👃4 poppers dangereux à bannir (vérifie tes fioles) et astuces pour bien choisir

« La première chose, c’est de mettre de côté le marketing. » Florent Jouinot, expert·e en prévention drogues et addictions pour l’Aide Suisse contre le Sida

Karim à Alger a repéré deux produits Rush dans son sex shop : le rouge et le jaune. Il veut savoir lequel choisir et quels risques éviter.

Dans cet épisode de podcast, Florent Jouinot, expert·e en prévention drogues et addictions pour l’Aide Suisse contre le Sida, répond :

  • Nitrite de propyle, nitrite de butyle : pourquoi ces deux familles de molécules sont les premières à bannir de tes fioles
  • Ce que révèle la composition de Rush jaune et de Rush rouge et blanc sur leurs notices
  • La méthode en 3 étapes pour tester un nouveau poppers sans risque inutile

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Les conseils de Florent Jouinot

Florent Jouinot est expert·e en prévention drogues et addictions pour l’Aide Suisse contre le Sida. Iel a épluché des centaines d’études médicales sur le poppers et en consomme depuis plus de 20 ans.

Quelles sont les 4 molécules de poppers dangereuses à bannir ?

Florent recommande d’éviter toutes les formules à base de nitrites des familles propyle et butyle : nitrite d’isopropyle, nitrite de propyle, nitrite de butyle, nitrite d’isobutyle. Les nitrites de butyle et d’isobutyle sont interdits à la vente en Europe depuis plusieurs années en raison de risques cancérigènes potentiels. Les nitrites de propyle présentent des effets cardiovasculaires indésirables plus marqués. Le nitrite d’isopropyle est lié à des cas de maculopathie, une atteinte irréversible de la rétine documentée par la recherche médicale.

Rush jaune ou Rush rouge et blanc : quelle est la vraie différence de composition ?

Florent a consulté les notices disponibles sur le site du distributeur. Les Rush jaunes sont à base de nitrite d’amyle, quand les Rush rouges et blancs contiennent du nitrite de pentyle. Le nitrite de pentyle est l’une des molécules considérées comme les moins risquées parmi les poppers actuellement sur le marché. La couleur du flacon, le nom du produit et les mentions marketing ne disent rien sur la composition : seule la notice du fournisseur ou du distributeur tranche.

Comment lire l’étiquette ou la notice d’un poppers pour savoir si c’est safe ?

Florent est clair : les désignations « méga », « ultra », « giga », « super » et les visuels qui vantent la force ne disent rien sur la formule. La notice est disponible sur le site du fournisseur ou du distributeur, pas forcément sur le flacon. C’est là que figure la molécule active. Si la notice mentionne un nitrite de propyle, d’isopropyle, de butyle ou d’isobutyle sous l’une de ses variantes, c’est le signal pour passer à un autre produit.

Comment tester un nouveau poppers sans prendre de risque inutile ?

Florent recommande 3 étapes pour tout nouveau produit. D’abord, commencer par une ou deux inhalations pour tester l’effet de cette formule spécifique, parce que chaque personne réagit différemment et les effets varient d’une prise à l’autre selon l’état physique et psychique du moment. Ensuite, continuer à consommer jusqu’à atteindre les effets souhaités, puis attendre que les effets baissent avant de reprendre. Si des effets indésirables apparaissent à n’importe quelle étape, arrêter immédiatement et prendre l’air.

Où trouver des informations fiables sur la sécurité des poppers ?

Florent signale deux ressources. Le flyer poppers de Dr Gay, produit par l’Aide Suisse contre le Sida, rassemble les points clés sur les mélanges interdits, les contre-indications et les conseils de consommation. Et les trois épisodes de fond enregistrés avec Guillaume sur le podcast Actif ou Passif ? couvrent les fausses infos homophobes, comment bien choisir son produit, et pourquoi certaines molécules sont interdites dans plusieurs pays.


📌 On en parle dans cet épisode

📄 Flyer poppers de Dr Gay : les points clés sur les mélanges interdits, les contre-indications et les conseils de sécurité, compilés par l’Aide Suisse contre le Sida. Télécharger le flyer


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Lire la transcription de cet épisode
Salut Florent, j'ai une question de Karim à Alger qui demande comment bien choisir son poppers. Il a notamment identifié une marque de poppers rouge et jaune, Rush et Super Rush. Il demande quels sont les possibles méfaits et laquelle choisir entre les deux ? Toi, Florent, tu es un expert depuis 25 ans sur la santé gay et queer. Tu as épluché des centaines d'études et de recherches médicales sur le poppers. Je le sais car on a déjà enregistré ensemble une série d'épisodes sur le poppers que je vais d'ailleurs remettre dans le décryptif de cet épisode-là. Et en plus, tu m'as dit, Florent, je crois, ça fait plus de 20 ans que tu consommes. Donc, on se refait un petit rappel là. Comment je choisis mon poppers ? Merci pour ta réponse, Florent. Salut Guillaume, ça fait plaisir de t'entendre. C'est vrai qu'au-delà des connaissances scientifiques que j'ai acquises par mon travail, je peux également m'appuyer sur pas mal d'expériences personnelles, notamment avec le Poppers. Pour répondre à la question de Karim, pour savoir comment choisir son Poppers, je pense que la première chose, c'est de mettre de côté le marketing. Des désignations comme « méga », « ultra », « giga », « super » ou encore les couleurs ou les images qui mettent en avant la force peuvent être utiles pour différencier les produits. Mais en fait, elles ne disent rien sur ceci. Il est préférable de se référer à des éléments objectifs et donc à la composition du produit. Et pour ça, il faut regarder la notice qui peut être disponible sur le site du fournisseur ou celui du distributeur. C'est donc ce que j'ai fait pour les produits Rush. Alors, les produits jaunes sont à base de nitrites d'exil, alors que les produits rouges et blancs sont eux à base de nitrites de pentile. Mes conseils, ce serait d'éviter les molécules avec des risques connus, donc les molécules de propyl et de butyl. Ensuite, chaque personne va réagir différemment et cela peut varier d'une prise à l'autre en fonction de l'état physique et psychique du moment notamment. Quand on découvre un produit, de commencer par une inhalation ou deux pour tester l'effet, ensuite de consommer le produit jusqu'à atteindre les effets souhaités, d'attendre un peu et quand les effets baissent, de reprendre une ou deux inhalations et si jamais des effets indésirables apparaissent, d'arrêter de consommer et si besoin, de prendre l'air. Pour plus d'infos, il est possible de se référer au flyer de Dr Gay par l'étude contre le sida ou encore de réécouter les épisodes que nous avons enregistrés ensemble au sujet du coperce.

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