'es au milieu de l'ascension ? Je suis au milieu du truc. Ouais. Parce que… Bravo. En fait, j'ai aussi une vision du truc où je suis là…
Moi, je n'ai pas cette idée de coming out où j'arrive et je dis « Ah, au fait, je suis gay ». Je n'ai pas ce truc en moi de le faire. Donc, avec mes amis super proches…
J'ai officialisé la chose. Par exemple, mon meilleur ami l'a appris par sa mère qui m'a vu m'afficher librement avec un mec qui était mon mec de l'époque. Ah non, mais toute ta famille est déjà au courant, mon petit chat. Non, il n'y a pas de case. Ils ne sont pas dans l'Ouest ? Cette mère n'est pas dans l'Ouest ? Non, non.
Ah tu t'es montrée autre part dans l'île Généralement si je le fais Et puis là je le fais dans un cercle qui est fermé Aussi quand je l'ai fait Quand je me suis montrée c'était un cercle fermé Mais la mère était là En fait j'avais oublié Ce qui est marrant c'est que j'ai connu La mère de mon meilleur ami qui est une amie Avant de connaître mon meilleur ami Donc c'est pour ça qu'en fait je me suis affichée Après je me suis dit mais merde c'est la merde Du coup elle l'a dit J'ai pas compris du coup tu veux faire ton coming out Comment si c'est sans dire que tu es gay ?
En fait, je suis… Alors, avec mes amis, du coup, je l'ai dit, mais je suis pas là où, genre, quand j'arrive en soirée à montrer que je suis gay ou à le dire que je suis gay. Si tu me poses la question, je vais te répondre. Mais si tu me poses pas la question, je vais pas être là à te dire « Oh, en fait, je suis gay. » Non. Si t'as envie, enfin, voilà. Oui, oui, bien sûr. Oui, là, on parle de la spécificité de la famille, où là, en effet, il y a un geste de sortie du placard. Et avec mes amis…
Il y en a, ça s'est fait parce qu'ils ont vu. Il y en a, ils sont venus me poser la question. Ils sont venus me poser la question au bon moment, au moment où je commençais à m'accepter. Et les dernières personnes à qui je l'ai dit sont des personnes qui ne me posaient pas la question, mais qui m'ont dit après qu'ils avaient un peu remarqué. Ce sont les parents de mon filleul.
Et en fait, au moment où… Qu'ils ne sont pas connectés avec ta famille ? Qu'ils ne sont pas connectés à ma famille. Au moment où ils me disent, Raphaël, on veut que tu sois le parrain de notre fils, j'ai ressenti une pression. Je ne peux pas avoir de secret pour eux. C'était déjà des amis très, très, très proches.
Ils ont une confiance telle en moi qu'ils me confient la parrainité pour leur enfant. D'une, pour ce petit, je ne peux plus me cacher. Il faut que je l'assume et il faut que je lui montre qu'on vit dans un monde assez incroyable pour que tu puisses assumer ta sexualité et grandir dans un monde où tu te sens épanoui.
Il faut que je dise pour les auditeuristes que là, t'as fait mille gestes de entre guillemets, entre guillemets, entre guillemets, entre guillemets. Parce que ce monde n'existe pas encore, tout à fait. Et du coup, je ne peux plus me mentir à eux sur cette chose-là. Je me souviens un repas chez eux où je leur dis le truc, mais c'est passé comme si j'avais dit bonjour. J'étais…
Ok, vous êtes sûr, vous avez compris ce que je veux dire ? Ouais, ouais, mais t'inquiète, on t'accepte comme tu es. C'est vrai que moi, j'ai grandi avec cette idée que le coming out, c'est un moment. Mais en fait, le coming out, c'est non-stop et c'est des moments. Tu vois ce que je veux dire ? En fait, le coming out, je le fais presque tous les jours.
où je choisis de le faire presque tous les jours et où le format aussi je le choisis presque tous les jours on a eu un problème de voiture avec du coup la voiture que j'ai et tout que j'utilise et le garagiste
dans le changement de batterie, etc. C'est pas arrivé là, j'invente. Mais on peut dire, ah, avec votre femme… On commence à discuter, en fait. Il était trop sympa, on discute de tout et de rien. Et pendant cette interaction, c'est pas rare que les gens te ramènent à ta femme, machin, je sais pas qui conduit la voiture. Il y a plein de manières, et je prenais volontairement cet exemple, pour dire que c'est ouf le nombre de fois où on te pense hétéro,
Et où, du coup, tu as le choix de dire non, pas ma femme. Comment je le dis ? Sur l'humour ? Est-ce que, en fait, ce n'est pas le moment, le gars garagiste ? Il a mille clients qui l'attendent. Je ne vais pas commencer à lui raconter ma life, etc. Et c'est un apprentissage. Je lui dis ou je ne lui dis pas ?
Quelle est la réaction normale que je devrais avoir en fait ? Je sais pas. Alors du coup c'est vrai que quand on vient me demander, et encore c'est très rare qu'on vienne me demander. Là je te parle pas de demander, je te parle d'être hétérosexualisé automatiquement et la question que je me pose c'est est-ce que je veux en sortir et comment j'en sors et quel sens je mets à ça ? Moi ma réponse c'est que j'en sors à chaque fois.
