Devenir une fée pour m’épanouir – Luckylips 1/3

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Partie 1/3 du témoignage de Luckylips raconte sa rencontre avec le mouvement des fées il y a 25 ans.

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Est-ce que tu as des questions avant qu'on se lance ? Non. Non, je n'ai pas de questions. On a déjà parlé hier, pas mal. Moi, je te propose qu'on se lance. Ton manteau fume, là. Oui, mais ça s'évapore. Tu crois qu'il brûle, là ? Tu crois qu'il brûle ? Non, il est trempé, il est tout mouillé. Je ne sais pas. Est-ce que tu peux me donner ton prénom, ton nom, ton pseudo ? Alors mon nom de fée c'est l'Eucalypse et mon prénom c'est Hervé. Et moi je t'appelle comment pendant cet échange ? Appelle-moi l'Eucalypse parce qu'on est chez les fées donc appelle-moi l'Eucalypse. Est-ce que tu peux me décrire où est-ce qu'on est là tout de suite ? Alors on est dans la forêt des Vosges, on est à 750 mètres de hauteur, on est dans une petite maison forestière, une petite maison en bois, dans une relative pénombre. On est au bord d'un feu de bois, au milieu de la forêt, et écoute, il pleut. Il vient de pleuvoir très, très, très, très, très, très fort. Et puis là, la pluie s'adoucit. Il y a une brume tout autour de nous, un mélange de nuages, de pluie et de fumée de notre feu de bois. Et on a nos affaires qui sont en train de sécher. On est tout collé contre le feu de bois. On est du coup à Folter. En gros, Folter, c'est un sanctuaire. C'est une maison où des faits, c'est-à-dire des personnes queer qui décident de venir partager, se réparer, vivre, chanter, créer, se réunissent. Il y a la maison principale et quand on a discuté de faire un enregistrement, tu m'as dit « Ok, mais viens, on va dans cette petite maison dans la forêt, on fera un feu et on fera… » Donc on est là à 20 minutes de marche du sanctuaire. Oui. Pourquoi tu avais envie de le faire ici, l'entretien ? Parce que cette petite maison, c'est un endroit dans lequel je vais souvent, seul. Et puis c'est un endroit paradisiaque quand même. C'est une petite maison en bois, une petite cabane en bois dans le plein cœur de la forêt, avec une cheminée. Je viens beaucoup ici, seul. Je chante, je prie, j'écris, je me réfugie, quoi. je pense que c'est un endroit agréable et puis la maison là on est nombreux, on est une trentaine comme il pleut c'est plus compliqué de trouver un endroit aussi tranquille tu vois ? Toi, moi, ce qui me passionne, là où j'ai eu un appel pour te proposer un témoignage, premièrement, tu fais partie des fées fondatrices. En tout cas, tu es au début du mouvement il y a 20 ans, je crois. De Folter, oui. De Folter, donc ici en France. Et je me disais, c'est trop intéressant, c'est mon premier rassemblement. Et toi… T'es une des fées les plus anciennes et j'étais vachement curieux de pouvoir faire le pont entre toi et moi. Et vachement curieux de savoir pourquoi et comment cette aventure et les fées t'a transformé ou pas. Tandis que la pluie redouble. Je ne sais pas du tout ce qui sera entendu au micro de tout ça. Ça me paraît difficile, non ? Je ne sais pas si on entend le feu. Là, je suis en train de remettre une bûche. Je suis bien, on a bien chaud. C'est le premier sujet. Le deuxième sujet, on était à cette grande tablée à Folter. On est une trentaine, on fait à manger pour tout le monde. On est dans une pièce avec plein de bougies parce que depuis quelques jours, on n'a plus d'électricité. Parce qu'on marche avec des panneaux solaires. Au début, les premières années, on n'avait pas du tout d'électricité. Puis on a mis, je ne sais pas, quelques panneaux solaires. Mais comme là, depuis plusieurs jours, il pleut toute la journée. On n'a plus d'électricité. Alors on a la bougie, ce qui est très chouette. Ce qui est très chouette. On dîne tous les deux à côté et tu me dis, à moi, le premier rassemblement des faits, c'est