Mon amant militaire, le sauna comme refuge et peur du couple – Roberto 3/3

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Partie 3 sur 3 – Roberto raconte comment le sauna est devenu pour lui un refuge de découvertes intimes et d’épreuves amoureuses, entre euphorie et désillusions. Il vit ses premières fois avec un militaire mystérieux et inaccessible, qui l’initie à une sexualité intense mais inégale. Roberto évoque les paradoxes de ses désirs, sa peur des IST, et le besoin de se respecter malgré la tentation. Il revient sur ses histoires avec des mecs bi qui refusent de s’assumer, ses questionnements sur le couple, l’engagement et l’exploration, et son rêve de communauté queer à Paris. Son récit est une plongée brute, tendre et lucide dans les contradictions d’un jeune gay de 20 ans qui cherche à s’aimer.

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Est-ce que t'es ok qu'on se relance ? Bien sûr. Ouais ? On replonge dans le bain. Et donc on a parlé de tes premières fois, de ta rencontre avec le sexe, avec l'intime, on est dans le sauna, il y a eu un déclic à 18 ans, tu t'es dit bam, grinder, un milieu quand même assez violent, ou bon… T'en fais ton affaire parce qu'il y a une carotte, un gars qui est musclé comme thème, maghrébin, faut le dire, militaire, donc un peu masque. En gros, tu mouilles tandis que tu marches. Tu mouilles de sueur, peut-être. Tu mouilles de peur un peu. T'es un petit peu intimidé tandis que tu es presque nu avec cette toute petite serviette. Et que tu te frayes un chemin pour retrouver celui que j'ai appelé carotte képi. ça me va tu le trouves ? je le trouve en fait dans le sauna en question il y a un long couloir et la première partie à gauche c'est au niveau des douches et il y a aussi un bas un jacuzzi littéralement et donc en tournant à gauche bêtement je le vois dans le jacuzzi justement donc je suis content de le voir et Mais je le vois, mais galouché comme jamais, un autre mec. Et je me dis, ah, ok, d'accord. Bien sûr, bien sûr. Donc, ok, il n'y avait pas que moi, d'accord. Donc après, il s'arrête direct avec le mec. Ton petit cœur de romantique, car est-ce que j'ai le droit de dire que t'es un petit romantique ou un grand romantique ? Oui, tu peux, c'est factuel. Le petit cœur de romantique se brise en deux ? Il a mal, il prend un coup. Il se dit, il y a de la concurrence. Voilà. Et du coup, je le vois galocher comme jamais un mec. Et là, je me dis, oula. D'accord, bon, ça commence bien pour un début. Et direct, dès qu'il m'a vu, il m'a dit, ah, salut, Roberto et tout le machin. Il était trop content, trop excité de me voir. Voilà, c'est assez surpris au début. Pour le coup, je ne m'attendais pas à provoquer ça chez quelqu'un. Du coup, il laisse vraiment en plan l'autre mec. Je me dis, ah, j'ai un peu de la peine pour l'autre. Je me dis, mince, ok, cool. Je suis son petit moment de gloire et puis hop, c'est fini. Au prochain, c'est horrible pour le coup. Et donc, il me fait visiter un peu le sauna et tout. Et vu que lui, c'est un habitué, il me présente le personnel, justement. Donc, j'ai l'accès VIP dès le début, la chance. Et donc, du coup, il me présente le personnel et tout. Et puis, je discute aussi avec eux. au niveau du fumoir et ça m'a fait merveilleux de voir des personnes qui ont à peu près mon âge discuter un peu de nos expériences gays et se dire qu'ils sont comme moi sur certains points. Ça m'a fait du bien et en fait, suite à ça, le sauna est devenu pour moi une deuxième maison, un refuge. Ok. Où je me dis, ok, il y a des personnes qui m'y ressemblent là-bas, ça fait plaisir. On peut justement profiter de l'eau chaude et des mecs et à la fois s'y discuter. Et ça, pour moi, c'était révolutionnaire. Je me suis dit, waouh. Tu dis que tu t'es allé combien de fois, une fois par semaine ? Alors au début c'était ultra récurrent, c'était quotidien quoi, c'est-à-dire même après les cours autres, direction sauna machin, et puis petit à petit ça s'est espacé quoi. Parce qu'il y a eu des problèmes, sinon ce serait pas drôle. Avant que tu racontes ça, t'as eu un moment intime avec Carotte Képi ? Oui, un moment très intime dans l'espace sombre. Je sais pas comment on peut l'appeler… Darkroom. Darkroom, voilà. Darkroom. Je sais pas trop comment on peut… Tu sais que moi, je suis nouveau. Enfin, Sona, j'y suis allé une fois. D'accord. Et la première fois, c'était il y a deux ans. Et c'est mon ex qui m'a pris la main. Et moi, c'était un endroit qui m'intimidait de ouf. Je comprends. J'avais trop peur. Puis j'avais pas le corps musclé. J'étais là, putain, je vais déambuler avec mes petits bourrelets et tout. Après, j'ai… un rapport au corps où en fait moi je vois quelque chose qui n'existe pas aussi en vrai j'ai pas vraiment de bourrelet mais c'est encore un autre sujet ou pas d'ailleurs c'est le même sujet mais je trouvais ça très dur de confronter à la nudité et je trouvais ça très dur de confronter justement ce que t'as dit quoi Il faut être en capacité de dire non. Ça m'avait l'air de l'extérieur très violent parce que c'est un peu, tu viens consommer des gens dont tu connais même pas le prénom. Et moi, je pense que j'ai un cœur de romantique et je me disais, ça correspond pas. J'avais des préjugés négatifs, tu vois ? Aujourd'hui je me dis non mais Guillaume t'es bien mignon, tu passes des heures sur Grindr, c'est quoi la différence ? Va plutôt vivre la vraie vie au lieu d'être coincé derrière ton écran. Et puis je pense que je suis mieux dans mon corps et puis je pense qu'il y a plein de façons de connecter sexuellement et intimement. Mais toi en tout cas c'est un espace que t'as conquis ? C'est un espace que j'ai conquis dès les premières heures, dès le premier jour, ce que je ne m'attendais pas du tout. Je pensais que ça allait juste à un endroit de passe et temporaire. Un refuge, mais c'est chouette. Oui, un refuge, un endroit ressourçant. On est dans la DAC Room avec Monsieur Militaire. Oui. T'as envie de raconter ? Oui, j'ai envie de raconter. C'était bien ? C'était incroyable. Vraiment, le mec, c'était… Après, ce qui m'a dérangé, pour le coup, c'était que son plaisir, mais pas le mien. C'est-à-dire que je devais lui faire une fellation, je devais te pénétrer, je devais faire ci, je devais faire ça. Mais moi, en échange, j'avais rien, en fait. Musclé, militaire, il jouait le jeu du domi aussi ? un peu mais pas tant que ça en fait j'aurais attendu ça de lui et j'ai attendu ça de lui justement qu'il soit un peu plus on va dire pas violent mais plus dirigiste un peu plus fort là non il a été assez doux et sensuel en fait c'est ça qui m'a assez surpris pour le coup mais ça m'a pas déplu loin de là pour le coup mais ouais ouais donc oui non c'était que son plaisir et pas le mien et ça ça m'a frustré je me suis dit oula Roberto y'a un problème là c'est tu lui fais plaisir mais moi j'ai rien en retour en fait c'est quoi l'intérêt en fait tu lui as dit ? pas la première fois tu lui as signifié, j'avoue qu'on est dans un sauna c'était pas le moment d'avoir pas la première fois mais après t'as acquis une capacité oui une confiance avec lui t'as eu d'autres fois ? oui j'ai eu d'autres fois après on s'était dit quotidiennement bah vas-y on se retrouve et on fait nos affaires donc ouais