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On se relance, tandis que Harry mange ses petites cacahuètes. Bienvenue dans la troisième partie et la dernière de votre témoignage, mes petits… Ouais, je me suis permis, Aurélien et Harry. Mais c'est marrant parce qu'Aurélien, ça fait longtemps que t'écoutes le podcast et nous on s'est vus plusieurs fois dans des lives ou des rencontres à Paris. Ça fait longtemps que je t'écoute. Merci Recherche Deezer sur sexualité gay.
Ah, t'as juste mis ces mots-clés dans… Exactement, dans 10 heures, et c'est comme ça que je t'ai découvert. Moi, ça m'émeut. Franchement, ça m'émeut que des destins se rencontrent comme ça. Enfin, tu vois, moi, je me souviens, quand j'ai lancé le podcast, t'existais pas dans ma tête, tu vois. Et ouais, j'avais une hypothèse. Alors que moi, tu existais dans ma tête.
C'est ça. J'avais l'hypothèse que je pense qu'il y a d'autres personnes qui peuvent être intéressées. Je ne sais pas comment ils s'appellent, je ne sais pas où ils sont, mais peut-être. Et donc, quand ton message est entendu et qu'après, c'est trop cool. Et vous aviez proposé votre témoignage il y a un an.
Donc ça fait longtemps que ça chemine dans nos petites têtes. Dans les deux premiers épisodes, on a parlé de plein de choses que je ne vais pas résumer, mais de couple, de sexe. Là, j'avais envie qu'on… Bon, ça fait 20 ans que vous êtes ensemble. Vous êtes des petits choux amoureux. Je pense que c'est pour ça que j'ai dit les petits choux, parce que vous avez l'air d'être très amoureux.
On a terminé l'épisode précédent en parlant justement peut-être des différences entre vous deux par rapport à l'exploration sexuelle et où est-ce que je me sens à l'aise sexuellement, qu'est-ce que j'ai envie de faire ou pas. Et j'ai entendu le terme de casanier pour Aurélien et d'explorateur pour toi, Harry. Et on a parlé sauna à un moment donné. C'était quand la dernière fois au sauna ?
Dernière fois au sauna, il y a quelques mois peut-être ? Non, c'était la Suisse. Non, dernière fois au sauna, c'était sur Paris. Ah oui, ça ne s'est pas dit. En Suisse, il s'est passé quelque chose de particulier au sauna. C'était notre premier. Non, ce n'était pas notre premier. En fait, on a commencé à aller dans les saunas. Il y a seulement…
Ah oui c'était après Covid, il y a 4-5 ans, j'allais dire seulement 4-5 ans parce que ni lui ni moi n'avons été seul ou accompagné dans un sauna et en plus on a été parce que c'est un pote qui travaille là-bas donc on s'est dit on va voir ce pote, on va boire un coup avec des amis ça va être cool et c'était cool d'ailleurs.
Et après, on s'est dit, moi aussi, c'était cool. Aurélien fait une tête qui hoche. Mais vous avez vécu une expérience différente dans ce sauna suisse. Alors ça, c'est un autre parce qu'on n'a rien fait là-bas. Ah si, si, si, on a fait, pardon. Alors j'ai tendance à zapper et on rappelle les choses. Vas-y Aurélien. Il a tendance à oublier les moments où je n'apprécie pas trop. Je fais du cul.
En fait, à un moment donné, Harry, quand il est en érection, son cerveau est moins irrigué, donc il oublie un peu ce qui se passe. La première fois qu'on va au sauna, en plus on part avec un pote, un mec qu'on connaissait à peine, enfin que je connaissais une fois, et il me dit tiens, tu veux compter ce sauna ? Lui aussi n'avait jamais fait le sauna, on part à trois. Et je dis à Harry, c'est la première fois, moi je ne suis pas hyper à l'aise dans une zone comme ça, on ne se quitte pas.
A pas loupé, j'ai pissé, je reviens, plus personne. Disparition d'Harry. Et je le retrouve quelques minutes ou un peu plus après. Donc il me dit, je suis parti avec un type. C'était sympa. Tu m'as quand même laissé tout seul. J'avais pas trop apprécié ce moment-là. T'avais pas entendu Harry qui voulait pas être tout seul ? Ouais, je crois.
Tu n'avais pas envie d'entendre. Je n'avais pas envie d'entendre. En fait, je suis un peu foufou et du coup, c'est un peu comme une soirée en boîte de nuit. Je peux tout de suite accrocher avec telle ou telle personne. Harry, tu l'as mis dans un environnement où il était… Ça brillait de partout pour Harry. Donc, il était… Ouais, je suis dans la découverte. Je suis dans la découverte et c'est vrai que j'ai un peu laissé Aurèle de côté pour aller explorer. Et pourquoi ne pas lui dire avant ?
Je pense qu'on s'est mal préparé avant. On ne s'est pas dit, ok, on se donne des règles, tu ne me laisses pas tout seul. On ne s'est pas donné… Mais ce n'est pas vrai, il vient de dire tu ne me laisses pas tout seul. Tu m'avais dit ça avant ? Ah, j'avais tout oublié. Je te gratte un peu parce que…
quand tu dis ah je suis fou fou c'est comme si on devait t'excuser moi je suis là en fait flemme le moment où tu me dis moi je suis fou fou ça m'excite de ouf donc on va aller au sauna là mais du coup moi ça sera chacun pour soi bon peut-être on le formule pas comme ça mais en fait j'honore complètement tes désirs en mode
Mais du coup, on les vit, tu me les dis et puis du coup, ton attente que je sois avec toi, c'est pas possible. Pourquoi tu… C'est compliqué pour toi de verbaliser ça ? De prendre la responsabilité de ton côté foufou et de dire aux autres…
Mais je pense que je ne l'avais pas prémédité. Après, je me suis excusé, on en a parlé après, tu vois. Mais c'est vrai que sur le coup, je ne l'avais pas forcément prémédité à me dire, voilà, je connecte avec quelqu'un super mignon, hop, je suis parti en fait. Et c'est vrai que je m'en suis… Enfin, ce n'était pas cool, quoi. J'avais laissé tout seul Aurel. Ça, c'est sûr. Je ne dis pas forcément pas cool, c'est plus c'est quoi notre accord à la base. Oui, c'est ça. C'est juste qu'on n'avait pas bien défini, clairement. On découvrait un endroit qu'on ne connaissait pas.
Et on n'avait pas anticipé ce qui allait se passer. Donc en fait, on n'a pas pu réfléchir à comment gérer cette situation.
Et d'autant plus que là, en Suisse, il s'est repassé encore la même situation. Et là, forcément, ça a été… Et là aussi, il y a eu… Vous avez le droit d'avoir des versions différentes. C'est quoi ta version, toi, Harry ? En Suisse… Alors, je vais te raconter ma version, il va raconter la sienne. Donc, on décide de remettre une couche sur l'expérience Sona, puisqu'on était en Suisse. On s'est dit, tiens, pourquoi pas ? Là, on n'est que nous deux. Et on a dit, Lausanne, c'est le plus grand…
C'est le plus grand. Ah ouais ? En plus, j'ai failli y aller. Quand j'ai enregistré le live à Lausanne, j'ai failli y aller. Honnêtement, ça fait un peu Disneyland. Il y a des trous partout. Il y a des trous partout. Très bien. Je prends note.
Quand tu dis qu'on a décidé de remettre une couche, en vrai, c'est toi ? En vrai, c'est plus moi. On se dit la vérité. Donc toi, tu dis, viens. Il était très orni ce jour-là, très, très excité. Vous reconnaissez, il était très excité. Et moi, forcément, je n'avais pas eu une vidéo de ouf à ce moment-là. Et il me dit, viens, viens, on y va. Et en fait, on voulait à la base aller dans un sauna classique de terme en Suisse. Et…
que des gosses, machin, on s'est dit t'as l'enfer sur terre donc on s'est dit non on va faire un truc plus sympa et il m'a dit viens on va à Lausanne donc on va dans ce sauna et c'est vrai qu'on s'était dit au début de pas accepter les verres qu'on nous offre si on aime pas la personne, enfin si on connecte pas avec la personne, il se trouve que moi je me suis connecté avec un mec et
Et Aurel était pas à l'aise et du coup je dis viens Aurel et puis surtout je regarde droit dans les yeux je dis qu'il s'en pense et tout et Aurel en fait le problème c'est qu'il souriait et il me disait après on a compris attends je fais ma version après la tienne et du coup il disait ouais comme tu veux.
Donc avec un grand sourire il me disait comme tu veux, je lui ai dit bon bah ok comme je veux let's go quoi, donc on discute et tout, le type il commence à nous payer des verres, à Aurel aussi, et Aurel qui dit non non je veux pas de verre, c'est une information importante parce qu'après on en reparlera où il m'a dit t'as vu je t'ai envoyé un signe, j'ai refusé un verre, mais ça a continué, on a bien matché et puis à un moment donné on part justement pour aller s'amuser.
Et je continue de voir Aurèle je lui fais Aurèle t'es ok hein il me dit oui oui comme tu veux comme tu veux avec un grand sourire moi c'est ma version des choses tu vois il me faisait comme tu veux avec un grand sourire du coup on s'est amusé et je voyais Aurèle alors c'est vrai que moi j'étais plus avec le mec et on était deux couples et du coup Aurèle était avec l'autre couple.