la première fois où j'ai pu reconnecter spiritualité et sexualité. Alors là, tout de suite, j'étais là où j'ai plein de questions à lui poser. Et la dernière chose puissante que tu m'as dit, et tout ça, c'est un peu une intro, t'as compris, pour proposer quelques axes de notre échange. Le troisième axe qui m'a capturé mon imagination, c'est quand tu m'as dit que ton partenaire, le couple que tu formes avec lui, c'est une cellule essentielle, c'est un endroit très important pour toi et qu'au début, ça s'est fait sans une évidence sexuelle. C'est que derrière toutes les injonctions de « quand tu rencontres quelqu'un, direct, c'est génial sexuellement », toi tu as dit qu'on a eu un chemin de conquête et ça aussi je trouvais ça passionnant. Je crois que j'ai envie, ça te va si on les prend dans cet ordre-là à la louche ? Bien sûr, oui. Je crois que j'avais envie de commencer avec ton nom de fée, l'Eucalypse. Aujourd'hui, il veut dire quoi pour toi ? Je pense que tu t'es nommé comme ça, tu peux raconter la genèse. Je serais intéressé de savoir, 20 ans plus tard, ce que ça veut toujours dire pour toi. 25 ans, en fait. Lèvres joyeuses, lèvres chanceuses. Tu sais, chez les fées, les auditeurs connaissent l'histoire du mouvement des Radical Fairies ? Eh ben non, dit. C'est intéressant de savoir un peu qu'est-ce que c'est les faits. Les faits, c'est un monsieur qui, je pense que c'est fin des années 70, s'appelait Harry Hay. Fairies, ça veut dire tapette, tarlouze, c'est une insulte. Et lui, il a pris… Alors, chaque fait va te raconter l'histoire des faits, finalement, à sa façon, parce que ça résonne en chacune, en chacun, de façon différente. Donc, chacun va te raconter un peu en fonction de son ressenti, tu vois. On a une bibliothèque, on a, bien sûr, des archives, des écrits, mais c'est quand même beaucoup de témoignages vivants. Et puis, c'est un mouvement qui est quand même finalement assez… Pas si ancien que ça, enfin, tu vois. Et donc, ce monsieur, Harry Hay, il a pris un peu cette insulte. Fairy, ça veut dire tapette, Harlou, c'est une insulte. Mais c'est aussi la fée, la fée clochette, tu vois. Et donc, il a dit, ok, on est des fées, quoi, en fait. Et puis… Il est américain. Il est américain. Il est décédé, ce monsieur. Oui. Et puis là, c'est lui qui a créé le mouvement des fées. Alors moi, je la raconte à ma façon. Je ne sais pas si c'est exactement ça, mais peut-être que j'ai un peu romancé. Ils ont dit qu'ils étaient des fées, des fées radicales. Et ils sont commencés à se rassembler. C'était, je pense, en Californie. Et c'était un peu dans la mouvance du mouvement Flower Power, des mouvements hippies. Et puis, ils ont créé une première communauté d'amis, première communauté queer. Et cette insulte, finalement, ils l'ont sublimée. d'une certaine façon, en créant ce mouvement des faits. Et puis très rapidement, écoute, je pense que très rapidement, ils ont créé ce qu'on appelle un premier sanctuaire aux USA, un premier lieu collectif partagé. Et puis après, il y en a d'autres qui se sont créés dans différents endroits des USA, qui existent toujours, dans lesquels ils font des très gros rassemblements avec, je crois, 300 personnes, Short Mountain, par exemple. Et… Et puis il n'existait pas de sanctuaire en Europe. Et puis moi, il y a 25 ans, j'ai rencontré une fée qui est très importante à Voltaire. Mais tout le monde est important, en fait, à Voltaire. Toi, c'est ton premier rassemblement et c'est ta maison. Tu te sens aussi chez toi que moi, en fait. Mais ça, je raconterai pourquoi. Et puis Lana, cette fée que j'ai rencontrée il y a 25 ans, qui est devenue un très grand ami, il allait sur une île, dans le nord de la Hollande, pour un rassemblement hippie-gay. Et moi, j'étais tout jeune, tout jeune gay en plus aussi. Et j'ai trouvé que c'est incroyable que ça existe. J'y suis allé sur cette île dans le nord de la Hollande