ouais c'est devenu un peu un amoureux ? malheureusement oui D'ailleurs, des personnes du Sona nous trouvaient trop choux, trop mignons, et nous voyaient en couple ensemble, carrément. Il y en avait même qui avaient qu'une envie, c'était de nous voir faire et de se branler sur nous. Genre, vraiment, on était devenus la référence, quoi. Et, anecdote de dingue, il y a un acteur connu dans le milieu gay qui allait des fois dans le sauna. Un acteur porno ? Un acteur porno, oui, excuse-moi. Merci de préciser. Un acteur porno gay qui avait déjà repéré ce mec-là, qui trouvait beau et tout, qui voulait absolument se faire et le filmer, m'a vu, avec lui, il m'a dit « il y a un truc à faire ». Et moi, je lui ai dit « Non, ça ne va pas le faire. Non, non, non. Ça, ce n'est pas pour moi. » Mais ça m'a flatté de me dire qu'il y a un acteur, il y a beaucoup de monde qui nous trouve chou et bien. Et ce retour-là de désir, ça flatte l'ego, pour le coup. Est-ce que cet espace de refuge, le sauna, et cette communauté quelque part que t'as rencontré, t'as aussi montré la voie d'un bien-être, d'un soin à soi, d'un soin de l'autre, de l'amour, des aspects non sexuels ? De ce que c'est d'être gay ? Oui, en partie. En partie, oui, ça m'a… Oui, ça m'a aidé à grandir, à comprendre et à appréhender le milieu. Ça m'a vraiment aidé, oui. Parce que quelque part, tu vois, je me questionne, je me suis mal à l'aise avec cet acteur porno. Je suis là, non mais… Moi j'imagine mon neveu ou ma nièce à 18 ans, Et je suis là, non mais en fait, il y a plein de choses à découvrir. J'ai pas un mauvais regard sur le porno et tout, c'est pas ça, mais c'est juste quand même une drôle de façon de se socialiser que d'être mis, tu vois, que d'être dans un sauna. Mais je sais pas, qu'est-ce que t'en penses ? Est-ce que c'est moi qui suis dans un regard jugeant ? parce que peut-être à un endroit tu me dis qu'ils étaient bienveillants tu me dis qu'ils t'ont appris plein de trucs c'est pas un peu weird d'être rapproché par un acteur porno quand t'as 18 ans si si c'est totalement bizarre et au début de ton chemin si si c'était très bizarre et très oula je m'étouffe avec l'eau si si c'était très bizarre et très gênant et ça m'a mis mal à l'aise et directement je lui ai dit au mec t'es bien sympa mon chéri mais ça va être non en fait pour mon image, mon estime de moi Et puis non, et puis même le mec en question ne voulait pas. Donc non, c'était un non catégorique pour nos deux parties. Donc il n'y avait même pas question. Mais il a essayé, il a essayé. Dans les fois après, avec Monsieur Militaire, avec qui du coup on n'était pas en couple, on ne se voyait pas en dehors. Tu ne les voyais pas dehors ? Non. En fait, c'est drôle, mais je ne l'ai connu que nu. Et la première fois où je l'ai vu à l'extérieur habillé, ça m'a fait bizarre. C'est comme de le voir nu, en fait. C'était complètement… L'exceptionnel, c'était l'habit. C'est ça. Il était bien habillé ? Comme thème ? Non. Non. Du moins, lui aimait bien comment il était habillé, mais moi, jamais pas du tout. C'était… Je trouvais qu'il se négligeait un peu, je trouve. Et puis que c'était un peu trop normal, à mon goût. T'aimes bien l'excentricité ? Oui. Et j'aime bien quand les gens font un petit effort au niveau de leurs vêtements et que ça reflète leur personnalité. Dans les fois d'après avec Monsieur Militaire, t'as pu du coup reprendre un espace et avoir plus de plaisir ? donc oui et ça s'est toujours fait dans le sauna en fait vu que lui aussi habitait chez ses parents et c'était assez loin et j'étais pas véhiculé à ce moment là donc c'était impossible le seul lieu où on pouvait se voir et faire c'était dans le sauna et les autres fois je me suis permis j'ai pris en confiance de lui dire bon bah t'es sympa mais là tu te fais plaisir que toi et pas moi tu lui as dit ? oui je lui ai dit cache ok super je lui ai dit pourquoi est-ce que tu me fais pas de fellation ou autre il m'a dit j'aime pas je trouvais ça un peu facile et bah quoi Ou même pourquoi tu veux pas que je te pénètre quoi. Il m'a dit j'aime pas. Sans plus de détails ni autre et donc ça m'a un peu froissé. J'ai pas aimé, c'était pas… Et puis même ce qui était étrange c'est qu'il avait toujours… Une fois qu'on avait fini, on prenait un petit temps pour se câliner et puis après il m'a dit en premier je sors, t'attends et après tu sors. Je comprenais pas pourquoi, je me suis dit, je sais pas, on est dans un sauna gay, tu te caches de quoi ? C'était drôle. Après, le mec était… Et du coup, tu penses qu'il cachait quoi ? Je pense qu'il avait honte. Je pense qu'il avait honte de lui, tout simplement. Parce qu'après, il m'a dit qu'il était bi. Seulement, je pensais qu'il était gay. En fait, ce qui est ultra bizarre avec ce mec, c'est qu'il change de version de tout. C'est un gros mytho. Son prénom, il l'a changé plus de trois fois. Son nom aussi. Son histoire aussi. Tout. En fait, c'est un mec faux. Vrai mais faux. Ou est-ce que c'est quelqu'un qui est en chemin pour accepter son homosexualité et il galère et donc du coup il se dédouble, il met des masques ? Tu te rappelles le masque où tu t'es dit « je vais avoir l'air plus viril », ça c'était l'épisode 1, pour justement naviguer le monde ? Oui, mais si, je pense, si, si. Tu penses qu'il était vraiment manipulateur et volontairement menteur ? Oui, pour cette partie-là, pour sa partie-là, en fait, parce qu'il m'a dit qu'il était bi et que lui, il veut bien fricoter avec des mecs et avoir des… des rendez-vous et des plans mais sans lendemain c'est à dire que lui il m'a dit très clairement si t'as des sentiments pour moi arrête tout de suite parce que ça mènera à rien en fait moi je marierai une femme je sortirai avec une fille et tout et ce qui est horrible c'est que ça me suit ça encore aujourd'hui c'est à dire que j'ai des des plans le soir avec des mecs bi qui me disent la même chose et que des fois je m'amourrage pour eux et qui me disent bah désolé mais faut que ça s'arrête là quoi parce que c'est en fait c'est soit à prendre ou à laisser c'est à dire soit on a des plans et c'est très bien pour nous deux ou soit tu te fais du mal pour rien et arrête quoi et donc ouais je dois faire la part des choses au niveau de ça et puis je suis pas content en histoire en fait je suis pas gagnant c'est le mec en question B qui est gagnant en histoire qui a son moment de plaisir avec les mecs et tout le soir et tout bien content et qui le jour a pas assumé ça quoi de rendre public Je trouve ça simple et lâche. Lâche, voilà, je le dis. Tu ne sais pas qu'ils sont bi avant de coucher avec eux ? Si, je le sais parce qu'ils me l'ont verbalisé. Est-ce que tu sais ce qu'ils cherchent avant de coucher avec eux ? Est-ce que tu vérifies s'ils veulent un plan ou plus ? Alors, en fait, il y en a un qui était un camarade de classe. Le fantasme absolu. Le camarade de classe, j'étais en première année de BTS, en informatique, et c'était un mec de ma classe, je le trouvais trop beau et tout, gros, un peu petit, parfait quoi. Et genre vraiment, je me souviens en classe d'avoir des regards un peu assistants sur lui, à essayer de trouver la… à discuter un peu avec lui et tout, mais maladroitement, mais lui il me rejetait en bloc. Et je me souviens d'ailleurs