C'était un peu derrière, donc je voyais pas trop ce qui se passait avec Aurel, mais je les voyais à fond. Même à un moment donné, Aurel, je vais aller droit dans les détails, tu m'as fait un anulagus aussi. Tu te souviens ? Donc en fait, Aurel s'est donné, en fait. Parce qu'un anulagus, normalement, c'est pas trop ton délire ? Ah si, si, moi j'aime bien, mais lui, il aime pas… Moi, c'est pas trop mon délire, mais lui, quand il fait un anulagus, c'est qu'il est plutôt chaud, tu vois. Et on est ressortis du sauna, je lui dis « Ah putain, c'était cool ! » Et lui, « Tu te fous de ma gueule ? » « Pas du tout ! » Et là…
Mais je tombe des nues. En fait, on n'a pas du tout vécu la même expérience. Et du coup, la version d'Orel. Non, mais toi, du coup, dans comment ça s'est passé et les signaux que tu n'as pas vus, tu en penses quoi, toi ? Parce que faire couple, c'est ça. C'est d'arriver à décrypter les langages de l'autre. Et ça fait 20 ans que vous vous décryptez. Qu'est-ce que tu comprends, toi, de ne pas avoir…
Alors, je comprends que le grand sourire, c'est un sourire de nervosité. Et ce que tu veux, Harry, en fait, il ne voulait pas me dire non alors qu'ils étaient juste à côté. C'est habituel pour lui ? Dans un sauna, dans un contexte, tout était nouveau puisqu'on n'avait jamais fait de sauna avant. En général, il m'envoie des signes un peu plus forts. Non, ce n'était pas habituel.
C'est pas habituel, sinon je tomberais pas de… En fait, il faut dire, il venait de refaire aussi un festival sex-positif. Ah, c'était juste après ? Juste après. Et il m'avait dit, il m'avait tanné, enfin pas tanné, c'est pas le bon terme, mais il m'avait raté de lui dire, quand le oui n'est pas consentant, enfin clair et limpide, ça veut dire non. Voilà. Donc il me sort ça tout le temps. Et pareil, on est des… Donc pareil pour le verre, quand tu refuses un verre, c'est que t'as pas envie du…
Donc, il me sort tous ces codes-là. Donc, moi, j'ai le code. Si je ne te dis pas oui, c'est que ça veut dire non. Et si tu refuses le verre, c'est que tu n'es pas intéressé. Du coup, toi, tu n'as pas dit comme tu veux ? Donc, j'ai dit comme tu veux, mais je n'ai pas dit oui, comme tu veux. J'ai juste dit comme tu veux. Donc, toi, tu as eu l'impression d'émettre des signaux clairs. Alors déjà, en plus, c'était… Harry rencontre ce…
C'est-à-dire le Suisse, mais bon, je ne sais pas comment il s'appelait. Il avait une spécificité physique, il était grand, petit. Non, il n'était pas très grand. Le beau Suisse. Il sentait bon. Il sentait bon. Le Suisse qui sentait bon. Non, mais surtout qu'il était mignon et il a tout de suite flatté Harry. Et Harry, il adorait le flatter. Harry, tu lui dis t'es beau, c'est bon, tu as gagné 50% du travail. Ça me rappelle quelqu'un.
Oui, ça me rappelle toi Aurélien. Toi aussi c'est pareil.
Il est mignon, bien foutu. Quand je le vois, j'y arrive à kiffer. Moi, il ne me plaît pas trop. Il ne me plaît pas trop, mais je n'étais pas très à l'aise en plus. En plus, il est en couple, mais on n'a pas vu son mec.
On sait qu'il est en couple, mais on ne sait pas à quoi il ressemble son mec. Et donc il nous propose un verre, moi je refuse, je dis non, il réinsiste, je fais non, non, non, et je regarde l'arrivée, je fais non, je ne veux pas, il me dit vas-y, prends quand même, je dis putain, il se fait de la gueule ou quoi, bref.
Donc je sors tous les codes qui, pour moi, voulaient clairement lui dire non. Et bref, il ne comprend pas. Et on monte avec ce couple. À ce moment-là, qu'est-ce qui t'empêche de dire non ? Exactement. Parce que je me dis, mais pourquoi ? Je monte là-haut et je me dis, putain, mais casse-toi Aurélien. Je me dis tout le temps, je me dis, mais qu'est-ce que tu fous ? Qu'est-ce que tu fais là ? Et réponds à la question. Et en même temps, je me suis dit…
Est-ce que t'arriverais à faire du sexe avec quelqu'un ? En fait, à ce moment-là, dans mon esprit, je me dis, est-ce que t'arriverais à faire du sexe avec quelqu'un qui te plaît pas ? Ou dans un environnement qui te plaît pas ? À ce moment-là, je me lance. Et en même temps, il y a Harry qui est là. Elle est tellement tranquille, je me dis, ça se trouve…
En voyant Harry excité par tout ce désir, je me dis « ça se trouve, ça va me donner envie ». Et c'est pour ça que je lui ai fait l'allergus, en fait. Je lui ai fait ça pour essayer de m'exciter. Vraiment, je fais ça. Moi, à aucun moment, je bande. Vraiment, si je ne bande pas, c'est quand même un signe pour dire que je ne suis pas excité.
et Harry voit pas tout ça il est à fond sur moi je vois Harry à fond avec le mec et moi je me retrouve avec l'autre l'autre du couple qui me plaît pas du tout moi j'aime pas quand les gens sont plus grands que moi donc déjà il y avait trop de critères je le connaissais pas j'allais même pas parler avec lui, paf on commence à faire du sexe vraiment aucun critère qui me correspond, insécurité totale ça m'excite pas, je bande pas plus je bande pas, plus je rentre dans ce mécanisme de dire je suis pas excité donc j'essaie de m'exciter avec Harry
Qui est lui, Harry, est à fond dans son kiff. Bref, vraiment… En plus, je regarde Harry pour lui faire comprendre que j'aime pas.
Clairement, je n'arrive pas à lui donner les bons signaux. Et quand on sort de là, je me rappelle Harry. Heureux, c'est génial, c'était génial. Mais c'était le pire moment de ma vie. Le pire, vraiment horrible pour moi. Vraiment, je ne me suis pas senti. Alors là, ça a été une grosse discussion sur…
Comment parler, communiquer dans ces moments-là ? J'imagine que dans un… Enfin, je n'imagine pas. Dans un couple, il y a ce qu'on espère que l'autre peut faire pour aller vers nous. Et il y a ce qu'on peut faire nous-mêmes pour aller vers nous-mêmes. Si tu prends juste cette deuxième partie-là, qu'est-ce que toi, tu comprends de la situation ? Qu'est-ce que j'aurais dû faire pour que… Ouais, donc en gros, c'était une évidence pour toi qu'il n'y avait pas de désir ?
J'aurais dû partir. Clairement, ce que j'aurais dû faire pour qu'Harry comprenne, à ce moment-là, je vais peut-être faire ma diva ou un peu le drama, mais allez, je me casse, c'est nul et je ferai partie. Je pense que là, Harry aurait…
Mais c'est vrai qu'Aurel, il s'est forcé. T'as peur du conflit, toi Aurélien ? En fait, je me suis quand même dit, ça se trouve, ça peut marcher. C'est marrant, ouais. Il y avait quand même un petit sentiment de me dire, est-ce que vraiment voir Harry prendre du plaisir, ça c'est marrant. En fait, je pense que les deux mecs sur Harry, j'aurais peut-être pu kiffer les voir ensemble prendre du plaisir.
Et à ce moment-là, pourquoi est-ce que tu ne t'es pas senti de prendre la tête de l'autre et de la foutre sur le corps d'eux ? J'ai un peu essayé. Non, pas un peu. J'ai essayé. Tu as essayé. J'ai essayé. Je crois qu'ils étaient plus sur moi. Et en plus, il a joui. Tout le monde a joué. Enfin, joué, éjaculé. Tout le monde a terminé alors qu'ils avaient déjà éjaculé plusieurs fois apparemment dans la journée. Nous, on arrive en fin de course. Et je pense qu'Aurel a subi aussi une injonction.
par rapport à tout ça. Il n'a pas osé dire non une fois que c'était parti, j'ai l'impression. Je trouve que c'est vachement lié à ce que tu disais dans l'épisode 2, où moi j'enquêtais un peu sur ton désir de t'inviter à le nommer, puis de dire si on est libre d'oublier tout ce qui nous entoure, qu'est-ce que toi t'aimerais vivre dans ton corps, etc. Et où tu disais, bon ben…
Je me suis remis sur Grindr en me disant « bon, je vais voir si je suis capable d'avoir un plan cul ».
Et moi, je crois que ça me gêne. Je ne me sens pas bien dans mon corps quand je t'écoute. Ça vient me chercher à un endroit. Moi, je comprends. J'adore le défi. Moi, je comprends de dire « Allez, je n'aime pas trop cette pratique, je vais essayer. » Mais là, moi, quand je t'écoute, ça me rend triste. Quand j'écoute ton expérience en Suisse, je suis vraiment triste. Parce que cette injonction, elle te fait vachement de mal.