qui s'appelle, je ne pense pas bien, Terschelling. Et là, tu avais des fées européennes, quelques fées américaines qui louaient une maison ici. 10 jours par an pour faire un rassemblement de fairies. Et à ce moment-là, ils étaient déjà en train de réfléchir à la création d'un sanctuaire en Europe. C'était vraiment déjà dans les grands cercles, dans les grandes discussions. Il y a déjà de l'argent qui était mis de côté. Et puis, les fées réfléchissaient à quel lieu choisir, quel pays. Comme il y avait pas mal plutôt des fées allemandes, hollandaises, plutôt d'Europe du Nord, il n'était pas question de choisir un lieu dans le sud de la France. On a choisi la France parce que c'est un pays dans lequel tu peux plus facilement acheter que par exemple en Hollande, tu vois ? T'as encore des grands endroits sauvages. Par exemple, ici, là, on est sur le plateau des mille étangs. C'est quand même encore très, très, très sauvage. Et tu peux encore acheter des vieilles fermes plus facilement, disons, je pense. Donc, ils ont rapidement choisi la France. Après, ils se sont… Ouais, l'Est, on voulait un endroit avec de l'eau, un endroit sans voisinage aussi, tu vois, qu'on puisse être vraiment libre, sans personne qui nous voit, faire la fête aussi sans doute, faire des rituels, faire tout ce qu'on veut, pas être embêté par les voisins. Et puis voilà, ils ont trouvé cette maison, Folterre. Et ce qui est marrant, c'est que le lieu, notre terrain lui-même ne s'appelait pas Folter, mais la terre qui touche notre terrain, je ne sais pas si on n'a pas acheté un ou deux hectares, s'appelait Folter, en fait. Tu vois ? Ce n'est pas un nom qu'on a inventé, en fait. C'est dingue. Il y a Folter, Froide-Terre, je ne sais plus exactement, tu vois ? Pour les gens pour qui c'est ultra conceptuel ce que tu racontes, communauté, hippie, t'as dit faire la fête, faire des rituels, est-ce que tu pourrais me dire des grandes idées, des grandes propositions qui caractérisent cette invitation des fées ? Écoute, alors chaque fée va t'en parler d'une façon différente, tu vois. Donc ce que je dis, c'est moi, c'est mon ressenti, c'est ma façon à moi de vivre les choses. Je ne parle pas au nom des fées, tu vois. D'ailleurs, ce que je raconte de l'histoire par rapport à Arihé et tout ça, je… Ça se trouve, j'ai un peu réinventé l'histoire. Je sais qu'auparavant, ça s'est aussi politisé pas mal. C'est pour ça que c'était radical. Parce que tu vois, il y a eu à Christopher Street, à New York, tu sais, c'était un bar gay. Des flics faisaient régulièrement des descentes pour casser du PD. Et puis un jour… Je sais que c'est le contraire qui s'est passé, comme dans la chanson de Jotal Goya, ce matin à la fin. Je crois et que je te raconte des histoires. C'est Stonewall que tu racontes. Et puis les faits se sont mêlés aussi, je crois, à ce moment-là. Ça s'est politisé aussi, par rapport à Harvey Milk. Il y a eu une main donnée plus politique, je crois. Chaque témoignage de ce podcast est un jeu. Ton manteau brûle. Oui. Ah, mais je suis vraiment… Ah, il brûle, ouais. Chaque témoignage de ce podcast est un jeu. Donc, tu l'as dit plusieurs fois, complètement d'accord avec toi. Et vas-y, en fait, partage ton jeu. Et en effet, ce n'est pas essentialisant. Je vais rebondir. Tu as dit faire la fête. Alors moi, là, on est dans un rassemblement d'octobre. j'ai pas fait la fête une fois il n'y a pas eu aucune prise de drogue et je n'ai vu aucune drogue et on a coupé du bois, fait les bûcherons si une fois on a quand même mis la musique et dansé mais si on a fait à manger et en termes de rituel je pourrais raconter mais j'ai parlé à d'autres fées qui sont arrivées récemment et qui ont fait des rassemblements d'été et qui me décrivent des rassemblements que moi j'ai jamais vécu donc moi-même je comprends ce que tu veux dire mais reviens à toi Pour toi, c'est quoi les composantes essentielles