Ah ouais ouais ouais En fait si tu veux pas aller sur ce terrain on n'y va pas Et d'ailleurs les gens peuvent changer de sujet Mais si tu y vas Tu veux me rencontrer Là j'ai envie de rencontrer ce garagiste Vraiment je l'ai trouvé joyeux J'ai envie qu'il soit lui même Donc en fait Notre conversation j'ai envie qu'il me raconte Tu vois des trucs Dès que si je le fais pas moi L'autre en miroir se cachera
Après, je suis aussi très stratégique et j'ai aussi un instinct de survie. J'attends peut-être qu'il ait changé ma batterie ? Je pense que ça dépend des situations. Moi, ça m'est arrivé de me retrouver… De ne pas se mettre dans la merde. J'ai été commerciale automobile.
Vous travaillez… C'est toi que j'aurais dû appeler, là. Oui. Je travaillais dans une concession sur l'île et sur le terrain, en déplacement, avec des garagistes dans l'est de l'île. Que des hommes. Que des hommes. Bien sûr. Machos. Ouais. Un discours sur les femmes qui, aujourd'hui, s'ils étaient en public, ils se feraient lyncher par toutes les associations. Et étant comme…
professionnels présents sur place c'était compliqué pour moi parce que j'étais là à limite acquissé à ce comportement pour pas les vexer pour pas perdre des contrats pour pas perdre des clients et du coup je sens ce truc où non là c'est pas le bon endroit de le dire mais par contre
Avec d'autres gens de la concession, qui étaient des collègues, c'était pas une problématique. C'est pour ça, les gens disent « Ah ouais, les gays, ils sont plus artistes, coiffeurs, ah ah ah ». Moi, ma réponse, c'est non. En fait, il y a des métiers…
où en fait on peut évoluer, et il y en a d'autres où en fait, à part se renier ou se faire insulter, c'est juste impossible. Donc bien entendu qu'il y a des gays super talentueux coiffeurs, et c'est très bien, et c'est leur voix, et je dis pas que les gens se forcent à devenir coiffeurs ou à être dans des métiers artistiques, que sais-je, les autres clichés, mais il y a quand même des endroits où c'est plus safe.
Et je suis sûr qu'il y a plein de gens, il y a plein de gays fans d'automobiles qui seraient trop contents de bosser dans le milieu et qui, en fait, ne le peuvent pas. Ou bien qu'ils le peuvent, mais qu'ils se taisent. Moi, j'ai plein d'exemples dans la finance, là, à Paris. Oh là là, quelle horreur. Bon, on va finir cette deuxième partie. On est bavards. On est tous les deux très bavards. Je suis un très bavard. Mon surnom, quand j'étais petit, c'était un radio sans pile.
Ah, c'est tellement cute ! Et à la fois un peu méchant, non ? Non, moi je le prenais bien, Radio Sans Pile. C'était mon surnom quand j'étais petit, quand je parlais trop cher, ils me disaient « Ah, la Radio Sans Pile, c'est bon, calme-toi ». Et puis moi, à l'école jusqu'au lycée, je me prenais des mots d'avertissement dans mon carnet, ou dans mon cahier de texte, quand j'étais dans les écoles primaires et maternelles.
Raphaël a passé sa journée à bavarder, Raphaël bavarde, Raphaël bavarde. À chaque rentrée, ma mère, c'était « Surtout, tu ne te fais pas remarquer. C'est les premiers jours, tu ne te fais pas remarquer. Tu fermes ta bouche, tu arrêtes de parler. » Et je suis là « D'accord ? » Au bout de trois jours. Bam ! Mais j'adore parce que Radio Sans Pile, donc il y a l'enfant en toi, Radio Sans Pile, qui fait un podcast. Mais c'est génial !
Je suis très heureux d'entendre cet enfant. Moi, ça me parle de ouf parce que sur mon carnet à moi, il y avait marqué manque de retenue, un peu de retenue. Et ça, c'est un truc que mes parents ont répété. Et franchement, je les déteste pour ça. Aujourd'hui, je les défonce pour ça. Parce que non, c'est pas vrai, parce que je suis pas… C'est pas vrai, mais là, dans notre conversation, je le dis comme ça. En vrai, je les taquine et tout. Mais surtout, je suis là. Non, mais en fait…
un peu de retenue par rapport à ton monde de merde. Mais moi, en fait, c'était pas… Il n'y avait pas de preuve. C'est-à-dire, j'avais aucun geste malvenu. Enfin, la retenue… Qu'est-ce qu'on racontait à l'enfant ? Parce qu'on ne le disait pas. Lance de la nourriture à la cantine ou frappe ses ailes. Là, ouf, un peu de retenue et genre juste respecte les autres. On ne m'a jamais expliqué. Mais on m'a dit…
on m'a dit flamboie pas trop rentre dans la case et ça c'est sûr parce que ma scolarité elle a été faite dans un putain de collège lycée kato où en fait la retenue c'est rentrer dans la norme dans la fucking case donc radio sans pile mon petit chou bienvenue ici tu es au bon endroit et wham un peu de retenue aussi non faudrait que je trouve un autre truc bon je sais pas allez à la partie 3 à bientôt