Ça vient d'où, c'est quoi ? Je sais pas. En tout cas, moi, le sentiment que j'ai eu dans ce sentiment-là, c'était vraiment, j'avais le sentiment de faire plaisir. À qui ?
Bon, et vraiment, je me suis dit, tiens, on va essayer. Mais après, je pense que clairement, je n'étais pas dans le bon mood. On n'avait pas bien discuté. Clairement, c'est sûr que j'aurais dû dire non. Ça, c'était une évidence. C'est pour l'autre. C'est pour faire plaisir à l'autre. Je me suis dit, je vais faire plaisir à l'autre. Et quand je le voyais prendre du plaisir, ça me mettait en joie. Vraiment, je vois Harry prendre du plaisir avec le Suisse. C'était vraiment… Je me suis dit, waouh, quand même, il est beau, toi. Je le sentais…
Oui, mais ça, tandis que le camion qui faisait beaucoup de bruit est passé. Mais ça, en fait, même ça, il faut qu'on puisse le vivre. Enfin, moi, j'ai envie de dire, j'ai envie, voilà, je te propose un truc et tu me dis ce que tu en penses. J'ai envie, moi, de dire, ah, coucou les gars, je n'ai pas envie d'avoir un rapport sexuel avec vous. Donc là, je suis au sauna. J'ai dit non merci au verre.
Et du coup, j'ai envie de pouvoir verbaliser. Je n'ai pas envie d'avoir un rapport avec vous. En revanche, ça me fait kiffer de vous regarder. Est-ce que vous êtes OK ? C'est-à-dire, qu'est-ce que toi, tu penses de mettre en mots
Ou de décrire, de dessiner exactement l'endroit de ton désir comme tu le souhaites ? Je l'entends et je le comprends maintenant en ayant vécu cette expérience. Je ferais différemment maintenant. Mais quand tu es dans l'instant prison, la première fois que ça t'arrive, j'étais un peu bloqué par cette nouveauté. Maintenant, probablement que ça ne se passerait pas comme ça.
et que je verbaliserais les envies. Oui, c'est sûr, ça ne serait pas comme ça, parce qu'on en a tellement parlé. Là, tu vois, on remet un peu quelque chose qui n'est pas agréable, parce que c'était une mauvaise expérience. Mais ce n'est pas une mauvaise expérience. C'était une expérience qui nous a fait évoluer dans notre façon de communiquer. En fait, je ne le vois pas comme mauvaise. Vraiment, c'était horrible. J'ai dit que c'était horrible quand je suis sorti de là, mais maintenant, je me dis que je suis content de l'avoir vécu.
il a même dit à un moment donné t'avais l'impression d'être violé parce que vu que c'était pas consenti il avait l'impression comme un viol il m'a dit maintenant je comprends les gens qui sont agressés parce qu'il y a cette injonction tu n'oses pas aller vraiment te dire non à 100% toute proportion gardée mais t'as quand même ressenti ce côté un peu agressif ça vous a fait créer des nouveaux mots maintenant vous dites c'est quoi le mot pour dire non ? alors justement pour dire non c'est comme tu veux
C'est comme tu veux, avec un grand sourire. Parce que toi, ce qui t'inquiète, c'est de blesser l'autre. En fait, à aucun moment, quand Harry commence à parler avec Suisse…
à aucun moment je suis avec Harry à aucun moment je suis que avec Harry pour lui dire je suis pas d'accord non viens on change on zappe il y a toujours Harry on est toujours avec le Suisse donc j'arrive pas à mettre la connexion tout de suite et quand il me dit viens on monte ils sont là je me sentais pas de leur dire non mais ils me plaisent pas
et de dire j'ai pas envie de monter j'ai pas envie de monter c'est trop violent pour ton petit coeur pour moi et j'avais pas envie aussi je pense que j'avais pas envie de les blesser de me dire non c'est complètement con mais t'as pas envie de blesser t'as pas envie de blesser les autres parce que donc ton cerveau tu sais ce qu'il te raconte donc imagine tu te mets dans la situation où tu dis je vais pas monter j'ai pas envie de monter c'est quoi le pire qui pourrait arriver ? rien y'a pas grand chose qui pourrait être pire
Donc toi-même, tu ne comprends pas cet automatisme ? Oui, je ne comprends pas. Tu ne comprends pas. Sur le coup, je me dis, mais pourquoi j'ai accepté de faire ça ? Pour moi, mon intuition, c'est que c'est directement lié à l'exercice qu'on essayait de faire ensemble à la fin de l'épisode 2, juste avant, qui était de dire, si on devait dessiner ton désir, il ressemblerait à quoi ? Pour moi, c'est deux sujets qui se connectent. Le moment où j'ai réussi à mettre en mots ce que j'aime,
je peux alors apprendre à le communiquer mais ça me donne aussi vachement d'assises pour dire non en disant ah non merci tu vois et d'arriver à je trouve discerner le ah voilà quelque chose de nouveau la dernière fois que j'ai essayé j'ai pas trop aimé mais je veux bien recommencer mais dans ce cas là peut-être je verbalise un truc du genre
est-ce qu'on peut y aller doucement ou je suis un peu inquiet et tout versus en fait je n'aime pas ça donc je vais pas réessayer une huitième fois tu vois ce que je veux dire c'est aussi de discerner mais pourtant c'est ce qui est marrant je pense que coucher avec un couple clairement c'est un fantasme je pense que je kifferais qu'on fasse avec
avec un autre couple. Là, j'avais quand même l'opportunité de faire un fantasme de se coucher avec un couple. J'avais l'impression qu'ils n'étaient pas… Je n'avais pas eu la connexion avec eux. J'avais pas eu cette connexion. Harry l'avait peut-être eu. C'est vrai qu'il parlait principalement avec Harry. Je me sentais un petit peu peut-être à l'écart dans cette connexion. En fait, les contours de ton désir, ce n'est pas juste…
Coucher avec un autre couple ? Oui, bien sûr. C'est coucher avec un autre couple avec qui j'ai eu du temps pour me connecter et où je le sens. Voilà. Et on a fait tout le travail. Bah ouais, mais c'est bien normal. Est-ce que toi, tu te sens obligé un peu comme Harry apparemment fait des festivals de cul et dans une exploration ? Est-ce que toi, justement, dans ce délire de comparaison, tu te dis, oh là là, il faut que je donne un peu du répondant ?
Non, j'ai pas ce… Non, j'ai pas d'inquiétude par rapport à ça. Enfin, que Carré aille faire des festivals sex-positifs, ça me…
Mais tu veux venir avec moi aussi. J'aimerais découvrir avec Harry. Mais qu'il y aille et que je ne sois pas là, ça ne m'a pas dérangé. Après, j'y ai été, mais forcément, je suis moins à l'aise qu'Harry dans ce genre d'environnement. Donc moi, j'ai besoin de connaître les gens. J'ai besoin d'être avec des gens que je… Ne serait-ce que d'avoir deux, trois branches à qui me…
Et puis aussi dans ces milieux-là, il y a moins de codes gays, puisque c'est pas 100% homme et gay, c'est plus varié, il y a plus de types de sexualité, il y a plus de genres, donc c'est peut-être aussi pour ça que t'es moins à l'aise peut-être. Voilà, je l'ai fait qu'une fois, on verra au prochain.
mais je trouve qu'en tout cas vous vous êtes bien trouvé parce que je t'envoie une petite pique Harry mais tu n'êtes pas en fait tu obliges Aurélien à ce dont il a besoin certainement enfin je sais à Aurélien de le décider mais tu l'obliges à avoir une expression ultra claire parce que tu ne l'écoutes pas ah ok
Il t'a dit, ne me laisse pas tout seul. Non, mais ce n'est pas possible qu'en Suisse, tu découvres comment Aurélien fonctionne et son embarras, etc. Et c'est une évidence que ton excitation et ton comté foufou. Mais moi, je pense que je peux être un peu comme toi. Je ne dirais pas que je mens.
mais je pense que parfois un peu de déni du déni je me laisse un peu emporter il en a du déni je te fais une petite pique et je m'en fais une aussi mais t'es d'accord que t'exiges d'Aurélien du coup une communication en gros toi si on te dit pas dans les yeux non je ne veux pas tu pourrais passer à côté de l'info ouais mais maintenant le fait d'être passé par là on te
prend des exemples très précis et le fait d'être passé par ces périodes-là, on en parle et maintenant c'est différent. On a refait d'autres expériences, Sona. Et alors ? Du coup, je me suis vachement contenu.
Je me suis vraiment contenu parce que je me suis dit, bon, je ne vais pas le lâcher. Et il était vraiment comme d'habitude. En fait, il est comme un petit enfant qu'on prend par la main. Et si tu le lâches, il est là, attends, non, non, non. Tu vois ce que je veux dire ? C'est un peu comme ça que je te vois, Aurel. C'est vrai. Et du coup, je me suis un peu contenu. Je me suis dit, c'est quoi Aurel ? Je vis mon expérience Sona, mais sans toi. Et il était complètement d'accord. Il m'a dit, vas-y, vis-là et puis…
Voilà, tu me diras ce que t'en penses. Et du coup, on est en pad au Sona ensemble. J'ai voulu retenter l'expérience Sona, mais seul. C'était trop bien. C'était trop bien parce que je l'ai fait à ma sauce, c'est-à-dire que j'ai connecté avec…
Pourquoi tu rigoles Aurélien ? Le mot sauce c'est dans un sauna, c'est pas vrai. Non mais je l'ai fait dans le sens, j'ai connecté avec quelqu'un avec qui j'aurais pas du tout connecté si on était trois. Il y avait une personne et en fait on n'a pas beaucoup sexé, on a vachement encaliné, on a parlé parlé et c'était juste une expérience trop rigolote, trop sympa. Qui aurait particulièrement plu à Aurélien du coup ? Peut-être, je sais pas, on était juste que nous deux et on s'est plus du tout revus.