pour décrire l'invitation des fées ? Si tu devais raconter à des gens qui ne connaissent rien. Écoute, le symbole des fées, c'est un papillon. Notre insigne, tu vois. Et pour moi, je vois beaucoup de choses à travers la figure du papillon et qu'on retrouve pour moi chez les fées. Le papillon, il n'est pas très utile, contrairement aux abeilles qui sont des grandes travailleuses, qui produisent du miel, qui sont très bien organisées. Le papillon, ce n'est pas du tout pareil. Il ne produit rien. Je trouve que l'effet, c'est quelque chose qui, pour moi, est important. Ça fait 20 ans qu'on a la maison. Hier, c'est marrant parce qu'on a ressorti des papiers qu'on avait écrits il y a 20 ans. C'était marqué « urgent couper les arbres, les sapins qui ont été plantés en ligne derrière la maison ». Et on les a coupés cette semaine, en fait. Tu vois, on n'est pas très efficace. Et je trouve ça vachement bien parce qu'on a tout le temps des injonctions permanentes d'efficacité, de rentabilité. Enfin, dans une société capitaliste, il faut produire, il faut avancer, il faut que ça… Et ça, je trouve que cette dimension-là est très importante chez les faits. Parce qu'il y a une certaine… Je parle des termes que je ne connais pas bien, je ne suis pas un spécialiste de ces notions-là, mais je pense qu'il y a une certaine forme de recherche de l'anarchie. C'est-à-dire ici, chez les faits, on n'est pas là pour être utile et chacun est censé vraiment être responsable de lui-même. Donc on n'a pas un cahier des charges, on n'a pas… Si tu fais quelque chose, fais-le d'abord parce que tu en as envie et fais confiance aux autres et quelqu'un peut très bien… ne rien faire et juste être là et se faire du bien. Je ne sais pas, se consoler, se reconstituer ou simplement être heureux d'observer les arbres. Et c'est très bien. Il n'y a pas de chef. Il n'y a pas de leader politique. Il n'y a pas de leader spirituel. Il n'y a pas de hiérarchie non plus. Alors tout ça semble bien théorique, mais tu vois, Regarde, toi, tu viens d'arriver, c'est ton premier rassemblement et on est pareil, en fait. Tu peux très bien décider… Enfin, la maison, c'est la tienne, complètement. Et ça, je trouve ça… Quand on arrive à Voltaire, moi, quand j'ai été accueilli, il y avait déjà des fées qui étaient arrivées. Et quelqu'un m'a fait un hug, m'a pris dans les bras et m'a dit « Welcome home, bienvenue à la maison ». Et c'est marrant parce que j'ai eu un réflexe de dire, ah non, moi je viens d'arriver, c'est pas chez moi. Et en fait, c'est quand même rentré dans ma tête. Je me suis senti… Ce que tu dis, je le vis vraiment. Cette absence d'une forme de hiérarchie et donc un sanctuaire où moi, en tout cas, je suis venu me réparer, me poser et… Et investiguer un intime queer. En fait, dans un espace où il n'y a que des personnes queer, il y a autre chose qui se noue, qui se fait. Fait, F-A-I-T-F-E-E. Toi, si on devait parler du mouvement des faits en racontant l'impact qu'il a eu pour toi… Tu peux me ramener à ce premier rassemblement où il y a un alignement qui se fait ? Les faits… Il n'y a pas de… Je réfléchis un peu. J'étais parti sur les papillons au départ, mais… Tu veux dire plus de choses à propos du papillon ? Oui, oui. Ouais, le papillon, je terminais là-dessus. Le papillon, déjà, tu vois, il n'est pas utile, voilà. Il n'est pas forcément, il n'est pas dans une société super structurée, tu vois, comme avec la reine, avec etc., tu vois, comme beaucoup d'insectes. Tu as carrément des papillons, les éphémères, qui vivent une journée, qui ne font que baiser et qui meurent. Après, le papillon, il y a aussi une certaine forme d'universalité ? Même si on est quand même un mouvement en cuir, mais beaucoup de gens peuvent y trouver leur place, peuvent trouver leur place à Voltaire. Beaucoup de gens très différents. Ici, comment te dire ? Oui, en reprenant le papillon, je crois