aussi qu'il a eu des propos homophobes dans la récréation, donc coucou le masque, où il dit ah oui non mais les PD je peux pas, jamais je briserai un mec et tout machin, non non. Et puis même qu'il mentait, c'est ses exploits de la veille quoi, en disant ah j'ai baisé une mère de famille de 50 ans et tout, je suis trop content, elle avait des gamins à un côté. Voilà, dans le groupe de potes hétéros, tout content, tout idiot et abrutifié en disant « c'est cool ». C'est horrible ce que je dis là, je suis en train vraiment de cracher mon venin. Et puis après, je l'ai retrouvé d'abord sur un site de rencontre, c'était Fruits. je match avec lui et je lui dis qu'est-ce que tu fous là ? parce que moi je me dis mais il est hétéro le mec et je me dis mais qu'est-ce que tu fous là dans un milieu gay en fait il me dit bah en fait je suis billé et tout et donc moi je me dis bah j'ai ma chance ça se trouve donc je fonce j'ai son adresse et tout je vais chez lui je l'embrasse fougueusement et tout c'était vraiment très fort émotionnellement et il me dit c'est drôle mais t'es là vraiment à fond dedans est-ce que t'es amoureux de moi ou pas ? à la première rencontre ? Chez lui, en dehors du milieu scolaire, le soir. Et je lui dis, j'ai des sentiments pour toi, même en cours et tout. Mais je ne pensais jamais que ce soit possible d'un, de coucher avec toi. Et de deux, que ce soit réel. Pour moi, c'était un rêve. C'est pas possible. Et il m'a dit, désolé, mais ça va s'arrêter là. Genre, te fais pas du mal pour rien. Même propos ? C'est-à-dire, non, ce ne sera pas possible avec toi, mais par contre, des plans culsoirs avec grand plaisir. Et ça, en fait, ça nourrit une rage en moi qui me fait me dégonder. Je me dis, mais ce n'est pas possible. Et puis, je me dis, mais respecte-toi. Je me dis, respecte-toi à moi, en fait. En me disant, comment tu peux accepter ça ? Comment c'est acceptable, en fait ? Réponds. Ben, ça ne l'est pas. Mais comment ? Pourquoi tu acceptes ? Parce que j'en ai envie. Il y a mon côté sexuel et envie de désir où je me dis, quand même, le mec, il est beau et tout. Mais je prends. Je prends, malgré tout. Moi, ça me parle vachement de ce que tu dis. On a des indices. Parce qu'en fait, une solution un petit peu bête, c'est que quand quelqu'un exprime qu'il n'est pas disponible… On le croit et du coup on lui dit « Ah, excuse-moi, moi je ne cherche pas que des plans, du coup bonne recherche à toi ». Donc quelqu'un qui n'est pas disponible, il va ou bien qui est en chemin d'intime où il dit des homophobies dans la cour de récré. Bon, flamme immense, quoi. Alors, à moins qu'il explique et contextualise et tout, il y a quand même déjà quelque chose qui est en train de se tisser, qui pue à mille kilomètres. Parce que du coup, si toi, t'as envie d'être amoureux avec quelqu'un qui publiquement joue le rôle de l'hétéro homophobe, putain, va falloir se cacher. On pourra pas… C'est exact. On pourra pas faire des jeux de société ensemble dans le parc, etc. Ça c'est petit, parce que je sais que tu aimes les jeux de société, non pas tellement, si. Si, bon on s'en fout, c'est une blague de merde. Non mais tu vois, ça me parle vachement et je te comprends à 200% et je veux certainement pas culpabiliser, ça sert à rien, mais je crois que mon cerveau est structuré pour aimer l'homme hétéro. Et du coup, en fait, tu m'as raconté des histoires qui m'excitent. Je me connecte à tes histoires et j'en ai eu des similaires. Et ce qui m'excitait alors, c'est… il est hétéro en fait ce mec il est un peu hétéro il est viril slash hétéro et j'ai un truc qui se joue et là mon désir se dit je le veux et il y a une contradiction oui mais et à la fois je suis mal traité c'est à dire je me traite mal j'ai envie d'autre chose et n'aie crainte tu vas y arriver ça c'est mon conseil c'est aussi non c'est un vrai chemin c'est à dire cette colère Elle est messagère. Le fait que tu restes pas, t'es indisposé et pas d'accord avec cette contradiction en toi, t'agis dessus, parfois tu vas vers ce sexe-là, parfois pas, etc. Et tu fais au mieux. Mais cette colère-là, ce déséquilibre que tu crées en toi, il va être le fruit de la suite. Tu vas pouvoir décider… Tu vois ce que je veux dire ? Oui, je vois. Tu n'es pas d'accord avec les décisions actuelles que tu prends et tu te le dis et tu vas trouver un chemin. Peut-être que moi, je me disais que ça me faisait moins peur. C'est impossible. Parce qu'avec le mec hétéro avec qui c'est impossible, du coup, je peux me lâcher de ouf. S'il se passera rien ? C'est vrai. T'en penses quoi ? Si, c'est vrai, c'est vrai. Oui, parce qu'il y aura rien, alors que des fois, dans les plans gays, le mec, des fois, peut développer des sentiments ou autres, alors qu'on s'y en donnait pas, et puis après, équipe roco, et puis manque de communication. T'as déjà eu ça ? ça te fait peur ? oui oui du moins ça m'est déjà arrivé et ça me fait peur parce que en fait je suis quelqu'un d'ultra contradictoire c'est à dire que je suis romantique mais je veux que ce soit dur et violent mais j'ai envie aussi de tendresse Et j'ai envie d'une relation sérieuse, mais j'ai envie de plan cul. Voilà, c'est tout ça en fait. J'ai envie d'un mec masculin, mais j'aimerais bien aussi un mec un peu plus original, qui s'exprime réellement comme il est. C'est tout ça et c'est drôle en fait. J'ai vraiment deux parties de moi qui se tiraillent quoi. Et ça fait bizarre. Est-ce qu'il y a une part de toi, moi je ne l'avais pas du tout à 20 ans, impossible pour moi de me figurer que j'avais le droit à ces contradictions, à ces errements, que j'étais en train de… En gros, j'explore un truc nouveau. Parfois je vais à gauche, parfois je vais à droite et j'en sais rien. Concept d'exploration. Oui, je suis perdu car j'explore. Je suis en recherche. Est-ce qu'il y a une part de toi qui arrive à faire un petit espace de soin, à dire, bah oui, je suis dans une contradiction parce que je suis en train de découvrir ? Ou pas du tout ? J'aimerais bien, mais non. C'est l'âge qui va t'amener ça. Je pense. Mais non, mais pour moi, en fait, il y a l'une partie ou l'autre qui doit gagner, en fait, qui doit rester à la fin. Pour moi, c'est ça qui est bizarre, en fait, c'est que c'est pas l'exploration, c'est non, t'as un chemin à prendre et prends-le, quoi. Et c'est ça qui est bizarre, en fait, c'est que je ne me laisse pas assez aller, quoi. Et ça, je le sais. Je ne me laisse pas le temps ni le… Je ne me laisse pas aller, en fait, tout simplement. Dans tout. Et il faudrait que je lâche un peu au prix et que j'arrête de tout mentaliser, quoi. Moi, ce qui s'est passé, la fin du film, pour moi… Non, c'est pas la fin du film, mais du coup, il y a trois jours, quand j'ai eu un rapport sexuel absolument génial, vraiment un match de ouf. Figure-toi que c'était aussi avec un mec algérien, si je dis pas de bêtises, Kabil. Et en fait… Ce que j'ai adoré… C'est vrai qu'il correspondait à des formes de stéréo… Il était très masculin dans sa manière de se comporter et ou dans son corps aussi. Et ce que j'ai vécu avec lui… c'est genre une exploration vachement sensuelle où en fait je l'ai vu aussi très féminin mais j'aime pas trop bon c'est les cases avec lesquelles on joue dans nos sociétés actuelles mais c'est