Et ça a duré, je crois, une heure de câlin dans le jacuzzi. Et ce n'était pas un truc cul, tu vois. C'était une autre expérience qui était rigolote, qui était amusante. Mais je trouve que c'est vraiment le défi du couple et du couple sur le long terme. C'est d'arriver à faire ensemble pour se faire grandir. Parce que c'est aussi intéressant, tu vois. Et puis aussi s'abandonner aux bons endroits, tu vois. En fait, ce n'est pas bien grave de ne pas avoir envie de vivre du sauna ensemble. Ouais. Tu…
Non mais je trouve que c'était toi et même le sonnage je pensais au libertinage quand t'avais été dans le club libertin où t'avais BDSM et je trouve que c'était intéressant toi il l'avait fait sans moi parce que je pense que probablement si j'avais été là peut-être qu'il l'aurait pas fait et même quand tu l'as fait ah si si tu l'avais fait en plus avec moi Ah je l'ai fait avec toi ? C'est quoi le… La croix de Saint-André et que t'as pleuré à la fin Ah oui oui c'est vrai c'est vrai Est-ce que t'es à l'aise de raconter ? Complètement
En fait, il se trouve qu'on a de très bons amis qui sont propriétaires de Club Libertin. En France. En Belgique. Ils vont se reconnaître direct. Et du coup, on a passé plusieurs sessions là-bas. C'est hétéro ?
Oui, libertin pas gay, libertin hétéro, mais après bon là-bas il y a une bisexualité plus ou moins assumée, mais avec des codes très hétéronormés, je sais pas si tu connais un peu le monde libertin, c'est très hétéronormé. Un peu même, c'est-à-dire que moi je pensais que tout le monde était libre, puisque libertin tout le monde est libre, et en fait non, non, non.
Il y a des règles, il y a des codes, et en plus de ça, le libertinage évolue aussi, puisqu'il y a une ancienne génération où c'est ultra-hétéronormé, et puis la nouvelle génération veut un peu plus… Donne-moi un exemple de ultra… Un exemple très concret, la bisexualité chez les femmes est 100% assumée, parce que c'est plus ok de voir deux femmes s'embrasser, mais une bisexualité chez l'homme, c'est moins assumé. Le mec qui s'embrasse, il ne le verra pas. Quand j'avais été là-bas… Bien sûr, Harry est un spécialiste…
de transformer un hétérosexuel pour venir avec toi
Ouais, en tout cas, il y avait… Je me souviens que… T'aimes bien ça ? Bah, j'aime bien ça. Le défi. Je suis flatté. Moi, je pense que c'est ça. Ça lui vient à lui. Moi, au tout début de l'enregistrement, à votre rencontre, t'as dit c'est pas mon style, les hétéros et tout. Et depuis le début, je sais que c'est pas vrai. Et là, je viens de te prendre la main dans le sac. En fait, j'arrive très bien. C'est fou, je comprends pas. Enfin…
En fait, on a une blague avec une amie. À chaque fois, je dis, je ne fais pas exprès. Mais les hétéros qui peuvent être un peu détournés, j'y arrive très facilement. C'est un jeu, ça t'excite. C'est un jeu, mais ce n'est pas que ça m'excite ou j'ai envie d'être… Je ne suis pas attiré. Il voit la personne en face qui est attirée par toi. Je ne suis pas foncièrement attiré. Il le voit. Il plaît, Harry. Harry, il décrypte très facilement ces codes-là. Il voit quelqu'un qui… Il plaît à quelqu'un, tout de suite, il va le sentir.
il va le voir tout de suite donc dès qu'il va avoir un hétéro la possibilité de pouvoir aller le titiller sur ça je pense que j'arrive à parler aux hétéros mecs c'est à dire qu'ils se questionnent un petit peu j'arrive à être comment dire à les mettre à l'aise et suffisamment à l'aise pour qu'ils disent bon allez si je dois essayer avec un mec ce sera avec toi et voilà c'est un truc que je fais naturellement
C'est joyeux, c'est très dans la convivialité, moi je discute beaucoup, je suis très open, même une certaine ouverture d'esprit tu vois, je pense que la personne arrive à être suffisamment à l'aise pour me parler et du coup pour peut-être aller plus loin. Et puis tu te sens un peu fier ?
Ouais, ouais, ouais. Donc tu vois, encore une fois, je ne suis pas forcément attiré par la personne, mais je suis excité par le challenge. Et du coup, je trouve ça rigolo. Moi, j'aime bien. Le sexe, c'est un peu, tu vois, je t'ai dit, c'est de l'amusement. C'est un peu comme un jeu, en fait. Ouais. Et puis après, je trouve qu'il y a tout un truc de…
de tous ces hétéros et tout ce monde hétéro qui oblige moi perso j'ai l'impression de vivre dans un monde fait pour les hétéros et moi d'être un passager de plus en plus il y a des sièges pour nous avant on était par terre maintenant on a peut-être un siège mais bon je vois tous ces codes donc bien entendu
que je peux comprendre qu'il y ait… Enfin, en tout cas, je me connecte à toi, on doit avoir des personnalités similaires. Moi, je trouve ça drôle, quoi. Je trouve ça intéressant. Ça m'excite. Et puis aussi, ça raconte quelque chose comme un peu une justice, une réparation, un peu un truc… Ah, je ne voyais pas ça comme ça. Moi, je voyais plus l'aspect un peu sociétal, tu vois, où la bisexualité, où la sexualité est hétéronormée.
Elles mettent trop vite les gens dans les cases. Et surtout quand je suis dans un club libertin où je me dis, attends, on est libertin ou on ne l'est pas. Et là, je voyais très bien dans le regard des gens. Je voyais des mecs, parce qu'en fait, j'étais le seul soi-disant gay. Déjà, t'es estampillé gay. Comment ils l'ont su ? Ils l'ont su parce que je disais, moi, mon mari, il est à Paris. Ah, t'as un mari ? Ah, mais t'es gay ?
Et du coup, dans le « Ah mais t'es gay » d'une femme qui se projette tout de suite, lui, avec mon mec, je fantasme. Parce qu'en fait, dans un club libertin, t'as une première session de la soirée où tu bois des verres, où on apprend à se connaître, et il y a toute une espèce de jeu de visionarisation.
On visualise, on visualise. Tu visualises avec qui tu vas pouvoir t'amuser en haut dans les backrooms parce que c'est pas tout de suite on nique. En plus, il y a une plateforme en haut qui est ultra bien faite avec plein d'ambiances différentes. Et donc toi, ça t'excite ces espaces ? On est en Belgique, c'est principalement hétéro parce que moi, flemme.
parce qu'en fait tu es bisexuel ? tu peux avoir des rapports sexuels avec des femmes ? je me considère gay curieux je ne suis pas forcément bisexuel je dirais que je suis plus homosexuel mais je pourrais être attiré par une femme et pourquoi pas m'amuser encore une fois c'est m'amuser je pense que je me dis pourquoi pas explorer et j'ai déjà eu une expérience aussi avec une femme donc quand tu vas dans ces clubs c'est que tu sais qu'il y aura forcément des hommes qui peuvent être bi
mais tu sais pas s'ils vont te plaire et t'es ok avec ça moi je trouve que c'est la rareté la flemme quand j'ai dit flemme c'est que du coup je vais dans une situation où il y a une rareté des hommes gays et où je vais être un peu au centre slash après je pense que quand il y va il y a pas forcément pour dire je vais avoir du cul voilà c'est ça que je voulais dire parce qu'il était voir des potes
J'ai été voir mes potes, on boit des verres ensemble, en plus l'ambiance est très très sympa, franchement dans un club libertin, ça dépend quel club j'imagine, mais tu connectes avec les gens, tu fais du coup ou pas du coup, on s'éclate de rire, c'est drôle, c'est fun, il y a du bon son, c'est comme une boîte de nuit quoi. En plus j'y vais avec mes potes, donc j'ai plein de potes là-bas. Bien sûr, bien sûr, j'ai mieux compris. Comment tu finis sur une croix à pleurer ?