que quelle que soit la civilisation, quel que soit l'âge, si tu as 7 ans, tu trouves qu'un papillon est beau. Si tu as 90 ans, tu trouves qu'un papillon est beau. Si tu es chinois, africain, européen, si tu as vécu, j'imagine, il y a 2000 ans, tu trouvais déjà… Je pense que c'est quelque chose que tous les hommes trouvent beau, quel que soit leur âge, leur culture. Donc quelque chose d'assez universel. Et le papillon, en plus, il est beau assez gratuitement, finalement, tu vois. Et puis, parce qu'il n'est pas… Enfin, si, bien sûr, sans doute, pour attirer des congénères, etc. Mais c'est quand même un… Un cadeau, tu vois, c'est de la beauté qui vole autour de nous. Et puis le papillon n'est attiré que par la beauté. Lui, son but dans la vie, c'est de rechercher les fleurs. Donc tu vois cette dimension aussi un peu, disons, pas utile, oisive, de prendre le temps, d'être aussi dans la délicatesse, de rechercher la beauté… que c'est plus important finalement, tu vois, depuis 20 ans, là, on n'a plus d'électricité, on n'a pas coupé les arbres, on n'a toujours pas de salle de bain, mais finalement, l'énergie, on la met à des endroits autres, c'est-à-dire de préparer une belle table le soir, avec plein de… passer deux heures à se draguer, à se costumer, et que la table soit belle, et que ce soit un moment… Magique. Finalement, ça pourrait paraître… Certaines personnes pourraient se dire, mais les gars ou les filles, au lieu de passer votre vie à faire ça, mais je sais pas, mais faites-vous une salle de bain ou regardez la gueule de votre cuisine, votre lavabo, mais c'est une catastrophe sanitaire, quoi, tu vois. Mais non. En fait, c'est plus important… de rechercher cette beauté, cette délicatesse. Tu sais, comme des enfants, comme des gamins, tu vois, qui vont cueillir des fleurs et qui vont réunir une jolie dînette. Et en fait, ça ne sert à rien. Je sens vraiment les fondations. Pour moi, tu décris les fondations de la maison, du sanctuaire que moi, j'ai ressenties. Mais mon expérience, elle est assez différente. J'en ai chié, moi, cette semaine ! ces deux semaines j'en ai chié j'ai adoré c'était magnifique et ça a été un endroit ça a été un endroit où c'est rejoué des traumas, des difficultés que dans ma vie parisienne, ça se rejoue. Mais là, dans cet espace queer, je suis allé à la rencontre de mon identité queer, de comment, pour être très concret, je me suis attaché émotionnellement à quelqu'un. En fait, c'est un peu la maison des secrets. Je ne sais pas si tu as regardé les télé-réalités où ils sont enfermés dans une maison ? En deux jours, j'avais des hauts et des bas émotionnels, comme si je connaissais des gens très intimement. Dans ces téléréalités, ils chialent et ils hurlent. Et tu te dis, mais vous vous connaissez depuis trois jours. Pour la première fois, j'ai compris ce qu'il se passait. Et tu vois, je me suis attaché à quelqu'un. qui n'avaient pas la même manière de communiquer que moi, qui n'avaient pas les mêmes besoins intimes et sexuels. Et j'ai passé beaucoup de temps, avant qu'ils partent, à essayer de trouver ma place dans ce désir qui était inassouvi. Puis il y avait tout un tas de fées autour de moi qui vivaient aussi plein d'émotions très fortes et tout. Une fée qui était en pleine rupture et qui venait ici un peu vider ses larmes, une fée en colère… J'ai beaucoup ressenti la légèreté du papillon, mais j'aurais besoin aussi d'un autre animal plus terrien et plus… C'est venu me chercher à des endroits puissants et vachement réparateurs. Et moi, j'ai jamais autant grandi. J'ai été mis dans des situations où je pouvais… essayer autrement. Je crois que dans le monde réel, je suis dans un monde d'hétéros, où en fait, la plupart des endroits que je côtoie, c'est que des hommes hétéros ou des femmes hétéros, donc il y a moins de possibilités romantico- émotionnelles, et qu'ici, Il y a une disponibilité. Je rencontre