un peu de la merde mais en gros je parle des traits que la société dit ça c'est masculin ça c'est féminin mais j'ai vraiment eu j'ai trouvé que tout se mélangeait et que c'est ça qui m'a attiré énormément et notamment si tu te tournes à droite tu vois ma cuisine oui Car mon salon et ma cuisine, c'est à peu près la même chose. Et en fait, il venait d'arriver dans mon appartement. C'est assez rare pour moi de dire à la personne de venir dans mon appartement. Moi, je préfère rencontrer dehors. Et puis, en termes de sécurité aussi, c'est important pour moi. Donc, un petit… Moi, je fais toujours une visio avant de rencontrer quelqu'un. C'est important pour moi. Et la personne qui est prête à venir chez moi me sucer ou autre, mais ne veut pas faire une visio d'une minute sur Grindr, franchement, on va passer nos chemins et c'est OK. Et lui, en fait, tout était très cool. Petite visio, nanana… Au final pour des raisons logistiques on a juste ce créneau là au début on se dit on va dans un bar et puis je dis mais en fait viens chez moi si t'es à l'aise et je lui dis écoute il n'y a vraiment pas d'engagement donc si l'un de nous le sent pas il n'y a pas d'intime obligatoire est-ce que t'es ok avec ça on prend un petit verre il me dit mais bien sûr ça va sans dire et tout et le voilà en fait dans ma cuisine. et je le sens stressé et là il dit un truc tellement puissant pour moi qui m'a fait fondre il prend une respiration il a du mal à respirer et il me dit bon écoute faut que je te dise je me sens tellement stressé là Je suis tellement intimidé. Et pour moi, je ne sais pas si c'est féminin ou masculin, mais j'ai trouvé que c'était tellement vulnérable. Et j'ai trouvé ça tellement excitant. Enfin, pas excitant, ce n'est pas le bon terme. Mais j'étais là, mais merci de le dire. Est-ce que tu veux partir ? Est-ce que tu… Souvent, j'avais trop envie que ça aille bien pour lui. Et j'ai trouvé que c'était tellement puissant, sa vulnérabilité. Et même pendant le rapport sexuel… Il y avait des moments de lâcher prise et ou des moments… Voilà, enfin, tout s'est mélangé et je sens de plus en plus que c'est des mélanges de ces traits dits masculins et féminins qui m'excitent. Et que quand toi, tu disais, moi, je veux qu'un des deux gagne… Moi, ce que j'ai découvert, c'est que tout se mélange et les frontières deviennent vaporeuses. Et qu'en fait, au fur et à mesure de mon chemin, jamais j'aurais pensé qu'un mec vulnérable pouvait m'exciter. Mais c'est pas exciter le bon terme, mais je me suis senti tellement bien avec quelqu'un capable de dire « Ah, tu sais, je suis un peu dépassé. » Je me suis dit « Ah, mais c'est merveilleux ! » Et ça a vraiment ouvert un champ d'intime où j'étais là « Oh, mais j'ai le droit d'être moi aussi stressé ? Mais c'est génial ! » Et ce que ça a joué directement après, c'est que j'ai eu envie de le sucer. C'est très intime ce que je te partage, mais moi, j'aime bien sucer à quatre pattes, à genoux, parce qu'en fait, je peux vraiment caresser tout le corps. Je pars du haut et tout et je peux caresser tout le corps de la personne et je le vois d'en bas. et par rapport à genre si je suce la personne et qu'il est allongé bah en fait j'ai la tête dans son pubis quoi je vois rien bon je suis pas peut-être je suis pas très souple et tout enfin genre bon compliqué et du coup grâce à ce qui s'est autorisé moi j'ai dit ah ça me ferait trop kiffer est-ce que je peux faire ça il me fait mais grave et tout tu vois et j'avoue je rentre de ouf dans le détail mais c'était important pour moi d'amener cette complexité par rapport à masculin versus féminin par rapport à c'est quoi la personnalité et l'énergie qui dégage qui nous excite voilà et que quelque part avant j'avais le raccourci de s'il est masculin il sait ce qu'il faut faire il est plus domi donc moi je peux être plus détendu parce qu'il saura me conduire alors que tout ça c'est pas vrai c'est tellement pas vrai nombre de gars qui jouent les muscles alors qu'en fait les gars ils se pissent dessus Et en fait, ils ont peur, ils ont bien le droit et tout, mais de… Tout autant, mais oui. Tu vois ? Bon. Et c'est ok. Mais c'est vrai que les mecs ou les personnes qui communiquent et expriment leurs émotions et se laissent être vulnérables, c'est tellement excitant. C'est incroyable, c'est la personne… Non, c'est une preuve de confiance. Et de deux, mais c'est… Non, c'est incroyable. Et ça, c'est précieux. Cette période de plein de sexe à partir de 18 ans, plein de sauna quotidien, hebdomadaire, s'arrête. Tu dis, il y a eu des problèmes. Il y a eu des problèmes, oui. En fait, ce qui s'est passé, c'est que monsieur Carotte Militaire était dans le visage d'un autre mec. qui était ultra possessif et qui se voyait déjà en couple avec lui alors que bon c'était pas possible et du coup dès qu'il a vu que justement je faisais des trucs avec lui elle m'en a voulu et m'a emmerdé quoi Voilà, c'est-à-dire qu'il est venu me voir en me disant « vas-y, va plus le voir et tout, sans tu vas voir, machin ». Donc à menacer littéralement, quoi. Et donc ça m'a un peu refroidi et découragé, et moi je veux pas des problèmes, et je lui ai dit « non, ton entre guillemets mec, c'est lui qui vient vers moi, moi je suis pour rien, moi tout ce que je fais c'est juste profiter et tout, moi je veux pas d'embrouilles en fait, je viens absolument pas chercher ça ici ». Bref, le mec trop bizarre. Et donc en fait c'est un peu ça qui m'a découragé pour pas créer des problèmes et tout, et puis à un moment… M. Carotte Militaire n'était plus trop disponible et après est parti à Strasbourg. Du coup, ça s'est arrêté net parce que pour moi, sans lui, aller là-bas, c'était un peu désuet. Tu n'avais pas de rapport intime avec d'autres personnes que M. Militaire ? Si, j'en ai eu d'autres rapports intimes en dehors de lui, mais c'était bien. À un moment, ça ne me correspondait plus. En fait, j'étais un peu lassé, on va dire. Oui, tu avais fait le tour. C'est ça. Tu m'as dit que tu as chopé des IST et que ça, ça avait joué un rôle clé pour toi. Oui, oui, oui. Ça a joué un rôle clé, c'est-à-dire qu'en enchaînant les plans Grindr et tout à gogo, ce qui s'est passé c'est que je savais qu'il fallait que je me protège pertinemment, mais je ne l'ai pas fait en conscience parce que j'avais envie de m'auto-détruire en fait. Bon là on rentre sur quelque chose de plus sensible. c'est plus compliqué mais oui j'avais vraiment cette envie là de m'auto détruire en fait en me disant ok je sais que je me protège pas je sais que je fais des conneries et je sais que je vois beaucoup de mecs donc en fait ça augmente mes chances d'avoir une maladie horrible incurable et que j'en meurs quoi littéralement ce qui est faux ce qui est faux mais je m'étais persuadé de ça et au fond en fait j'en avais peur mais je cherchais ça aussi en fait voilà donc un peu cette envie de mort c'est bizarre mais ouais en fait je cherchais la mort littéralement je jouais avec la mort donc voilà et puis il y a un moment en fait c'est con mais je cherchais ça je jouais ça et j'avais peur de ça et comme un con je me suis dit bah vas-y va faire quand même des tests et tout pour voir et à chaque fois mais c'était crise d'angoisse Et tout dans le labo, avec ma fée comme ça, la prise