Alors moi déjà je suis très sensible, et donc là on est reparti une autre fois, c'était pour mon Annie je crois, et on avait célébré mon anniversaire là-bas. Alors comment ça s'est fait, je sais plus, à un moment donné on se… En fait il y a une croix de Saint-André. En fait il y a Aurèle qui part, et puis je crois que c'est ma pote justement, la proprio, c'est elle, qui m'a mis sur la croix. C'est moi qui ai joué la croix, et tu dis arrête tu veux pas… Voilà, il voit une croix, alors Aurèle c'est un peu le fantasme d'Aurèle, c'est de m'attacher.
et moi je supporte pas ça ça m'angoisse de ouf déjà je suis très chatouilleux donc je me dis j'ai peur qu'on me chatouille donc c'est elle ma pote qui m'attache et là c'est l'anniversaire et on te bande les yeux on me bande les yeux et tout le monde vient une par une c'est souvent des nanas
Oui, parce que les mecs pas assumés, évidemment. Et en fait, elles viennent, elles me font des choses qui me tétanisent. Genre, elles m'embrassent sur la nuque, elles me touchent le sexe. Et là, je me dis, merde, merde, j'ai peur. J'ai comme une espèce de grosse montée de peur en moi. C'est horrible. C'est peur et excitant.
Je veux dire, j'étais excité de me dire, vas-y, c'est un challenge, fais-le jusqu'au bout. Mais le consentement, c'est-à-dire, toi, t'avais exprimé quoi ? Alors, j'avais exprimé… Ah oui, je crois qu'elle m'avait demandé si on pouvait foutre à poil. T'avais dit oui. J'avais dit oui ? Oui, t'avais dit oui. J'ai dit, faites ce que vous voulez. Oui. Ça, c'est un peu moi aussi. Ah oui.
Elle croit de Saint-André, on est les deux bras. Il avait juste attaché les mains, il n'avait pas attaché les pieds. C'est en X. Tout le monde s'est amusé avec moi. À un moment donné, je sens un petit coup de fouet, c'est rigolo. Il y avait une espèce de surprise, d'excitation et de peur qui fait qu'on m'en retire. Le fouet, c'était une autre fouet. Oui, ça c'est une autre fouet.
on me retire la bande des yeux et j'ai fait c'était une expérience incroyable et là je commence à pleurer pleurer parce qu'il y a eu vraiment une montée d'émotions très fortes tu vois Harry pleure facilement ouais je suis assez sensible ouais mais c'est ce qu'on peut rechercher dans le BDSM c'est une intensité tous les BDSM sont pas intenses mais il peut y en avoir j'ai eu d'autres expériences BDSM qui étaient folles folles pour moi quoi folles et je pleurais jusqu'à chaudes larmes et j'avais fait du chibari
Et là, franchement… C'est avec les cordes où tu t'attaches. Là, tu te laisses aller. Et en plus, c'est un ami à moi qui est maître Chibari. Et puis, il m'a accompagné jusqu'au bout. Et c'était un accompagnement incroyable. C'est intéressant parce que je me rappelle, vous m'avez dit, tous les deux, on ne cherche pas forcément. C'est plutôt les autres. Vous êtes tous les deux sensibles à la flatterie. Et vous aimez bien que… Mais je ne sais pas qui n'est pas…
Moi aussi, j'aime beaucoup les compliments. Et vous vous dites, je préfère que ce soit d'abord l'autre qui fasse le premier pas et on ne chasse pas, entre guillemets. Et à la fois, là, tu me décris tout un tas d'initiatives et d'élans où c'est toi qui es l'initiateur. Alors, Eric, c'est un chasseur.
Alors, j'ai dit l'autre jour, il dit que je suis chasseur parce que j'aime bien draguer, je suis à l'aise avec la drague. Mais je reviens sur le fait que j'avais dit, je suis opportuniste, c'est-à-dire qu'il y a des opportunités devant, tu les prends, tu les prends pas. Tu vois, nos potes libertins, on s'était retrouvés dans un festival, j'avais un pull qui était trop rigolo, et t'as une petite nana toute mignonne qui arrive, qui a dit « Ah, il est trop beau ton pull, je peux te l'emprunter pour une photo ? » Et c'est comme ça qu'on a connecté.
Donc là, il se trouve qu'ils sont libertins, et puis je prends l'occasion, je lui fais, ah putain, libertinage, je connais pas, viens, on va chez toi. En fait, tout le temps, t'as des opportunités. Tu les prends, tu les prends pas. Ouais, je comprends. Est-ce qu'il y a quelque chose de votre sexualité importante qu'on n'a pas dite ? Ah, j'aimerais bien… Parce qu'après, on va parler d'amour. Moi, j'aimerais bien, sur le sexe, pour conclure, c'est quoi vos envies ?
Attaché à Harry. Non mais dans votre sexualité de couple, c'est quoi si vous deviez proposer des choses qui vous font kiffer sans obligation ? Toi Aurélien, t'aimerais attacher Harry ? Oui, c'est un peu un fantasme que j'ai. Non, là on arrive à la fin, je n'accepte plus les probables un peu. C'est un fantasme. C'est un fantasme ou pas ? J'aimerais vraiment attacher. Et c'est quoi la nuance que tu voulais mettre avec un peu ?
J'ai dit un peu ? C'est un réflexe de mon langage habituel. D'accord, c'est un fantasme. C'est un fantasme. J'aimerais attacher Harry, je pense. Ce serait vraiment le dominer un peu sur ça. Mais il va falloir travailler énormément pour qu'il accepte que je le fasse.
Ça serait quoi, Harry, le plus petit pas avant d'être attaché par Aurélien que tu pourrais considérer ? On oublie d'être totalement attaché. Tu t'imagines pied et main liés avec des cordes et tout. C'est quoi l'étape du dessous ? C'est lier les mains tout en ayant la possibilité de dénouer les mains.
Donc t'es pas vraiment attaché. Oui, à tout moment je peux faire « Ah ! » Et ça te permettrait quoi ? Tu ferais quel geste ? Ça me permettrait de supporter… Non mais Harry, il est contre le fric. C'est quelqu'un qui… C'est une expérience que… J'entends le désir et je me dis que c'est pour être une expérience que je pourrais accepter.
Mais je pense que ça pourrait être une expérience qu'on ferait dans un… En festival, par exemple, je pense que ça pourrait être quelque chose qu'on arriverait à faire avec d'autres personnes. Parce qu'ils se sentiraient peut-être à l'aise. Parce que je pense qu'on se connaît tellement… Je pense qu'Harry, il a peur que si je l'attache, je lui fasse des chatouilles. J'adore chatouiller, il n'aime pas ça. C'est mon côté un peu sadique. Donc je pense qu'il se sentirait plus à l'aise s'il y a d'autres personnes qui seront là peut-être pour le réconforter ou pour le rassurer.
Pour maintenir le cadre. Parce que toi, tu te vois pas respecter le cadre. Moi, je me vois respecter le cadre. Lui pense que je ne le respecterai pas. C'est une confiance aussi. Voilà. C'est marrant parce que ça me gratouille. Ça fait 20 ans que vous êtes ensemble. S'il y a quelqu'un en qui tu peux avoir confiance, c'est Aurélien. Ouais. Mais pas sur le fait que tu fais des chatouilles. Qu'est-ce que tu comprends de ça ? Je pense que c'est pas que Aurélien. C'est…
Attaché, je pense qu'il aurait du mal avec quoi qu'il arrive. Oui, mais ce n'est pas que toi. Je pense que ce n'est pas que Aurélien dans le sens où se sentir attaché. Je l'ai fait avec mon ami. Je ne sais pas pourquoi, je me suis dit, vas-y, on va le faire sans Aurélien. C'était une expérience incroyable. C'est repartir chercher en moi des choses très profondes. Le fait de se donner
totalement à une personne, de donner une confiance totale. Elle peut faire ce qu'elle veut, toi tu es dans une vulnérabilité absolue. Donc voilà, ça fait ressortir des choses en moi qui sont très profondes. Et que tu as le droit aussi de ne pas avoir envie d'investiguer. Tu n'es pas obligé. Et pour répondre à ta question, j'ai plein plein de souhaits.
J'en ai plein. J'aimerais explorer encore plus avec Aurélien et même sans l'orgasme prostatique. Donc, j'aimerais un petit peu revenir là où on a laissé le petit bébé. J'aimerais aussi pouvoir connecter avec quelques personnes et notamment avoir des plans réguliers. Ça, ce serait cool. Vous n'avez pas des amants réguliers ? Non.
Oui, mais ce n'est pas des plans. Il ne faut pas qu'ils nous écoutent. Bref, on n'a pas un plan régulier avec lequel on connecte à ce point. Moi, j'aimerais bien me dire régulièrement, quasiment tous les mois ou plus, dîner avec, avoir des super conversations et puis surtout sexuellement. Pourquoi, votre avis ?
Donc toi Aurélien, la sexualité hors du couple c'est quelque chose que tu as peu investi ou quelque chose qui n'est pas… Mais toi Aris, je comprenais que oui. Comment tu comprends qu'il n'y a pas de continuité ? Tu ne la cherches pas ? Ou les gens qui veulent te revoir, tu leur dis non merci ? Non, je pense qu'il n'y a pas eu de plan qui me fait donner envie de revoir vraiment régulièrement. En 20 ans ?
On a l'impression qu'Harry va coucher toutes les semaines avec quelqu'un, mais ça reste quand même assez… Déjà, on ne fait pas beaucoup de cul. C'est vrai que depuis le début, on parle de cul, mais on n'est pas dans une fréquence très élevée. On parle de quoi ?
On parle d'ouverture, de coupe. C'est quoi la fréquence à la louche ? Alors comme on disait l'autre fois, c'est plus un cercle vertueux ou vicieux. Il peut ne rien avoir pendant quelques mois et ça peut être régulier comme toutes les semaines. Pendant quelques mois ?