plein de gens qui sont queers, avec qui il pourrait se passer des choses et il se passe des choses. Et je peux réparer parce que je peux être un autre. Ça te parle ou on a vraiment une expérience du sanctuaire très différente ? Comment te dire ? Tu verras que de toute façon, c'est toujours différent. Il faut le taire. À chaque rassemblement, à chaque fois que tu viendras, tu vivras des choses nouvelles, différentes. Parce que ce qui est chouette, c'est un peu comme la mer du vinaigre. Tu as la base, et puis ça bouge tout le temps. Donc tu reviens à un rassemblement, tu retrouves un tel, tu retrouves un tel fait, super. Puis il y en a toujours des nouvelles qui sont là, d'autres, tu ne sais jamais qui va être là. Et donc, ce n'est jamais pareil. Ce n'est jamais tout à fait le même groupe. Euh… Et puis ça met le même temps, tu vois, quand tu viens l'été, c'est jamais les mêmes thèmes aussi, les sanctuaires, les rassemblements sont des rassemblements à thèmes différents, donc c'est pas la même énergie, tu vois. Toi, tu me parlais, si on va à ce premier rassemblement, où tu me disais, c'est vraiment la première fois où, justement dans un travail plus intime, l'impact plus intime… Mais pour venir par rapport au fait, tu vois, au papillon, ce que tu dis, tu vois aussi, c'est aussi cohérent par rapport au papillon, au fait que le papillon, c'est un animal, une créature. que tu ne peux pas… Si tu l'attrapes, tu lui retires cette petite pellicule qu'il a sur les ailes et il ne peut plus voler. Donc, c'est pareil chez les faits. Je dirais que les faits, tu ne peux pas vraiment les définir finalement. Bien sûr, il y a une histoire. C'est un mouvement qui a une histoire. Il y a des livres qui sont écrits, des études sociologiques qui ont été faites sur le mouvement des faits, bien sûr. Mais… Toi, tu vois, là, ce que tu dis, tu es en train de porter un témoignage, de faire une sorte de définition de ce que c'est Folter, et elle est tout aussi valable que la mienne. Et c'est ce en quoi je trouve que ça correspond aussi au papillon, parce que… Tu ne peux pas enfermer Folter, tu ne peux pas enfermer les faits dans telle ou telle définition. Chacun va avoir une définition, un ressenti différent aussi en fonction de son parcours de vie, des étapes. Je rebondissais sur ce que tu disais pour creuser ton discours à toi. C'est qu'en fait, je te disais, tiens, c'est intéressant, t'as beaucoup mis en lumière cette légèreté. D'autres faits me parlent de rassemblements où ils ont fait la teuf, où c'était très léger. Et du coup, je crois que je t'ai partagé un peu de mon intime ici pour te dire, et toi, est-ce que les faits t'ont impacté intimement ? Ouais, tu veux qu'on fasse une pause tout de suite ? Ouais. Pour pisser, tu peux le dire. Ok, je vais lire le texte. Je peux commencer en français en fait. C'est sur le site de Radical Fairies. Désolé. Nous sommes des queers de tous âges, genres, formes et tailles, de toutes races, nationalités, croyances ou d'aucunes, qui nous relions à la vie et les uns les unes aux autres par l'entremise des dons de la nature et du pouvoir du cœur, en écoutant et partageant nos histoires à travers nos corps et nos esprits, et par l'humour, le costume, les chansons, la cuisine et les tambours, la trance, les massages, les rituels, les jeux et le sexe. Nous sommes des personnes queer, explorant la vie en communauté, en harmonie avec la nature, des gays, des lesbiennes, des personnes trans ou non-binaires, qui trouvons coopération et bienveillance, qui découvrons la conscience de sujet à sujet, qui n'avons ni dogme, ni religion, mais qui sommes pleins d'esprit. Nous refusons la hiérarchie et embrassons le consensus. Les fées se rassemblent dans les villes, les plages, les forêts et les montagnes. Et où que nous soyons, nous créons des communautés de chœurs. Bienvenue à Voltaire, le sanctuaire des fées en Europe. Wouhou !