de sang et tout, c'était l'horreur. Et je me suis dit, les résultats, ça va donner quoi en fait ? Et au final, j'ai eu beaucoup, beaucoup de chance. J'ai pas eu de trucs très graves ou autre, j'ai juste chopé une chlamydia, un moment, et des morpions. Donc ça va, je suis très chanceux là pour le coup. Et donc en fait dès que je vois que j'ai des morpions, super, j'en ai plein le slip et plein le lit. Et au début en fait je ne comprenais pas, je ne savais pas que c'était des morpions et tout, je me disais juste vas-y ça me gratte en dessous et tout, c'est rien. Et à un moment quand je vois au niveau de mon slip que j'ai des traces rouges, je me dis oula il se passe quoi ? Et à un moment, je vois des petits crabes au niveau de mes poils pubiens et je me dis, oula, c'est quoi ces merdes ? Ça, cette communauté du sauna, t'avais éduqué sur la santé sexuelle, sur ce qui peut arriver ? Oui, on m'a dit de toujours mettre des préservatifs, de toujours faire gaffe à moi. Les morpions, t'en avais parlé ? Non, on n'en avait pas parlé et j'en avais pas conscience ni connaissance. Au moment où tu découvres ça, est-ce qu'il y a quelqu'un que tu peux appeler ? Non, personne. C'est-à-dire que je suis seul avec les crabes. C'est une communauté sauna, mais que au sauna, en fait. Ce n'est pas des amis en dehors. Tu n'as pas les numéros de téléphone. Non, non, non, du tout. Et puis même, ça m'est arrivé bien après le sauna. Et puis, je n'avais plus aucun contact avec eux. Et là, je me dis, super. Donc, les morpions, ça s'attrape comment ? Avec des rapports sexuels. Et il faut vraiment entraîner dans des endroits un peu bizarres pour en avoir ? Qui a dit ça ? Mon père. Il faut avoir vraiment traîné dans des endroits un peu étranges pour en choper. Et moi, je ne le savais pas. Donc, tout de suite, des images d'horreur d'endroits ultra sales et délabrés. Ce qui n'était pas du tout le cas. En plus, je le représente très bien parce qu'après, j'ai fait mon enquête sur qui ça pouvait être. Et puis, j'ai identifié le mec. Et non, c'était un mec propre, entre guillemets, avec un appartement propre. Un mec à peine plus âgé que moi. Donc non, rien ne présageait ça, quoi. Oui, c'est extrêmement culpabilisant et tu peux être abstinent pendant un an, avoir un seul rapport sexuel très amoureux, dans un lit très conventionnel, en faisant des positions sexuelles très hétéro-normées. Et si tu tombes sur une personne qui a des morpions, tu peux t'en taper et ça ne dit rien de la nature, de la fréquence ou de l'intensité de ta sexualité. Oui. Mais bon, ton père travaille avec ses outils tout cassés. C'est ça, ses outils datés, ultra stéréotypés. Mais je ne lui en veux pas en soi. Je ne lui en veux pas. C'est maladroit et des fois c'est blessant, mais je ne lui en veux pas. J'ai beaucoup de… ça c'était après ton coming out oui après mon coming out et du coup t'avais eu l'impression toi tu disais que ton papa était pas mal éduqué et tout il s'est renseigné un peu sur la santé sexuelle de jeunes garçons gays bah après il a son vécu perso donc voilà de jeunes personnes gays il est gay ? non il est hétéro à 300% non mais après il m'a dit que oui après lui il a eu ses vécus et tout et puis son histoire donc forcément il peut m'aider comme il peut il a eu des morts pions ? je sais pas je serais pas à te dire il m'a pas confirmé ou non ça mais en tout cas il savait ce que ça faisait voilà En gros, mon sous-texte, il y a un vrai enjeu pour que les générations futures ne se développent pas uniquement soit avec le sauna et le porno. C'est nos deux exemples. En fait, il nous faut des adultes référents qui sont en capacité de déculpabiliser, de rassurer et d'informer sur la santé. En ne disant pas de la merde, du genre les morpions, il faut aller dans des endroits sales. Parce que ça, ça a un vrai impact sur ton développement intime, où tu te dis, je suis sale, je suis une mauvaise personne, il y a bien mérité ces morpions de merde. C'est ça, oui, mais oui, oui. Bah du coup, c'est un vrai problème en fait. Mais je sais que ton papa est intouchable et on ne le touchera pas aujourd'hui. Mais c'est bien quand même que tu remettes les pendules à l'heure et que tu me fasses part de ça. J'en ai conscience, mais je le défends un peu trop sur certaines choses. Mais tu as bien raison. J'ai défendu mes parents pendant tellement… Je te comprends complètement. et prend le temps de toute façon chacun aussi digère comme il peut et ton papa a aussi son chemin et a aussi fait j'imagine plein de trucs géniaux et voilà on va pas l'enfermer dans une phrase un peu débile c'est ok quoi du coup toi aujourd'hui là on a un peu marché chronologiquement et on est presque arrivé à j'ai 20 ans je m'appelle Roberto et je suis assis sur un espèce de fauteuil très inconfortable t'as l'air très inconfortable quand même Non, ça va, je trouve une bonne position là pour le coup. L'idée est que t'en es où là ? Là où j'en suis, c'est que je suis toujours bloqué, c'est-à-dire que je suis toujours bloqué avec les IST. C'est-à-dire que par exemple là, je suis arrivé à Paris hier, tout récemment. Pour une semaine de vacances. Pour une semaine de vacances, exact. Merci de préciser. Et forcément, je me dis Paris, grande ville… grandes opportunités donc non hier soir je sors d'une belle rencontre sur Tinder chouette rencontre on cherche l'amour, le sexe, l'amitié les deux, les trois je cherche tout, en fait dès que ça se montre et propose à moi je prends Ok, voilà. Hier soir, c'était plutôt un date, une rencontre sexuelle ? Un date. Non, c'était sérieux. Et puis non, le mec, top, super sympa. Un normand fraîchement installé à Paris. Et qui m'a fait visiter la ville de nuit, donc c'était super beau, les quais. Wow, un peu romantique. Très romantique. J'adore. J'adore aussi. Ah mais j'adore. Mais moi, je demande que de ça, quoi. Ok. Donc non, j'étais émerveillé. Je pense qu'il a vu sur mon visage, je suis quelqu'un de très expressif. Je pense qu'il a dû le voir direct que c'était bingo là pour le coup. Et puis je leur en demande vraiment, pour le coup. Est-ce que vous êtes rentré ? Tu mentionnais les IST comme si ça avait été une barrière ? ben pour le côté romantique ça l'est pas et pour tout ce qui est sérieux ça l'est pas en fait c'est que pour tout ce qui est plan cul et plan sans lendemain où ça bloque parce qu'en même temps j'ai réinstallé Grindr en fait des fois c'est ce qui est bizarre c'est que j'ai des phases où je désinstalle Grindr où je dois me couper littéralement de ça et ça se trouve une heure après ou une semaine après je vais revenir dessus comme un idiot et les mêmes mecs qui m'ont envoyé un message vont me dire mais pourquoi tu disparais pourquoi tu réapparais et tout et donc ouais donc je l'ai réinstallé pour Paris Il y a de belles personnes qui me proposent des plans ou autres, des rencontres. J'ai des albums, j'ai des photos de nuit de moi. Voilà, je leur envoie et tout, et puis c'est de deux côtés. Et après, c'est là où arrive le moment où ils me disent « Ok, c'est cool. » Ils m'envoient leur adresse. Et là, c'est là où ça bloque. C'est-à-dire, est-ce que j'y vais ou pas ? Est-ce que je reçois ou pas ? Qu'est-ce que je fais ? Et donc, en fait, j'en suis là aujourd'hui. Je suis bloqué, en fait. Et j'ai