Et du coup, qu'est-ce que tu… Je pense que si. La Thaïlande, je pense que c'était notre climax qu'on a dû faire. Le vote voyage en Thaïlande ? On a parti trois semaines, on a dû rencontrer six gars en trois semaines. Mais ça… Je dirais que c'est… Quand on part en vacances, peut-être que c'est plus régulièrement, mais quand on est en France, ça reste peut-être une fois de tout par trimestre. Je veux dire un peu notre routine. Peut-être Harry…
Il doit y avoir 2-3 de plus par an que moins. Ce n'est pas une priorité pour vous, parmi toutes les priorités de votre vie. Il y a ce concept de libido, c'est-à-dire que ton élan de vie est limité. Si tu te mets à 8000% dans des enfants, un métier, une passion artistique, le fait que tu aies moins de jus,
Dans tous les sens du terme, tu vois, pour le sexe. Le sexe, c'est aussi un espace d'intérêt. Et donc, j'entends que ce n'est pas forcément… C'est nouveau pour moi, ça. C'est nouveau pour moi d'avoir des amants réguliers. Et avant, en fait, je pense que j'avais des blocages.
à l'idée de revoir les gens peut-être que beaucoup de mon désir je me disais que c'était découvrir la personne ne pas se connaître et qu'une fois qu'on se connaissait ça devenait un petit peu ennuyeux je sais pas ou peut-être c'était aussi une façon de me protéger parce que du coup tu te lâches une fois et tu sais que tu reverras jamais la personne donc tu te lâches je m'autorisais plus
Et je crois qu'aujourd'hui, j'arrive à m'autoriser même quand les gens me revoient. Peut-être même s'autoriser plus, puisque plus vous vous revoyez, plus la personne, plus vous vous connaissez. Du coup, c'est plus intéressant de se dire, on va aller là où on sait ce qu'on aime. Sur le papier, on the paper. Mais dans mon petit cerveau, en gros, moi qui, je simplifie, je ne voulais pas être l'enculé et je n'assumais pas ma sexualité gay.
Bah du coup si je te fais une suite de one shot, personne, tu vois, je peux être un peu invisible. Ça a été transformé par le podcast où en fait aujourd'hui mes propos, mes fantasmes et lorsque je me partage sur le podcast…
C'est dans l'espace public et du coup, il y a des gens qui me croisent et qui pensent que je suis actif, d'autres passifs, d'autres que j'aime ci, d'autres que j'aime ça. C'est marrant parce que comme en quatre ans, j'ai changé et où j'ai de la complexité.
Mais maintenant, j'ai plus peur. Avant, j'avais très peur que les gens me voient sur Grindr. Les gens, c'est n'importe qui. Comme si du coup, ça voudrait dire que je suis gay, bah oui. Et que du coup, j'ai envie de sexe, bah oui. Mais j'avais comme envie d'être un peu invisible.
Et que le sexe gay puisse disparaître comme s'il n'avait jamais existé. Aujourd'hui, ça a changé, ça fait du bien. Et c'est vachement chouette d'avoir des amants réguliers. On se connaît le corps. C'est un peu ce qu'on a vécu avec le Québécois.
Le québécois. Parce qu'à un moment donné, vous parliez de même, pourquoi pas, accepter les crushs. Ça, c'est quelque chose qu'on a vu depuis quelques années. En fait, je me suis rendu compte que surtout moi, j'avais des crushs.
Après, je suis un peu dans un délire un peu mystique où je sens qu'il y a des… En fait, les crushs, il y a quelque chose de… Un peu comme le coup de foudre, de difficile à expliquer. Et moi, je me dis, mais ça se trouve, on s'est déjà vu dans des vies antérieures. Non, mais on a rencontré des gens en Colombie. Ouais.
Au Venezuela… Mais vous passez votre temps à voyager. Là, on a fait un gros voyage. Après le Canada, on a fait un an de voyage. On a rencontré quelques personnes sur la route et Harry garde cette connexion avec ces gens. On continue à avoir des relations amicales. On prend des nouvelles souvent.
Il y a des connexions. Je prends l'exemple d'un mec là, sur Paris. Et je me suis dit, mais c'est un truc de fou. On se connaît très peu, mais il y a une connexion de fou. Et du coup, j'ai envie de faire du sexe avec lui. Parfois, je me dis, mais il y a plus que ça. Tu vois, on s'était vu il y a deux semaines, on a juste bu un verre. Et là, je me suis dit avec Aurèle, là, il n'y a pas eu de cul.
mais c'est un amant donc comment on l'appellerait est-ce que c'est un amant est-ce que c'est juste un ami c'est un ami amant donc là finalement c'est quelque chose de sentimental c'est plus du cul là donc on a décidé maintenant d'assumer le fait d'avoir des crushs et d'avoir une relation amant on va dire puisque de toute façon avant ça nous faisait peut-être un peu peur parce qu'on s'est dit ah bah attends c'est extra conjugal et tout c'est comme ça que vous avez arrêté avec Monsieur Québécois Joli ?
Ouais, peut-être qu'aujourd'hui, ce serait différemment. Mais aujourd'hui, ce qui me fait moins peur et ce qui me donne plus l'opportunité de me lancer aussi dans des sentiments amoureux ou crush, c'est le fait qu'on compare avec notre couple et notre couple…
Tu ne peux pas comparer une fondation de 20 ans avec une amourette ou juste une relation qui ne va peut-être pas durer. Moi, je le peux. Mon cerveau qui a peur le peut très facilement. Oui, je me dis, ça fait 20 ans qu'il me connaît, il connaît mes défauts, il connaît mes lenteurs, il connaît mes incapacités.
Et il va tomber sur quelqu'un. Je ne suis pas d'accord avec cette voix, mais elle peut exister dans plein de cerveaux. Il va tomber sur quelqu'un où il y aura tout feu, tout flamme. Et en plus, il est fou, fou. Il me le répète régulièrement, le petit Harry. Je vais le perdre parce qu'il va se dire entre 20 ans de complexité, de challenge à communiquer, à faire chemin et la fraîcheur de la nouveauté.
Tu vois ? Il n'y a pas ces peurs-là dans vos petits cerveaux ? Plus du tout. En tout cas, pas du tout. Pas trop. En fait, on est tellement… Pas trop. Alors, attendez. Non, pas trop parce que… On décrypte le Aurélien. Pas trop, c'est oui. Pas trop parce que… Non, non, pas trop. Je n'ai pas de… Mais je suis très fataliste de la vie. Oui. C'est qu'en fait…
Si on devait s'arrêter, on n'est plus ensemble, ça arriverait. Est-ce que c'est vraiment ça qui ferait que… Est-ce que c'est parce qu'il y a un amant qui ferait qu'on se séparait ? Je suis assez d'accord. Combien on a vu de couples qui ne sont pas ouverts et ils se séparent parce qu'ils ont rencontré quelqu'un d'autre et pourtant ils n'étaient pas ouverts. Donc en fait pour moi c'est…
C'est un peu fatalité. Si on ne devait plus être ensemble, j'ai envie de te dire, on ne serait plus ensemble. Là, pour l'instant, on l'est. Je suis assez confiant sur notre amour. Je sais que je l'aime, je sais qu'il m'aime, mais on ne sait pas de quoi l'avenir est fait. Et je pense que là, il faut toujours alimenter et continuer notre amour pour qu'on puisse faire couple.
Toi justement, dans les choses qui ont secoué votre fondation de l'amour, je me rappelle pendant le pré-entretien, Aurélien qui dit « Du jour au lendemain, Harry est devenu vegan. Je pars le matin au végétalien, vegan. Je pars le matin au bureau, je reviens le soir, il a jeté toutes les viandes et je dois venir vegan ou c'est fini. »
Kit, vous deux, vous racontez peut-être toi, Harry. Toi, tu consommais avant des produits animaliers, t'as arrêté. En effet, rapidement ou c'est une exagération ? Ah non, c'est vraiment du jour au lendemain. En fait, on était au Canada, donc on vivait au Canada. Mon frère m'envoie une vidéo qui l'a fait rendre vegan. Et il m'a dit, écoute, je suis vegan. Donc à l'époque, c'était il y a 11 ans. On ne connaissait pas trop le mot vegan. Je lui ai dit, mais attends, ça veut dire quoi ?
Et donc, il m'expliquait. Puis ensuite, je me suis rendu compte que moi, je devenais végétarien petit à petit. On était sur une tendance, déjà. On était sur une tendance. Avoir arrêté quand même pas mal le… Ouais. Et je lui ai dit, écoute, là, c'est chaud. Je vais aller au resto, je vais me faire des pirates. Il me fait, écoute, va au resto, kiffe, et après, tu regardes cette vidéo. Et en fait, c'est une vidéo d'un activiste qui a fait, je ne sais pas combien de conférences. C'est un mec super connu dans le monde vegan, Gary Yourofsky. Et c'est un activiste qui a…
qui a fait énormément de conférences dans les universités aux Etats-Unis. Et du coup, cette conférence, elle est diffusée sur YouTube et je l'ai vue. Et là, je me suis dit, c'est un truc de fou. Je ne savais même pas comment on faisait des œufs ou comment on fait du lait. Et du coup, je me suis rendu compte que végétarien, ce n'est pas du tout suffisant si tu veux vraiment faire du bien et pour l'éthique animale et pour la planète et pour ta santé.
Et donc j'ai dit à mon frère écoute en plus j'avais revu la vidéo plusieurs fois parce que je me suis vraiment documenté après sur des termes et tout et j'ai dit écoute mon frère bah vas-y je fais ça je fais un challenge on se fait une année. Lui pour lui c'était pas un challenge mais moi j'avais besoin de dire voilà je prépare un marathon je me suis dit vas-y je vais tester mon corps et tout. Et on est mariés ?
Et on devait se marier, ouais, ouais. Et du coup, en effet, du jour au lendemain, j'ai tout switché. Les dentifrices, la bouffe, tout, tout, tout, tout. Et depuis, tu as arrêté même au-delà d'un an. Et au-delà d'un an, ouais, ça fait 11 ans maintenant. Que tu es vegan. Que je suis vegan, ouais. Et tu te souviens avoir posé un ultimatum à Aurélien ? Alors, j'ai posé l'ultimatum 4 ans après, ou 5 ans après, parce que… Pas tout à fait comme ça. C'est qu'en fait, il s'est posé la question, il me sort, on discute. Donc moi, j'avais…
Les deux premières années, on arrête de manger de la viande à la maison. J'ai encore le droit au fromage à la maison, mais j'en fais de moins en moins parce qu'en fait, quand tu cuisines vegan, tu ne vas pas te dire « moi, je vais faire à côté autre chose ». Au début, je faisais ça, j'ai dit « c'est complètement absurde », donc je faisais tout vegan. C'est assez simple à la maison pour l'être. Moi, j'avais plus de mal socialement. Quand tu avais été chez les gens…
On est les relous. Quand tu vas au restaurant, c'est compliqué de trouver les restaurants qui vont bien. Ce qu'il faut expliquer, c'est que je ne suis pas que vegan. Je suis aussi militant. À partir du moment où je suis devenu vegan, je me suis dit que ce n'était pas suffisant. Ce qui se passe pour les animaux, c'est absolument grotesque, horrible. J'ai commencé à militer là-bas au Canada. J'ai intégré des associations pour la cause animale. Ici, j'ai été un peu plus…
que juste tenir des pancartes. J'étais aussi co-organisateur d'événements, de marches, de conférences, d'actions pacifistes devant les abattoirs. Encore aujourd'hui, on fait beaucoup de choses pour la cause animale. En gros, ce n'est pas que le véganisme, c'est aussi le militantisme qui est installé dans notre couple. Je pense que ça, ça a été un challenge. Toi, tu as eu l'impression que tu pouvais perdre Aurélien ?
En fait, oui. Je ne vais pas être dans la demi-mesure. Oui, parce qu'à un moment donné, on regarde un documentaire sur l'écologie. Apparemment, l'écologie parle plus. C'est un thème qui parle plus à Aurélien. Et donc, il a dit « Ok, en fait, tu as raison, il faut que je sois végétarien ». Donc, il est devenu végétarien.
Et au fur et à mesure, végétarien c'est pas suffisant, c'est même pas du tout ok pour les animaux, parce qu'on tue énormément, on les séquestre, on les mutile, c'est scandaleux. Et à un moment donné, c'est pour ça que j'ai eu au bout de 4-5 ans je crois, là il y a eu un petit ultimatum, je me souviens on était au centre commercial je crois, on bouffait…
je me souviens je lui ai dit écoute mais là je vois que tu évolues mais à un moment donné pas assez vite pour lui non mais pas assez vite évidemment mais à un moment donné qu'est-ce qui va se passer dans un an dans deux ans voire dans dix ans tu vois je comparais ça vu que c'est ultra politique je me suis dit on a des valeurs et pour moi si je t'aime c'est parce qu'on partage ces mêmes valeurs mais si ces valeurs sont plus les mêmes
Ça va être très compliqué. C'est une sorte d'ultimatum que je lui ai dit. Toi, tu l'as vécu comment ?
si on a deux visions un peu du monde différentes ça peut poser problème sur notre envie de faire couple donc en fait je me suis dit c'est vrai que je le savais à partir du moment où il est devenu vegan je me suis dit là à un moment donné on va connaissant Harry je me suis dit il va pas pouvoir être avec quelqu'un qui ne l'est pas
Donc je savais qu'à partir du moment où il l'a été, je savais que ça allait être un souci, que soit j'accepte et que je me dis ok ça me va, c'est très bien, être vegan ça pose pas de problème parce que je suis d'accord avec les convictions, ou alors je me dis il faut qu'on arrête parce que mes convictions, on n'a plus la même trajectoire ensemble. Et il s'est passé quoi pour toi ?
Il s'est passé que je… Non, après, je suis tout à fait d'accord avec les convictions. Moi, ça a mis du temps à cheminer. En fait, c'est socialement que ça a été plus dur. En fait, les idées, je suis tout à fait d'accord. Pas manger de viande, les conditions animales, tout ça, je suis totalement d'accord. Mais la société dans laquelle on vit, il est…
et spéciste dans le sens où on doit manger des animaux tu vas dans n'importe quel restaurant c'est compliqué quand tu manges rien d'origine animale de se rendre compte qu'il y a de la bouffe en France en tout cas en Thaïlande un peu moins mais dans beaucoup de pays c'est vrai que c'est compliqué
Et socialement, quand t'as visiter chez les gens, tu dois leur dire, moi je suis végane, donc tu sais que tu fais un peu le relou. Toi, pour César, t'es relou. Est-ce que t'as envie de faire un peu le chieur, toi ? C'était un peu ça qui m'a le plus gêné. Donc il a fallu que j'ai du temps. Et en fait, de me rendre compte que, déjà à la maison, c'est simple d'être végane. Donc en fait, dans ma vie de tous les jours, ça n'a pas de problème. Socialement, c'est le truc un peu plus compliqué. Mais en fait…
Ma famille l'a plutôt bien accepté, donc quand on fait des repas, mes parents font systématiquement des repas véganes, mais ça a mis un peu de temps avant d'être accepté dedans. Mais il a fallu, je savais que c'était, pour une recoupe, ce changement, parce que je pense que c'est politique, mais ce changement d'idée d'Harry… Et même longtemps après, tu as dit « je suis végane pour Harry ».
on doit le dire un peu factuellement si je pense que si j'étais pas en couple avec Harry est-ce que je serais vegan aujourd'hui je ne pense pas je pense que ça a été le déclic qui a fait que je suis devenu vegan je pense pas que je serais peut-être probablement végétarien tendance vegan mais je sais pas si j'aurais été jusqu'à j'aurais été vegan sans être avec Harry bah on s'influence quoi c'est pas la joie derrière le couple
En fait, c'est marrant parce que je n'ai pas dit depuis le début, mais moi, j'ai plutôt fait un chemin inverse. Mon cœur est ouvert et puis si je fais couple un jour, je ferai couple et tout. Mais aujourd'hui, je suis célibataire et j'ai plutôt détricoté toutes ces injonctions que j'avais dans ma tête. Pour moi, être célibataire, c'était un échec. Je voulais vivre le duo du couple. Je voulais comme si ça me donnait une place, comme si ça me donnait de la valeur. J'avais aussi peur d'être seule. Il y avait tout un tas d'automatismes.
Et là, ça y est, je me suis déconnecté de ça. J'ai vachement investi des amitiés, des amants. Mes attentes du couple sexuel, amical, etc., je les ai quand même, mais je vais les nourrir autrement. Après, si un jour je tombe amoureux, c'est beau l'amour et j'ai envie de tomber amoureux plein de fois. Et si jamais je fais couple, etc. Mais pour moi, le couple, c'est plutôt la prison. Bam !
Le couple, là tout de suite, et je suis sûr que je changerais d'avis et je serais heureux de changer d'avis, mais ça ne me fait pas du tout envie. Vivre avec quelqu'un ne me fait pas envie. Mais la seule chose qui me fait envie, c'est ça. C'est-à-dire l'autre m'emmène…
Dans des territoires. Est-ce que j'aurais été vegan sans lui ? Peut-être pas, j'en sais rien. En fait, l'autre me fait regarder des films, manger des choses, visiter des pays, rencontrer des gens, découvrir des livres. Tu vois ce que je veux dire ? Toutes les aventures qu'on a vécues ensemble sont incroyables. Ensemble, on a vécu des aventures. Notre vie est incroyable.
Et peut-être même te faire découvrir une sexualité, je pense qu'Aurélien, le fait qu'il soit assez, si je peux reprendre tes termes, le fait que tu sois assez passif, que t'attends que l'autre vienne vers toi par rapport au sexe et tout, moi souvent je l'amène, c'est moi qui l'amène au Sona, c'est moi qui l'amène dans les festivals, et oui je pense qu'on…
Et puis Aurèle m'amène dans d'autres milieux, il s'est mis à fond dans la permaculture, donc moi qui n'ai pas du tout la main verte, maintenant on plante des arbres, on fait plein de trucs dans le potager, j'apprends à arroser son potager, parce que j'en ai tué plein des petits plants là. Donc on n'est plus à Paris, on est d'accord, la région, on est en gros au centre de la France ? Depuis Montréal, on est revenu en France, mais on habite en Sarthe.
sinon les gens vont se dire ils habitent tout avec leur jardin à Paris on aimerait bien avoir un jardin à Paris mais non mais on se tire je pense que c'est ça aussi le couple c'est de s'arriver à se tirer vers le haut et de s'élever vraiment je vois ça comme ça le couple ensemble on arrive à
On gravit ensemble notre vie et ça nous amène vers d'autres horizons. Tu vois Guillaume, quand tu dis que c'est la prison, c'est parce que tu n'arrives pas à projeter une autre personne qui te fasse des petits papillons, qui vraiment t'inspire.