plus de rapport sexuel depuis un petit moment. Ou du moins très rarement, mais c'est ponctuel. Et ça ne me permet pas de réellement profiter ou de m'épanouir. C'est marrant, tu dis « je suis bloqué » et hier tu étais en date. Parce qu'en fait, pour moi, les dates ou tout ce qui est amoureux, c'est plus facile. Il n'y a pas le côté sexuel, IST et tout qui rentre direct. En fait, il y a une con… On voit la personne avant. Dans les plans Grindr, ce n'est pas le cas. Et je ne demande pas à les voir avant aussi. Donc là, le monsieur Paris de nuit, tu ne te vois pas avoir de rapport sexuel avec lui ? Pas pour le moment. Qu'est-ce qui décidera que c'est le bon moment pour toi ? Quand ce sera réciproque, quand tous les deux on sentira le moment venir, ça sera naturellement. Et dans ces cas-là, est-ce que tu as l'impression que la peur des IST peut agir dans ce contexte où tu as pris le temps de rencontrer, de sentir une réciprocité ? Oui, mais moins. Parce que je serais en confiance et je connaîtrais déjà la personne avant. Ok, c'est marrant parce que ça me rappelle deux épisodes, un cercle de paroles à Zurich sur Grindr où le petit groupe d'auditeurs racontait exactement ça, genre je l'installe, je les désinstalle, etc. Et je voulais juste te dire que je pense qu'il y a plein d'auditeurs qui utilisent Grindr qui sont là dans mes mois aussi. Dans ce comportement contradiction, il faut aussi être honnête. Quand tu es gay ou queer, un homme gay ou queer, pour rencontrer d'autres personnes, Grindr reste quand même un outil très puissant. L'autre épisode que ça me fait penser, c'est aussi un cercle de paroles qu'on a enregistré à Paris sur la peur des IST. Et justement, comment… Et là, on parle bien d'une peur irrationnelle qui déborde et qui empêche. Et je trouve ça intéressant que tu dises que ça réduit quand tu crées les bonnes conditions pour toi. Et j'ai presque envie de te poser la question, est-ce qu'au final, cette peur, elle n'est pas messagère ? En gros, la peur, elle est en train de t'empêcher… de répéter du sexe sans romantisme et est-ce que c'est pas l'expression d'un désir profond Si, sans doute, si. Tu te rappelles, on a parlé de mon billet de podcasteur. Oui. Ou quand je dis un truc, tu vas croire que j'ai raison parce que t'as… Oui, non, mais je vois très bien. Et excuse-moi de te couper, mais non, non, non, c'est vrai. C'est ce que je me suis dit aussi depuis un moment où je suis sur Grindr et tout, j'ai des plans cul, même, j'en ai parlé à ma psy. et je me dis oui est-ce que c'est réellement ça qu'il me faut et dont j'ai besoin des plans cul ou alors est-ce que ce serait pas juste des rencontres avec des personnes quelque chose de plus naturel et tu partages des échanges des émotions et quelque chose de plus doux que ça en fait donc ouais Tu poses la question et tu réponds ? Tu essaies d'y répondre ? Je pose la question, mais au fond de moi, je le sais. Mais pour moi, oui, c'est ça dont j'ai besoin. Et il y a quelque chose qui te fait peur, à l'idée d'être sur ce chemin, avec des dates, plus de romantisme, et à chercher ce type de relation ? En fait, ce type de relation me rassure, mais j'ai peur de me dire « Ah, je vais me bloquer à peut-être des explorations, des découvertes sexuelles. » Vu que j'aurais, sur Grindr, plus de partenaires et autres. Mais rien de sérieux. J'ai pas compris. Ma question, c'était, tu exprimes le désir d'avoir des rencontres amoureuses. Oui. Qu'est-ce qui t'inquiète à l'idée d'arrêter la relation sexuelle sans lendemain pour te consacrer à essayer de rencontrer comme M. Paris, by night ? Étrangement, c'est… En fait, c'est horrible à dire, mais me retrouver bloqué, en fait. Explique-moi ce bloc. Me retrouver bloqué, c'est-à-dire me retrouver bloqué avec… C'est horrible de le dire, mais avec la même personne. C'est-à-dire me dire, je vais, entre guillemets, faire ma vie avec lui. T'as l'impression que s'il y a un développement d'une relation romantique, c'est un engagement sur le long terme qui te fait peur. Oui, pour moi, c'est constamment ça et ça me fait peur parce que… oui ça me fait peur et en fait c'est ça aussi qui me fait capoter les relations amoureuses c'est l'engagement et le fait que je me projette trop loin en me disant vas-y je vais passer ma vie avec lui alors que j'ai juste passé une soirée tout court ouais ah bah ça me parle vachement C'est marrant parce que quand toi tu le dis, je me dis bah non, mais moi je l'ai ressenti dans ma chair comme cet engagement très lourd, très enfermant. Est-ce que des nouvelles, elles ne sont pas si nouvelles que ça, mais est-ce que d'autres formes de relations, par exemple ouvertes, de relations polyamoureuses, est-ce que c'est des choses qui t'intéressent et qui peuvent venir ? J'y ai réfléchi et je me suis documenté à ce sujet-là, mais je pense que ça me ferait plus de mal que de bien. J'aime bien le fonctionnement de la monogamie. Déjà que trouver une bonne personne, c'est compliqué, c'est pas évident. En plus de ça, trouver d'autres, c'est pas… c'est compliqué c'est trop demandeur et c'est pas l'idéal et puis même je me dis je préfère me concentrer sur une personne que d'en trouver une autre ou machin et puis je sais pas je trouve que ce serait manquer de respect pour mon partenaire en fait même si c'est éthique et qu'on définit des limites mais je me dis c'est pas éthique quoi c'est pas équitable ouais Voilà, c'est comment je le vois. Ouais, je comprends. Oui, donc toi, quand tu te projettes dans une histoire d'amour, t'en as autant envie que peur, et pas envie. Oui. Notamment parce que tu auras des rapports sexuels qu'avec cette personne, c'est ça le souci ? Oui. C'est la sexualité avec une seule personne ? Oui. En soi, ça me rassure, ça me fait du bien, et puis on peut faire tellement de choses, mais c'est juste que oui, de me dire… Je passe à côté d'autres choix, en fait, c'est ça qui est horrible. Ok. Je pense qu'avec le temps, j'arriverai à faire la part des choses. Il y a peut-être quelque chose qui s'exprime dans cette indécision. C'est aussi une forme de choix, l'indécision ? Oui. qui nous protègent en tout cas le truc où je peux rebondir avec mon histoire intime c'est que je me suis mis dans des relations amoureuses impossibles parce qu'au fond de moi je voulais pas être en couple c'est à dire développer je suis curieux ça m'intéresse moi je suis resté longtemps avec quelqu'un qui n'était pas disponible Ah, émotionnellement ? Ouais, à plein d'endroits différents. Et quand je regarde et que je me dis, mais Guillaume, du coup, tu savais, la personne te disait, je ne suis pas disponible. Pourquoi tu as gardé ce lien et donc tu t'es empêché d'avoir d'autres histoires ? C'est parce que j'en étais aussi pas capable. Il y a un petit peu de tu tombes amoureux et tout, mais moi, je suis désolé. Je trouve que l'amour, c'est comme une fleur, ça s'arrose. Donc, si j'arrête de t'arroser, tu meurs. Et puis après, la fleur, elle vit toute seule. Oui, il peut y avoir une graine et ça, c'est en effet une rencontre. Mais tu vois ce que je veux dire ? Là où tu mets ton attention et ton soin, c'est vraiment ça qui va créer l'amour. C'est le lien dont on va… Et du coup, j'étais là, mais Guillaume, pourquoi t'as pris soin d'un lien où la personne te