Si tu trouverais une personne, tu dirais, tiens, j'ai envie de partager plein de trucs. Et c'est là où il y a un couple qui se forme. Mais évidemment, si tu vas voir une autre personne juste parce que tu as peur d'être seul ou parce que la société veut de toi être en couple, évidemment, ça a l'allure d'une prison. Mais il ne faut pas que ce soit ça. Il faut que ce soit une personne. Et ça, ça arrive à n'importe quel moment de la vie, j'imagine. Oui, je suis d'accord. Et qu'en fait, j'ai découvert qu'il me fallait…
réparer et vider tout mon cerveau qui avait créé tout un tas de trucs Hollywood. Tu sais, les films, ils s'arrêtent toujours sur… Ils vécurent heureux ensemble. En vrai, c'est le début de ton film. En fait, la fin là où enfin ils se sont péchots, le nombre de défis qu'ils vont avoir… C'est vrai, c'est vrai. J'exagère, tous les films sont pas là-dessus, mais je pense que j'avais tout un tas de… J'aurais ma place dans la société quand je serais en couple ?
Et donc, j'ai eu besoin de… Je crois que maintenant, ça peut être un choix pour moi. Ça peut être non pas une peur ou une fuite, non pas un truc par comparaison. On en parlait dans l'autre épisode, Aurélien. Je me compare, tout le monde a une situation maritale, tout le monde est en couple avec des enfants. Longtemps, moi, j'ai voulu ça parce que tout le monde le faisait et que je me disais « mais je vais crever tout seul ».
et donc maintenant l'espace est propre et en effet on verra quelle graine vient puis le plaiement sol je dis ça alors qu'on est en couple mais le fait d'être en couple c'est aussi une hétéronormalisation de la société même du patriarcat qui voulait que les femmes soient à la maison qu'on les possède et qu'on soit en couple parce que c'est comme ça que la norme est mais c'est facile pour moi de dire ça alors que je suis en couple
Mais en même temps, il y a quelque chose qui nous lie d'inexplicable, vraiment. Il y a un amour, mais il y a aussi même des projets. Il y a un projet de vie de maison, on achète une maison ensemble, on met en place aussi un projet, un projet concret, tu vois, pour que ça rende lucratif. Donc, c'est au-delà aussi juste de l'amour, il y a aussi un truc comme une équipe qu'on met en place. Ouais, complètement. Tu vois ? Ouais, c'est clair, on est une équipe. Ça, c'est…
Même si on ne se comprend pas dans un sauna, mais souvent, quand même, on a un regard où on arrive à se comprendre. Et quand même, souvent, on peut finir la phrase de l'autre. Il y a tous ces petits trucs un peu niais que certains ne peuvent dire, mais je trouve que c'est… On comprend tout de suite dans un regard. Comme il t'a dit tout à l'heure, quand je suis arrivé, il me dit « Ah, t'es mal à l'aise ? » Tout de suite, il sait. Il me décrypte, tu vois. Donc c'est toutes ces petites choses comme ça qui font que…
C'est une très belle conclusion. Est-ce que quelqu'un a un mot de la fin ? Vous avez envie de dire un dernier truc ? Honnêtement, ça va être cucu, mais vivez heureux que vous soyez en couple ou pas en couple avec toutes ces normes qu'on nous fout dans la société. Franchement, je vois que tu le vis aussi toi-même, que ce soit en couple ou pas en couple. L'idée, c'est d'avoir des belles connexions avec chaque personne qui nous élève et se focaliser que sur les personnes qui nous élèvent. Et les autres, on enlève.
c'est pas toujours aussi facile à dire qu'à faire c'est quoi ta conclusion à toi Aurélien à part de dire c'est pas une bonne conclusion non non je dis que c'est plus facile à dire qu'à faire de virer les gens qui nous perturbent c'est pas aussi simple que ça ça je t'ai vachement entendu là dessus c'est marrant parce que quand tu parlais justement là tout à l'heure du rapport le véganisme c'était le regard de l'autre je me retrouvais au sauna
où t'as peur de heurter l'autre où t'as peur d'être différent bon c'est peut-être pas une bonne conclusion mais toi tu trouves ça pas simple non mais je tu trouves pas ça simple tu sais quand tu dis ta famille des gens qui sont proches qu'on a connus depuis 20 ans c'est quand même pas évident de se dire on a pu évoluer de la même façon je veux plus les voir dans ma vie
Tu as raison. Tu as quand même créé des liens avec ces gens-là, même si… Alors, ta famille, encore plus difficile, mais tes amis, tu n'as plus 20 ans, mais tu te rends compte qu'ils ne votent pas comme toi et qu'ils ont des idées qui ne sont pas forcément comme toi. Tu te dis, putain, merde, je suis ami avec ça. Et tu te dis… Alors, peut-être que tu les vois moins, mais tu les vois quand même. Moi, je n'ai pas de problème. Et c'est peut-être pour ça que… En tout cas, je pense que je suis dans une phase de mon développement où j'ai fait le ménage, mais c'est trop agressif. Mais pour moi, dire les choses de façon explicite,
c'est une chance, c'est une joie, c'est un privilège. C'est vrai que quand je t'entendais raconter « Ah, mais qu'est-ce que les gens vont penser de moi, du véganisme et tout ? » Moi, dans ma tête, j'étais là « Mais j'en ai rien à foutre ! » Si t'es mon pote et que t'as pas regardé le documentaire sur le véganisme et que tu comprends pas pourquoi je suis végane, est-ce qu'on a vraiment beaucoup de choses à se dire de plus ? Le fait que mes amis me disent « Je comprends pas, ça c'est un autre sujet. » Mais souvent, mon petit chat Aurélien, je t'entends avoir peur du regard de l'autre.
Et ça me parle vachement et je me dis, mais moi, j'ai envie de me libérer de ça. J'ai envie de trouver un équilibre entre être poreux, c'est vraiment ça mon défi, surtout avec mon métier public, tu vois. J'ai envie, je veux pas être binaire, j'ai envie d'être quand même à l'écoute et d'être influençable, tu vois, d'être connecté à l'autre, pas de dire j'ai tout compris mieux que les autres, ils dégagent. Et à la fois, j'ai envie d'être libre de dire mes choix, mes désirs et si l'autre est
Je crois que j'ai trop d'empathie. Enfin, peut-être pas trop d'empathie, mais les gens qui ne me comprennent pas, j'ai envie de leur expliquer. Je suis toujours dans l'explication. Je sais que j'en parle souvent dans la communauté, mais… C'est quoi la communauté ? WhatsApp, avec les gens, les amis que je me suis fait grâce à… Ah oui, parce qu'Aurélien est sur le groupe WhatsApp des auditeurs. Non, il y a un sous-groupe que vous gérez, autogéré entre vous. Je ne sais pas comment vous faites, il y a 1000 notifications par jour.
j'ai quitté le groupe moi mais vous êtes 200 et tu discutes on est peut-être pas 200 à parler mais on est nombreux à parler et tu t'es fait des amis et tout et des fois quand on parle justement certains disent j'ai plus la patience d'expliquer aux gens l'hétéronormativité l'homophobie et tout ça ils disent moi je sais pas moi j'ai besoin d'expliquer aux gens s'ils comprennent pas ils savent pas
J'essaie de les informer, mais j'ai des amis qui me disent qu'il n'y a qu'à faire l'effort. S'ils ne veulent pas me comprendre, tant pis pour eux. Mais je pense que c'est pour ça que je réagis autant à tout ce que tu dis, parce que ça me touche tellement. Moi, ça fait deux mois que je passe mon temps à expliquer et réexpliquer le nouveau nom du podcast, Actif ou Passif, avec des gens qui peuvent être très en colère
Et c'est un vrai… Franchement, ça m'habite depuis, je sais pas quand est-ce que j'ai annoncé le nouveau nom et tout, où j'ai cette… Comme toi, j'ai envie d'être censé dire non mais attends, attends, j'ai envie de t'expliquer, j'ai envie que tu sois d'accord avec moi. Et l'autre part qui dit bon bah déjà un, je sais pas pourquoi tu m'agresses et deux, bon bah tu comprends pas et c'est ainsi quoi. Mais c'est une vraie bataille. Après si on m'agresse, moi en général…
je laisse tomber j'aime pas l'agressivité c'est pas trop mais c'est quand on comprend pas j'ai besoin des fois je peux me réveiller plusieurs fois j'ai le cas de le faire
Et puis, sinon, il faut parfois abandonner, mais moi, je n'y arrive pas. Non, je suis en apprentissage. Merci. Merci à toi. Merci à toi. Merci pour ce moment. Je suis fatigué, moi. C'était intense, non ? C'était intense. C'est vrai que… Sans avoir fait une salle de sport.