disait, il n'y aura pas de futur, en fait ? La vie est un peu plus compliquée que ça, et certaines de ces personnes m'ont fait croire qu'il pouvait y avoir un futur. Mais bon, quand même, il y a des signes qui ne trompent pas. Et je pense que moi, je n'étais pas prêt. Ce n'était pas possible pour moi, tu vois, à plein d'égards. Je crois aussi que j'étais écrasé par la vision de l'amour. C'est intéressant quand tu as dit, moi, s'il y a une relation romantique, je me dis, putain, je suis embarqué pour toute ma vie. Oui. Je crois que quelque part, on m'a transmis une définition de l'amour et de l'engagement qui ne me correspond pas et qui ne m'excite pas du tout. Et donc le moment où je fais des dates pour aller dans cette direction, cette direction avec un grand D, un peu calqué sur la définition du couple amoureux tel que les films me le proposent, ça ne m'intéresse pas du tout. Donc je pense qu'il y avait aussi là un endroit où il y avait à la fois une envie de correspondre à ce rêve commun, et à la fois au fond de moi j'étais là, mais j'ai pas du tout envie quoi. Ouais, je représente. Et en fait, l'expérience a fait l'affaire. Bah j'ai cheminé, je me suis pris mes gros murs, mes bonnes portes, les portes vitrées, c'est les pires. Celles que tu ne vois pas, et tu cours. En plus, ça c'est pas drôle. Le fracas est puissant. Et c'est merveilleux de vieillir. C'est magnifique. C'est génial. C'est vraiment… Et ça, c'est des références. Moi, j'ai pas de… Toi, t'as devant toi un gay de plus de 20 ans. Moi, j'ai peu ou pas de gays qui ont 20 ans de plus que moi, c'est ça que je voulais dire. Et où je me dis, putain, il me fait trop envie sa vie, là, j'adore et tout. Et… Et moi, je ne dis pas que je peux être ça pour toi, j'ai juste envie de te témoigner que je vais avoir 40 ans et c'est génial. Parce que moi, le message que j'aurais envie de te partager et de partager à mon moi de 20 ans, c'est que là, c'est que de la merde. Je suis désolé, Guillaume de 20 ans. Mais genre, c'est qu'un monde violent où je comprends rien, où je me sens perdu, où j'ai peur. Parce que les peurs autour des IST, les peurs où je suis tout seul là, avoir des morpions dans mon putain de lit, avoir personne et tout. Et même si c'est pas grave dans le sens où ça se traite, etc. Je me sens… c'est tellement dur d'arriver dans le sauna et d'avoir ce mec que tu courtises qui en fait embrasse un autre pour après te dire mec s'il y a des sentiments c'est mort pour après disparaître c'est trop dur de continuer à aller vers cet homme alors même qu'au fond de toi t'es là je suis pas de ouf nourri et il y a rien qui est mal en toi Guillaume de 20 ans, je me permets pas de parler à Roberto. Mais c'est de la merde, c'est dur. Et pour le moment, à part te prendre les épines, t'as pas les pétales de la putain de rose qui est largement plus haut, ou je sais pas, t'arrives pas à la voir. Tu saignes et tu te sens seul, tu vois. En fait, ce qui est en train de se faire, que tu le veuilles ou non, c'est une magnifique… Carapace, j'aime pas le terme, ton Pokémon, tu sais, ils évoluent. Ton évolution est en marche. Et il y a un putain de Pokémon level 50 000 en marche. Et tous ces défis… T'es heurté, petit Guillaume de 20 ans, parce que t'es queer, t'es bizarre. Queer, c'est bizarre en anglais. T'es différent. Et donc, pour le moment, t'as l'impression que de perdre. Mais en fait, ce qui est en train de se passer, c'est que t'es en train de te construire en dehors des normes. Tu fais comme tu peux. Mais à 40 ans aujourd'hui, moi, du coup… J'ai eu l'impression de pouvoir repartir à zéro sur ma définition de l'amour, du sexe, puisque je suis bizarre, j'ai pu choisir même professionnellement plein de choses. Parce que la puissance de mes expériences, la difficulté de mes expériences m'ont donné une puissance qui ont fait que je suis là. Bon, de toute façon, clairement, j'ai tiré un jeu de cartes qui est tellement différent. Je viens me reposer mes questions alors. Et notamment, tu vois, aujourd'hui, je suis célibataire et je n'ai jamais été aussi heureux que ça. Dans plein de rêves communs de nos sociétés, de ce que j'ai le droit ou pas de faire apparemment, je me suis extirpé de ça. Et ça, c'est mon expérience et tout ce chemin difficile. qui m'a donné ses clés tu vois attention je suis pas en train d'idéaliser la merde que c'est d'avoir 20 ans et moi le Guillaume de 20 ans et tout enfin franchement c'est juste horrible et c'était pas du tout génial je dis pas du tout merci à la vie je dis putain d'homophobe et de société de merde qui a fait que Guillaume a pas pu vivre autrement et je suis pas en train d'idéaliser c'est génial tu vois d'être violenté c'est pas ça que je veux dire Mais je veux dire que ce putain de « it gets better », tu connais « it gets better » ? Oui. Je suis désolé, mon accent est nul là. Pas de souci. Moi, j'ai jamais compris. Ces vieux là qui me disaient quand j'avais 20 ans « it gets better », « yay », je me disais « mais de quoi tu parles en fait ? Et puis pourquoi tu me dis ça ? Ça sert à quoi en fait ? » Et bien là, à 40 ans, j'ai compris. Hum. ça te parle ? ça me parle totalement oui c'est d'une justesse ouais c'est ce qu'on me dit souvent mais dont j'arrive pas à intégrer justement mais C'est pas possible d'intégrer pendant que t'es dans la galère. Oui, c'est ça. Dans la tempête, on y rit. Non, non, c'est pas possible, quoi. Je vais te demander si t'as une dernière bafouille ou une dernière question pour moi. Et avant, je trouve que c'est vachement important. J'ai envie qu'on réponde à ta peur des IST. Est-ce que t'as eu un espace pour choisir, avec le cœur et le cerveau, ta stratégie d'IST ? Tandis que tu es sexuellement actif. C'est-à-dire ? Il y a plein d'outils pour prendre soin de ta santé sexuelle. Est-ce que tu as eu un espace où on t'a informé en célébrant le fait que tu as envie d'avoir plein de sexe en disant c'est cool et voilà ce qui s'offre à toi ? Non absolument pas. Non. Même, j'en ai parlé plusieurs fois avec ma médecin traitante, qui est très bien. Mais à chaque fois que je lui ai dit, ah, j'ai un problème à ce niveau-là, à ce niveau-là, j'ai ci, j'ai ça, j'ai beaucoup de rapports, elle m'a rien proposé, quoi. Ni PrEP, ni DoxyPREP, ni autre. Juste, elle m'a dit, fais attention et mets des préservatifs. Voilà, donc niveau zéro, quoi. Ok. mais c'est déjà ça au moins on va positiver t'as raison du coup super brièvement moi j'avais un énorme tu pourras aller écouter les épisodes sur l'angoisse des IST moi j'en avais des énormes ça a criblé ma vingtaine J'étais paniqué tout en allant essayer d'avoir des rapports sexuels et en ayant des angoisses pendant ou après ou avant l'horreur. Et du coup, en prenant des risques, assez bizarrement, tu vois, alors que je suis très angoissé, me voilà en fait parce qu'il y a un moment donné où t'as tellement envie de lâcher prise et c'est là où les substances peuvent d'ailleurs rentrer en jeu c'est que tu veux vraiment faire péter le bouchon il y a un moment donné mais laissez-moi sucer une bite quoi tu vois c'est ça il y a une frustration oui et c'est ce moment d'explosion où là tu peux faire des bêtises alors qu'en fait t'as pas envie de les faire hum hum et du coup je trouve ça moi vraiment ce qui m'a aidé c'est le moment où donc dans un Cégide comme t'habites en France ça existe en France métropolitaine et en France outre-mer dans certains je pense peut-être pas tous en tout cas à la Réunion où j'étais je sais que les Cégides existent les Cégides c'est des centres Gratuit, je crois parfois anonyme si tu en as besoin, et dédié notamment à la santé sexuelle des personnes LGBT. Donc tu vas être accueilli par des personnes compétentes, souvent elles-mêmes LGBT. Et vraiment, si tu es mal accueilli dans un Cégit, franchement, c'est tous mes espoirs qui s'effondrent. Comme tu habites à Bordeaux. Et là, tu vas vraiment, je pense, pouvoir tester avec différents professionnels et quand tu as un bon feeling, être informé. Moi, ce que j'ai choisi, c'est la PrEP. Je te racontais dans l'épisode précédent, c'est ce petit comprimé que je prends avant et après. Il y a un bon protocole à suivre et qui fait qu'au niveau VIH, je suis protégé. J'ai des épisodes sur la PrEP où vraiment un médecin prend le temps de décrypter, tu peux aller les retrouver dans l'historique, et qui explique, voilà, tu peux les prendre soit à la demande, autour de ton rapport sexuel, soit en continu. Je te rappelle que je suis ni médecin, ni thérapeute, ni coach, et je te partage moi mon chemin de Guillaume, et que c'est vachement important, notamment si les auditeuristes m'écoutent, qu'ils puissent aller demander à un personnel compétent de ne pas choisir sa stratégie sexuelle selon ce que Guillaume, le podcasteur, a dit. Euh… Ça ne nous protège d'aucune autre IST, c'est très important. Donc si jamais tu peux continuer à avoir des capotes pour te protéger des autres IST par exemple, tu peux décider de faire sans capote. Et dans ces cas-là, c'était important pour moi de comprendre, ok, c'est quoi les IST que je peux avoir et c'est quoi les réflexes ? Enfin, je dois m'inquiéter à quel niveau ? C'est quoi le délire ? Ce qui m'a vraiment débloqué, c'est de trouver ma médecin généraliste pro-sexe, lesbienne, qui, la première fois où j'ai eu une chlamydia, je l'ai vue tout à l'heure, je lui ai raconté d'ailleurs, je lui ai dit que je parlais d'elle sur le podcast. elle m'a dit j'ai vu vos résultats tout va bien il y a une chlamydia donc on va traiter mais elle disait tout va bien parce qu'en fait ça te check comme tu prends la PrEP les reins le machin et elle disait tout va bien et ça vraiment ça a été un déclic pour moi et je lui ai dit je suis un peu angoissé des morpions elle me dit je vous fais une ordonnance du traitement anti-morpion ou anti-poux Et comme ça, dès que vous l'avez, vous n'allez pas me consulter et tout. Hop, vous faites un traitement. Et c'est tout con. Mais du coup, j'ai ma petite ordonnance sur mon petit Doctolib, l'espace en ligne français. Et le jour où j'ai besoin, l'ordonnance, elle est datée pour l'année. Et hop, c'est ce genre de petite stratégie et de professionnel de santé rassurant, qui pour autant très rigoureuse. Ça ne veut pas dire qu'on prend ça à la légère. Ça a transformé ma vie. Très bien. J'en prends note, j'en prends note. On est dans cinq ans. Tu reviens sur ce podcast et tu as parcouru un chemin magnifique. Imprécis, imparfait, avec des hauts et des bas. C'est quoi les deux, trois trucs que tu aimerais me dire dans cinq ans ? Là, tu es à ce micro, on est dans cinq ans et tu as des victoires. Elles ressemblent à quoi ? J'aimerais te dire, j'ai emménagé à Paris. C'est un projet. J'ai emménagé à Paris. J'ai plus confiance en moi. J'arrive à faire ce que je souhaite. dans le milieu artistique et dans les métiers j'ai envie d'intégrer le milieu de la mode c'est pas évident je sais c'est un milieu de requins c'est très compétitif mais j'ai la niaque j'ai vraiment envie de réussir et sur ta vie sexuelle et intime j'ai envie de me dire que les existés ne me font plus peur que j'ai réussi à contrôler cette peur irrationnelle et relationnelle de me dire que j'arrive à faire les bons choix et peut-être me poser avec quelqu'un de confiance qui me comprend et qui et qui sait me réconforter et être là quand il faut et avec qui il y a du sexe ? surtout oui non pas surtout et avec qui il y a du bon sexe ? il y a du joyeux sexe ? du sexe gros sexe ? non pardon je voulais pas dire gros sexe mais dans le sens où oui c'est présent une vie sexuelle active et qui est plaisante et à la fois aussi on va dire plus sauvage comme tendre Je vais te proposer quelque chose que moi j'avais sous-estimé. C'est des amis gays ou queers. C'est ça que j'ai découvert dans ma vie et qui l'a transformé. C'est relou d'avoir une IST. Et la dernière fois où j'ai eu des morpions, j'avais ce petit groupe WhatsApp avec mes trois copains queers, où je sais qu'en fait, c'est un espace tellement safe qu'eux aussi sont sexuellement actifs. Et c'est au-delà de la bienveillance, tu vois. Ils vivent dans leur chair, les trucs que j'ai à leur proposer. On partage des trucs puissants. Et du coup, je fais un message vocal en mode… Putain, mais les gars, j'ai redé putain de morpions, c'est dégueulasse, j'en ai marre et tout, ça me saoule. Et ils me renvoient des trucs genre en mode pouce vers le bas, émoji relouté et tout. Et ils disent, ouais, j'avoue, c'est trop relou. Est-ce que tu veux qu'on aille à la pharmacie ensemble ? J'invente, mais non, j'ai pas besoin qu'on aille à la pharmacie ensemble, mais juste… ce cercle de soutien de gens ou bien ou parfois on se fait des messages vocaux bon on se voit aussi dans la vraie vie et on se dit putain là quand je suis s'il se passe ça enfin c'est mon mini podcast quoi et d'ailleurs ils ont souvent été enfin ils ont déjà été sur ce podcast mais tu vois c'est genre putain mais toi ça me fait mal là ça te fait mal aussi ce genre de truc ça a transformé ma vie tu vois ça te parle ? cette communauté que tu pourrais te créer que t'avais un peu au Sona oui si ça me parle totalement et c'est ce que je cherche aussi un peu ici ici à Paris ? oui à Paris vu que j'ai vu qu'à Bordeaux c'était trop compliqué ou restreint je me dis que Paris c'est peut-être un nouveau départ et nouvelles opportunités qui se présentent à moi quoi et je me dis bah ouais ça pourrait être carrément incroyable d'avoir un groupe d'amis ou autres gays qui me comprennent avec qui on partage de bons moments et tout c'est ce que je cherche aussi en partie profondément en venant ici quoi donc ouais Ok, je te promets, c'est mon dernier blabla. Pas de souci. Tu me fais penser à un autre épisode. Je ne sais plus quel est son nom d'emprunt. Son prénom d'emprunt, il est italien. Dans le titre, il y a cruising. Et en fait, il parle de cette migration LGBT. Et par migration, on entend bien entendu les LGBT dans les pays où c'est un crime et qui fuient. Mais il parlait lui aussi en tant qu'italien de comment il est parti en Angleterre puis en France. Toi, tu pars de partir de Bordeaux pour Paris. Moi, je suis parti et je suis allé notamment au Canada. Mais c'est souvent que j'entends chez les gays et queers qu'il y a un besoin aussi d'aller loin pour se réinventer ou se découvrir au lieu de se réinventer, pardon, s'inventer tel qu'on est. Avoir accès à soi, tu vois. Et à la rose ? Merci, tu te sens comment ? Je me sens étrangement bien, confiant. Merci à toi. Merci, ça me touche vraiment, pour le coup.